FITNA : C’est Voltaire qu’on assassine !

Publié le par Ofek

On ne compte plus les centaines de réactions hostiles au député néerlandais et à son film « Fitna ». Du gouvernement hollandais à l’ONU, des ministres des Affaires Etrangères de l’Union Européenne aux dirigeants australiens, tout le monde y va de son communiqué copié-collé sur le voisin. Evidemment, la presse française joue parfaitement son rôle de courroie de transmission de la pensée unique.

Où sont les défenseurs des Droits de l’Homme, de la liberté d’expression, de la lutte contre l’obscurantisme ? Où sont les héritiers de Voltaire ? Que font-ils, alors qu’à Kaboul on crie « Mort aux Pays-Bas, mort aux Américains, mort aux Juifs » ? Que disent-ils, alors qu’on hurle « Mort à Wilders » en brûlant son effigie un peu partout dans le monde musulman ? Et QUI incite à la haine et à la violence ? Pour toutes les bonnes âmes de nos coteries de politiciens et de copistes (je n’ose plus les appeler journalistes), ce ne sont pas ceux qui appellent à tuer Geert Wilders et accessoirement à exterminer Hollandais et Juifs, non, c’est… Geert Wilders le « haineux », le « violent » et le méchant partisan du « choc des civilisations » ! On est dans le déni total de réalité.

Je ne vais pas décrire et commenter tous ces communiqués officiels et tous ces articles conventionnels, car ils me dégoûtent tous par leur conformisme peureux et vichyste. Radu Stoenescu nous a appris, dans un précédent article, comment « déjouer quatre rhétoriques classiques des défenseurs de l’islam » (1) : « contextualisation », « essentialisation », « diffamation » et bien sûr « islamophobie ». Bravo Radu, vous avez vu juste : on retrouve toutes ces manipulations verbales dans les Pravda de nos gouvernants et de nos scribes officiels.

Pour eux, Geert Wilders n’est qu’un « raciste xénophobe » qui « amalgame » tout. Cependant, on lui reproche en même temps et très paradoxalement de ne pas avoir assez « amalgamé » car il a oublié de parler des Croisades et de l’impérialiste sioniste dans son court-métrage de 15 minutes. Les procès d’intention les plus ahurissants sont utilisés pour pisser de la ligne venimeuse. Et évidemment, Geert Wilders est classé dans l’« extrême-droite », et même parfois comparé aux nazis des années 1940, alors que dans son film il défend longuement les victimes juives et homosexuelles. C’en est à pleurer de rire… ou plutôt de rage devant tant de méchanceté.

Notons également le silence coupable du gouvernement français : pas une seule déclaration du Président de la République pourtant si prolixe sur tous les sujets, et silence radio – et télé – de nos ministres. Un Européen est menacé de mort, on met le feu à son image ou à des drapeaux de pays européens, la victime doit vivre sous très haute protection et toute sa vie privée en est bouleversée. Mais on fait comme si on n’avait rien vu.

Ce n’est pas seulement de la lâcheté, c’est de l’hypocrisie abjecte, qui inverse coupables et victimes, qui sacrifie symboliquement un bouc émissaire – mais un bouc émissaire humain ! - comme dans les religions archaïques où l’on pratiquait des meurtres sacrificiels. C’est un retour à la barbarie.

Et dans toute cette prose étatique ou « journalistique », vous remarquerez que JAMAIS, au grand jamais, on ne parle… de ce que démontre le film « Fitna », des idées qui y sont exprimées, des arguments qu’il apporte. Les adversaires de Geert Wilders rivalisent en coliques verbales plus ou moins haineuses contre lui, et généralement très aplaventristes envers l’islam et les musulmans. Mais curieusement, on n’y trouvera aucune thèse rationnelle ni aucune démonstration basée sur des FAITS ou des réfutations factuelles.

