Sarkozy, véritable ami d’Israël : Peut beaucoup mieux faire

Publié le par Ofek

 

« Certes, le discours prononcé par Nicolas Sarkozy à la Knesset lors de son récent voyage en Israël représente une amélioration sensible, relativement aux positions de son prédécesseur à l’Elysée. Ce qui n’est, en fait, pas très difficile : la question que je me suis longtemps posé, en écoutant Jacques Chirac parler d’Israël et du Proche-Orient, n’a jamais été "peut-on faire mieux, mais serait-il possible d’imaginer pire ?".

 

Je pense, d’une même façon, que Monsieur Sarkozy conçoit une amitié sincère pour Israël, qu’il n’a pas en lui une once d’antisionisme, et qu’il comprend tout à la fois qu’Israël est confronté à une guerre d’agression, qui dure depuis soixante ans, et au danger majeur que constitue la dictature fanatique iranienne. Je ne doute pas non plus que les condamnations du terrorisme énoncées par le président partent du fond du cœur.

 

Et je sais qu’il n’est pas facile de rompre avec une tradition diplomatique française, si longtemps marquée par la compromission, voire par la trahison des valeurs éthiques auxquelles la France prétend pourtant être attachée.

 

Tout cela précisé, si on devait porter un jugement d’ensemble sur la performance globale du président français lors de son voyage, elle serait la suivante : peut mieux faire. On insisterait, même : peut beaucoup mieux faire.

 

Se rendre en visite dans un pays dont on dit être l’ami et proclamer, à la tribune du parlement de ce pays, qu’il lui faudra diviser sa capitale, Jérusalem, n’est pas, à mes yeux, se conduire de façon très amicale, et constitue une ingérence sévère dans les affaires intérieures d’Israël.

 

Que dirait Nicolas Sarkozy si le dirigeant d’une puissance arabe, de passage en France, au cours d’une visite officielle, proposait de faire du dix-neuvième arrondissement de la capitale une zone indépendante, sous prétexte que la population musulmane y est nombreuse et ne se reconnaît pas dans les institutions françaises ?

 

Nicolas Sarkozy ne s’est pas borné à son commentaire sur Jérusalem, il a parlé, ensuite, génériquement, de « colonisation » pour qualifier les implantations juives en Judée-Samarie. Cela revient à considérer que ce territoire n’est pas, selon la terminologie en vigueur, un « territoire disputé », mais un « territoire occupé » de manière illégitime et illicite. Et cela revient à occulter non seulement ce que fut la guerre arabe de 1967 contre l’Etat hébreu, mais aussi à ostraciser ce qu’était le statut de ces terres entre 1948 et 1967, alors qu’elles n’étaient aucunement « palestiniennes », mais sous occupation jordanienne. Cela équivaut aussi à réviser ou, au mieux, à oublier l’histoire de la région depuis le temps de la Déclaration Balfour en 1917.

 

Parler de réfugiés et d’une indemnisation à trouver pour ceux-ci, sous-entend une sujétion à la vision idéologique « palestinienne » de l’histoire et suppose l’acceptation (involontaire, je n’en doute pas) d’une falsification : non seulement, dans la région, on est « réfugié » de père en fils depuis soixante ans, mais, pour avoir bénéficié, à l’origine, du statut de «réfugié », il a suffi aux principaux intéressés, lors de la création de l’UNWRA, de prouver seulement deux années de résidence sur le territoire d’Israël. On devrait, par ailleurs, chaque fois qu’on évoque les «réfugiés » arabes, rappeler, d’une part, la guerre d’extermination lancée contre Israël dès sa naissance par les pays arabes voisins, et, d’autre part, le sort des réfugiés juifs qui ont dû fuir l’ensemble des pays arabes au même moment.

 

Je ne pourrai pas reprocher à Nicolas Sarkozy d’évoquer le « peuple palestinien », quand bien même ce peuple a été inventé dans les officines du KGB au milieu des années 1960, sans que personne n’en ait entendu parler jusque là, en particulier les « Palestiniens » eux-mêmes. Mais, dès lors que la plupart des dirigeants israéliens le font, on ne peut être, selon la vieille expression, plus royaliste que le roi.

 

Je ne pourrai reprocher non plus à Sarkozy d’exprimer son vif souhait de voir naître un Etat palestinien démocratique, stable et vivant en paix avec ses voisins. Là encore, les dirigeants israéliens le font, de même que les dirigeants américains.

 

Je noterai, cependant une différence de marque séparant le discours de Nicolas Sarkozy, sur ce point précis, de celui de George Bush : Bush n’a jamais placé le conflit israélo-arabe en position de point central de toutes les difficultés du Proche-Orient et a, au contraire, sans cesse souligné que le problème crucial tient à ce que le monde arabe et, au-delà de lui, le monde musulman tout entier, ont besoin criard de liberté et de développement humain.

 

En présentant le conflit israélo-arabe comme la focalisation des difficultés du Proche-Orient, et en laissant de côté la question de la liberté et du développement humain dans le monde arabo-musulman, le premier des Français a pris le risque de voir son attitude interprétée comme une pression incitant Israël à en faire toujours davantage pour « la paix » sans qu’il ne soit rien demandé, ou presque, aux dirigeants palestiniens et, au-delà, au monde arabo-musulman.

