Mais que fait Patrick Klugman au CRIF ?

Publié le par Ofek

 

La Ména avait rendu compte, dans ces colonnes, du premier procès intenté par Johann Weisz-Myara, représenté par Me Patrick Klugman, contre Guy Millière. Nous avions décrit, à l’époque, la stratégie de défense de Pierre Lefebvre, président de Primo-Europe, conseillé par son avocat Ghislain Di Caro. L’arrangement contre-nature passé entre Di Caro et Patrick Klugman aura finalement payé, puisque le jugement qui a été rendu peut surprendre au regard de la jurisprudence : Primo-Europe et Pierre Lefebvre, les « auteurs principaux » de la « diffamation », ont été condamnés à payer un euro symbolique, quant à Guy Millière, simple « complice » au sens de la loi, il a été condamné, lui, à verser une amende de 5 000 euros. Primo-Europe qui a remis son euro et publié un communiqué dégoulinant d’obséquiosité envers Weisz-Myara, est, depuis, passé à autre chose.

 

Une partie du public oubliera sans doute rapidement la lâcheté de Pierre Lefebvre ; quant à nous et à nombre de lecteurs de la Ména, dotés, entre autres choses, d’une mémoire d’éléphants, nous savons à quoi nous en tenir avec Primo-Europe. Un site Internet qui se fit appeler, pour décoller, l’Association des amis de la Ména, puis qui changea d’appellation, sitôt qu’il crut atteindre son altitude de croisière. Il est vrai que tout ami de notre agence aurait fait bloc autour du défenseur des Juifs, des minorités oppressées, de l’injustice et de l’Homme au centre du monde, pour affronter, au tribunal, ceux qui affirment que l’Etat hébreu a lancé une Offre Publique d’Achat sur les Israélites de l’Hexagone. Il faut désormais beaucoup « d’élasticité morale » pour rester membre de Primo.  


Guy Millière a bien entendu fait appel. Mais il est loin d’en avoir fini avec le tandem Weisz-Myara - Me Klugman. Me Klugman étant membre du Comité Exécutif National du Crif, dois-je le rappeler ? Le jeudi 12 juin dernier devait avoir lieu un second procès, pour un second texte, publié cette fois par la Ména, et pour lequel Guy Millière est seul à comparaître. Je me suis donc rendue au tribunal pour ne rien manquer du spectacle qui s’annonçait à nouveau hallucinant, d’un membre de l’instance supérieure des institutions juives de France, appliqué à pourfendre sans merci l’un des plus ardents défenseurs de cette communauté, pour les intérêts de l’auteur d’un ouvrage primitivement antisioniste et limite antisémite.

 

J’avais hâte de revoir les extraordinaires talents de transformiste de Weisz-Myara, qui, à la barre, sait si bien prendre le ton pleurnichard du pauvre petit jeune journaliste dont on aurait sali « l’honneur » et qui, dès qu’il rejoint l’antichambre, parle avec l’arrogance suffisante d’un hiérarque magistral.

 
Cet après-midi du 12 juin, cela dit, et pour ma plus grande déception, le spectacle n’a pas eu lieu. Guy Millière était bien là, son avocat aussi, mais foin de Weisz-Myara.

 

Dix personnes au moins l’accusent déjà – certaines dans des attestations écrites - de les avoir possédées, notamment en se faisant passer pour un individu aux aguets, victime de menées antisémites. Les personnes interpellées avaient répondu à l’appel qui se voulait pressant de Weisz-Myara, avant de retrouver leurs propos dans le livre brûlot, évidemment profondément « remaniés ». Dix personnes abusées par la même martingale malhonnête, que voilà déjà un joli palmarès ! Difficile de tomber plus bas… à moins de creuser, bien sûr.


Patrick Klugman s’était également fait porter pâle. Un pli qu’il avait fait porter à la cour prétextait qu’il avait été appelé inopinément et dans l’urgence, dans une très lointaine province de l’empire. Vu l’atmosphère sulfureuse qui préside aux rapports entre les parties, nous ferons notre travail de journalistes et tenterons de confirmer l’authenticité de ce déplacement de dernière minute. Chez nous, mon maître de stage me l’a assez répété : en liminaire, ni de procès de sale gueule, ni de bon dieu en confession.

 

Me Ghnassia, l’assistant de Patrick Klugman, a demandé le report du procès, dont l’audience a maintenant été fixée au 6 octobre prochain. L’épigone a tout de même trouvé le temps d’échanger quelques mots avec le président du tribunal, précisant, en tenant en main un article de notre agence et en s’en servant comme d’un ventilateur, que lui et Klugman étaient scandalisés par les « pressions » que Guy Millière exercerait sur eux !