Les FAITS, ils sont dans le film de Geert Wilders. En résumé, il nous présente principalement des citations de versets du Coran, illustrées par des prêches radicaux et des images violentes (attentats, persécutions de femmes et d’homosexuels, haine contre les Juifs et les Occidentaux, etc.) La relation entre les citations coraniques, les prêches et les images d’actualité est la suivante :

- Les versets cités appellent à la haine et au racisme, au meurtre, à la guerre sainte contre les infidèles, les hérétiques, les apostats, etc. Ce sont des dogmes coraniques.
- Les prêches invitent à appliquer ces dogmes aujourd’hui et maintenant.
- Les images d’actualité montrent les travaux pratiques.

Alors on accuse Geert Wilders de « propagande », et même de propagande de « style hitlérien » (sic !), d’incitation à la haine et à la violence, ce qui est tout de même aberrant puisque le film, tout au contraire, dénonce la haine et la violence ! Mais on n’apporte ni aucun FAIT, ni aucune réfutation des FAITS exposés par « Fitna ». Dans aucune des réactions officielles, je n’ai pas trouvé la moindre once de début de démontage des idées exprimées par le film. Les versets cités sont-ils des falsifications ? Les prêches sont-ils mal traduits ? Les images d’actualité sont-elles des images de synthèse ? Les contradicteurs de Geert Wilders n’apportent aucun élément de ce genre, alors que pour démonter une prétendue « propagande », on s’empresse généralement de démontrer preuves à l’appui qu’elle repose sur des inexactitudes.

Pourquoi cette absence totale de FAITS et d’arguments factuels ? C’est tout simplement parce les contradicteurs de Geert Wilders n’arrivent pas à contredire le fait que tout ce que dit « Fitna » est hélas vrai. Et c’est là le gros problème ! Alors pour ne pas afficher ce manque d’argument, on accuse Geert Wilders des pires intentions, et surtout d’« amalgamer islam et terrorisme », et puis dans la foulée de confondre « musulmans et islamistes ».

Pour ce qui est des musulmans, « Fitna » ne dit jamais que la grande majorité d’entre eux commettent les crimes qu’on voit dans le film ou même qu’ils les soutiennent. Il n’y a strictement aucun « amalgame ». L’accusation porte uniquement sur des dogmes coraniques et sur leur application par une infime minorité de musulmans radicaux.

Dire qu’on « amalgame islam et terrorisme » comme titrait la première dépêche AFP après la sortie du film, c’est sémantiquement faux (ce qui n’a pas empêché des dizaines de journalistes de reprendre l’expression de l’AFP !). L’islam est une doctrine théorique, le terrorisme un comportement factuel. Or on amalgame des choses de même nature, par exemple deux liquides ou deux théories, et pas une doctrine et un comportement. Geert Wilders n’amalgame donc rien du tout. Il dit simplement que certains passages du Coran, qui est le livre saint de l’islam – son « guide de référence » en quelque sorte -, sont des prescriptions dogmatiques abjectes, mais hélas qu’une minorité de musulmans approuve, et qu’une minorité encore plus petite applique. Il n’y pas « amalgame » mais relation de cause à effet entre des FAITS.

Les contradicteurs de Geert Wilders disent alors que la majorité des musulmans n’appliquent pas ces dogmes-là, et même qu’ils les réprouvent. Et heureusement ! Mais ça n’enlève strictement rien à l’existence textuelle de ces dogmes et au fait que ce sont des dogmes coraniques. Ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas appliqués ou peu appliqués qu’ils n’existent pas. Et la meilleure preuve qu’ils existent et qu’ils sont prescriptifs, c’est qu’ils sont appliqués par les musulmans les plus radicaux, donc les plus fondamentalistes au sens propre du terme « radicaux » (qui retournent à la racine). Ben Laden se réfère bien au Coran dans ses messages de menace, oui ou non ? Les prêcheurs que l’on voit dans le film citent également le Coran ou la biographie de Mahomet, oui ou non ? Et a-t-on jamais démontré que leurs citations coraniques ou hagiographiques sont infondées ?

