Pourim : Le festin d’Assuérus version 2008

Publié le par Ofek

 
« ‘Quiconque flatte ses maîtres, les trahit’ [J.B. MASSILON]
 
Trois jours à peine après le traditionnel repas du CRIF, lors duquel le président Sarkozy se faisait applaudir par quelques mille personnalités dans les salons feutrés du Pavillon d’Armenonville, son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner exprimait à Bethlehem les grandes lignes de la politique étrangère française au Proche-Orient.
 
Et alors que le président avait fait vibrer les cœurs juifs de satisfaction en affirmant notamment « qu’il ne serrerait pas la main de quelqu’un qui refuse l’existence de l’Etat d’Israël », Kouchner serrait chaleureusement celle du maire de Bethlehem, élu grâce aux voix du Hamas et du FPLP, en s’exclamant avec une fausse candeur : « Et alors…? Cet homme est en faveur du processus de paix, c'est la seule chose qui importe ! » Puis de condamner « la ‘colonisation’ israélienne en terre palestinienne, obstacle majeure à la paix » et exiger « la levée des barrages de l’armée »
 
La question qui se pose, au-delà de la poursuite de la politique traditionnelle du Quai d’Orsay sous des formes plus sirupeuses, est celle de l’attitude le la « communauté juive organisée », ces hommes et femmes en smoking qui applaudissent à tout rompre les déclarations présidentielles, y compris la désignation par Nicolas Sarkozy de « l’obstacle principal » au processus de paix : les Juifs qui s’installent dans certaines zones d’Erets Israël. Car en réfléchissant bien, celui qui définit où il est « bon qu’un Juif s’installe » et « où cela représente un danger pour la paix » peut-il vraiment être considéré comme un « ami d’Israël ?»
 
Ces quelques milliers de kilomètres carrés qui sont le berceau de la civilisation hébraïque, constituent le seul endroit au monde dans lequel la communauté internationale s’ingère pour décider qui va habiter et qui non !! Fait unique dans l’Histoire des peuples !
 
Le droit des Juifs à Erets Israël est fondamental, il a même préséance sur le droit à un Etat indépendant, puisque ce droit existait même en l’absence de souveraineté juive sur cette terre !
 
Contester le droit des Juifs à vivre en Judée-Samarie, équivaut à saper le droit moral d’Israël à sa base territoriale, sans compter l’inanité de l’argument juridique quant à des « territoires occupés » dans le cas présent.
 
Aucun des notables assistants, flattés d'être invités, n'a protesté ni rappelé la vérité: Israël ne colonise pas, Israël est sur son territoire historique qui n'a jamais été celui d'un autre Etat .Et elle a récupéré la Judée-Samarie selon les règles du droit International : être attaqué par un autre Etat a droit aux rectifications de frontières [voir Allemagne et la Pologne]
 
Ainsi, en ayant endormi l’assistance avec des propos amicaux sur Israël et les Juifs, le médiatique président de la République pouvait associer le nom d’Israël à celui de la colonisation, sans provoquer le moindre remous dans l’assistance repue.
 
La mollesse des édiles de la communauté française tranche de manière significative avec la combativité et le militantisme des associations pro-palestiniennes, islamiques ou altermondialistes.
 
Sarkozy est-il réellement un ami d’Israël, où est-il en train d’utiliser le CRIF pour fabriquer un outil docile et complaisant, afin de mieux réintroduire la France dans la diplomatie proche orientale ?
 
Et les responsables juifs français n’ont-ils rien appris de l’histoire du siècle passé ? La communauté juive française, viscéralement attachée à Israël, se sent de moins en moins représentée par cette nouvelle caste de Juifs de Cour, prête à applaudir et se courber devant les flatteries à bon marché, et à rester silencieuse devant des attaques perfides.
 
La judaïcité française, qui s’est mobilisée pour l’élection de Nicolas Sarkozy est en droit d’attendre autre chose de ses représentants que des « clap-clap » obséquieux lors d’un repas à plusieurs centaines d’euros la place.
 