 

La doublure de Me Klugman, inapte, de son propre aveu, à gérer l’audience sans son Maître, faisait allusion à la lettre ouverte adressée par la défenderesse à Richard Prasquier, le président du Crif. Dans cette apostrophe publique, Millière demandait à Prasquier si prétendre combattre l’antisémitisme, ès qualité de membre de l’instance supérieure du Crif, était compatible avec une attaque contre sa personne, dont chacun, en France, connaît les positions en matière de lutte contre l’antisémitisme et le racisme.

 

Poser des questions de nature éthique à Prasquier, peut-il être interprété comme une pression « scandaleuse » exercée sur Klugman ? On nourrit de gros doutes à ce sujet, il me semble même que du côté des conseils de Weisz-Myara on perd un peu son sang froid.


On ne perd rien à attendre, en revanche, la joute verbale, en octobre, s’annonçant haute en couleurs. Nous connaissons bien Millière, il n’est pas homme à se laisser faire. Quant à Klugman, selon ce que me glisse à l’oreille un membre de l’assistance qui me voyait prendre des notes, « c’est un roquet qui se prend pour un pitbull ». Certes, je ne prends pas cette allégorie animalière pour argent comptant, aussi j’attendrai avec impatience que son fondement s’affirme ou s’infirme à l’automne.

 

Je me demande aussi si Patrick Klugman n’a pas tout intérêt à faire usage du renvoi opportun des débats aux prochaines calendes afin de chercher à clore cette affaire hors parloir. Il y a des voyages en province qui permettent de cristalliser les idées, non ?


Car, entre-temps, Richard Prasquier devra prendre position de manière explicite. Connaissant mes pairs de Métula, je doute qu’ils acceptent que les questions que lui a posées Guy Millière demeurent longtemps sans réponses précises. Nous savons que le président du Crif a dû se rendre en Amérique du Sud pour une raison plus que légitime, mais notre comité de rédaction n’acceptera pas que, passé un délai raisonnable, M. Prasquier ne réponde pas à M. Millière, sur le support de la Ména ou ailleurs, cela n’a pas d’importance. Le nécessaire, c’est de pouvoir lire les réponses détaillées du no.1 du Crif. Je n’ose même pas imaginer un scénario dans lequel Prasquier négligerait l’appel fort policé que lui a fait Millière. Soyez sûrs de mes patrons en Haute Galilée, ils ne laisseront pas, le cas échéant, traiter l’un des leurs par le dédain et l’ignorance.

 

La lettre ouverte de Guy Millière est en fait exempte de tout ce qui ressemblerait de près ou de loin à une « volonté de faire pression », elle ressemble plus à une simple exigence de cohérence. Est-ce vraiment trop demander à Patrick Klugman de faire montre de cohérence et d’honorabilité entre les divers engagements qu’il a pu contracter ?


Et l’affaire concerne tous les membres de la communauté juive française, qui se sentent concernés par l’injustice faite à l’un de leurs tribuns favoris et qui sont éveillés et inquiétés par l’exemplarité douloureuse de cette affaire. Peut-on, à la fois, faire partie de l’organe supérieur censé protéger la minorité israélite de ce pays contre les antisémites et servir, professionnellement, les intérêts d’un quidam qui l’a mise à mal ? L’ancien président du Crif y compris ?

 

Les Juifs peuvent-ils accepter le long silence du président actuel du même Crif sur un questionnement d’une si haute importance ? La lutte contre l’antisémitisme et les antisémites peut-elle apparaître comme une activité accessoire, professionnellement compatible avec la défense passionnée du co-auteur d’OPA sur les Juifs de France ? Il n’y a rien de pire à mes yeux que quelqu’un qui prétend combattre le racisme et l’antisémitisme et qui se conduit en allié du racisme et de l’antisémitisme.

 

A en croire les centaines de courriers spontanés reçus à la rédaction en Israël, et leur contenu, on peut penser que le Crif est également submergé de mails, de questions et de protestations. Une chose est d’ores et déjà certaine, les Juifs de France ne laisseront pas tomber Guy Millière. L’autre est qu’ils exigent un comportement éthique, conjoncturel et transparent de la part de leurs représentants, et, sur ce point aussi, ils ne s’en laisseront pas compter. La minorité israélite a beaucoup mûri, ces dernières années, souvent dans la désillusion de voir molester sa place dans la nation, qu’elle croyait assurée. Or on fait aujourd’hui le procès, et encore avec mépris, notamment dans le livre Weisz-Myara, du communautarisme, en la montrant du doigt. Elle sait désormais, cette minorité archi-républicaine, que les masques sont tombés et qu’elle doit sauvegarder sa place presque bimillénaire dans la société française à force de vigilance, de conscience de soi et de cohérence, justement.

 

A bons entendeurs, une fois encore…

 

Patricia La Mosca sur Metula News Agency

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