Le « maître politicien » continue de mettre la survie d’Israël en péril

Publié le par Ofek

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Lundi dernier, le “New York Times” a rapporté que d’ici peu de semaines, l’Iran sera capable de réaliser des bombes nucléaires. Le reportage du « Times », qui a été largement alimenté par le président de l’Agence Internationale de Energie Atomique, Muhammad el Baradei, signifie que dans seulement quelques mois, Israël est susceptible de se retrouver en danger d’être effacé de la carte.
 
Ce grave développement a été à peine relevé dans les médias israéliens. Ils étaient occupés à d’autres affaires.
Il y avait le championnat de football cette semaine. Et cette soudaine trombe d’eau à Jérusalem, qui a obligé le gouvernement à annuler les célébrations du 40ème anniversaire de la libération de la capitale a été une grande affaire.
Puis, bien sûr il y a l’attaque palestinienne contre le Sud d’Israël qui a transformé Sderot en ville fantôme.
Mais la principale raison qui conduit les médias israéliens à ignorer le nuage en forme de champignon qui se forme rapidement, c’est que le Premier Ministre Ehud Olmert est un maître politicien.
 
Deux semaines après que le rapport intérimaire de la commission Winograd ait désigné Olmert responsable de la défaite d’Israël aux mains de l’armée d’Iran au Liban l’été dernier, presque personne ne semble se souvenir qu’il y a eu un rapport. Olmert a soustrait son incompétence de la scène publique.
Sans aucun soutien d’aucun milieu dans le pays, Olmert se cramponne au pouvoir par l’usage réussi de son art politique de la distraction. Sa réponse au tollé public que le rapport de la commission Winograd a déclenché a été de changer de sujet.
Plutôt que de se confronter avec les appels à sa démission, Olmert a retourné ses armes contre son adjointe, la ministre des affaires étrangères Tzipi Livni. Après avoir déjoué avec succès les plans de sa collègue pas trop brillante et politiquement mal positionnée, les médias ont complètement oublié le problème de son incompétence à diriger, et ont placé leurs projecteurs sur la pathétique implosion politique de Livni.
 
La semaine dernière, Olmert a utilisé la publication de son témoignage devant la Commission Winograd, ordonnée par la Cour Suprême, comme une opportunité pour attaquer la commission qu’il avait lui-même nommée. Et de nouveau, plutôt que de rapporter les dangers qui assaillent Israël résultant de l’incompétence d’Olmert, les médias ont donné une couverture extensive à la requête d’Olmert de reparaître devant la commission.
Dans son échange le plus récent, Olmert a tourné cette semaine ses armes contre le contrôleur de l’Etat, Micha Lindenstrauss. Alors que les inspecteurs nucléaires ont découvert dimanche dernier que l’Iran fait actuellement fonctionner 1.300 centrifugeuses sur son installation nucléaire de Natanz, Olmert, en avocat bien aguerri, a fait envoyer par ses avocats personnels une lettre de 58 pages à l’Avocat Général Menachem Mazouz pour lui demander d’ouvrir une enquête criminelle contre Lindenstrauss.
 
Dès le début, Olmert et ses juristes savaient que Mazouz rejetterait leur demande d’enquête sur le contrôleur, pour son investigation sur l’achat en dessous du prix du marché de sa luxueuse maison à Jérusalem. Mais c’était à côté de la plaque.
En ce qui les concernait, la manœuvre a été un succès total. Le Premier Ministre d’Israël a atteint son but : pendant deux jours, c’est son combat avec Lindenstrauss et non son incapacité à diriger le pays qui a retenu l’attention.
 
Il y a peu de corrélation entre l’échec d’Olmert comme dirigeant national, et son succès en tant que politicien partisan. Deux semaines après que 150.000 personnes se soient rassemblées en foule sur la place Rabin à Tel Aviv, exigeant sa démission pour sa direction défaillante pendant la guerre de l’été dernier, la protestation est loin d’être oubliée, alors qu’Olmert reste sur son siège. Sa coalition de gouvernement, en particulier son partenariat avec le Shas [Religieux séfarade, Ndt] et Yisrael Beitenu [Droite dure, Ndt], est solide comme le roc.
 
