La fin du sentiment de culpabilité israélien

Publié le par Ofek

 
L’empathie est la victime des attaques palestiniennes à partir de Gaza.
 
Jérusalem - Dans les prochaines semaines, l'armée israélienne pourrait envahir à nouveau la Bande de Gaza pour tenter de stopper les tirs de fusée sur les villes israéliennes et peut-être, pour renverser le gouvernement islamiste du Hamas. Si cela se produit, ce sera après une longue période d’hésitation et de débat angoissé. Même nous, Israéliens qui dans le passé, voulions avant tout quitter Gaza pour toujours, nous voyons bien que nous n’avons pas d’autre choix que d’y retourner, au moins jusqu’à ce qu’un calme relatif soit rétabli à notre frontière.
 
Au début des années 90, je servais comme réserviste à Gaza. Je devins alors un israélien culpabilisé. Le jour, mon unité patrouillait dans les camps de réfugiés, où les eaux d'égout s’écoulaient comme des ruisseaux, où les hommes âgés nous dévisageaient avec haine et les enfants avec désespoir. La nuit, nous pénétrions dans les chambres à coucher et recherchions les suspects dont les crimes allaient de l'adhésion à une organisation terroriste au défaut de paiement de la facture d'eau. Plus policiers que soldats, nous nous imposions une occupation qui constituait une menace insupportable pour les valeurs du judaïsme et de la démocratie.
 
C’était l’époque de la première Intifada, du soulèvement palestinien. Sa grande victoire a été de provoquer la naissance d'un bloc substantiel d’Israéliens hautement culpabilisés, prêts à prendre presque tous les risques pour la paix. Alors que le processus de paix d'Oslo prenait forme au cours du mandat du premier ministre Yitzhak Rabin, l'Israélien culpabilisé était devenu la source la plus puissante de légitimation palestinienne. Beaucoup d'Israéliens tentaient de comprendre pour la première fois comment les Palestiniens vivaient le conflit. Ils voyaient en réalité les choses avec leurs yeux et incorporaient des éléments du récit fondateur palestinien à leur propre vision de l'histoire.
 
Vers la fin des années 90, une majorité d'Israéliens était favorable à des concessions précédemment impensables comme l’évacuation des implantations juives de Cisjordanie et de Gaza ou la redivision de la ville de Jérusalem. Nous allions dans cette direction avec anxiété. Les Palestiniens commençaient déjà à perdre le capital de bonne volonté des Israéliens culpabilisés à leur égard. Sous la conduite de Yasser Arafat, leurs médias, leurs écoles et leurs mosquées inculquaient une culture négationniste qui rejetait les vérités les plus fondamentales de l'histoire juive, de nos racines antiques dans la terre d'Israël à la véracité de l’Holocauste. Arafat était un imposteur, un maître de la duplicité linguistique, parlant de paix en anglais aux journalistes étrangers et du djihad en arabe à son peuple. Les autres chefs palestiniens, même qui étaient ceux perçus comme des modérés en Occident, adoptaient une attitude semblable.
 
Néanmoins, en dépit du sentiment croissant d’avoir été trompé, Israël a accepté en décembre 2000 le plan du Président Clinton pour établir un état palestinien limitrophe sur la quasi totalité des Territoires, avec Jérusalem Est pour capitale.
 
La contre-offre d'Arafat a pris la forme de quatre années d’attentats-suicide, la seconde Intifada palestinienne, qui a duré de 2000 à 2004. Avec ses partisans, il a tenté de la présenter comme un soulèvement spontané en réaction à la visite controversée d’Ariel Sharon sur le Mont du Temple, mais les Israéliens comprirent que l’escalade de la violence était pour Arafat une alternative planifiée depuis le début.
 
Même après cette expérience amère, les Israéliens étaient tellement prêts à tout pour mettre un terme à l’occupation qu’ils évacuèrent leur armée et leurs implantations de Gaza en 2005. Si les Gazaouis avaient entrepris à ce moment-là de créer un état pacifique dans leur nouveau territoire autonome, l’opinion publique israélienne aurait certainement appuyé l’ouverture d’importantes négociations sur un retrait de Cisjordanie. Ils ont préféré élire un gouvernement conduit par le Hamas, dont les principes théologiques le poussent à la destruction d’Israël et à la guerre contre les Juifs dans le monde entier. Les attaques terroristes ne sont qu’une préfiguration de ses ambitions génocidaires. Les attaques palestiniennes à la roquette qui visaient précédemment les implantations furent tout simplement redirigées vers les villes et les villages situés à l’intérieur d'Israël.
 
Tout cela a eu pour résultat la quasi extinction de la culpabilité israélienne. Tout comme nous nous sommes rendu compte pendant la première Intifada que l’occupation était intenable, nous réalisons maintenant que la paix est impossible avec des chefs palestiniens pour qui la conciliation est un processus à sens unique.
 
Jusqu'ici, les fusées tirées étaient primitives et la plupart du temps elles terrorisaient et blessaient plutôt qu’elles ne tuaient. Mais la mise au point de roquettes meurtrières n’est qu’une question de temps pour les alliés du Hamas, l’Iran et le Hezbollah. En attendant, les dommages psychologiques ont été profonds : les Israéliens perçoivent l’incapacité de leur gouvernement de défendre le sud du pays comme un écroulement de la souveraineté nationale. Les retombées politiques ne sont pas moins capitales : Gaza était un test pour la politique de retrait israélienne, et son expérimentation s'est avérée être un désastre. Comment pourrions-nous évacuer la Cisjordanie et prendre le risque de tirs de fusées sur Tel Aviv et Jérusalem, se demandent les Israéliens.
 
