Ne craignons pas la colère du monde

Publié le par Ofek

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Il faut des mesures draconiennes pour mettre fin aux lancers de roquettes sur Sderot.
 
Avant d'entamer une discussion sérieuse sur notre attitude face aux lancers de fusées Kassam à partir de Gaza, il faut partir de trois constations fondamentales.
 
Premièrement, on ne peut pas stopper les lancers de Kassam en s'en tenant exclusivement à des opérations aériennes.
Deuxièmement, si on ne modifie pas la situation le long de la route Philadelphie, le Hamas continuera à renforcer son potentiel militaire.
Troisièmement, ce qui se passe à Sderot est insupportable.
Cette affirmation n'est pas aussi évidente que l'on croit. Jusqu'il y a peu, le gouvernement israélien considérait que l'option la meilleure était de laisser la situation actuelle se poursuivre en l'état. Apparemment, cette attitude a changé.
 
Si les lancers de roquettes ne peuvent pas être stoppés à distance ou par des moyens aériens, comment faut-il s'y prendre ?
 
Il y a deux manières de parvenir à ce résultat, et les deux options ont un point commun : tenter une carte politique avant toute opération militaire et obtenir un accord avec les Etats-Unis pour régler la question du "jour d'après," ou de "quel verrou sera levé après une opération militaire et en échange de quoi."
Ce sera douloureux, et pas seulement pour les Palestiniens.
 
Option A : Prendre le contrôle de certaines zones de la bande de Gaza, en particulier la route Philadelphie; il ne suffira pas d'occuper la route qui est trop étroite pour être sous protection, mais aussi ses abords.
Il faudra en conséquence que des centaines de maisons à Rafah soient détruites, privant de foyer des milliers de personnes.
Il s'ensuivra un tollé international et des bouffées de colère des Egyptiens, ce qui est une bonne chose !
 
Israël devra insister sur le fait qu'il ne retirera ses troupes que si l'on parvient à un accord de sécurité satisfaisant et à partir du moment où il sera mise en œuvre.
Il est possible de traiter le problème de cette façon et Israël devra parvenir à un accord sur ce sujet avec les Etats-Unis avant de lancer une opération.
 
On devrait agir de même dans plusieurs autres secteurs de Gaza.
 
Option B : Israël fait l'annonce qu'en ce qui le concerne, Gaza est une entité politique autonome (indépendamment de la Cisjordanie) qui est sous le contrôle juridique et pratique du Hamas.
Comme cette entité est en guerre avec nous, Israël doit prendre trois mesures :
 
Fermer immédiatement les points de passage frontaliers entre Israël et Gaza (comme Gaza est ouvert sur l'Egypte, le trafic de marchandises avec Gaza serait transféré dans cette zone.)
 
Annoncer qu'au bout de quelques mois Israël cessera de fournir eau, électricité et carburant à Gaza.
 
Puisque Gaza est un état ennemi en guerre avec Israël, les institutions gouvernementales et les infrastructures au service de l'effort de guerre contre nous, y compris les routes et les ponts, sont susceptibles de devenir des cibles.
 
Une réaction israélienne de cette nature constituerait une menace pour l'avenir de l'état palestinien, et c'est positif.
La communauté internationale protestera assurément avec plus de force que jamais et voudra rétablir l'ancien statu quo.
Israël ne s'inclinera que si les conditions de mise en œuvre, qui auront été élaborées avec les Etats-Unis d'abord, sont satisfaisantes.
 
La poursuite des attaques tactiques contre les lanceurs de roquette du Hamas n'est pas une solution car cela permet au Hamas d'exploiter son avantage relatif.
 
Ceci ne signifie pas qu'il faille prendre le contrôle de la bande de Gaza tout entière.
Une des options draconiennes décrites ici, peut être adoptée.
En effet, il n'y a d'autre choix que de prendre un risque politique, d'irriter profondément un certain nombre d'acteurs et de les contraindre à agir à leur tour.
 
Le monde n'est pas vraiment troublé par ce qui se passe à Sderot.
Aussi longtemps que cette situation persiste, on nous invitera à "faire preuve de retenue," et à en assumer seuls les conséquences.
 
