OFFICIEL : Le reportage sur la mort de Al-Dura a été mis en scène

Publié le par Ofek

Le reportage sur la mort de Al-Dura a été mis en scène
 
Suite à une démarche de l’organisation juridique "Shourat ha-Din" [1],
l’Etat d’Israël le reconnaît officiellement, pour la première fois :
« Le reportage sur la mort de Mohammed al-Dura a été mis en scène par la chaîne de télévision française [France 2]. »
 
Il s’agit de l’incident "Mohammed Al-Dura", à propos duquel la chaîne de télévision France 2 a diffusé un reportage qui accuse les soldats de l’Etat d’Israël d’avoir tué intentionnellement ce garçon palestinien, déclenchant ainsi, en Israël et dans le monde entier, une série d'émeutes qui se sont soldées par des centaines de morts et de blessés.
 
Jusqu’ici, l’Israël "officiel" n’avait pas répondu, de manière explicite, aux assertions de la chaîne française ; et dans certains cas, Israël avait réagi de manière contradictoire, un représentant officiel reconnaissant, en des termes hésitants, la mort de l’enfant, tandis qu’un autre la niait.
 
Le contenu du reportage a été et est encore l’objet d’une controverse amère, au point que la chaîne a porté plainte [entre autres] contre Philippe Karsenty, qui l’accusait d’avoir mis en scène le reportage.
Dans le cadre de l’appel interjeté en cette affaire, Israël a demandé récemment à la chaîne les rushes bruts filmés, tandis que, de son côté, Karsenty demandait l’appui de "Shourat ha-Din". En février de cette année et à plusieurs reprises depuis, jusqu’à maintenant, "Shourat ha-Din" s’est adressée à Dany Seaman, directeur du service de presse gouvernemental, rattaché au bureau du Premier ministre, pour lui demander de retirer leur accréditation aux journalistes de France 2 en poste en Israël, à moins que la chaîne ne rétracte publiquement cette 'calomnie de sang' [2], ainsi que l’imputation à l’Etat juif du meurtre du garçon, et ne présente des excuses publiques à Israël. Après de longs reports, Seaman a fait part de sa décision.
 
Dans sa réponse, sur papier officiel du bureau du Premier ministre, ce service officiel de l’Etat d’Israël rejette, pour la première fois et sans équivoque, l’accusation du meurtre de l’enfant ;
elle décrète que les images diffusées dans le monde entier ont été mises en scène, et que l’enfant Mohammed al-Dura n’a pas été tué et ne peut avoir été tué par un tir de soldats de Tsahal, car un tel résultat est contraire aux lois de la physique
[= de la balistique].
 
Après quoi, le directeur du bureau de Presse énumère, un à un, l’enchaînement des faits qui ont découlé du reportage mis en scène, et détaille les nombreux incidents et pertes en vies humaines qui ont été la conséquence de sa diffusion (et entre autres, le meurtre du journaliste Daniel Pearl, les émeutes d’octobre 2000, et les nombreux attentats-suicide).
 
A l’organisation ["Shourat ha-Din"], on souligne :
 
« Durant 7 ans, l’Etat d’Israël s’est abstenu de faire une semblable déclaration et a, en fait, évité de s’occuper de cette affaire, en raison de la position du ministère des Affaires étrangères, qui estimait préférable de ne pas soulever une polémique internationale à ce sujet.
Parallèlement à la position du ministère des Affaires étrangères, durant toutes ces années, le "mythe al-Dura" a fait florès dans le monde entier, sans que rien n’y fasse obstacle, et alors qu'on fermait les yeux sur la politique de l’autruche, pratiquée par le ministère des Affaires étrangères, laquelle a causé un tort immense à l’Etat d’Israël, aux communautés juives du monde entier, et à toute l’entreprise sioniste, comme décrit dans la lettre du directeur général du Service gouvernemental de Presse.
 
La plainte en diffamation de France 2 et Charles Enderlin à l’encontre de Philippe Karsenty, qui a relancé l'affaire, a été jugée recevable par le tribunal français, qui s’est fondé sur le fait que l’Etat d’Israël n’a jamais affirmé que la scène diffusée dans le monde entier était, en fait, montée de toutes pièces, et qu’il n’en a jamais été fait état dans un document officiel israélien. »
 
De même, dit-on à "Shourat ha-Din" :
 
« le gouvernement israélien n’a jamais affirmé que l’enfant n’avait pas été tué, ni ne pouvait avoir été tué par un tir des soldats de Tsahal. Autrement dit, le tribunal français a décidé que le silence de l’Etat d’Israël pendant 7 ans équivalait à un aveu. »
 
Ce sont uniquement la démarche effectuée par "Shourat ha-Din" et sa demande que soit retirée leur carte de journalistes aux membres de l’équipe de France 2 en Israël, qui ont amené le gouvernement, après 7 ans de négligence très grave, à déclarer fermement ce qui est clair pour tout homme sensé dans le monde entier : les Palestiniens ne répugnent pas à la fabrication d’"informations" de presse (dans le style Pallywood) [3].
 
