''Confessions''

Publié le par Ofek

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Dans deux mois et demi, cela fera deux ans que les 8.000 résidents juifs du Goush Katif auront été chassés de leurs demeures. Sans autre forme de procès. Vingt villages détruits, des décennies de labeur réduits à néant, une économie florissante décimée, des familles déchirées, une population exemplaire humiliée, une jeunesse déstabilisée, des morts exhumés.
 
Les mois qui ont passé ont amené chaque jour un peu plus, la confirmation des craintes de ceux qui s’opposèrent à cette tragique manœuvre, sans parler de la situation précaire dans laquelle vivent encore de nombreuses familles expulsées. La Bande de Gaza est en passe de devenir un « Liban du Sud » pour Israël, et comme l’a tout de même reconnu Dov Weinglass, l’éminence grise de cette expulsion, « le pari de voir les Palestiniens montrer qu’ils étaient capables de faire quelque chose de positif dans ce territoire, a été perdu »
 
Chez certaines personnalités politiques ou militaires, la « Hitnatkout » (désengagement) a laissé la place à la « Hitpak’hout » (clairvoyance).
Mieux vaut tard que jamais, mais le mal est fait. L’un des enseignements tirés de ce triste épisode par les fidèles d’Erets Israël, est que la sensibilisation de la population n’a pas été assez forte, et qu’il ne faut surtout pas attendre une prochain décision identique d’un gouvernement en mal de popularité pour commencer à agir sur le terrain.
 
C’est sur ce thème que le nouveau Conseil de Yesha a décidé de lancer une vaste campagne auprès du public, afin de montrer que les concessions territoriales n’amènent que violence, mort et destruction.
 
Dans une brochure, qui a déjà été présentée à des membres de la Knesset ainsi qu’à des journalistes, les initiateurs citent de nombreuses déclarations de «repentance » ou de regrets, émises par des personnalités politiques, des journalistes connus, des généraux d’active ou de réserve. Le point commun entre eux : ils étaient tous convaincus de la justesse de la démarche de Sharon, quand il n’y ont pas pris une part active. 
 
Pour Benzi Lieberman, président du Conseil, « le but n’est pas de pleurer sur ce qui est fait, de crier haut et fort ‘nous vous l’avions dit’ !
Il faut que cela serve de leçon pour l’avenir, au cas où un gouvernement était à nouveau tenté par l’aventure et le danger. Pour que plus jamais, un Juif ne chasse un autre Juif !»
 
Voici un échantillon parmi les citations de cette brochure, qui sera diffusée dans le grand public : (toutes les citations datent d’avant encore la série d’agressions sur Sderot depuis 10 jours)
 
Ilana Dayan (journaliste) : « Pourquoi les bonnes questions n’ont elles pas été posées à l’époque ? Pourquoi Dov Weisglass a-t-il éludé les questions embarrassantes ? Car ce n’était pas populaire, et Ariel Sharon avait la haute main sur tous les médias »
 
Tsipi Livni (ministre) : « Nous avons détruit des villages, et nous n’avons pas parlé avec eux. Au lieu de soutenir les modérés, nous avons au contraire renforcé les extrémistes. chaque parcelle de territoire que nous avons lâchée est devenue un nid de terroristes.
 
Avri Guil’ad (général) : « D’un point de vu pratique, pragmatique, et d’analyse de la situation, les ‘oranges’ avaient raison.

Yoël Marcus (Haaretz): “A notre plus grande tristesse, il s’avère maintenant que ce sont les Juifs de Judée-Samarie et de Gaza, les plus extrémistes et les plus pessimistes, qui avaient raison ! »

Yaron London (journaliste) : « Rien n’a été construit sur les ruines du Goush Katif, à part des camps d’entraînement pour les terroristes ».
 
Gershon Cohen (général - au moment de la Guerre du Liban : « Ce qui s’est passé à l’époque est un crime, et moi, j’ai été complice de ce crime contre le peuple juif. Cette guerre du Liban est la conséquence directe de l’expulsion des Juifs du Goush Katif. »
 
Shimon Pérès (ministre) : « La Hitnatkout, c’est fini. Il n’y aura pas, en Judée-Samarie la répétition décuplée de ce qui s’est passé dans la Bande de Gaza ! »
 
Dan Margalit (journaliste) : « Un homme n’en chasse pas un autre de chez lui, A plus forte raison, un Juif n’en chasse pas un autre »
 
Giora Eiland (général) : « Il n’y a pas eu de vision de perspective. La Hitnatkout n’a pas fait avancer d’un pouce la solution du conflit »
 
Yaïr Lapid (journaliste) : « Nous sommes sortis du Liban, et le Hezbollah nous attaque depuis là-bas, nous sommes sortis de Gaza, et les terroristes nous attaquent depuis là-bas. La zone la plus tranquille actuellement est la Judée-Samarie.
Même chez les plus gauchistes parmi nous, une constatation commence à faire son apparition : ‘Peut-être l’occupation n’est-elle pas la cause de tout cela ?’ »
 
Yaïr Naveh (général) : « J’ai prétendu depuis le début que la Hitnatkout n’avait pas de justification sécuritaire. Cela fut une décision purement politique, dont les motifs devront un jour être analysés. »
 
Youval Diskin (Chef du Shabak) : « La Hitnatkout a été purement et simplement un déracinement. En Israël, on aime bien jouer avec les mots. On a essayé de l’habiller avec des mots enveloppants, mais au résultat, cela a été un déracinement ».

Les exemples sont encore très nombreux, et il reste à souhaiter que toute ces personnes sauront se rappeler leurs propos, et utiliseront leur domaine de compétence, si (par malheur) l’occasion devait se présenter une nouvelle fois.
 

Publié dans Israël

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Ofek 11/06/2007 13:39

Effi Hoshayah, ex-député travailliste déclaré "que le parti travailliste, comme le Likoud ont abandonné leur ligne idéologique, et ont perdu une grande partie de leur électorat".Puis il avouait: "Nous avons cru qu'en dialoguant avec les Palestiniens, nous aurons la paix, mais nous nous sommes trompés, nous avons eu la guerre en retour".Et un de plus...

Ofek 30/05/2007 13:13

Dalia Itsik (Kadima), Présidente de la Knesset et fervente partisane de la 'Hitnatkout', vient elle aussi de faire des aveux, à l'image nombreuses autres personnalités.Lors d'une session spéciale de la Knesset en l'honneur du Président du parlement européen, elle a dit que "l'expulson des habitants juifs du Goush Katif n'a pratiquement servi à rien".