Olmert et sa clique : Dites moi qui sont vos amis, je vous dirai qui vous êtes !

Publié le par Ofek

 
« Le discours de la chancelière allemande Angela Merkel sera le point culminant de ce que les media israéliens ont qualifié de visite d’Etat “historique” en Israël.
 
Le jour précédent la visite d’Etat de Merkel, le journal ‘Der Spiegel’ rapporta la visite « historique » d’un autre Allemand en Afghanistan.
Cette visite a pris fin le 3 mars quand le visiteur en question, le dénommé Cüneyt C. de Bavière, aussi connu sous le nom de Saad Ebu Furkan, s’est fait exploser devant un poste de garde à Khost, à une heure de route de la frontière avec le Pakistan, où le germano-turc avait suivi une formation au terrorisme. Deux soldats américains ont été tués, et des dizaines ont été blessés après avoir été piégés dans les décombres, faisant de C. le premier terroriste suicide à la bombe allemand à réussir.
 
Bien que le premier Allemand à tuer des soldats américains, l’associé de C., Sadullah K. jeune Allemand de l’Etat de Hesse, mourut en essayant. K. mourut en octobre dans une frappe aérienne US sur la frontière Pakistano - afghane, après avoir aussi suivi une formation au Pakistan. Les deux hommes appartenaient à l’union du jihad islamique (UJI) basée en Allemagne.
L’UJI a fait les titres en septembre quand des enquêteurs allemands ont arrêté les chefs d’une cellule de l’UJI qui planifiait des attaques massives contre des cibles américaines en Allemagne. Ces chefs – eux aussi Allemands – étaient en contact avec C. et K., qui échappèrent au coup de filet de la police, pour aller au Pakistan en passant par la Turquie et l’Iran.
 
Bien sûr, la réputation de l’Allemagne comme havre pour des jihadistes à la mode d’al Qaïda fut bâtie par des ressortissants égyptiens et saoudiens, qui étudièrent à Hambourg plusieurs années auparavant. Dirigés par Mohamed Atta, ils profitèrent de l’hospitalité germanique, tout en préparant les attaques qu’ils réalisèrent à New York et Washington le 11 septembre 2001.
 
Merkel, qui se présente elle-même et son pays comme le plus grand ami et partisan d’Israël en Europe, ignorera sans doute cette histoire dans son discours à la Knesset.
Sans doute aussi, elle ne mentionnera pas que son pays est le plus grand importateur d’Iran.
Elle pourrait indiquer que l’an dernier, l’Allemagne a bien annulé la moitié de ses garanties de prêts aux firmes allemandes faisant du commerce avec l’Iran.
Mais elle ne dira pas que cette décision n’a eu pratiquement aucun impact sur le volume du commerce.
Dans un rapport récent sur les firmes allemandes en Iran, Reuters a interrogé un homme d’affaires britannique, Robert Mills, qui dirige les opérations de DHL à Téhéran. DHL, la firme de livraison expresse, est une filiale du groupe de courrier et de logistique ‘Deutsche Post’.
 
Mills s’est extasié au sujet de l’activité en expansion de sa firme en Iran, en dépit des sanctions internationales. Mills a déclaré que le tonnage traité par DHL a augmenté de 50 % au cours des deux dernières années, et que la compagnie a doublé son chiffre d’affaires en Iran depuis 2005, du fait de l’augmentation des importations de toutes sortes, depuis l’équipement de télécommunications jusqu ‘aux pièces de rechange d’automobiles.
 
Comme Mills, d’autres hommes d’affaires représentant des firmes allemandes ont rapporté des activités en pleine ascension, et des opportunités croissantes malgré les sanctions de l’ONU. Les dirigeants d’affaires ont rapporté que leurs revenus avaient doublé voire triplé dans les deux années écoulées.
 