« "Shourat ha-Din" a l’intention de continuer à agir pour faire émerger la vérité et, entre autres, former un pourvoi devant la Haute cour de justice, afin que l’on retire leur carte de presse et leurs autres accréditations auprès du Bureau gouvernemental de presse, à tous les membres de l’équipe de France 2 en Israël – correspondants de presse, caméramans, producteurs, etc. –, jusqu'à ce que la chaîne reconnaisse publiquement que le reportage sur l’affaire al-Dura a été mis en scène et réalisé de manière tendancieuse. De plus, "Shourat ha-Din" envisage d’exiger des dommages et intérêts pour les torts et leurs effets cumulés, causés par le reportage, et, en particulier, pour la série d’attentats et d’émeutes qu’il a provoqués.»
 
Pour sa part, la Présidente de "Shourat ha-Din", Nitsana Darshan-Leitner, a déclaré :
 
« Cette version moderne de 'calomnie de sang', dont est responsable France 2, a causé la mort de centaines d’Arabes et de Juifs et allumé le feu de la haine, et ce à seule fin de faire de l'audience et de se conformer à des normes journalistiques médiocres. Nous exigerons que les responsables de ce méfait paient pour ce qu’ils ont commis. »
 
 
Notes du traducteur
 
[1] Shourat ha-Din (voir son site) est une organisation israélienne de droits civiques. Elle se présente comme un bureau de juristes israéliens, enregistré en tant qu'organisation à but non lucratif, qui assure une représentation légale dans le cadre de procédures judiciaires, en lien avec le conflit israélo-palestinien, portées devant des tribunaux israéliens, américains et européens. Cette organisation, qui comprend de nombreux juristes, est financée par des particuliers et des fondations en Israël, aux Etats-Unis et en Europe. Elle fournit, entre autres, une aide juridique aux Palestiniens accusés de collaborer avec les Israéliens, traque les financements et tout soutien matériel, supposés fournis par la Syrie, l'Iran, l'Irak, l'Union Européenne, aux militants palestiniens.
 
[2] L’expression hébraïque est ‘alilat dam, mot à mot, 'accusation de sang'. Elle est souvent traduite, de manière restrictive, par "crime rituel", conformément aux horribles accusations des antisémites qui affirmaient que les Juifs immolaient des non-Juifs, surtout des enfants, pour les vider de leur sang et l’intégrer à leurs aliments, par exemple aux matsot de Pesah. Plus généralement, l’expression connote le fait d’être accusé de verser le sang humain, intentionnellement, voire… avec un plaisir sadique. Faute de pouvoir traduire cette expression de manière satisfaisante, il faudrait la paraphraser, par exemple, en "accusation de vider une victime de son sang", qui serait plus adéquate que celle de "crime rituel", totalement irrelevante dans la plupart des contextes modernes ; mais la formule est lourde. 
 
[3] Pallywood : Expression créée par le professeur américain Richard Landes (voir son site). Il s’agit d’une contraction des mots 'Palestine' et 'Hollywood', pour signifier ironiquement que maints reportages palestiniens sont mis en scène, de manière parfois grandiose, comme dans des films hollywoodiens, mais le plus souvent de manière grossière, voire ridicule.
 

Dans une lettre officielle, Daniel Seaman, le directeur des services de presse du gouvernement israélien, a dénoncé le rôle de la chaîne française dans la diffamation d'Israël lors de l'affaire Al Dura, en septembre 2000 : "Après cet évènement, Israël a été accusé par la presse internationale de l'assassinat d'un jeune enfant et, dans la mémoire collective arabe, son image est devenue le symbole de la brutalité de l'État sioniste … Nous pouvons dire sur la base des faits dont nous avons connaissance que l'incident a été mis en scène pour l'essentiel par le caméraman de la chaîne, M. Talal Abou Rahma". Selon Haaretz, le bureau du premier ministre a déclaré qu'il n'avait pas connaissance de cette lettre et qu'il ne lui avait pas donné son approbation. Pour ce journal, "il semble", que le conseiller juridique du Bureau du premier ministre ait approuvé cette lettre.

 

C'est dire si le gouvernement israélien marche sur des œufs, approuvant la mise en cause de France 2 de la façon la plus discrète possible. Durant les sept années qui nous séparent de l'incident qui date du 30 septembre 2000, le ministère israélien des affaires étrangères a fait profil bas, considérant qu'il y aurait autant à gagner qu'à perdre en mettant la question sur la table.

 

Si les gains sont peu visibles (une crise de plus évitée avec les autorités françaises de l'époque ?), les pertes sont par contre incalculables. Ce sont des pertes en vies humaines (rappelons que Daniel Pearl a été décapité devant une affiche d'Al-Dura), mais aussi une indignation sans bornes dans l'opinion occidentale et un déferlement de haine, savamment entretenu, dans le monde arabe.

L'État d'Israël a perdu avec cette affaire une bonne partie de sa respectabilité aux yeux d'une fraction considérable de l'opinion mondiale.

