Vos élites de demain : « Votre jeunesse »

Publié le par Ofek

 
Retenez bien  ce nom : Loïc Lorent. Son essai paru en juin de cette année "Votre jeunesse" est un véritable OVNI dans le monde de l'édition.
Lors des grands mouvements sociaux de 2006 et au sein d’une faculté occupée par les étudiants, il tient la chronique ironique et féroce du mouvement, du blocage de la fac, des AG et des manifs. Ce témoignage cruel et hilarant est le portrait sans illusions ni complaisances d’une jeunesse illusionnée et prête à toutes les complaisances. A lire absolument ! Un vrai régal, un vrai moment de plaisir. Un jeune auteur à suivre et à soutenir.

Voici quelques extraits du livre pour vous faire une idée :

P.1-2 : "Il faut les voir hurler, sauter sur leur chaises comme des animaux furieux. Il faut les entendre couiner contre le fascisme, contre le libéralisme, contre Pétain ! Contre la mort, contre l'argent, contre les hommes-qui-sont-des-phallocrates, contre tout et son contraire. Il faut les voir et les entendre pendant huit heures d'affilées dans le grand amphithéâtre transformé en forum. Et quel forum... Ils ont dessiné de jolie fresques contre les murs, des fresques pleines de couleurs. Ne pas les aimer, c'est être fasciste assurément.

Pendant huit heures ou plus ils récitent leur crédo, leur idéologie en kit (méthode ASSIMIL) et ils ne sont pas peu fiers de leurs petits effets. Ils vont changer le monde, disent-ils. Et, malheureusement, ça commence ici, aujourd'hui dans cette salle. Et tu n'es toujours pas d'accord ? Tu es fasciste, voilà tout. Salaud !

Il faut les voir ces filles et fils de fonctionnaires, il faut bien les observer. On a huit heures pour cela. Tout les débecte, surtout l'Amérique. Tout, tout, tout !"

P.69-70 : "Un jour , se présente à vous l'occasion de faire la révolution. Vous acceptez. Que vont faire les fascistes ? Que doivent faire les fascistes ? Vous taper dessus, bien sûr. C'est écrit, il y a des milliers d'exemples, vous qui n'en doutez pas une seule seconde. La question n'est pas de savoir s'ils viendront mais quand ils viendront. A l'heure d'aller dormir, après avoir bu quelques bières, vous pensez à ce monde hostile, à ces faf-flics qui sont tout autour de vous et ça vous donne le vertige... et la haine.

En fait, quelle que soit la situation, votre formation (qui tient plus du formatage) idéologique vous empêche d'imaginer sérieusement autre chose. Encore une histoire de cases ? Qui sont les ennemis des révolutionnaires ? Dans la tête du bloqueur, la case "méchants" vient d'être activée. Réponse : les fachos ! Du coup, logique implacable, les étudiants qui vous défient ne peuvent être que des fachos.

Une cuvette n'a qu'un trou. Ils ingèrent pendant des années la même doctrine cramoisie. Ils pourraient se révolter, dire "non, putain, être solidaire c'est nul", ou "je ne vois pas en quoi la disparition des frontières serait utile".
Ils ne le font pas parce que cette doctrine en putréfaction a encore des atouts, un en particulier : elle se présente comme subversive. Un peu comme avec un chiot. Si vous vous désintéressez de lui, ça l'intrigue encore plus, il vient renifler vos chaussettes, mordiller vos doigts. Il sent que ce qu'il est en train de faire est hautement transgressif.
Eh bien, l'idéologie post-soixante-huitarde (et tous ces avatars), c'est pareil.
Elle donne l'impression d'être insaisissable. Vous lui demandez "t'es qui ?", elle répond "dégage je répond pas". Alors vous avancez, vous trouvez ça encore plus transgressif, vous êtes déjà en rébellion. Bien sûr, il faut être un tantinet prédisposé, tout le monde n'est pas, malheureusement, candidat à la lobotomie.
Comme toute les idéologies, le gauchisme est un ensemble de codes, de valeurs, une morale, en somme. Mais elle a l'avantage, et c'est pourquoi elle plait tant aux jeunes, de vous faire croire qu'elle n'en est pas une.
" Je ne suis pas une morale, je suis un comportement ". Ah, c'est autre chose que la gauche molle ou la droite ça, quand même ! Un comportement. Puis un comportement, ça n'éxige pas de lire Marx, de Maistre ou Tocqueville. Il suffit de copier sur les autres, leur musique, leurs "fringues", leurs indignations, leurs révoltes. Il n'y a pas a dire, c'est quand même plus facile, on ne va pas "se prendre la tête !"

Alors, certes, il y a des cuvettes brillantes et qu'on aimerait bien avoir chez soi. Mais une cuvette, même haut de gamme, n'est jamais qu'un réceptacle à excréments
Ils se croient libres, pourtant, quand ils déambulent dans les couloirs de la ZEP une bière à la main, un pétard dans l'autre. Ils se croient libres en chiant par terre ou en étalant de la merde sur les murs, en pissant par les fenêtre, en taguant les vitres, en vomissant un peu partout. Ils se croient libres dans le regard de cette belle révolutionnaire aux yeux bleus, aux cheveux noirs, si noirs. La Révolution, je vais vous le dire c'est moite et ça sent le tabac et la merde mêlés. Etre libre sur un dépotoir, ça ne coûte rien. On peu être libre, même au dessus d'un charnier.

P.177-178 : "Les Français ont les enfants qu'ils méritent.  

Ne pleurez pas en les voyant se faire "dépouiller" place des Invalides.
Ne soupirez pas en les entendant parler "comme ça pas'ke c'est trop un truc de ouf, tu vois".
Ne soyez pas troublés en apprenant que les trois-quarts d'entre eux, quand on leur pause la question disent qu'en cas d'agression contre le territoire national, ils ne défendraient pas leur pays.
Ne vous lamentez pas quand ils hurlent vouloir un emploi à vie, un salaire à vie, un contrat à vie sans trop travailler parce que "le travail c'est pas bon pour la santé"...
Ne pleurez pas car ils vous ressemblent et parce que s'ils vous détestent tant, c'est que vous leur avez bien appris la haine de soi, la haine de ce que vous êtes : des spectateurs de l'histoire, comme ce pays que vous détruisez depuis des décennies...
Les fils dégénérés de vos idées jetables et faciles qui reviennent vous hanter alors que vous ne pensez qu'à vos retraites, vos RTT..."

Vous avez peur du FASCISME ? Vous avez vraiment peur du FASCISME ?
Encore faudrait-il que vous n'ayez pas vidé tous les mots de leur substance. Le fascisme qui vous horrifie n'existe plus, exceptés quelques risibles groupuscules à croix celtique et mouvement compulsifs du bras droit.
Le seul fascisme contemporain, celui des kamikazes qui se font sauter dans des métros et des tours, celui qui a grandi chez vous, est allé dans vos écoles, a flirté avec vos filles, ce fascisme que vous ne voulez pas voir va vous avalez tout cru.
Il avalera vos enfants qui, le canon d'une kalachnikov sur le front, murmureront encore "mais pourquoi ?" Que leur répondrez-vous ?

L'AG est un miroir, le miroir d'une France qui n'a plus rien à donner au monde si ce n'est le spectacle toujours prodigieux de sa vacuité, de sa décadence.
Français, puisque la liberté vous est si pénible, soyez rassurés, vos enfants sont mûrs pour l'esclavage."

David Bescond sur
http://www.rebelles.info/

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