Cependant, les fusées ne sont que le symptôme d’un malaise plus profond : la volonté des dirigeants palestiniens d'encourager leur peuple à souffrir pour atteindre des buts politiques. En dépit des milliards de dollars d'aide étrangère, les gouvernements palestiniens successifs n'ont presque rien fait pour rénover les camps de réfugiés, vieux de 60 ans. Pendant une visite à Gaza vers la fin des années 90, un fonctionnaire des Nations Unies m’a expliqué pourquoi. Le sort des réfugiés, disait-il, était subordonné aux négociations. Quand j'ai demandé s'il croyait vraiment qu'Israël absorberait les réfugiés palestiniens, il m’a répondu : "toutes les options sont ouvertes."
 
En fait, elles ne le sont pas. Aucun gouvernement israélien n'acceptera de commettre un suicide démographique en permettant à des centaines de milliers de Palestiniens d'entrer au coeur d'Israël. Tous les accords de paix entre les deux états prévoient que les descendants de ces réfugiés qui ont quitté Israël en 1948 auront le droit de retourner dans un État palestinien, pas dans l'état juif.
 
Le peuple de Gaza est l’otage d’un fantasme politique. Et la communauté internationale encourage cette tragédie. L'ONU considère réellement les palestiniens comme des réfugiés permanents, qu’il faut protéger dans des camps subventionnés et sordides, même s’ils vivent dans leur patrie de Gaza sous leur propre gouvernement.
 
Tant que Gaza refusera de revenir à la raison, les Israéliens seront en droit de suspecter que le but des palestiniens demeure la destruction de leur pays. Une totale évacuation de la Cisjordanie, qu’il redoutent, ne mettrait pas fin à la guerre, tout comme le retrait de Gaza n’as pas empêché les tirs de roquettes. Le crime d'Israël n’est pas d’occuper mais d’exister.
 
C’est pourquoi nous nous acheminons vers un prochain épisode effroyable du conflit. Cette fois cependant, en fait d’angoisse, nous ressentons beaucoup moins de remords. Parce que même les Israéliens culpabilisés se rendent compte que la misère de Gaza persistera jusqu’à ce que nos voisins se préoccupent davantage de mettre sur pied leur Etat que de saper le nôtre.
 
Yossi Klein Halevi pour Los Angeles Time sur http://www.objectif-info.com/index.php?id=929
 
Yossi Klein Halevi est membre de l'Institut Adelson pour les études stratégiques du Centre Shalem à Jérusalem et l'auteur de "Au seuil du jardin d'Éden : une quête juive de l’espoir en Terre Sainte en compagnie des chrétiens et des musulmans."
 
Titre original: The end of the 'guilty Israeli' - Traduction : Objectif-info
 
Ce que veulent les palestiniens
 
« Les radicaux palestiniens qui tirent des fusées sur les villes israéliennes mesurent leur succès au nombre de civils qui meurent. Ce qui est étrange, c’est qu’ils ne s'inquiètent pas de savoir si ce sont des Juifs israéliens qui meurent ou leurs propres frères palestiniens.
 
En tout état de cause, les Palestiniens donnent davantage de valeur à la mort de leurs frères palestiniens qu’à celle des Juifs. C'est en partie une conséquence du culte du martyr, qui veut que la mort soit quelque chose que l’on désire. De manière encore plus significative, des groupes palestiniens comme le Hamas voient la mort de chaque femme et de chaque enfant arabe comme une victoire de propagande dans leur guerre religieuse contre Israël.
 
Il s’agit, c’est triste à dire, de vieilles informations. Dans les années 80, avant qu’ils n’aient des fusées, les palestiniens disposaient les enfants et des civils plus âgés de façon qu’ils jettent des pierres sur les soldats israéliens, tandis que les combattants tiraient des balles sur les Israéliens de l'intérieur de la foule. Le véritable objectif du Hamas n'était pas de tuer des soldats israéliens mais de faire en sorte que de jeunes arabes soient tués dans les échanges de tirs.
 
Était-ce de la dépravation ? Vous avez gagné. Mais c’était efficace. Israël est une démocratie libérale, la seule dans la région, et il a horreur d’être accusé d’avoir tué des civils. C’est pour cela qu’il s’est graduellement désengagé des territoires palestiniens disputés.
 
Dans le cas de Gaza, Israël a effectué un retrait total. Peu importe, Hamas a voulu continuer le combat, ce qui nous mène aux évènements d'aujourd'hui.
 
Le Hamas met à feu des fusées de longue portée qui survolent la frontière pour atterrir en Israël. Cette méthode rappelle la vieille technique des lancers de pierres. Dans le cas présent les fusées sont tirées de l’intérieur de zones civiles. Le Hamas sait qu'Israël ne peut pas se défendre sans mettre de simples civils palestiniens en danger.
 
Pour le Hamas et ses partisans, le sang ne coûte pas grand chose, en particulier celui de leurs propres enfants. Pour le Hamas, un enfant arabe mort est une victoire ponctuelle de propagande, pour un prix insignifiant, pour une vétille. Diaboliser les "sionistes" est une entreprise sainte, plus importante que la création d’un véritable état palestinien, d’une valeur plus grande que la vie elle-même. »
 
Éditorial de "The Ottawa Citizen" Titre original : “What Hamas wants”

Publié dans Israël

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Commenter cet article

joel 07/03/2008 15:16

Cet article est d'un réalisme tragique !Il est temps que ceux qui dorment eveillés, reviennent sur terre !Il est temps aussi que le monde regarde en face la réalité de l'islamisme !!merci Ofek