Giora Eiland est un général israélien à la retraite, ancien chef du Conseil de sécurité nationale. Titre original : Don't fear world's wrath - Traduction : Objectif-info

Publié dans Israël

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Ofek 20/06/2007 10:59

… Je pense depuis longtemps qu’Israël se sortira par elle-même de ce conflit, à la manière d’un Ariel Sharon, par des décisions audacieuses et unilatérales. Attendre le partenaire palestinien est comme un amoureux éconduit qui patiente devant le téléphone que son (ex-)amour le rappelle. Les Palestiniens n’ont pas acquis encore la maturité leur permettant de balancer le joug totalitaire du Hamas et la perspective de vivre en paix avec son voisin israélien. Depuis longtemps soumis à la propagande laïque puis islamique, les Palestiniens baignent dans une médiocrité renforcée par la corruption et la bêtise patente de leurs dirigeants. Face à ce danger d’immobilisme Israël ne doit point rester endormie au milieu de la guerre fratricide et doit à tout prix remuer cette rivière assoupie. Israël devrait convoquer ses voisins arabes (Egyptiens et Jordaniens) et leur annoncer une date butoir de constitution définitive de la barrière de sécurité devenue nouvelle frontière. Après cette date, les territoires restant du côté israélien seraient annexés de facto. Les autres laissés à la gouvernance palestinienne. De ce fait, Israël imposerait le timing et la nécessité pour ces voisins de mettre de l’ordre au sein des milices palestiniennes. Car il n’y a rien de plus dangereux pour ces pays de se voir submerger de Palestiniens en proie aux difficultés internes. De plus, avec l’aide des Européens et des Américains, Israël devrait proposer la répartition des aides allouées aux Palestiniens par ville ou région suivant un système de donnant/donnant : l’aide allouée est fonction du dépôt des armes et de l’arrêt du terrorisme. En fonctionnant par petites zones, nous parviendrons à soumettre les milices armées au diktat des peuples en colère. L’argent qui coule à flot coule à perte. L’argent, dans ce contexte, doit devenir une arme et non la compensation d’une situation mal gérée. Avec d’autres, je pense que seul l’argent et la menace (indirecte) des voisins arabes feront bouger la donne dans cette région. Pas de grand plan ni de grand projet mais un timing imposé et un système de donnant/donnant en lien avec la communauté internationale et les maires des villes sous autorité palestinienne. Eytan Ellenberg pour Guysen Israël News

Ofek 31/05/2007 11:42

Une autre voix :Selon Moshe Ya'alon, l'ancien chef d'état major des forces de défense d'Israël, les tentatives pour empêcher la nucléarisation de l'Iran échoueront. Il a affirmé samedi que l'option militaire devrait être examinée et que le régime iranien devrait être renversé. Interviewé dans "Rencontre avec la presse," une émission de la deuxième chaine, Ya'alon a également suggéré d'entrer à Gaza avec les forces terrestres massives pour "nettoyer" la zone sans en reprendre le contrôle pour une longue période.Il a déclaré qu'il craignait que dans un an les terroristes lancent des Katiouchas sur Kiryat Gat et Ashdod. "Personne ne résoudra le problème de Gaza pour nous.""Nous devrons nous en prendre aux terroristes et leurs ateliers d'armement, qui sont l'infrastructure de la terreur, et leur infliger des coups. Nous l'avons fait avec l'opération Bouclier de défense. Avant Bouclier de défense nous avons aussi débattu, mais enfin de compte, nous l'avons réalisée judicieusement. Il faut être aveugle pour ne pas voir qu'il faut entrer dans la bande de Gaza. Il n'y a d'autre choix, " ajouta Ya'alon. L'ancien chef de l'armée israélienne a dit qu'il croyait que Mahmoud Abbas n'est pas un partenaire approprié.Il a également exprimé des inquiétudes que l'escalade dans le sud ne ranime les hostilités avec le Hezbollah sur le front nord. En outre, selon lui, les systèmes anti-fusées dont les spécialistes de la défense ont discuté sont inefficaces et ne fournissent pas une véritable réponse au problème des Kassam et des Katiouchas. Selon Ya'alon, il avait préparé l'armée israélienne à un scénario comme celui de la guerre du Liban de l'année dernière. "Si j'avais été chef d'état major, la guerre aurait pris un tour différent" a-t-il affirmé.