Moyen Orient : La paix sans la sécurité ?

Publié le par Ofek

 
L’élection du président, par les députés, au Liban, commence, officiellement, aujourd’hui 25 septembre 2007.
 
Il n’y a pas si longtemps que cela, on entendait encore des diplomates et des journalistes raconter, qu’en intégrant le mouvement terroriste libanais chiite pro-iranien Hezbollah dans la politique libanaise, on obtiendrait de ce même Hezbollah qu’il dépose les armes ; et qu’il devienne un simple parti politique.
 
Or, le Hezbollah entra dans le gouvernement Siniora. Il ne déposa pas les armes. Il utilisa les armes contre Israël. L’armée libanaise, composée de chiites à raison de 40%, laissa faire le Hezbollah, chiite lui aussi.
Après la guerre l’été 2006 et jusqu’à maintenant, le Hezbollah a été généreusement réarmé par l’Iran et la Syrie. Ni l’armée libanaise, ni les troupes de l’ONU (FINUL) n’ont empêché ce réarmement.
En octobre 2006, le Hezbollah est sorti du gouvernement Siniora aussi lestement qu’il y était entré. Depuis son départ du gouvernement Siniora, le Hezbollah et ses alliés paralysent les institutions libanaises ; et commettent assassinat sur assassinat, afin de rendre minoritaires (au parlement appelé à élire un nouveau président), les députés libanais anti-syriens, majoritaires avant ces assassinats.
Le Hezbollah a étendu son contrôle militaire au nord du fleuve Litani et jusque dans certains quartiers de Beyrouth.
Le Hezbollah s’est livré à la purification ethnique et confessionnelle du Sud-Liban, vidé de ses habitants chrétiens. Voilà pour la paix et la sécurité au Liban.
 
Quid d’Israël ?

En Israël, l’heure est à la libération de terroristes palestiniens, supposés repentis et supposés intégrer les forces armées de l’Autorité palestinienne et du Fatah, devenus, dit-on, modérés.
La semaine dernière, les combats entre d’une part, des terroristes palestiniens du Fatah libérés par Israël, et d’autre part, des éléments de l’armée israélienne, en Judée-Samarie, ces combats donc, ont permis de constater, que les repentis du Fatah, se sentent apparemment plus proches du Hamas, du Jihad Islamique et de diverses factions et milices soutenues par la Syrie et par l’Iran, que proches de l’Autorité palestinienne.
Le fait est qu’au Liban comme à Gaza et en Judée-Samarie, ce sont les groupes terroristes, la Syrie et l’Iran qui, concrètement, gagnent du terrain. Et que se sont le gouvernement libanais et l’Autorité palestinienne, qui perdent le contrôle, de la situation concrète, sur ce même terrain.
 
Maintenant, quid de l’Irak ?

La récente stratégie du général américain Petraeus démontre qu’avant de former un gouvernement modéré et consensuel en Irak, il faut d’abord éliminer toutes les forces armées hostiles à tout ce qui est modéré et consensuel.
A cet égard, il paraît difficile, en Irak comme au Liban, à Gaza et en Judée-Samarie, de liquider le terrorisme sans régler, aussi, la question de l’Iran.
Il est intéressant de constater, que dans ce contexte, Madame Rice et Monsieur Olmert, continuent, de vouloir imposer, au plus vite, d’une part un Etat palestinien, et d’autre part, une paix globale dans toute la région.

Apparemment, le conflit entre d’un côté, les pays occidentaux et leurs alliés arabes, et de l’autre côté, l’Iran et ses alliés, apparemment ce conflit n’entre pas en ligne de compte, dans la stratégie diplomatique de Madame Rice et de Monsieur Olmert.
 
Apparemment, Madame Rice et Monsieur Olmert croient sérieusement, qu’ils peuvent contribuer à former, des gouvernements libanais, palestinien et irakien modérés, sans préalablement désarmer le Hezbollah, le Hamas, le Jihad Islamique, le Fatah ainsi que les nombreuses milices armées privées, à la solde de clans et de familles contrôlant telle ou telle parcelle de territoire.

Apparemment, Madame Rice et Monsieur Olmert, ne comprennent pas ou font semblant de ne pas comprendre, que derrière les groupes armés et la Syrie, il y a surtout et avant tout l’Iran.
 
Apparemment, Madame Rice et Monsieur Olmert, ne comprennent pas ou font semblant de ne pas comprendre, qu’avec Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de l’Iran, ce pays continuera de financer et d’armer tous les groupes armés qui permettent à l’Iran de gagner un pouce de terrain au Liban, à Gaza, en Judée Samarie, en Irak et en Afghanistan ; en attendant de maîtriser l’arme nucléaire, qui fera de l’Iran la plus grande puissance géostratégique de la région, dans un « rayon missile » d’au moins 1'800 km.
 
A trop chercher la paix sans la sécurité, on n’obtiendra ni la paix ni la sécurité.
 

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