Le Fatah de Salam Fayad, Héros d'Israël

Publié le par Ofek

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Parfois le terrorisme ne paie pas. On a rapporté dans la semaine du 10 août dernier que le Premier Ministre du Fatah, Salam Fayad avait payé les salaires annuels de membres de l’armée du Hamas à Gaza : cela a déclenché une lettre furieuse du parlementaire américain Eric Cantor à Fayad.

Cantor, troisième Républicain à la Chambre des Représentants [Parlement des USA, Ndt], était tout juste de retour à la tête d’une délégation Républicaine au Congrès, auprès de l’Autorité Palestinienne sur le territoire d’Israël, où il a rencontré Fayad à Ramallah. Il lui écrit : « Sans explication supplémentaire de votre part, je me sentirai obligé… d’avertir mes collègues au Congrès que toutes les visites à votre gouvernement ont peu de valeur pour apporter la paix et la sécurité aux Palestiniens et aux Israéliens. De plus, je contribuerai à conduire l’opposition au Congrès contre toute proposition appelant des dollars supplémentaires des contribuables américains envoyés à l’Autorité Palestinienne ».

Cantor a une bonne raison en tant qu’Américain d’être en colère contre Fayad. Les forces du Hamas  à Gaza, qui sont formées et commandées par les Gardes de la Révolution Iraniens, constituent un membre clé de l’axe du jihad mondial contre lequel les USA combattent en Irak, en Afghanistan, et de fait, à travers le monde.
En renforçant le Hamas, Fayad ne nuit pas seulement à Israël. Il agit de manière à renforcer cet axe dans son ensemble. Et ainsi il nuit aux intérêts de la sécurité nationale des USA.

En défense de son geste, Fayad a d’abord proclamé que le paiement était une regrettable erreur provoquée par un problème informatique. Dans son récit remis à jour, Fayad déclara qu’un agent du Hamas de son ministère des finances était responsable de ce mouvement.

Les excuses de Fayad soulèvent naturellement la question : si le Fatah s’oppose au Hamas, pourquoi tous les noms et les numéros de comptes bancaires des soldats du Hamas sont-ils commodément inscrits dans les dossiers informatiques du ministère des finances du Fatah ?

A côté de cela, il est difficile de croire que Fayad s’est opposé au paiement de forces du jihad. Depuis que le Hamas s’est emparé de Gaza en juin, Fayad a régulièrement payé les salaires des parlementaires du Hamas, des fonctionnaires du gouvernement du Hamas, et des terroristes du Hamas emprisonnés dans les prisons israéliennes.

De plus, les affirmations de Fayad sur l’opposition du Fatah au Hamas sont à peine crédibles étant donné que le Fatah est engagé dans d’intenses négociations avec le Hamas en vue de la réunification de leurs forces. Mercredi 15 août, le président de l’AP, Mahmoud Abbas a déclaré ouvertement qu’il cherche une réconciliation avec le Hamas. Lors de sa conférence de presse conjointe avec le ministre des affaires étrangères japonais Taro Aso, Abbas a appelé au « retour  à l’unité nationale ». Il a déclaré : « la division [entre la Judée et la Samarie et Gaza survenue] à la suite du coup d’état du Hamas est temporaire et sera effacée ».

Le fait que le Fatah soit lui-même un groupe terroriste jihadiste contribue aussi à expliquer pourquoi il n’a pas de problème à payer les salaires de l’armée terroriste du Hamas. La vérité incommode de l’engagement du Fatah dans le terrorisme a été rapportée à la maison dans la semaine du 12 août avec la mise en accusation du parlementaire du Fatah, et commandant adjoint de sa milice générale de renseignement, Jamal Tirawi. Tirawi est accusé d’avoir envoyé l’islamikaze suicide à la bombe qui s’est fait sauter dans un café à Tel Aviv en mars 2002. Il est aussi accusé d’avoir formé et commandé d’autres terroristes qui ont exécuté des attaques suicides et tiré sur des Israéliens.

La mise en accusation de Tirawi était une preuve supplémentaire que le Fatah sape les intérêts des USA. Comme Aaron Klein l’a rapporté dans ‘World News Daily’, comme commandant adjoint des milices générales de renseignement, Tirawi a eu des contacts très larges avec le coordinateur de la sécurité des USA, le Lt. Général Keith Dayton et a reçu des armes américaines.
Mais bien sûr l’Amérique n’est pas la première victime du Fatah.

Les forces de Tsahal qui ont été confrontées à l’armée du Hamas dans le Sud de Gaza la semaine du 12 août, ont rapporté qu’aujourd’hui le Hamas est un ennemi bien plus redoutable qu’il ne l’a jamais été avant. Il combat beaucoup à l’image du Hezbollah. Il détient des armes et des équipements avancés, et il est organisé en unités disciplinées.

