Agences francophones : l’infection

Publié le par Ofek

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Pas moyen, pour un reporter, de se reposer une seule journée dans cette région agitée. D’autant plus qu’hier, j’avais consacré un article aux agences de presse diffusant en français à partir de Terre Sainte, et que, ce dimanche, les malversations que je dénonçais hier tournent au délire anti-israélien.
 
Ce matin, un technicien en informatique de la société Péretz Boneh Haneguev, Oshri Oz, a été tué par des terroristes palestiniens ayant lancé une 261ème roquette sur la ville de Sdérot et sa contrée. Oz était au volant de son véhicule, en route pour aller vérifier les ordinateurs que son employeur utilise à Sdérot, lorsqu’un Qassam s’est abattu à un mètre de sa voiture. Le malheureux, atteint de partout par des éclats, a poursuivi sa course pendant encore quelques mètres, avant de s’arrêter contre un mur.
 
Transporté à l’hôpital dans un état désespéré, Oshri Oz devait y décéder en dépit des efforts des médecins.
 
Il s’agit d’un acte de terrorisme – perpétré par des individus armés s’attaquant systématiquement à des civils – par définition. Voici cependant comment les agences et certains de leurs "détaillants médiatiques" annonçaient cet assassinat (extraits choisis) :
 
Pour Reuters (édition française), le titre indiqué de la dépêche correspondante est :
Des roquettes tuent un Israélien à Sdérot.
Pour ces journalistes-là, les tueurs ne sont donc pas des terroristes palestiniens mais les "roquettes" vicieuses elles-mêmes.
Et si on avait pu imaginer que les confrères avaient, fortuitement, choisi un emballage maladroit – un de plus ? – à leur bulletin, son premier paragraphe, celui qui donne l’essentiel de l’information d’une dépêche, dissipait rapidement les doutes résiduels :
 
"JERUSALEM, 27 mai (Reuters) - Un Israélien a été tué dimanche par une roquette tombée sur la ville israélienne de Sdérot (…)"
 
Les témoins sur place scrutent désormais le ciel pour chercher à savoir à quel nuage les roquettes se sont accrochées !
 
Ce n’est que plus loin dans le câblogramme de Reuters, que ses auteurs précisent que le Hamas a revendiqué ce "dernier tir en date de roquettes", mais au niveau de l’impact recherché sur les lecteurs, à la suite d’une telle entame, cela n’a plus grande importance.
 
A croire qu’ils s’étaient donné le mot - une telle présentation des faits ne pouvant tenir du hasard –, le bulletin de l’Associated Press consistait en une variation sur le même thème de l’usage intempestif du passif :
 
"JERUSALEM (AP) -- Un tir de roquette depuis la Bande de Gaza a fait un mort dans la ville frontalière israélienne de Sderot, selon des médias israéliens.(…)".
 
Aux dernières nouvelles, ce seraient des extraterrestres, ayant atterri par erreur dans la bande de Gaza qui, pris de panique, auraient lancé ce Qassam !
 
Mais en lisant plus avant l’annonce de l’AP, la Ména apprend que des civils palestiniens, des activistes, avaient déjà tiré deux projectiles, ce matin, peu auparavant :
 
"(…) Des activistes palestiniens ont tiré deux autres roquettes plus tôt dimanche, endommageant une habitation à Sderot mais ne faisait aucun autre blessé. (…)"
 
Nous apprenons ensuite que ces tirs "faisaient suite à trois raids aériens israéliens sur la Bande de Gaza dans la nuit de samedi à dimanche".
Nos confrères journalistes francophones sont ainsi invités par l’AP à comprendre et à répercuter que l’assassinat d’Oshri Oz serait la conséquence causale des "dizaines de tirs de missile(s)" effectués "ces 10 derniers jours", par Tsahal, "contre des cibles du Hamas dans la Bande de Gaza (…)".
 
L’Associated Press rappelle, dans le même papier, que les "raids" israéliens "ont tué 48 Palestiniens". Là, pas de passif oiseux ni de bombes qui tombent des nues : les Israéliens, eux, tuent ! Et quoi de plus naturel, dans ces conditions, que quelques Israéliens meurent également lors de ces affrontements ?
 
Certes. Mais les "48 Palestiniens" ex-qualités, donnant à croire, dans la présentation de l’AP, qu’il s’agissait de civils, étaient en fait des terroristes dans leur quasi-totalité. De plus, Tsahal vise, spécifiquement et exclusivement, des positions de terroristes et de miliciens, lors, les quelques civils qui font les frais de ces attaques sont des victimes collatérales, non ses cibles.
 
Quant au malheureux civil Oshri Oz, c’est exactement le contraire : il faisait partie des objectifs annoncés et visés par les Palestiniens, ce qui constitue un crime de guerre sans l’ombre d’un doute sensé.
 
Tant de détails déontologiques qui échappent à nos consoeurs… Tkssss… Comme le fait que les Israéliens ont laissé les terroristes palestiniens tirer sur Sdérot, quatre jours durant, sans aucune riposte, pour laisser au Hamas l’opportunité de cesser son agression.
A nouveau, Ilan parle ici des faits vérifiables, qui doivent être mentionnés dans toutes les dépêches concernant ces affrontements, non d’une interprétation partisane de son cru. On appelle même cela du journalisme !
 
Lors de ma dernière intervention, j’ai écrit que l’incitation à la haine de la nation d’Israël était systématique dans les rapports de nos confrères.
En voici des preuves supplémentaires : hier, samedi, deux tueurs arabes, provenant du territoire israélien, ont agressé à l’arme à feu des gardes israéliens, dans le village de Cheikh-Saad, près du quartier d’Armon à Natziv, dans la banlieue de Jérusalem.
Les gardes frontières ont riposté, éliminant les assaillants. Deux membres des forces de l’ordre ont été blessés dans l’attentat, l’un des deux étant assez sérieusement atteint.
 