Les conséquences du déséquilibre entre ses capacités professionnelles et politiques ne pourraient pas être pires pour le pays. Olmert, le grand politicien de la ligue est assis en sécurité sur son perchoir, alors qu’Olmert, le petit chef de la ligue, nous plonge dans une nouvelle guerre, qu’il est incapable de gagner, comme la précédente.
 
La décision de déployer quelques tanks dans le Nord de Gaza jeudi dernier, comme la décision d’envoyer quelques avions pour bombarder quelques cibles à Gaza, ne fait pas partie d’une stratégie d’ensemble avec pour objectif la défense du Sud d’Israël contre les tirs de roquettes et de mortiers. Olmert, comme son ami l’ancien premier ministre Ehud Barak au début de la guerre terroriste palestinienne il y sept ans, exploite cyniquement Tsahal.
 
Plutôt que de donner à l’armée l’ordre de vaincre nos ennemis, Olmert, comme Barak avant lui, a donné l’ordre à Tsahal de réaliser un spectacle de « sons et lumières » pour le public qui exige que le gouvernement le défende.
Le refus d’Olmert d’ordonner un frappe sérieuse sur Gaza nous a valu une abrogation de fait de la souveraineté d’Israël israélienne sur Sderot et le l’ouest du Neguev. Il est impossible de parler d’Israël comme d’un Etat souverain qui fonctionne convenablement, alors que ses citoyens sont obligés de fuir leurs foyers parce que leur gouvernement refuse de protéger leur vie et leur propriété.
 
Et Sderot n’est pas seule. Exactement comme les opposants au retrait de Gaza en 2005 en avertissaient, l’absence d’Israël de la zone a permis la transformation de Gaza en un nouveau réseau de jihad mondial. Résultat de l’incompétence et de la paralysie du gouvernement à se confronter à ce développement prévu, le sort de Sderot deviendra bientôt celui d’Ashkelon et de Kiryat Gat.
Le Hamas, le Fatah, le jihad islamique, le Hezbollah, al Qaïda, les Gardes de la Révolution Iranienne, les comités de résistance populaire et leurs amis, ne siègent pas tous à Gaza, armés jusqu’aux dents avec des missiles anti-tanks et anti-aériens, et des tonnes d’explosifs, uniquement pour se tuer les uns les autres. Pendant près de deux ans, la frontière ouverte entre Gaza et l’Egypte a permis d’inonder Gaza de terroristes avec leur arsenal. Cette capacité accrue a placé 200.000 citoyens israéliens de plus à portée de leurs roquettes et missiles.
 
Les images horribles de mères et de pères de Sderot, se cachant sous leurs voitures avec leurs enfants pendant les tirs de barrage de roquettes, et sautant à travers les fenêtres d’autobus pour la sécurité relative de Beersheva, comme si manquer l’autobus avait signifié une mort certaine, et puis le silence angoissant alors qu’une ville d’Israël est abandonnée, sont insoutenables. De même, la perspective prévisible que ces images vont bientôt s’étendre à Ashkelon et Kiryat Gat, témoigne d’un avenir insupportable.
 
Mais ce sont là de petites patates comparées au danger d’une annihilation nationale qui s’approche de nous depuis les installations nucléaires de l’Iran. Alors qu’Olmert s’accroupit dans son bureau, et ruine alternativement nos relations avec les USA ; qu’il dispense des promesses creuses d’assurer la sécurité au Sud et la reconstruction au Nord ; qu’il reporte le blâme de ses échecs personnels sur tout un chacun ; et parle du « processus de paix » alors que la société palestinienne s’autodétruit, l’Iran fait la course vers le porche du club nucléaire. Et avec le gouvernement d’Israël entre les mains de coquins, personne ne met d’obstacles sur le chemin de l’Iran alors qu’elle acquiert les moyens d’annihiler l’Etat juif.
 