Puisque Fayad a payé ces forces avec des fonds qu’Israël lui a transférés, on aurait pu s’attendre à ce que le gouvernement Olmert se joigne à Cantor pour le condamner. Mais dans un nouveau signe de la stratégie démentielle du gouvernement, le Premier Ministre Ehud Olmert et la ministre des affaires étrangères Tzipi Livni se sont précipités pour défendre Fayad. 

Parlant devant une délégation en visite de Parlementaires du Congrès des USA, Olmert et Livni ont insisté sur le fait que Fayad disait la vérité en déclarant que ses paiements à l’armée du Hamas étaient le résultat d’une erreur informatique.
Comme le Représentant Steny Hoyer l’a déclaré au ‘Jerusalem Post’ : « Olmert, Livni et le Consul général à Jérusalem, Jacob Walles ont tous dit qu’ils croyaient que c’était une erreur bureaucratique d’un employé, et pas un effort conscient pour aider le Hamas./…
…/Etant donné que la ministre des affaires étrangères d’Israël, le Premier Ministre d’Israël, et notre consul général sont tous d’accord sur ce fait, les représentations de Fayad avaient plus de crédibilité avec nous quand nous les avons abordées avec lui », conclut Hoyer.

A un niveau plus basique, il est profondément troublant qu’Olmert et Livni agissent comme l’équipe de relations publiques du Fatah.
Mais au-delà de cela, leur soutien insistant au Fatah démontre qu’ils ne peuvent pas comprendre ou concilier trois faits fondamentaux.
 
D’abord, Livni et Olmert montrent qu’ils sont incapables d’accepter le fait fondamental que le Fatah est l’ennemi d’Israël. Leur engagement à se concilier le Fatah et à établir un état palestinien est si puissant, qu’ils se cramponnent à lui, même quand l’hostilité inhérente du Fatah les éblouit en plein visage.

Ensuite, ils sont incapables de comprendre l’impact potentiel  de la lettre de Cantor sur la politique des USA envers les Palestiniens. En défense de Fayad contre la réprimande de Cantor, Livni et Olmert ont fait savoir clairement que pour eux, il ne devrait pas y avoir, et de fait il ne peut pas y avoir une politique des USA à l’égard des Palestiniens différente de celle de la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice, faite de pression sur Israël pour donner des territoires, de l’argent et des armes à l’organisation terroriste Fatah.

Finalement, en soutenant la politique de Rice de conciliation avec les terroristes palestiniens, Olmert et Livni ignorent le fait qu’aussi bien Israël et les USA traitent le jihad d’une manière en totale contradiction avec la stratégie des USA de faire face aux forces du jihad partout ailleurs dans le monde.
En puissant contraste avec l’adhésion de l’administration au Fatah et à l’Etat palestinien, partout ailleurs dans le monde, les USA oeuvrent à vaincre les terroristes et leur refusent le contrôle d’un territoire.
Le fait que la politique actuelle américano-israélienne envers les terroristes palestiniens soit antithétique avec la stratégie globale de l’administration Bush dans le combat contre le terrorisme est une raison suffisante pour s’attendre à ce que beaucoup d’Américains puissent ne pas croire que le soutien de Rice au Fatah et à l’Etat palestinien soit en faveur des intérêts des USA.

Bien qu’Olmert et Livni refusent de voir rien de tout cela, Rice elle-même reconnaît ouvertement que son opinion n’est pas la seule possible sur le jihad palestinien contre Israël. Au mois de juillet dernier, dans une conversation avec des membres du Congrès, Rice a expliqué qu’elle se sent obligée de consacrer son énergie à la création rapide d’un Etat palestinien parce qu’elle n’est pas sûre que la prochaine administration verra la situation comme elle.

Les voix les plus puissantes qui appellent les USA à appliquer la même politique envers les Palestiniens que celle appliquée aux forces terroristes à travers le monde, sont entendues dans le propre Parti Républicain du Président George W. Bush. L’ancien maire de New York et candidat favori des Républicains, Rudolph Giuliani, a été la voix Républicaine la plus forte à appeler au changement jusqu’à ce jour.

Dans un article publié dans la semaine du 12 août dans ‘Foreign Affairs’, Giuliani a soutenu l’opinion de Bush : l’objectif de la guerre des USA est de détruire à la fois le mouvement terroriste mondial et son idéologie islamo fasciste radicale.
Giuliani a exprimé de profondes craintes, cependant, concernant la politique réelle de Bush, qu’il considère avoir été incohérente et insuffisamment puissante.

