Le mythe de la modération palestinienne

Publié le par Ofek

 

George W. Bush est bien connu pour maltraiter la langue anglaise, mais il s’est surpassé, la semaine dernière.

Assis à côté de Mahmoud Abbas à la Maison Blanche, Bush s’est répandu et pâmé à propos du dirigeant palestinien qu’il accueillait, le décrivant en des termes habituellement réservés aux héros et aux saints.

« Le Président est un homme de paix »,

a assuré Bush au troupeau de journalistes présents.

« C’est un homme déterminé. Il rejette l’idée de recourir à la violence pour atteindre ses buts, ce qui le distingue d’autres gens de la région. »


Alors que, contrairement à l’habitude, la grammaire de Bush a été correcte, ce jour-là, ce n’était absolument pas le cas de sa description d’Abbas. Car même un survol superficiel des explosions verbales du président palestinien, au cours des derniers mois, révèle un homme qui ne mérite pas du tout une telle louange.

·         Le 1er mars, Abbas a eu le culot d’insulter la mémoire des six millions de Juifs assassinés par les nazis, quand il a déclaré que les opérations anti-terroristes de Gaza étaient « pires que l’Holocauste ». (Jerusalem Post, du 2 mars).

·         Et dans un entretien avec le journal jordanien Al-Dustur, le 28 février, Abbas s’est vanté d’avoir été le premier Palestinien à tirer sur Israël après la naissance de l’OLP, en 1965.

·         Ce prétendu « homme de paix » s’est glorifié du fait que son mouvement – le Fatah – a entraîné des terroristes, et il n’a pas exclu de reprendre la « lutte armée » contre Israël à l’avenir.

·         Et il y a seulement trois semaines, Abbas prévoyait de décerner la distinction honorifique Al Quds – la plus haute décoration de l’OLP - à deux femmes terroristes palestiniennes qui avaient pris part au meurtre d’Israéliens (Radio d’Israël, 16 avril). La cérémonie avait été annulée après avoir fait l’objet d’une large diffusion dans les médias.

·         Faut-il encore évoquer le refus du président palestinien, l’an dernier, de reconnaître Israël comme un « Etat juif » ?

Ceci montre, à l’évidence, ce qu’il y a de trompeur dans l’entêtement de Bush à traiter Abbas comme un dirigeant raisonnable et intelligent sur lequel on peut compter pour sceller un accord de paix. En réalité, le président palestinien a démontré, à plusieurs reprises, qu’il était un impulsif immodéré. Pourtant cela ne semble pas empêcher Washington de lui accorder le titre envié de dirigeant "modéré", avec lequel Israël peut traiter.

·         "Le gouvernement d’Abbas, modéré et soutenu par les Occidentaux, a le contrôle de la Cisjordanie", expliquait, pour notre utilité, l’agence Associated Press, dans une récente dépêche (25 avril).

·         Selon Reuters (24 avril), Abbas est "un modéré pro-occidental".

·         Et lundi [28 avril], l’Agence France Presse évoquait le "président palestinien modéré, Mahmoud Abbas", comme si l’appellation de "modéré" faisait partie intégrante de ce titre.

 

Toute cette honteuse flagornerie du gangster en chef palestinien pose une simple question, rarement soulevée : pourquoi y a-t-il une insistance aussi généralisée à faire croire faussement au public qu’Abbas est un dirigeant "modéré", qui incarne la majorité des Palestiniens ?

La question n’a rien d’académique. En fait, elle va directement au cœur de la politique des gouvernements américain et israélien.

En fin de compte, tout le fondement intellectuel de l’idée d’accorder un Etat aux Palestiniens repose sur l’hypothèse douteuse qu’une majorité d’entre eux sont des gens réellement raisonnables et épris de paix. Il est dommage que toutes les preuves disponibles semblent indiquer le contraire.

La semaine dernière, par exemple, le Centre de Jérusalem pour les Médias et les Communications, d’obédience palestinienne, a publié les résultats d’une enquête qui révèle qu’une majorité de Palestiniens (50,7%), approuvent les attentats-suicide à l’explosif contre des civils israéliens.

Ce résultat corrobore les précédents sondages, qui ont toujours démontré que les Palestiniens soutenaient massivement le terrorisme anti-israélien. En effet, le mois dernier, le Centre Palestinien de Recherches et d’Enquêtes Politiques, dont le siège est à Ramallah, a constaté qu’un pourcentage étonnant de 84% des Palestiniens, approuvaient l’affreux assassinat, en forme d’exécution, de 8 adolescents israéliens par un terroriste palestinien, dans la Yeshiva Mercaz HaRav de Jérusalem.

Et [toujours selon ces sondages] avec un écart de 64% contre 33, soit près de deux contre un, les Palestiniens étaient favorables aux attaques incessantes de roquettes contre les villes et les agglomérations israéliennes.

Ces faits bruts, dans leur froideur, constituent un grave problème pour les partisans du processus de paix, ne serait-ce que parce qu’ils confirment que l’idée même de la modération palestinienne est un mythe. C’est un fruit de l’imagination, une quête d’un mirage qui ressemble peu à la réalité. En fin de compte, ce n’est pas comme si une infime minorité de Palestiniens approuvaient le meurtre de Juifs. La plupart d’entre eux l’approuvent. Et vouloir que ce ne soit pas le cas ne fait pas qu’il en soit ainsi.

Alors, cessons de nous faire des illusions. Donner un Etat aux Palestiniens, alors qu’une majorité d’entre eux veulent notre mort, est à la fois dangereux et irresponsable. C’est une recette pour la catastrophe, et cela ne servira qu’à créer encore un autre Etat radical et parrainant la terreur dans la région.

Et cessons d’appeler Mahmoud Abbas un "modéré". Quiconque refuse de reconnaître Israël comme un "Etat juif", tourne l’Holocauste en dérision, et menace de revenir à la violence, ne mérite certainement pas un tel qualificatif. Au contraire, appelons Abbas pour ce qu’il est réellement. Car

·         il ressemble à un extrémiste,

·         parle comme un extrémiste,

·         et agit comme un extrémiste.

·         Il y a donc toutes les chances pour qu’il en soit un.

Et plus important encore : commençons à le traiter comme tel.

 

Michael Freund dans le The Jerusalem Post : "The myth of Palestinian moderation", traduction française : Menahem Macina sur http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-14078-145-7-mythe-moderation-palestinienne-michael-freund.html

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