 

Il faut replacer l'évènement, - la mise en scène de la mort d'un jeune palestinien sous les balles israéliennes -, dans son contexte historique.

Suite au refus d'Arafat de signer un accord de paix comme l'avaient fait avant lui l'Égypte et la Jordanie, le sommet de Camp David II s'est conclu par un échec, le 25 juillet 2000.

Dans cette logique de confrontation, après une préparation secrète de plusieurs mois durant les négociations qui se déroulaient aux États-Unis, Arafat déclencha la seconde Intifada. Il saisit l'occasion de la visite d'Ariel Sharon sur le Mont du Temple, le 28 septembre 2000. La visite se déroula sans incident, mais Arafat demanda à Marwan Barghouti, son bras droit pour les affaires "militaires", le chef des Tanzim, de préparer un grand affrontement pour le lendemain. Il eut bien lieu : des "manifestants" palestiniens campés sur le Haram al-sharif bombardèrent avec tous les projectiles possibles les juifs en prière en contrebas, devant le Kotel, déclenchant une riposte de la police israélienne.

 

Cependant, les deux chefs palestiniens furent très déçus par la faiblesse de la mobilisation. La foule n'avait pas répondu à l'appel au combat, comme l'a raconté plus tard Barghouti. Il fallait des slogans et des images assez violents déclencher une adhésion à la guerre populaire.

Ils lancèrent alors un appel à la défense de la mosquée Al Aqsa, affirmant que "les Juifs" s'apprêtaient à la détruire. Et ils tentèrent le "coup" de la mise en scène d'un meurtre d'enfant palestinien désarmé, avec le succès que l'on sait.

 

L'élaboration et la diffusion de faux à usage de propagande sont une spécialité palestinienne. Arafat a mené en toute connaissance de cause et avec maestria une guerre de l'information couplée à une guerre violente dont le couronnement furent les vagues d'attentats suicide.

Arafat suivait les conseils du général Giap : "je savais que je pourrais introduire dans les foyers américains des images qui leur donnerait une envie folle de stopper cette guerre." Ces jours-ci on diffusait sur les écrans de Cisjordanie les images du meurtre d'une jeune fille imputé au Hamas pour le déconsidérer. Ces images viennent en fait d'Irak.

 

Mais ce qui a fait du faux incident Al Dura un tsunami politique désastreux pour Israël, ce fut sa transmission instantanée sur tous les grands réseaux de télévision du monde, à l'exception des chaînes de la Fox qui se sont quand même demandé, elles, comment ont fait pour être criblé de balles sans perdre une goutte de sang.

Cette transmission a été organisée depuis la France.

France 2 a proposé les images du "meurtre" instantanément et gratuitement, à quiconque les voulait. France 2 devenait ainsi un auxiliaire de la guerre d'Arafat.

 

Bien sur, une telle décision ne peut pas être imputée à la direction de la chaîne, qui n'a pu être qu'une exécutante, sans grands scrupules déontologiques. La décision a nécessairement été prise au plus haut niveau de l'autorité politique, à l'Élysée.

Sa responsabilité en revient sans le moindre doute à Jacques Chirac en personne. Si nous n'avons aucune preuve matérielle de cette affirmation, nous la faisons notre car le fonctionnement de l'État français est tel qu'il ne peut pas en être autrement.

 

De ce point de vue, Charles Enderlin n'a été qu'un rouage de la machination. On le met justement en cause, bien que ce soit lui qui ait déclenché les poursuites judiciaires peut-être bien d'être fatales à ce qui lui reste de réputation.

Charles Enderlin, n'a été que le journaliste un peu minable de France 2 qui a découpé les rushes de son caméraman palestinien et y a joint un commentaire à son image, pour faire un "scoop". Peu lui importaient les conséquences. Il n'a été en fait que la victime très consentante d'une manipulation inventée au plus haut niveau de l'OLP et ratifiée par l'Élysée. Il en est de même pour Arlette Chabot qui, en acceptant de diriger l'information de la chaîne, a hérité d'une obligation de maintenir le brouillard dans une affaire qui la dépasse.

 

Le mal est fait, et si jamais l'innocence de Tsahal et la manipulation franco-palestinienne étaient publiquement admises, l'intoxication de l'opinion par un faux scoop meurtrier sept ans auparavant continuera de produire ses effets destructeurs.

 

Mais, comme naguère Martin Luther King, faisons un rêve.

Rêvons que dans le nouveau contexte politique, cette affaire introduira un tout petit peu de déontologie, de modestie et de professionnalisme au sein de la grande industrie nationale de l'information.

Rêvons que les jeunes journalistes ne voudront pas devenir des Enderlin, qu'ils seront attachés à la réalité des faits, qu'ils vérifieront la qualité de leurs sources, qu'ils prendront garde aux Talal Abou Rahma et qu'ils opposeront quelque résistance quand on voudra faire d'eux les simples instruments d'une cause louche.

 

Le président de la République a ouvert le chantier de la modernisation des institutions.

La modernisation des média du service public est aussi une condition incontournable du bon fonctionnement de notre démocratie.


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