Ainsi, comme le disait Paul Valéry : « Le mensonge et la crédulité s’accouplent et engendrent l’opinion » Et dans ce domaine, nous Juifs avons une tragique et millénaire expérience.
 
Et Monsieur KOUCHNER pourra parrainer l'enfant de shderot qui a sacrifié ses jambes sur l'autel de la politique aveugle, des réalités sur le terrain, lui qui exige des sacrifices de la part d'Israël.
 
« L'amitié disparaît où l'égalité cesse » [Abbe AUBERT] »
 
Titre original : « Le Gala des Courtisans »
Sylvain Semhoun, conseiller élu à l'Assemblée des Français de l'Etranger, représentant les Français d'Israël sur : http://www.juif.org/opinions/69,le-gala-des-courtisans.php
 
Diplomatie juive
(Discours du Rabbi, Pourim 5717-1957)
 
1. La fête de Pourim commémore le miracle par lequel D.ieu sauva le peuple d’Israël du décret de Haman.
De fait, cette période de l’histoire fut l’une des plus heureuses que connurent les Juifs.
 
Ceux-ci occupaient une place proéminente dans le royaume. Mordékhaï, le chef du Sanhédrin, était un ministre et l’un des conseillers les plus proches du roi. Esther était la reine et nos Sages disent que " l’épouse d’un homme est partie intégrante de sa propre personne ".
Il n’est pas d’autre exemple, dans toute l’histoire juive, d’un roi dominant le monde dont l’épouse était juive.

On aurait pu, tout naturellement, penser qu’à aucune autre époque de l’exil, l’existence d’Israël ait été aussi fortement protégée que du temps d’Assuérus.
La réalité fut le contraire de tout cela.
C’est à une époque aussi sûre que fut prononcé ce décret d’extermination, " de supprimer, de tuer et de faire disparaître tous les Juifs, les jeunes gens et les vieux, les enfants et les femmes, en un seul jour ", ce qu’à D.ieu ne plaise.

Jamais une décision aussi terrible ne fut prise à l’encontre des Juifs. Jamais ne fut promulgué un décret prononçant l’extermination de la totalité du peuple d’Israël. C’est uniquement à l’époque d’Assuérus qu’il en fut ainsi.

Dans les autres exils, tous les Juifs n’étaient pas regroupés en un même endroit. Nos Sages constatent que " le Saint béni soit-Il fit un acte de bonté envers le peuple d’Israël en le dispersant parmi les nations ", car, même si un peuple persécute les Juifs se trouvant dans ses frontières, ce qu’à D.ieu ne plaise, il ne pourra pas s’en prendre à ceux qui résident dans les autres pays. Bien plus, les Juifs faisant l’objet de ces persécutions conservent également la possibilité de s’enfuir à l’étranger.

A l’époque du Pharaon, tous les enfants d’Israël étaient effectivement soumis à son pouvoir et nos Sages affirment qu’il était impossible de s’enfuir de l’Egypte. Pour autant, tous n’étaient pas en danger. Les Sages précisent, en effet, que " son décret portait uniquement sur les mâles ".

Tous les Juifs, en revanche, se trouvaient sous l’emprise d’A’hachvéroch ‘Assuérus). Ils n’avaient pas le pouvoir de s’échapper, puisque son règne s’étendait sur le monde entier (127 provinces). Ils ne pouvaient donc quitter son royaume.
De plus, il entendait mettre son décret à exécution " en un seul jour ". Il n’y avait donc pas le temps de s’enfuir. En effet, le décret portait bien sur l’ensemble des Juifs, sans aucune distinction.

Comment un décret aussi terrible put-il être promulgué précisément à une époque en apparence si sûre ?
 
Le traité Méguilah 12a répond à cette question et précise ce qui fut à l’origine de ce malheur : « Ils profitèrent du festin organisé par ce roi », par Assuérus.

Ce qui vient d’être dit nous permet d’établir clairement que les Juifs ne sont en aucune façon soumis aux lois de la nature. Les événements auxquels ils sont confrontés dépendent strictement de la manière dont ils appliquent la Torah et les Mitsvot.