 

Sans douter de la sincérité de son amitié, j’aurais tendance à dire à Monsieur Sarkozy que celle-ci deviendra une amitié véritable s’il s’informe bien davantage, s’il voit qu’aucun pays du Proche-Orient n’aspire à la paix autant qu’Israël, et s’il perçoit que, les seuls, les uniques obstacles à la paix au Proche-Orient tiennent à la haine constamment entretenue à l’encontre d’Israël dans le monde arabo-musulman, et en particulier chez les « Palestiniens ».

 

S’il évolue dans ce sens, notre président cessera, je l’espère, de tenir des propos relativistes, où il met sur le même plan l’action d’Israël pour se défendre et l’action de barbares pour agresser Israël et tuer des Juifs. Il comprendra que les contrôles de l’armée israélienne aux check-posts et la barrière de sécurité sont là parce que la violence la plus abominable et négationniste continue à être glissée, jour après jour, dans la tête de l’ensemble des populations palestiniennes, qui sont victimes, non de la prétendue dureté d’Israël, mais du cynisme crapuleux de leurs propres dirigeants.

 

Il discernera, je le souhaite, qu’il lui faut dire à Mahmoud Abbas, que tant que l’Autorité palestinienne cautionnera un enseignement scolaire incompatible avec la paix, des media racistes et qu’il entretiendra le moindre lien avec des organisations d’assassins, celle-ci n’aura strictement rien à attendre du monde civilisé. Et Sarkozy discernera qu’il lui faut dire à Abbas, en conséquence, qu’un développement économique ne pourra devenir envisageable autour de Ramallah ou de Bethléem, qu’à partir du moment où on saura ce que sont devenus les milliards de dollars déjà donnés à l’Autorité palestinienne, et qu’à partir du moment, aussi, où, pendant des années, on aura enseigné aux enfants palestiniens les vertus du commerce, de l’esprit d’entreprise et de la tolérance, plutôt que l’art de verser le sang juif dans des attentats suicides.

 

S’il ajoute que parler de Nakbah pour suggérer que le « peuple palestinien » a subi un holocauste et pour placer ce dernier en parallèle à la shoah procède d’un geste verbal obscène, qui disqualifie celui qui le proclame, ce sera encore mieux.

 

Le peuple israélien a besoin d’amis : il a besoin de vrais, d’authentiques amis. Les authentiques amis savent qu’ils méritent ce titre à partir du moment où ils ne s’écartent ni de la vérité ni de l’éthique.

 

 

Nicolas Sarkozy progresse dans la bonne direction, et pour cela, il doit être encouragé. Mais il faut lui dire aussi qu’il doit infiniment mieux faire.

 

Comme l’a dit George Bush, comme le dit John McCain, le monde arabe et musulman a besoin de liberté, surtout de liberté, et d’éclairages sur les vertus de la démocratie libérale. Un combat a lieu en ce moment entre, d’une part, l’islam radical et les djihadistes et, de l’autre, des femmes et des hommes musulmans aspirant à la liberté et à la démocratie libérale. La France et l’Europe doivent prendre position dans ce combat, et comprendre que si ce n’est pas la liberté qui l’emporte, ce sera l’inverse de la liberté, et, en ce cas, les répercussions ne seront pas graves seulement pour Israël mais pèseront d’un poids lourd et noir sur tout un continent, qui se rêve encore comme le porteur des valeurs des droits de l’homme.

 

Puisqu’il s’agit, ces derniers temps, dans les préoccupations du président français, d’Union de la Méditerranée, lui est-il impossible de voir que cette union, au risque de prendre rapidement les ornements d’une chimère, ne pourra se faire en dehors des valeurs de liberté et de démocratie libérale ?

 

Ne serait-il pas possible pour lui de voir, dans la foulée, que si cette union se fait autour des valeurs du liberté et de la démocratie libérale, non seulement Israël y aura toute sa place, mais Israël y constituera une source d’opportunités extraordinaire pour son environnement, ce qui changera toute la donne ?

 

Ne serait-il pas possible, enfin, pour Nicolas Sarkozy, de voir, dans ce contexte, que si la liberté l’emporte dans l’ensemble du monde méditerranéen, la question « palestinienne » y apparaîtra comme ce qu’elle n’a jamais cessé d’être : un épiphénomène artificiel, créé de toutes pièces par des adeptes du ressentiment, aux fins de faire d’Israël un bouc émissaire derrière l’invocation et la diabolisation desquelles évacuer toute interrogation sur le ressentiment lui-même. »

 

Titre original : « Encore quelques pas, Monsieur Sarkozy… » de Guy Millière sur Metula News Agency

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Yéochoua 30/06/2008 13:43

Il n'y a aucun changement politique au niveau de la politique extérieure de la France, mais tout simplement un changement de tactique. Le nouveau président est en train de montrer à la classe politique de son pays comment il faut s'y prendre pour essayer de soumettre les Juifs et Israël à leur idée.