L’état du monde et Israël

Publié le par Ofek

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« Les hommes sages savent quelles choses néfastes sont écrites dans le ciel », écrivait Gilbert Keith  Chesterton dans un de ses poèmes. Cette phrase traverse souvent mon esprit lorsque je regarde l’état du monde aujourd’hui.
Quinze années après l’effondrement de l’Union Soviétique, grâce – on l’oublie trop souvent – à la détermination de Ronald Reagan, un président des Etats-Unis qui savait nommer les choses par leur nom et parlait, sans se gêner, d’ « empire du mal », les brefs espoirs de voir venir la « fin de l’histoire » et le règne planétaire de la démocratie libérale se sont évanouis.
 
Du côté de l’Asie, une alliance de dictatures se dessine entre la Chine post-totalitaire et la Russie revenue à l’autoritarisme. En Amérique du Sud, Hugo Chavez révèle chaque jour davantage son visage de fils spirituel de Fidel Castro. L’Afrique subsaharienne ne va pas très bien non plus, et on continue à massacrer au Darfour, à tuer au jour le jour. La Turquie semble déstabilisée.
 
Les quelques bonnes nouvelles viennent d’Europe : Nicolas Sarkozy devrait être un président français plus cohérent que Chirac, moins enclin à maintenir une « politique arabe », plus lucide quant aux enjeux planétaires et à la survie des sociétés ouvertes.
Je considère, à cet effet, la nomination de Bernard Kouchner au ministère des Affaires Etrangères comme un événement prometteur : un défenseur des droits de l’homme venant remplacer une succession de cyniques plus ou moins crapuleux, plus ou moins racistes, et dernièrement, un analphabète en géopolitique, cela ne peut être qu’un signe positif, même s’il reste encore beaucoup de ménage à faire sur les bords de la Seine.
 
Sarkozy et Angela Merkel ouvrent la voie à un rapprochement avec les Etats-Unis, comprenant, semble-t-il, qu’un Occident divisé est un Occident au bord du suicide.
Mais parallèlement, Tony Blair quitte le pouvoir au Royaume-Uni et son successeur donne des signes d’apaisement vis-à-vis de l’islamisme, voire des signes d’antisionisme.
D’ailleurs, quelques bonnes nouvelles ne peuvent se révéler suffisantes pour faire sortir l’Europe de son lent glissement vers l’hiver démographique et toutes les lézardes qui l’accompagnent.
Aux Etats-Unis, Bush tient le cap et est, jusqu’à présent, parvenu à juguler le défaitisme actif de la gauche démocrate, emmenée par Harry Reid et Nancy Pelosi. Les élections de 2008 seront cruciales, non seulement pour le pays, mais pour le monde, et elles seront serrées : je parierais aujourd’hui sur une finale Hillary Clinton-Rudy Giuliani, avec un avantage pour Giuliani, mais tant de choses peuvent encore survenir.
 
Cela dit, la région du monde dont la situation est aujourd’hui la plus préoccupante est le Proche-Orient.
Or il me semble que l’Europe ne s’en préoccupe guère, alors que cela la concerne directement.
Ce qui est inquiétant, à mes yeux, c’est non pas Israël mais le comportement pathologique du monde musulman environnant à son égard.
 
Les pays arabo-musulmans du Proche-Orient sont en situation d’échec et de stérilité. Ce sont des dictatures et des monarchies plus ou moins corrompues, le sous-développement économique y va de pair avec un sous-développement culturel et intellectuel.
Leurs principaux produits d’exportations sont le fanatisme et le terrorisme. Et depuis bientôt trente ans, l’Iran s’est greffé à l’équation, pesant d’un poids de plus en plus malsain et potentiellement explosif.
 
Après des années d’apaisement et d’accommodement, les Etats-Unis et leurs alliés ont tenté d'inspirer une vague de liberté au milieu de tout cela, partant de l’idée que la frustration fait le lit des pires pulsions ; mais cette vague s’est brisée sous la violence frénétique d’assassins assoiffés de sang.
Le seul pays arabe à avoir connu la démocratie, le Liban, n’en finit pas de ne pas sortir de guerres civiles et de déstabilisations, et à l’emprise du Hezbollah, s’ajoutent maintenant les violences téléguidées par la Syrie et les mollahs de Téhéran.

Les rigidités véhiculées par la culture arabo-musulmane font qu’on raisonne en termes de force, de faiblesse, d’appartenance ethnique ou tribale et pas du tout en termes de contrats et de traités.
 