En l’occurrence, un tel décret était, à cette époque, absolument inconcevable.
Malgré cela, lorsque les Juifs « profitèrent du festin organisé par ce roi » et s’y trouvèrent confrontés à ce mode de vie qui n’était pas le leur, des persécutions leur furent infligées, ce qu’à D.ieu ne plaise.

2. La manière dont les Juifs furent sauvés délivre également le même enseignement. Car, l’abrogation du décret fut tout aussi surnaturelle. Elle découla de la Téchouvah (retour à D.ieu) et de l’attachement à D.ieu.

En effet, on aurait pu imaginer que Mordékhaï et Esther, quand il eurent connaissance du décret, formeraient une délégation diplomatique, chargée d’aller négocier avec Assuérus.
 
Or, raconte la Méguilah, Esther dit à Mordékhaï, avant toute autre chose : " Va, réunis tous les Juifs se trouvant à Suze. Vous jeûnerez pour moi, vous ne mangerez pas et vous ne boirez pas pendant trois journées, nuit et jour ".
Telle fut leur première démarche pour annuler ce décret.

Bien plus, Esther dit encore à Mordékhaï : " Moi et mes servantes, nous jeûnerons également ".
Or, le pouvoir que possédait Esther d’intervenir auprès d’Assuérus découlait du fait que " elle trouva grâce devant lui plus que toutes les autres jeunes filles ", comme en atteste le verset. Il était naturellement inconcevable que trois jours de jeûne augmentent sa grâce.
Agir ainsi ne pouvait que lui causer du tort. Dès lors, comment se permit-elle de jeûner ?

La réponse à cette question est la suivante.
Il était impossible d’expliquer naturellement le décret et il en fut de même pour la manière dont ils en furent délivrés. Le salut découla de la Téchouvah, que l’on peut réaliser également en jeûnant.

Lorsque les Juifs de Suze prirent la décision de jeûner, nul n’eut le droit de se soustraire de la communauté en refusant cette pratique. Dès lors, Esther affirma que " moi et mes servantes, nous jeûnerons également ".
Certes, elle diminuait ainsi sa grâce et nul n’a le droit de s’en remettre au miracle. On doit agir en empruntant les voies de la nature. Mais, il n’y a là qu’un semblant, nullement la vraie raison du miracle.

L’apparence naturelle n’est donc que secondaire. Si la cause véritable, en l’occurrence la nécessité de se renforcer dans la Torah et les Mitsvot (commandements), est obtenue, cette apparence, même imparfaite, est amplement suffisante.

Néanmoins, la période de l’exil impose un voile du Divin. C’est la raison pour laquelle ce décret et la manière dont on en fut sauvé prirent l’apparence d’événements naturels.
Mais, la motivation véritable de toute chose est la Torah et les Mitsvot.
Le décret fut prononcé lorsque " ils profitèrent du festin organisé par ce roi ".
Il fut abrogé quand ils jeûnèrent et accédèrent à la Téchouvah.

3. Un enseignement découle de ce qui vient d’être dit, en particulier pour la présente époque.

Certains prétendent qu’il n’est pas d’autre moyen de maintenir le peuple juif, pendant la période de l’exil, que le recours à la diplomatie et aux voies naturelles et ils en citent pour preuve l’intervention d’Esther auprès d’Assuérus.

Il faut, tout d’abord, avoir conscience que de telles personnes font une interprétation erronée de la Torah et une lecture inexacte de la Méguilah.
De plus, elles remettent en cause, par leur raisonnement, ce qui est à la base même de la pérennité juive.

Commentant le verset " Vous vous trouvez tous aujourd’hui devant l’Eternel votre D.ieu ", nos Sages disent : " Même si le monde entier chancelle, vous tiendrez bon ".
 
En effet, la survie du peuple juif est tout à fait particulière. Celle des autres peuples est fonction des lois de la nature, alors que les Juifs les transcendent et sont uniquement soumis à la Torah et aux Mitsvot (commandements, dont beaucoup sont irrationnelles et ne découlent d’aucune logique naturelle).

