Sinaï, Sud-Liban, Gaza, Judée-Samarie, Golan, des territoires contre la guerre

Publié le par Ofek

 

Les propos récents tenus par le député Arié Eldad affirmant qu’« aucun peuple au monde n’accepte de renoncer à son territoire », et proposant de « remettre à l’ordre du jour le délit de trahison, qui est passible de mort » a soulevé un concert de protestations.

Par delà l’émotion, on peut trouver à la provocation certaines vertus, dès lors qu’elle conduit à un véritable questionnement sur des sujets fondamentaux, que les réactions indignées visent, hélas, à occulter. Dans les démocraties, les opinions extrêmes sont parfois l’expression, juste ou erronée, d’un profond malaise politique et social.

Il est clair qu’en posant d’une manière brutale la question du territoire, le député Arié Eldad met le doigt sur le problème majeur auquel Israël est confronté depuis sa fondation.

Israël est je crois, le seul pays au monde dont les frontières ne soient pas fixées et dont l’existence même est contestée non seulement par certains de ses voisins proches ou lointains, mais également par certains de ses citoyens.


La frontière comme espace sacré, par définition, inviolable

 

La frontière est, par définition, un espace sacré, c’est-à-dire inviolable, intouchable.

Il convient de préciser que le tracé des frontières n’est pas un choix banal parmi d’autres choix possibles.

Hormis pour les anciennes colonies, dont les limites étaient décidées par les puissances tutélaires, arbitrairement, sur le coin d’une table, le tracé des frontières est pour tous les Etats de la planète, le résultat de guerres. Sur ce point, Israël n’échappe pas à la règle internationale. Comme pour la France, l’Allemagne, l’Italie, etc., sa création (même si l’ONU a donné son aval), son territoire, etc., sont le résultat d’une série de guerres.


Le risque de la guerre : la perte de territoires

 

L’Etat qui déclenche une guerre prend un risque. Celui, précisément, de perdre, étant précisé que la deuxième règle fondamentale sur laquelle reposent la paix et la coexistence pacifique entre les nations, part du principe que le vainqueur ne restitue jamais les territoires. Si le vainqueur restitue les territoires, le vaincu se retrouve dans la situation d’avant le déclenchement de la guerre. Pourquoi, dans ces conditions, renoncerait-il à s’engager dans une nouvelle guerre s’il ne prend aucun risque en la perdant ?

C’est la raison pour laquelle, (l’exemple de l’évacuation du sud-Liban et du départ de Gaza le prouvent), la restitution des territoires conquis a pour effet de créer un climat de guerre chronique.


La désacralisation de l’espace national et des frontières.

 

En partant de l’équation « la paix contre les territoires » les accords d’Oslo ont désacralisé l’espace national et fait entrer dans le champ du pouvoir des gouvernants la possibilité d’aliéner une parcelle de la nation et, partant, de disposer des populations qui y habitent comme d’un bien négociable. Nous avons tous encore présente à l’esprit l’expulsion des juifs de Gaza par le gouvernement israélien. Ils se croyaient en Eretz Israel alors qu’ils étaient en diaspora.


La légitimité d’Israël en question.

 

Croire que l’on aura la paix si l’on revient sur les frontières de 1967 est un leurre. N’oublions pas que ces frontières sont elles-mêmes le résultat d’une guerre.

Si les frontières qui résultent de la dernière guerre ne sont pas légitimes, pourquoi celles qui résultent de la guerre précédente le seraient-elles ?


Un dangereux engrenage

 

La terre d’une nation, ça n’est pas n’importe quel bien. Ça n’est pas n’importe quoi.

On n’abandonne pas une terre comme on abandonne un chien.

La possibilité de marchander la terre crée une cassure entre les gouvernants et les gouvernés.

Elle inaugure une instabilité chronique qui mine la confiance que les populations, juives et non juives, peuvent avoir à l’égard de l’Etat.

Enfin, loin de produire la paix, la « marchandisation » de la nation ou des territoires conquis, renforce chez le bénéficiaire les tendances guerrières et réveille un sentiment de toute puissance que la défaite avait anéanti.

Il ne faut pas oublier qu’Israël est entouré de dictatures dont la légitimité repose sur la force et la contrainte.

 

Il ne faut pas oublier qu’aucune de ces dictatures, y compris l’Egypte, n’a renoncé à un antisémitisme d’Etat délirant qui entretient en permanence un climat de haine contre l’Etat juif. En abandonnant la terre, Israël se comporte en réalité comme le perdant, le faible, celui qui subit. Cette démarche, loin de conduire à la paix, rend celle-ci impossible. L’histoire montre de manière indiscutable, ici et ailleurs, que le fameux « processus de paix » est en réalité un « engrenage de guerre ». La France et l’Angleterre l’ont pratiqué dans les années 30 ; en abandonnant la Rhénanie, la Tchécoslovaquie, la Pologne…en signant les accords de Munich, les démocraties ont créé la Seconde Guerre mondiale. En abandonnant le sud-Liban, les Israéliens ont donné le pouvoir au Hezbollah, ce qui a entraîné la dislocation de l’Etat libanais ; en abandonnant Gaza, c’est le Hamas qu’ils ont porté au pouvoir, ce qui a eu pour effet d’affaiblir et de rendre problématiques les négociations avec les représentants des Palestiniens.

 

J’aimerais me tromper. J’aimerais croire que la paix est au bout de ces dons, de ces « douloureux sacrifices ». Mais, sauf à se réfugier dans un aveuglement volontaire, l’enseignement de l’histoire ne laisse aucun doute sur les conséquences de ces abandons.
La perspective de donner le Golan à la Syrie a pour effet immédiat d’entraîner la Syrie dans la guerre en réveillant dans son sein les éléments les plus belliqueux ; elle donne du poids à tous les extrémistes islamistes des pays arabes ; elle introduit une instabilité qui fragilise les gouvernements dits « modérés ».

 

Si Israël veut la guerre, si l’objectif des dirigeants actuels est de jeter la Syrie dans le clan des ultras, celui de l’Iran notamment ; si le but de ces abandons est de réveiller l’ardeur guerrière arabe et d’alimenter le terrorisme ; si cette stratégie vise à provoquer un nouveau conflit général, alors, il faut continuer à agiter le spectre de la donation du plateau du Golan.

La guerre est au bout de cette promesse de don.

 

Si l’objectif d’Israël est la paix, alors, le message adressé au monde doit être clair : Israël, comme toutes les autres nations, ne restituera jamais les territoires conquis.

 

Tout est discutable, hormis la souveraineté de la nation.

 

Sydney Touati sur http://www.guysen.com/articles.php?sid=7302&titre=Golan-Syrie---la-guerre-est-au-bout-de-la-promesse-de-don-

 

Publié dans Israël

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