Blablabla pour stopper l’Iran

Publié le par Ofek

Faut-il qu'Israël négocie la paix avec la Syrie ?

 

La Syrie est un état voyou et une dictature dont les principales ressources proviennent de l'exploitation du Liban (pavot, contrebande, fausse monnaie, un million d'emplois de Syriens qui ont pris la place des Maronites qui ont quitté le pays). La satellisation du Liban est la principale préoccupation de la Syrie, avec la survie du régime syrien. Pour se maintenir, le régime minoritaire alaouite a besoin de troubles et de répression. Il n'a que faire des idées américano-israéliennes de démocratie et de liberté.

 

En essayant de récupérer le Golan, le président Bashar al Assad efface l'affront subi le 6/9/07, lors de la destruction par Israël d'une centrale à plutonium qu'il construisait secrètement. A travers un semblant d'accord avec Israël, il ne recherche, qu'à desserrer l'étau de l'Occident qui le tenaille depuis qu'il a fait assassiner l'ex-1er ministre du Liban Rafiq Hariri.

 

Une paix avec la Syrie n'apportera que des ennuis à Israël. Il est illusoire de croire que les concessions territoriales éloigneront la Syrie de l'Iran, alors que ces 2 pays ont des intérêts convergents au Moyen Orient. Il est illusoire de croire que la Syrie cessera sa contrebande d'armes en faveur du Hezbollah et du Hamas et son action de déstabilisation dans la région. De plus, vu son passé glorieux, la Syrie a toujours eu des ambitions hégémoniques du type "Croissant fertile".

 

Et puis il y a le Golan. En 33 ans, Hafez al Assad n'a jamais voulu récupérer le Golan qui ne l'intéressait pas outre mesure. Aujourd'hui mis en valeur par Israël, le Golan n'intéresse que modérément son fils Bashar.

 

Le Golan est un plateau stratégique sur le plan militaire et sur le plan de l'eau. Les druzes qui y habitent ont été plus longtemps les sujets d'un état Israélien (40 ans) que Syrien (22 ans) et dans leur grande majorité ils sont favorables à Israël. Pourquoi ne pas procéder à un référendum sur le plateau, au lieu d'annoncer à tue-tête que le Golan est une monnaie d'échange ? (1)

 

Faut-il rechercher la paix à tout prix ?

 

Le peuple Juif est imprégné des Psaumes de David.

 

- Psaume 34/15 « éloignes-toi du mal et fais le bien. Recherches la paix et poursuis la ».

 

Je citerai ainsi les propos d'Ehoud Olmert, c'était le 23/10/07 à l'occasion de l'anniversaire hébraïque de la mort de Rabin :

 

« … Plus d'une fois je me suis demandé ce qui a amené Rabin à suivre le chemin d'Oslo. Il a traversé une crise avant de commencer de sérieuses actions diplomatiques… J'ignore si aujourd'hui, le moment est mûr pour une paix, mais je sais qu'il est de mon devoir de tout faire pour rapprocher ce moment… »

 

Mais le monde est régi par d'autres lois aussi.

 

- Proverbe latin : « Si Vis Pacem, Para Bellum » ou « si tu veux la paix, prépares la guerre ! »

 

La paix oui ! – si on a un partenaire qui raisonne comme vous et qui recherche la paix autant que vous. Autrement, un désir ardent et excessif de paix se transforme inéluctablement en volonté de faire sans discernement. Et un désir excessif incite fatalement à des concessions, et, quand il n'est pas réciproque, il mène au chantage ou à une erreur de calcul de l'adversaire et inéluctablement à la guerre.

 

Sur le plan stratégique, les spécialistes ont l'habitude de dire « la paix ne peut être issue que d'une guerre menée à son terme et gagnée » (cf guerres mondiales 1918 & 1945). La victoire d'Israël dans les guerres imposées par les pays arabes lui a été volée à chaque fois par les Etats-Unis et les Nations-Unies qui ont imposé des trêves.

 

En tout cas, la paix sort rarement de réunions internationales et elle peut difficilement sortir de guerres asymétriques, sauf si les sanctuaires sont éliminés ou si l'environnement se transforme favorablement. Mais cette paix sera toujours armée et la « paix des braves » ne peut s'installer qu'au bout d'un long processus qui s'étale sur plusieurs générations.

 

La rétrocession de territoires pour obtenir la paix n'a jamais entraîné une paix sincère et durable.

Encore moins si ces territoires ont été chèrement acquis.

En ce qui concerne la Syrie, celle-ci a finalement accepté l'annexion par la Turquie du gouvernorat contesté d'Iskenderoun, sans que cela ne provoque une guerre.

 

Rappelons de même que la frontière syro-israélienne est la plus calme de la région, depuis l'armistice de 1973, soit depuis 35 ans. Et on ne peut espérer mieux que cela du côté syrien. Mais à condition que l'Iran, « protecteur » et pourvoyeur en armes de la Syrie, soit neutralisé dans ses ambitions hégémoniques sur le Moyen Orient.

 

Faut-t-il neutraliser l'Iran islamiste et nucléaire ?

 

On parle de plus en plus d'une bombe nucléaire iranienne en 2009/10, soit dans 12/18 mois (2). Les négociations en cours qui durent depuis plusieurs années n'ont provoqué que l'escalade du côté Iranien.