A travers la forêt de haine désinformatrice dans les media déchaînés, Ilan a tout d’abord trouvé la perle rare, une description de l’AP qui est tout simplement conforme à la réalité des faits :
 
"Deux agents des forces de sécurité blessés dans une attaque à Jérusalem Est, les deux assaillants tués.
 
26 mai AP - JERUSALEM (AP) -- Deux Israéliens ont été blessés par balles dans une attaque commise samedi en fin de journée par deux Palestiniens contre des membres des forces de sécurité à Jérusalem Est, selon la police.
 
Les deux assaillants ont été tués par la police des frontières, sur place, qui a riposté aux tirs. (…)".
 
En fait, dans cette campagne d’incitation à la haine, plus rien n’est simple, pas même la relation non disputée d’un incident évident.
 
Voici la couverture ahurissante qu’en faisait cependant Reuters :
    
"Deux Palestiniens tués dans une fusillade à Jérusalem-Est
 
JERUSALEM, 26 mai (Reuters) - Deux Palestiniens ont été tués samedi dans une fusillade avec des agents de la sécurité israélienne à Jérusalem-Est, annonce la police israélienne dans un communiqué (…).".
 
On est en plein rétromimétisme : en l’objet, la transformation de l’assassin en victime. Les deux Palestiniens tués étant, dans ce bulletin, à nouveau, artificiellement privés d’éléments qualifiants.
En plus de laisser croire que ces Palestiniens étaient des civils – mais comment des civils sans armes peuvent-ils participer à une fusillade ? Enigme ! – Reuters, d’un coup de baguette magique, pas celui d’une fée, celui d’un sorcier adorateur d’Ahmadinejad, occulte le fait qu’il s’est agi d’un attentat, et transforme l’événement en "fusillade".
 
Quant à consulter le communiqué de la police, il produit évidemment tous les détails de l’attentat. Des détails qui n’ont pas retenu l’attention des rédacteurs de Reuters.
 
Abracadabra !
 
On retrouve la même transformation magique dans un encadré bien en vue du Monde version électronique : 
 
"Deux Palestiniens ont été tués samedi en fin d’après-midi dans une fusillade avec des agents de sécurité israélienne (sic) à Jérusalem-Est, annonce la police israélienne dans un communiqué. Quatre agents israéliens ont également été blessés".
 
Les centristes français peuvent se réjouir au moins sur un point, l’incitation à la haine d’Israël par dénaturation de l’information traverse le clivage gauche droite.
 
Voici, en effet, l’article, basé sur une dépêche de l’AFP, diffusé par El Figaro El Yom :
 
"26 mai Le Figaro (avec AFP)
Fusillade à Jérusalem-Est
 
Deux palestiniens ont été tués et quatre policiers israéliens blessés samedi soir.
Dans la journée, cinq Palestiniens ont été tués à Gaza par des bombardements israéliens (…).".
 
Observez la filouterie intellectuelle du Fig. et de son grossiste préféré. Non contents de victimiser les assaillants, ces imposteurs amalgament leur sort avec celui des miliciens – encore présentés hors qualités ! – tombés sous les raids du Hel Avir dans la bande de Gaza !
 
Je trouve que leur style rédactionnel ne va pas sans rappeler les plus gluantes pages du journal collaborationniste Je suis partout.
Rien, aucun élément d’information, dans ce torchon, ne permet au lecteur du Figaro de connaître de ce qui s’est réellement passé à Cheikh-Saad. En revanche, on y retrouve l’utilisation inadéquate du mot fusillade (échange de coups de feu !!! Larousse), déjà proposé par Reuters.
 
Le reste de la dépêche, faute d’informer sur l’incident de Cheikh-Saad (par exemple, l’"assaut", de qui, par qui ? Que vient faire d’ailleurs cet "assaut" orphelin en milieu de dépêche ? a bien été revendiqué ; par une excroissance des Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa), s’efforce de rattacher ce qui s’est passé à Jérusalem aux événements de Gaza.
L’embrasement à la Cisjordanie et au centre d’Israël est le rêve mouillé, tant et tant de fois exprimé, du Hamas ! Hanya n’avait qu’à demander au Figaro !
 
La lecture de la suite de l’article presse le lecteur de se persuader que les auteurs de l’attentat, qu’on ne leur a pas raconté, avaient bien raison de se révolter contre l’agressivité de l’Etat hébreu.
Je vous la soumets avec des pincettes et un masque à gaz :  
 
"Jérusalem-est est à son tour la proie des violences qui embrasent Israël et la Palestine.
Deux palestiniens (sic) ont été abattus samedi soir dans une fusillade avec des policiers israéliens, aux abords du village palestinien de Cheikh-Saad entre Jérusalem-est et Bethléem, en Cisjordanie. Un policier est grièvement blessé, trois autres sont touchés. L'assaut n'a pas été revendiqué (sic).
 
Dans la journée, une série de raids aériens israéliens sur la bande de Gaza, ont fait cinq morts.
Les attaques visaient des bâtiments de la Force exécutive, un groupe paramilitaire lié au mouvement islamiste Hamas.
 
Cela fait maintenant 10 jours que l’armée israélienne multiplie ses raids en riposte aux tirs de roquettes palestiniennes sur le sud d’Israël.
En Cisjordanie, l'armée israélienne a arrêté dans la nuit de vendredi à samedi à Jenine, Wasfi Qabha, ministre d'Etat membre du Hamas".
 
Ilan Tsadik sur : Metula News Agency

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