Lorsque surviennent le malheur et l’oppression, ce qu’à D.ieu ne plaise, on ne peut s’en remettre à la diplomatie et aux interventions naturelles auprès des autres nations. La survie juive ne peut être obtenue de cette façon.
Chacun doit, bien au contraire, établir un bilan moral de sa propre situation, rectifier ce qui doit l’être, se renforcer dans la pratique de la Torah et des Mitsvot. C’est uniquement après cela qu’une intervention naturelle peut avoir un sens.

Bien plus, même si la situation est telle que la survie d’autres peuples serait inconcevable, dans de telles conditions, il est dit, à propos des Juifs, que " vous vous trouvez tous aujourd’hui devant l’Eternel votre D.ieu ", de la manière la plus forte.

Il ne faut donc pas se préoccuper de l’avenir du peuple juif, tel que nous pouvons le considérer de nos yeux de chair, selon les critères de la nature (et l’Histoire l’a maintes fois prouvé).
Il nous appartient uniquement de nous renforcer dans la Torah et les Mitsvot.
Par la suite, le réceptacle matériel que nous forgerons, quel qu’il soit, saura révéler le salut divin et surnaturel.

4. Nous venons de voir que le peuple d’Israël n’est pas soumis aux lois de la nature. En fait, on peut en dire de même également pour chaque Juif, à titre individuel.

Chaque Juif doit savoir que tous les événements auxquels il est confronté sont décidés par D.ieu et qu’ils surviennent sur Son intervention. Or, le Tout Puissant, c’est bien clair, n’est nullement limité par les lois de la nature.

Certes, il est dit que " l’Eternel te bénira " précisément " en tout ce que tu feras " et il est donc nécessaire d’agir.
Pour autant, il appartient uniquement à l’homme de forger un réceptacle dans lequel pourra se révéler la bénédiction divine, qui est déterminante.
Pour l’obtenir, il faut se lier à Lui, par l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvot.
Et, lorsque l’on détient l’essentiel, on peut être certain de connaître la réussite, quel que soit le réceptacle que l’on façonne.

5. Ce qui vient d’être dit nous permettra de comprendre la remarque que formule le Yerouchalmi, à propos d’un agriculteur : " Il marque sa foi en Celui Qui possède la vie éternelle lorsqu’il sème ".
 
Or, on peut se demander pourquoi un tel homme fait intervenir sa foi. Ceux qui nient l’existence de D.ieu, sèment également. Et, la nature veut que les récoltes poussent dans un champ, après qu’il ait été ensemencé.

L’explication est, en fait, la suivante.
Un Juif peut constater, de ses propres yeux, que le travail agricole procède des lois de la nature et qu’il ne relève pas de la foi et de la confiance en D.ieu, que les champs de ceux qui nient l’existence de D.ieu produisent également des récoltes.
Pour autant, il a également conscience de sa spécificité, et sait qu’il n’en va pas de même, pour ce qui le concerne.

Ainsi, tout comme le peuple d’Israël n’est pas soumis aux lois de la nature, il en est de même pour chaque Juif, à titre individuel.
Chacun comprend donc que, si les récoltes du champ voisin sont obtenues en fonction des lois de la nature, les siennes dépendent uniquement de sa foi et de sa confiance en D.ieu.

6. Ce qui est vrai pour les commerçants l’est, tout autant, pour ceux qui se consacrent à l’étude de la Torah.
 
La réussite n’est pas réservée à ceux qui possèdent de grand moyens intellectuels. Elle dépend, en fait, de l’aide accordée par D.ieu à ceux qui Le craignent.
Ces derniers, grâce à cette qualité, placeront tous leurs efforts dans l’étude. Le résultat ainsi obtenu sera considérable, sans aucune commune mesure avec ce qu’ils y ont investi.

A l’opposé, lorsque l’essentiel manque, les capacités les plus développées et les plus grands efforts ne seront d’aucune utilité car, la Torah est la Sagesse de D.ieu.
 
Si l’on possède effectivement ce qui est essentiel, D.ieu accorde une réussite surnaturelle.

Publié dans Reflexion Juive

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