Pour prendre une comparaison dans une autre religion, chacun sait que les Evangiles demandent aux chrétiens de tendre l’autre joue, de pardonner à ses ennemis et que sais-je encore. Le must selon ces écrits, ce serait de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Entre nous, vous en connaissez beaucoup des chrétiens aussi saints que ce que leur demande leur hypothétique Jésus ? Bien sûr que non ! Il y a même des Eglises qui ont prôné exactement le contraire (Inquisition, Croisades, Conquête espagnole, etc.) Mais le fait que ces dogmes soient peu ou pas appliqués - ou que des chrétiens aient fait exactement le contraire - ne veut pas dire que ces dogmes chrétiens n’existent pas en toutes lettres dans le livre saint des chrétiens.

Geert Wilders ne fait donc que vulgariser en quinze minutes tout le problème de l’islam et de son rapport avec les islamistes. (Saluons en passant la prouesse pédagogique !) Il n’invente strictement rien, ni les versets coraniques cités, ni les prêches radicaux, ni les faits d’actualités islamistes, ni la relation entre les trois.

Ayaan Hirsi Ali ou Wafa Sultan disent d’ailleurs exactement la même chose, quand elles rappellent que « le problème c’est le Coran et le Prophète » ou que le « beau modèle Mahomet » s’est conduit comme un voleur et un assassin et a fait exterminer des tribus qui refusaient de se soumettre à son islam tombé du Ciel. Alors il est un peu curieux de voir les mêmes bonnes âmes de la pensée unique défendre Ayaan Hirsi Ali ou Wafa Sultan dans des réunions publiques, puis quelques semaines plus tard, condamner dans la presse Geert Wilders comme s’il était néonazi et qu’il appelait à jeter les étrangers à la mer. Un peu de cohérence tout de même ! Quand on prétend lutter contre le racisme, pourquoi cette différence de traitement entre des personnes qui disent exactement la même chose ? Cet « antiracisme » au faciès est d’autant plus risible qu’Ayaan Hirsi Ali a écrit le premier scénario de « Fitna » - qui était bien plus offensif que la version finale -, et qu’elle soutient sans aucune réserve Geert Wilders dans une tribune libre du journal néerlandais De Volkskrant le lendemain de la diffusion du film (2) !

L’actualité nous rappelle tous les jours que l’islamisme est une menace mondiale. Mohamed Sifaoui ne cesse de rappeler que lutter contre ce fléau par des moyens militaires, policiers et judiciaires ne suffira jamais : il faut éradiquer ce qu’il appelle « l’idéologie » de ces fous d’Allah. Et cette idéologie, c’est bien les dogmes coraniques prescriptifs inacceptables que cite le film de Geert Wilders. Il n’est donc pas étonnant que Mohamed Sifaoui se réjouisse que « Fitna » dénonce ces dogmes, et qu’il fasse la promotion de ce court-métrage (3).

Ces dogmes coraniques inacceptables, c’est bien « la maladie de l’islam », comme l’appelle Abdelwahab Meddeb. Alors que propose Geert Wilders dans son film, pour que les musulmans se débarrassent de ce fardeau islamiste et puissent vivre d’une manière totalement intégrée au monde moderne ? « Fitna » invite tout simplement les musulmans à déchirer symboliquement les pages qui contiennent ces versets inhumains, c’est-à-dire à affirmer qu’ils ne font pas partie de « leur » islam et donc de « leur » Coran. Cela correspondrait exactement à l’éradication de l’idéologie islamiste tant souhaitée par Mohamed Sifaoui et bien d’autres musulmans.

Comment faire cet aggiornamento ou cette réforme profonde de l’islam pour que cette religion ne soit plus utilisable par les jihadistes ? Et cette modification en profondeur du corpus dogmatique coranique est-elle possible ? Ce n’est certainement pas simple, mais c’est le problème des musulmans et non le nôtre. Espérons simplement qu’ils le feront le plus rapidement possible pour nous aider à nous débarrasser de l’épée de Damoclès islamiste, tout comme par exemple le socialisme s’est - presque - totalement débarrassé du bolchevisme en réformant ses fondamentaux.