La confiance de l’Iran dans ses partenaires d’affaires allemands est apparemment sans limite. Pourquoi sinon envisagerait-elle de placer 92 milliards de $ en actions de sa compagnie d’exploitation d’énergie, à la bourse de Francfort ?
Comme MEED, le rapport sur le renseignement d’entreprise au Moyen Orient l’a indiqué dimanche dernier, avec plus de 1.700 firmes allemandes opérant en Iran, le fait que l’Allemagne ait récemment rompu ses liens bancaires avec les banques iraniennes n’est pas considéré comme un obstacle pour placer la firme sur la bourse de Francfort.
Une porte-parole de la bourse allemande (‘Deutsche Borse’), la compagnie qui dirige l’échange, a déclaré au journal qu’elle ne verrait aucune objection à enregistrer la firme iranienne.
 
Les actions de l’Allemagne à l’égard de l’Iran ne peuvent pas être écartées avec la rhétorique de Merkel de soutien à Israël, et d’engagement pour la sécurité d’Israël.
Aussi bien les actions de l’Allemagne et sa rhétorique pro israélienne ne peuvent être comprises qu’à travers le prisme de la politique de puissance – qui est celui qui forme la décision des décideurs européens concernant Israël, le Moyen-Orient, et bien sûr le monde dans son ensemble.
 
La politique de puissance est fonction de deux composantes principales – la menace de guerre et de violence, et le levier économique.
 
Du point de vue européen, le monde arabe et l’Iran brandissent les armes de la politique de puissance contre eux. A travers une minorité de populations musulmanes rétives, de plus en plus radicalisées en Europe – comme C. et K. et leurs collègues de l’UJI en Allemagne et au Pakistan – le monde islamique brandit la menace du terrorisme sur les têtes des dirigeants européens.
Et à travers le pétrole, ils brandissent la dernière arme commerciale sur la tête de l’Europe.
 
Ni l’UE, ni le moindre Etat européen n’a tenté de mettre en place une politique intérieure cohérente ou rationnelle pour faire face à la menace posée par les minorités musulmanes de l’Europe.
Ainsi, la question a été renvoyée dans le domaine de la politique étrangère.
Là, associée à la menace pétrolière, les Européens ont fait face à la pression arabe et islamique en choisissant de les apaiser.
Ils ont fait cela en attaquant Israël, en soutenant les Palestiniens, et en empêchant le désarmement ou la défaite politique du Hezbollah au Liban.
 
Les Européens agissent ainsi pour un ensemble de raisons.
 
D’abord, ils ne disposent pas d’une vraie capacité militaire pour se défendre eux-mêmes, ou attaquer les Etats arabes ou musulmans qui fomentent la rébellion parmi leurs propres minorités musulmanes.
Ensuite, ils ne souhaitent pas utiliser leur puissance commerciale collective.
S’ils étaient intéressés par cette dernière bien sûr, ils pourraient paralyser l’économie iranienne en quelques semaines en interrompant simplement leur commerce avec Téhéran.
Enfin, les derniers chevaliers militaires libres, ils croient que les USA ou Israël, tous deux plus directement menacés par le programme nucléaire de l’Iran qu’eux-mêmes, se chargeront de les débarrasser des installations nucléaires de l’Iran.
 
Les politiques de compromission de l’UE ont été clairement démontrées par leurs actes, à travers les commandants des forces de la FINUL au Liban depuis la Seconde guerre du Liban.
 
Israël espérait que les forces européennes, qui constituent la majorité des 15.000 hommes de la FINUL au Sud Liban, empêcheraient le Hezbollah de se réarmer après la guerre, et peut-être, aideraient à renforcer le gouvernement pro-occidental de Siniora contre les tentatives syrienne, iranienne, et du Hezbollah pour le renverser.
 
C’est pourtant le contraire qui est arrivé.
 
Depuis la guerre, et sous les yeux fermés des Européens, le Hezbollah a reconstitué ses forces. Trois ans après la manifestation du 14 mars qui a déclenché le retrait des forces syriennes du Liban, le gouvernement Siniora est paralysé, et le Mouvement du 14 mars est démoralisé et en plein désarroi.
 
Les Allemands ont donné au public l’une des démonstrations les plus absurdes de l’hypocrisie et de la fausseté européennes le 29 février.
Ce jour-là, l’Allemagne a transféré le commandement du contingent naval de la FINUL à l’Italie.
Après avoir déployé une force de 4 bateaux et de 2.400 hommes sur le littoral libanais en 2006 avec l’objectif expresse d’empêcher le réarmement du Hezbollah, l’Allemagne a consacré la majorité de ses efforts à se plaindre des survols israéliens dans l’espace aérien libanais, et à provoquer les Forces Aériennes d’Israël en envoyant des hélicoptères allemands vers l’espace aérien israélien avant toute coordination.
 