Giuliani lance un appel à une cohérence plus claire dans sa discussion sur les Palestiniens et Israël.
Selon ses termes : « Une trop grande emphase a été mise sur la réalisation de négociations entre Israéliens et Palestiniens – négociations qui reviennent sur les mêmes questions encore et encore. Il n’est pas dans l’intérêt des Etats-Unis, à une époque où ils sont menacés par des terroristes islamistes, d’appuyer la création d’un autre Etat qui soutiendra le terrorisme ».

Et Giuliani d’ajouter : « L’engagement de l’Amérique pour la sécurité d’Israël est un paramètre permanent de notre politique étrangère ».
 
En formulant ainsi son argumentation, Giuliani a exprimé clairement que de son point de vue, il n’y a pas de différence entre le jihad contre Israël et le jihad à travers le monde.
En conséquence, selon son opinion, Les USA devraient aligner leur politique envers les Palestiniens avec leur politique contre le jihad partout dans le monde.

Alors que Giuliani a été le plus franc dans sa critique de la politique de Bush envers les Palestiniens, ses opinions ne sont pas sans synchronisation avec la teneur générale du débat présidentiel Républicain. L’ancien gouverneur du Massachussets Mitt Romney et l’ancien sénateur Fred Thompson ont de même dit clairement qu’ils croient que les USA doivent être moins ambigus et plus cohérents dans la conduite de la guerre.

Le débat Républicain devrait adresser deux signaux à Israël.
 
D’abord, il démontre qu’il existe une chance raisonnable qu’en janvier 2009 [date de l’intronisation du nouveau Président des USA qui sera élu en novembre 2008, Ndt], Israël sera salué par une administration américaine qui ne partage pas l’enthousiasme du gouvernement Olmert pour la conciliation avec les terroristes palestiniens.

Ensuite, il montre qu’à mesure que les élections de 2008 se rapprochent, les candidats Républicains peuvent obliger Bush à refroidir son soutien au Fatah. Rice peut bien ne pas être en mesure de forcer la voie pour passer la ligne finale.

Ici en Israël, après la victoire sensationnelle du dirigeant du Likoud Binyamin Netanyahou au cours des primaires pour la direction du Likoud mardi 14 août, nous nous dirigeons aussi vers une période préélectorale. Les électeurs israéliens s’attendent à ce que le dirigeant du Parti travailliste et ministre de la défense Ehud Barak et Netanyahou présentent chacun  leur vision : « Où Israël doit-il aller ? ».

Puisque Barak doit sa victoire aux primaires aux électeurs arabes du Parti travailliste, personne n’attend de lui d’abandonner son engagement pour un Etat palestinien.
Mais Netanyahou a un autre projet. Il serait tout à fait sensé pour le Likoud de fonder sa plateforme électorale sur la reconnaissance du fait que le Fatah est l’ennemi d’Israël, et le rejet d’un Etat palestinien. Et Netanyahou est le mieux placé de tous les politiciens pour convaincre les électeurs israéliens de soutenir une telle plateforme fondée sur la réalité.
 
En s’occupant du programme d’armes nucléaires de l’Iran, Netanyahou a identifié une puissante coalition aux USA, volontaire pour agir plus vigoureusement pour empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires que le gouvernement Olmert ou l’administration Bush.
Netanyahou a sagement soutenu ces forces et les a aidées à mettre la pression sur l’administration pour intensifier ses efforts pour arrêter les Iraniens.
Une conséquence de cette pression a été la décision de l’administration dans la semaine du 12 août de qualifier les ‘Gardes Révolutionnaires Iraniens’ d’organisation terroriste [ce qui a des conséquences très pratiques aux USA et dans le monde : gel de comptes bancaires, etc… Ndt].

Comme la lettre de Cantor et l’article de Giuliani le démontrent clairement, il existe aussi une puissante coalition aux USA qui veut reconnaître que le Fatah est un membre du camp ennemi, et d’accepter que soutenir un Etat palestinien soutenant le terrorisme nuirait aux intérêts de la sécurité nationale des USA.
 
Pourtant, comme Steny Hoyer l’a dit clairement, seuls des Israéliens peuvent se tenir à la barre d’une telle coalition. Israéliens et Américains aussi doivent espérer que Netanyahou accomplira son service pour diriger cette coalition.
 
Caroline B. Glick sur :
http://jewishworldreview.com/0807/glick081707.php3
- Adaptation française de Sentinelle 5767 sur : http://lessakele.over-blog.fr/

Contribuant à la JWR, Caroline B. Glick est membre senior pour le Moyen Orient du “Center for Security Policy” [Centre pour la Politique de Sécurité] à Washington, DC et rédacteur en chef adjoint du « Jerusalem Post » en anglais.
 

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