Sarkozy à la Knesset, cession 2008 - Recalé : Graves lacunes en histoire et niveau médiocre en vocabulaire

Publié le par Ofek

 

 

On trouve chez les hommes quatre manières d'agir différentes.

Il y en a qui disent : « Je garde ce que j'ai, et toi garde ce que tu as », c'est là un procédé du vulgaire, et telle fut aussi, selon plusieurs, la manière d'agir des habitants de Sodome.

Il y a des hommes qui disent : « Le mien est à toi, et le tien est à moi », c'est le langage de l'ignorant.

« Ce que j'ai est à toi, et ce que tu as, garde-le pour toi », c'est la maxime de l'homme religieux.

Le méchant dit : « Ce que tu as est à moi, et ce que j'ai, je le garde. ». Il est clairement un méchant puisqu’il veut tout s’approprier.

 (Maximes des Pères 5:13)

 

Dans son discours prononcé à la Knesset le 23 juin 2008, le Président français Nicolas SARKOZY a témoigné son admiration pour le peuple juif, loué son comportement dans les épreuves traversées au cours de l’histoire, rappelé les liens historiques très forts existants entre la France et l’État d’Israël, manifesté son soutien à Israël dans son combat contre le terrorisme et évoqué la nécessité de créer un État palestinien pour permettre aux deux peuples de vivre côte à côte dans la paix.

 

Néanmoins, pour ménager les ennemis d’Israël et éviter d’apparaître comme un soutien inconditionnel de l’État juif, le Président français a distillé dans son discours un certain nombre de messages laissant entendre que la terre d’Israël n’appartenait pas à son peuple et que l’État juif n’était pas tout à fait légitime. La méthode est simple : il suffit de détourner les mots et les notions de leur sens primitif.

 

Tout d’abord, Monsieur Sarkozy a contesté la propriété de la terre d’Israël à son peuple en avançant que l’État d’Israël n’appartenait pas seulement à ses citoyens mais également à «tous ceux qui dans le monde se reconnaissent comme les héritiers du judaïsme» (sic !). (En d’autres termes, la terre d’Israël serait la propriété collective des membres des trois religions monothéistes). En fait, et pour justifier son propos, le Président Français a précisé que l'État d'Israël appartenait «aussi à tous les hommes parce que les valeurs qui le fondent sont universelles. Ces valeurs sont des valeurs de justice et de droit». Ainsi, le fait pour un pays d’adopter des valeurs de « justice et de droit » serait de nature à en déposséder le peuple qui les a mises en place et à en entraîner sa dévolution à l’ensemble des nations (y compris aux peuples dont les valeurs sociales reposent sur la haine, le « non droit » et l’incitation au meurtre).

 

Cette position est pour le moins surprenante. D’une part, elle n’incite pas les peuples à adopter dans leurs systèmes institutionnels des valeurs «de droit et de justice» (dont le caractère est pourtant universel). Par ailleurs, la règle ne semble pas devoir être transposée à la France alors qu’elle fonctionne conformément à des principes de «droit et de justice» : l’État français n’a jamais eu pour vocation d’appartenir à l’ensemble des nations en dépit des valeurs adoptées dans son système politique.

 

Par ailleurs, le Président Français a souligné l’illégalité du fonctionnement israélien en recourant à des termes à connotations négatives ou dépréciatives comme l’appel à «l’arrêt immédiat et total de la décolonisation» au besoin par le «vote d’une loi qui inciterait au départ les colons de Cisjordanie, moyennant compensation et relogement en Israël» (sic!). Bien que cette suggestion soit véritablement constitutive d’une ingérence dans la politique intérieure israélienne, le Président Français a confirmé «qu’il ne saurait y avoir de paix en cas de poursuite de la colonisation».

 

Le mot « colonie » est en réalité ici détourné de son sens car si le mot hébreu « mochav » se traduit par « colonie », il ne s’agit pas de « colonie » au sens où on l’entend en Europe c’est à dire d’un territoire occupé et administré par une puissance étrangère qui vient déposséder un pays de sa richesse et y exploiter ses forces vives. En Europe, le terme de colonie se réfère à une occupation malveillante et suffisante, d’un État venu s’établir par la force sur le territoire d’un autre et qui se trouve de ce fait sans droit ni titre. Dans le cas des « mochav » israéliens, il s’agit simplement de personnes venues s’établir sur une terre désertique qu’elles ont irriguées pour y planter des arbres et des fleurs. Le mot «mochav» vient de la racine « iochev » qui signifie asseoir et qui est plus proche de la notion d’implantation.