Pourtant, lors du passage de commandement le mois dernier, le ministre de la défense allemand, Franz Josef Jung a annoncé : « Nous pouvons garantir qu’aucune arme n’est passée en contrebande par la mer ».
 
Pour sa part, le Hezbollah a été clairement peu impressionné par la puissance navale allemande. Il n’a enregistré aucune plainte contre la marine allemande, ce qu’il aurait fait si l’un des 13.000 bateaux que les Allemands prétendent avoir inspectés, transportait vraiment des armes.
De façon significative, alors que le Hezbollah était vraiment en bons termes avec la marine allemande, il piqua presque une crise de rage apoplectique quand, la semaine même où les Allemands transféraient le commandement aux Italiens, le navire US Cole jeta l’ancre au large de la côte libanaise.
 
Alors que Merkel ignorera le soutien économique de son pays à l’Iran, et sa faiblesse militaire, et sa décision d’adopter la compromission avec les Arabes aux dépens d’Israël, en tant que stratégie nationale et continentale pendant son discours à la Knesset, elle astiquera poétiquement le soutien de sa nation au soi-disant « processus de paix » et à l’Etat palestinien.
 
Bien sûr, Merkel sait parfaitement bien que le présumé “partenaire de paix” palestinien, le mouvement Fatah est un groupe terroriste.
Elle sait aussi que l’interlocuteur de paix présumé du gouvernement Olmert-Livni-Barak, le président de l’Autorité Palestinienne et chef du Fatah Mahmoud Abbas, n’est ni capable, ni intéressé par l’établissement d’un Etat palestinien vivant en paix avec Israël.
Elle sait aussi que si le soi-disant processus de paix conduit à un Etat palestinien en Judée, Samarie et à Jérusalem, cet Etat sera seulement un Etat terroriste qui se tiendra à côté de l’Etat terroriste établi à Gaza en 2005.
 
Pourtant, plutôt que de se confronter à Merkel et à ses collègues européens avec ces faits connus, le gouvernement Olmert-Livni-Barak préfère continuer à jouer cette farce.
Selon eux, tout cela est immatériel.
La politique européenne du gouvernement israélien est de se concilier les Européens en les aidant à se concilier les Arabes.
 
Si le gouvernement Olmert-Livni-Barak devait faire une pause pour songer à ce qu’ils font, ils reconnaîtraient qu’ils ont totalement manqué l’enjeu.
Ils ont ignoré la politique de puissance qui induit les décisions politiques des décideurs de l’Europe.
S’ils le reconnaissaient, ils admettraient leur politique de compromission pour le désastre qu’elle est devenue.
 
Si Israël devait jouer le jeu de la politique de puissance, il comprendrait qu’il doit faire trois choses.
 
D’abord, il doit utiliser son levier économique considérable pour obliger les firmes européennes individuelles à décider si elles veulent renoncer à la technologie israélienne en faveur des marchés d’exportation iraniens qui constituent seulement 1 % du commerce étranger européen.
Ensuite, il s’assurerait que les européens comprennent qu’Israël utilisera sa puissance militaire considérable pour vaincre ses ennemis.
Et finalement, il utiliserait son poids politique pour démonter l’imposture hypocrite de la rhétorique humanitaire et pacifiste de l’Europe.
 
Mais bien sûr, dans le délire des media du bien-être dans l’amitié germano – israélienne qui a caractérisé la visite de Merkel, rien de tout cela n’est susceptible de se produire cette semaine.
 
Et dans le climat politique frénétique de compromission qui s’est emparé d’Israël depuis 1993, il est difficile d’imaginer quelqu’un s’arrêter pour réaliser que nous sommes les seuls qui prenons les Européens au mot. »
 
Titre original : « Le jeu de puissance pro-Israélien de l’Allemagne » de Caroline Glick dans le JERUSALEM POST - Adaptation française de Sentinelle 5768

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