Ce que cette culture déteste, ce n’est pas vraiment Israël, c’est ce qu’il incarne : le développement, l’esprit d’entreprise, l’initiative, l’ouverture.
L’existence d’Israël, qui devrait être ressentie comme une opportunité d’accès à la prospérité, est vécue, au contraire, comme une insupportable humiliation.
Les Juifs, ce sont aussi d’anciens dhimmis accédant à la maîtrise de leur futur.
Israël, c’est un accomplissement étincelant au centre d’une mer de naufragés, qui refusent de regarder en face le fait que la cause essentielle de leur naufrage réside en eux-mêmes et dans les dysfonctionnements multiples de leurs sociétés.
Israël, c’est le bouc émissaire qui permet d’éviter de se regarder dans un miroir.
 
Des millions de psychopathes fanatisés rêvent, au Proche-Orient, d’anéantir Israël, et Israël est en danger, plus que jamais depuis que la guerre de l’été 2006 s’est soldée par un échec.
Je n’imagine pas convaincre les Européens de ce qui me semble pourtant évident : pour les psychopathes susmentionnés, la destruction d’Israël ne serait qu’une première étape vers d’autres tueries et vers la Grande Soumission exigée des infidèles.
L’Europe me semble, malgré les bonnes nouvelles évoquées plus haut, très éloignée, toujours, de la lucidité et du redressement.

Je pense donc que le destin d’Israël est entre les mains des Israéliens.
J’espère qu’un nouveau gouvernement remplacera le gouvernement discrédité et inefficace d’Ehud Olmert, et que les Israéliens réaliseront vite que les réponses militaires actuelles aux tirs palestiniens s’abattant sur Sdérot sont inefficaces et inutiles.
L’heure n’est plus aux éliminations ciblées de criminels. Ni aux ripostes graduées.
Elle n’est plus aux illusions d’un « processus de paix » qui n’a jamais été, pour les criminels anti-israéliens, quels qu’ils soient, qu’un processus de guerre déguisé.
L’heure est à un nettoyage en profondeur de la présence terroriste à Gaza et à la reprise du contrôle de la frontière avec l’Egypte.
Mais l’armée israélienne est-elle pleinement opérationnelle moins d’un an après l’échec de 2006 ? Faut-il encore risquer des vies ?
 
On peut aussi envisager les choses autrement : Israël fournit l’eau, l’essence et, de fait, l’électricité à Gaza. L’Etat hébreu aide, en somme, ceux qui s’activent à le détruire.
Une réflexion sur l’absurdité de cette situation devrait permettre d’en tirer des conclusions.
Un blocus immédiat ferait des victimes innocentes, mais une menace de blocus laisserait un délai (qui devrait être bref).
Cela ne rendrait pas Israël populaire, mais il ne l’est déjà pas : malgré les efforts de paix, les gestes de bonne volonté, voire l’aide apportée aux criminels, il n’a rien gagné en termes de popularité.
 
Les Israéliens doivent savoir que des millions d’Européens sont prêts à voir Israël disparaître pour ne plus en entendre parler.
Seul le peuple américain, en sa grande majorité, quels que soient les clivages politiques (je laisse de côté l’extrême-gauche et l’extrême-droite), comprend leur souffrance et la considèrent insupportable.
 
Les Israéliens savent déjà que ceux qui leur font face sont majoritairement des psychopathes au cerveau lessivé par une propagande répugnante.
Ces derniers n’ont aucune éthique, aucun respect pour la vie humaine. Ils tuent parce qu’ils ne savent rien faire d’autre, mais distinguent néanmoins la force de la faiblesse.
 
Le seul message qu’ils comprennent et qu’ils respectent, est la force, s’ils ont la certitude qu’elle les mettra hors d’état de nuire avant qu’ils n’aient atteint le moindre de leurs objectifs.
Les plus gravement atteints parmi ces psychopathes sont palestiniens : encore n’est-ce pas de leur faute. Ce sont des gens auxquels le monde arabe et l’Union Soviétique avaient autrefois attribué le rôle de la victime absolue et, plus récemment, celui du djihadiste absolu. Mais, quand bien même ce n’est pas leur faute, les faits sont là.
 
Quiconque doute de mes propos peut consulter les échantillons de la presse palestinienne, rendus disponibles par le Middle East Media Research Institute ou visionner les nombreuses vidéos sur www.youtube.com.
 
Des gens qui incitent leurs enfants à se suicider pour tuer, et qui applaudissent par milliers, en souriant, des récitations que Goebbels lui-même aurait hésité à faire ânonner à des enfants, sont à mes yeux bien davantage que des monstres.
 
Le clamer me semble insuffisant. Je ne me battrais pas pour la France ou pour l’Europe : se battre implique que ce soit pour quelque chose et, pour le moment, j’attends de voir si la France ou l’Europe redeviennent quelque chose.
Je me battrais, par contre, pour deux pays qui incarnent quelque chose : Israël et les Etats-Unis.
 
Guy Millière sur : Metula News Agency

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