Pour en revenir aux réactions à l’encontre de Geert Wilders et de « Fitna », je pense qu’elles sont totalement contre-productives, puisqu’elles tentent de mettre à nouveau le couvercle sur la marmite islamiste au lieu de profiter de l’occasion pour interpeller le monde musulman.

Et pire encore : on a vu les dirigeants des Pays-Bas, de l’Union Européenne ou de l’ONU aller carrément s’excuser auprès des pays musulmans… de ne pas avoir pu interdire la diffusion du film de Geert Wilders, « à cause de »… la liberté d’expression. En substance : « Vous comprenez, on n’est pas d’accord avec lui, mais on n’a pas pu le bâillonner. » C’est un reniement total de nos valeurs de liberté et d’humanisme, du droit d’expression, et de la démocratie ! C’est Voltaire qu’on assassine !

Et non seulement on assassine Voltaire, mais on ressuscite Torquemada. En effet, tous les obscurantistes islamiques (du Pakistan à l’Iran en passant par la Malaisie et la Turquie) demandent désormais au gouvernement des Pays-Bas non seulement de censurer toute diffusion du film « Fitna », mais également, maintenant que le « crime » est perpétré, de juger et condamner Geert Wilders - au nom de quelle charia ? -, et de légiférer pour interdire en Occident toute critique de l’islam. Et quand je dis « obscurantistes islamiques », ce n’est pas qu’à l’étranger dans des contrées exotiques ; en France aussi :

- l’UOIF joint sa fatwa à celle des mollahs iraniens en disant que « c’est à l’Etat néerlandais de prendre ses responsabilités » (4), donc de punir Geert Wilders ;

- le Mrap apporte également sa pierre à la séance de lapidation verbale, en affirmant sans rire qu’il « n’hésitera pas à poursuivre ceux qui, sciemment, contribueraient à se faire les porte voix de la haine et de la violence raciste » (5), c’est-à-dire les sites internet qui diffusent « Fitna ». On se demande vraiment quel est le rapport avec l’objet social du Mrap, qui est de lutter contre le racisme et non de se faire l’auxiliaire des censeurs islamiques.

Le court-métrage de Geert Wilders aura servi non seulement à vulgariser d’une manière concise « la maladie de l’islam », mais également à mettre indirectement en évidence la lâcheté d’une nomenklatura médiatico-politique qui ne défend même plus les valeurs des peuples et des nations qu’elle est censée représenter.

Ayaan Hirsi Ali le dit dans De Volkskrant : « Fitna est une honte pour le cabinet [ministériel néerlandais] ». Tout comme dans nos affaires franco-françaises de laïcité mise à mal par Nicolas Sarkozy et le communautarisme, ou nos affaires européennes de mépris de la démocratie, ces peuples se rendent de plus en plus compte des trahisons successives de leurs dirigeants. La preuve : lisez les commentaires des articles de la « grande presse » francophone sur l’affaire Geert Wilders, et vous verrez que les opinions des internautes sont très loin d’être majoritairement en phase avec le ton uniforme et bien-pensant des articles commentés ! Quant aux internautes hollandais, leur soutien à Geert Wilders et leur condamnation des « dhimmis » (sic !) qui les gouvernent est largement majoritaire.

Et « 60 % des Européens disent percevoir comme une menace l’interaction croissante entre Occident et monde musulman. », selon une enquête récente du Forum Economique Mondial (6). Alors Mesdames et Messieurs les désinformateurs, continuez à faire votre propagande, continuez à jouer aux autruches, continuez à prétendre que ce sont les Geert Wilders qui mentent, continuez à assassiner Voltaire, et vous finirez par l’avoir, votre « choc des civilisations » ! Car en cassant les thermomètres, on ne supprime pas la « maladie de l’islam » mais bien au contraire on laisse monter la fièvre jihadiste (7).

Roger Heurtebise pour Ripose laïque le 01 avril 2008

Fitna en Version Française

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