Comme le « Times » l’a rapporté, quand les inspecteurs nucléaires de l’ONU ont visité l’installation nucléaire de Natanz dimanche dernier, ils ont vu 1.300 centrifugeuses vrombissant ensemble, produisant du combustible nucléaire. Il est prévu d’en mettre en fonction 300 supplémentaires la semaine prochaine, et 300 autres encore sont actuellement en construction. La source diplomatique qui a informé le « Times » a dit que si elle maintient son rythme actuel, l’Iran fera fonctionner 3.000 centrifugeuses d’ici le mois prochain, et 8.000 d’ici la fin de l’année. Avec seulement 3.000 centrifugeuses en fonction, l’Iran sera en mesure d’enrichir suffisamment d’uranium de qualité militaire pour produire une bombe atomique par an.
 
Chaque jour, les Iraniens et leurs mandataires palestiniens et le Hezbollah menacent : si les installations nucléaires de l’Iran sont attaquées, ils exerceront des représailles en attaquant Israël avec des dizaines de milliers de roquettes et de missiles. Sans aucun doute, il faut prendre cette menace au sérieux.
Mais qu’adviendra-t-il d’Israël si nous n’attaquons pas les installations nucléaires de l’Iran ?
Peut-on croire que le même Olmert qui a été incapable de défendre la Nord d’Israël contre le Hezbollah l’été dernier, et qui est incapable aujourd’hui de défendre le Sud d’Israël contre les Palestiniens, sera capable de défendre le centre d’Israël contre l’Iran doté de l’arme nucléaire ?
 
Olmert nous déclare que nous n’avons pas de souci à nous faire parce que les Américains traiteront avec les Iraniens pour nous. Mais la stratégie politique réelle des USA envers les ayatollahs nous raconte une autre histoire. La semaine dernière, les Américains ont réagi avec indifférence au progrès nucléaire très rapide de l’Iran. Nicholas Burns, le sous-secrétaire d’Etat à la stratégie qui dirige la politique américaine avec l’Iran, a déclaré au « Times » que les toutes nouvelles révélations sur Natanz n’affecteront pas la politique américaine.
« Nous travaillons sous l’hypothèse qu’il reste du temps pour la mise en œuvre de la diplomatie » a déclaré Burns, ajoutant que si les Iraniens maintiennent leur refus de suspendre leurs activités d’enrichissement de l’uranium : « Nous nous orienterons vers un troisième ensemble de sanctions ».
Et alors que Burns déclarait la résolution des USA d’imposer à l’Iran un troisième ensemble de sanctions, après que les deux premiers aient complètement échoué à modifier le comportement de l’Iran, mercredi dernier, le Département d’Etat a annoncé qu’il commencerait des négociations directes avec les Iraniens le 28 mai.
 
Les seules voix à Washington ces temps-ci, appelant à une action militaire contre les installations nucléaires de l’Iran proviennent de gens, comme l’ancien ambassadeur des USA à l’ONU, John Bolton, qui furent chassés de leurs positions après la victoire Démocrate aux élections au Congrès de novembre 2006.
 
Et cela nous ramène en Israël - et au Premier Ministre qui n’est pas adapté à sa position, mais utilise sa sagacité politique stupéfiante pour se cramponner à sa fonction. Deux semaines après le rapport la Commission Winograd, et dix mois après la dernière guerre, il est clair qu’Olmert ne prendra en considération ni son incompétence, ni le rejet du public pour sa capacité à diriger.
 
Il ne démissionnera pas de sa position même si 300.000 personnes manifestent sur la place Rabin. Il ne démissionnera de sa position même si 90.000 résidents d’Ashkelon sont obligés de fuir, exactement comme les 20.000 résidents de Sderot fuient aujourd’hui. Il ne s’arrêtera pas même si l’Iran conduit un essai nucléaire.
 
Plutôt que de rentrer chez lui, il mènera une lutte avec Livni sur le meilleur moyen de diviser Jérusalem ou de rendre Hébron, ou avec Mazouz, sur son droit de donner des millions de shekels de subventions à des industriels défendus par son ancien cabinet d’avocat.
 
L’énorme fossé entre les menaces auxquelles Israël est confronté, et le projet du gouvernement israélien, est devenu une menace pour notre sécurité nationale. La seule façon de changer le cours des évènements est de tenir de nouvelles élections.
 

Caroline B. Glick - Jewish World Review - Adaptation française de

Publié dans Israël

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