 

Le rapport du NIE (National Intelligence Estimate) marque-t-il un changement de politique des Etats-Unis vis-à-vis d'un Iran nucléaire ? Oui et non.

 

   . Non, Bush doit encore convaincre le Pentagone, qui souhaite se désengager du Moyen Orient, voulant consacrer les ressources disponibles pour moderniser l'armée américaine - Manœuvré par les Services secrets et les groupes pétroliers (3), Bush attend le bon moment pour réagir.

 

   . Oui, Bush ne souhaite pas allumer un nouveau feu avant son départ, laissant cette décision à son successeur .

 

– Les Etats-Unis sont préoccupés par les problèmes d'Irak, de l'Afghanistan et du Pakistan, plus urgents que ceux de l'Iran.

– Le Pentagone est opposé à une intervention en Iran, car la rénovation de l'armée américaine semble plus importante que l'existence d'un Iran nucléaire qui peut être contrôlé.

– L'Arabie et les pays du Golfe sont vulnérables à une riposte iranienne.

– Une attaque contre l'Iran heurterait la sensibilité nationale iranienne et les élites laïques pro-américaines risquent de se retourner contre les Etats-Unis au lieu de rechercher à renverser les mollahs.

– Le Département d'Etat américain veut encore donner sa chance à la diplomatie ou attend un renversement de situation de l'intérieur de l'Iran, ce qui semble peu probable.

 

En fait, l'Iran reste le maître du jeu d'échecs, soufflant le chaud et le froid, gagnant du temps pour mettre l'Occident devant le fait accompli.

 

Pourtant, il y a 5 raisons qui militent en faveur du maintien du cap pour éviter que l'Iran des mollahs n'impose sa loi au Moyen Orient.

 

- menaces d'hégémonie et de chantage de la part de dirigeants Iraniens radicaux, prêts à l'idée d'une destruction du monde.

- menace existentielle pour Israël.

- menace d'alignement des états arabes modérés sur l'extrémisme iranien et rapprochement de l'Iran avec l'Arabie, l'Egypte et maintenant l'Irak.

- course à l'arme nucléaire au Moyen Orient.

- menace de transfert de la bombe entre les mains de groupes terroristes, les installations nucléaires iraniennes étant sous le contrôle des Gardiens de la Révolution inféodés à l'ayatollah Khamenei et non de l'armée.

 

Directement visé par les dirigeants Iraniens, Israël se sent menacé d'autant plus que l'Iran arme et finance le Hezbollah au Nord et le Hamas au Sud.

 

Pour Israël, il y a quelques années, l'Iran était l'affaire des Etats-Unis.

Aujourd'hui cette affaire semble devenir de plus en plus celle d'Israël, les Etats-Unis prenant un certain recul, du moins pour le mandat Bush.

 

Après la frappe discrète et rapide d'une installation nucléaire syrienne le 6/9/07 par Tsahal, celle d'installations nucléaires en Iran pourrait asseoir pour un temps la crédibilité et le pouvoir de dissuasion d'Israël dans la région.

 

On constate que depuis le 6/9, l'Iran d'Ahmedinejad ne cesse les provocations, les gesticulations et l'escalade aussi bien verbale que militaire (4). Les résultats du 6/9 ont rendu techniquement possible une attaque contre l'Iran.

 

Reste à savoir si l'Occident et notamment les Etats-Unis auront assez de cran pour participer à la neutralisation de la plus grande menace nucléaire dans le monde, en ce début de 21ème siècle.

 

Notes

 

(1) Le Golan a été conquis lors de la guerre des 6 jours en 1967 et annexé par Israël en 1981.

Le Golan est un plateau de 1200 km2 peuplé de 18 000 Druzes vivant dans six agglomérations et de 20 000 Juifs, vivant dans 33 communautés surtout agricoles.

Le Golan fournit notamment 21% du vin, 40% de la viande bovine et 50% de l'eau minérale du pays.

 

(2) services de renseignement Anglais, Français et Israélien.

 

(3) doctrine Baker : "Fuck the Jews, keep the Arabs smiling and the oil flowing".

 

(4) Voilà ce qu'écrit le 25/9, le quotidien Kayhan, proche du Guide Suprême :

 

« l'Occident ne dispose que de renseignements sur les sites nucléaires accessibles aux inspecteurs de l'AIEA.

En cas d'attaque, sont-ils sûrs de tout détruire ?

Tout pays qui met à la disposition des Etats-Unis son territoire sera considéré comme un ennemi »

 

L'Iran inaugure bientôt à Abbas Abad, à 5 km au sud de Natanz, dans la montagne, une usine souterraine, supposée être secrète.

Depuis le 6/9, les défilés de nouveaux matériels de guerre ne cessent plus, notamment les missiles sophistiqués (Ghadr1 portée 1800km) et les annonces telles que « 600 Shihab 3 sont dirigés sur Israël, puis 11 000 », 2 sous-marins dans le golfe persique, nouvel avion de technologie sino-russe, l'Eclair…

Puis le nouveau commandant des Gardiens de la Révolution, Ali Aziz Jaafari fait la promotion de la guerre asymétrique, missiles, engins improvisés (IED, improvised explosive devices), bombes-humaines.

 

Titre original : « LA SYRIE, L'IRAN ET LA PAIX » par Albert Soued pour www.nuitdorient.com

Publié dans Iran - Syrie

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