 

En tout état de cause, Monsieur Sarkozy n’entend pas appliquer à la France ce qu’il suggère à Israël c'est-à-dire organiser la «décolonisation» de la Martinique, de la Guadeloupe, des autres départements et territoire d’outre mer voire de la « corse », du «pays Basque» ou encore de la Bretagne bien que pour bon nombre des ressortissants de ces régions, la présence française est vécue comme une «colonisation».

 

De même, dans son discours, le Président français a évoqué le problème des réfugiés en l’associant à la solution du conflit : «Il ne peut y avoir de paix sans que soit résolu le problème des réfugiés palestiniens dans le respect de l'identité d'Israël».

 

Théoriquement, les réfugiés sont des personnes qui se trouvent, en raison des risques que leur ferait courir le maintien dans leur pays d’origine, hors du pays dont elles ont la nationalité ou une résidence habituelle (Convention sur les Apatrides de 1951). Dans le cas des Palestiniens, la notion de réfugiés est tout à fait différente : la nationalité palestinienne a été reconnue dans les années 60 à des personnes sans que le concept soit rattaché à un territoire spécifique. De ce fait, les personnes qui se font appelées « réfugiés palestiniens » sont des personnes qui appartiennent à la grande Nation Arabe, qui sont nées en Jordanie, en Syrie, au Liban en en Irak voire dans les territoires palestiniens de Gaza ou de Cisjordanie, qui y vivent avec leurs parents et leurs enfants, qui perçoivent des sommes importantes en leur qualité de réfugié mais auxquels est refusé l’octroi de la nationalité de l’Etat de résidence bien qu’ils y naissent, vivent et meurent. Ainsi, le problème « dit » des réfugiés palestiniens ne tient en réalité qu’au manque d’hospitalité des pays d’accueil un peu comme si les personnes d’origine palestiniennes réfugiées en France n’avaient pas le droit de travailler en France, de prendre la nationalité française et étaient maintenues dans des « camps spéciaux» uniquement pour susciter l’émotion internationale...

 

Et c’est ainsi que Monsieur Sarkozy a suggéré que Jérusalem, capitale unifiée d’Israël (et désormais capitale du peuple juif), soit scindée pour devenir également la capitale de l’Etat palestinien (sic !). Une fois encore, il est curieux que le président français n’ait pas suggéré aux palestiniens de faire pour leur capitale ce qui se passe dans tous les pays du monde, c'est-à-dire de l’établir dans les villes où se trouvent les centres de décisions politiques et administratives à savoir Ramallah ou Gaza.

 

En fin de compte, le président français ne saurait faire supporter à Israël les conséquences des choix des pays arabes qui se sont toujours opposés à la création d’un Etat arabe aux côtés de l’Etat juif, lors du plan de partage voté le 29 novembre 1947, lors de l’engagement de la guerre contre Israël le 15 mai 1948, encore lors de la signature des accords d’armistice du 23 février 1949 et du 20 juillet 1949, conduisant à l’annexion de la Judée Samarie par le Roi Abdallah de Transjordanie le 24 avril 1950, à laquelle a finalement renoncé le petit fils Hussein roi de Jordanie le 31 juillet 1988...

 

De tout ceci, il résulte que la situation des palestiniens ne saurait trouver son explication ailleurs que dans le Coran : « L’homme n’aura que le fruit de ses efforts (Sourate 53, versets 39-40), «Tous les malheurs qui vous frappent sont imputables aux actes perpétrés par vos mains» (Sourate 42, verset 30), «Quiconque fait le bien le fait pour lui-même quiconque agit mal le fait contre lui-même» (Sourate 45, verset 15).

 

Titre original : « Après le voyage de Sarkozy en Israël : la force des mots détournés de leur sens » par Me B. Ramas-Muhlbach pour Israël-infos.net


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