Les leçons de la libération d'Ingrid Betancourt

Publié le par Ofek

 

L’émotion: elle a été le ressort de la mobilisation sans précédent pour Ingrid Betancourt. Mais c’est la ruse et la force qui ont permis au président colombien Alvaro Uribe, critiqué par les belles âmes pour son intransigeance face aux Farc et sa proximité avec George Bush, de libérer l’otage.

 

Inutile de tourner autour du pot, comme a pu le faire Rama Yade, secrétaire d’Etat aux droits de l’homme,  ce jeudi matin sur RTL, en commentant la libération d’Ingrid Betancourt : "La première leçon que je tire de cette libération, c’est que la pression internationale, ça marche", a-t-elle déclaré.

En réalité, la franco-colombienne, détenue depuis plus de six ans par les terroristes des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), a été sauvée (et avec elle quatorze autres otages) grâce à la politique de fermeté d’Alvaro Uribe, décrié en France. Et cette constatation est dure à avaler pour tout un mouvement d’opinion qui avait fait du président colombien, fidèle allié des Etats-Unis, le responsable de l’intransigeance de la guérilla marxiste.

Quelques heures avant l’heureux dénouement, le candidat républicain à la présidentielle américaine, John McCain, félicitait d’ailleurs Uribe pour sa politique.

 

Les faits obligent à admettre que ce n’est pas l’option française de la négociation avec les Farc, menée à la fois par l’intermédiaire du président vénézuélien coqueluche des altermondialistes, Hugo Chavez,  et plus directement par le président Nicolas Sarkozy lui-même s’adressant par deux fois au chef du mouvement terroriste (aujourd’hui décédé), qui a eu raison du calvaire des otages.

 

Reste aujourd’hui à s’interroger sur les dessous politiques de cette diabolisation d’Uribe et sur la part réelle qu’a pu jouer l’impressionnante mobilisation française pour Ingrid Betancourt, remarquablement soutenue par sa famille et ses amis.

Mais cette valorisation médiatique de l’otage n’avait-elle pas contribué à augmenter sa "valeur marchande", aux yeux de ses geôliers ?

 

Ivan Rioufol sur http://blog.lefigaro.fr/rioufol/

 

Un petit mot pour revenir sur la libération d'Ingrid Bétancourt par l'armée colombienne. Dans notre Flash Spécial d'hier soir, je posais la question de savoir si ceux qui avaient tant critiqué, souvent avec outrance, le président colombien Alvaro Uribe auraient la décence de reconnaître leur erreur.

Certains l'ont fait. Mais pas tous.

 

Ainsi ce matin sur France Inter, le suffisant Bernard Guetta, spécialiste autoproclamé en géopolitique internationale, et qui s'est toujours trompé sur tout, a eu l'impudence de dire qu'Ingrid Bétancourt aurait pu être libéré plus tôt si les négociations menées par la France n'avaient pas été sabotées par le président colombien avec "l'assassinat" du numéro 2 des FARC en mars dernier. Quelle mauvaise foi !

 

Le conflit avec les FARC dure depuis 40 ans et ce conflit a fait entre 60.000 et 70.000 morts. C'est dire si le problème pour le gouvernement colombien était bien plus large que la simple libération d'Ingrid Bétancourt.

Alvaro Uribe s'est fait élire par le peuple sur un programme de fermeté et d'éradication des FARC. Politique qu'il a mené avec constance depuis sa première élection en 2002 avec l'appui résolu des Etats-Unis. L'élimination du numéro 2 des FARC n'était donc pas une sordide manoeuvre mais l'aboutissement d'une politique de longue haleine contre ces terroristes maffieux. C'est d'ailleurs l'élimination de plusieurs des chefs des FARC et la pression de plus en plus forte excercée par l'armée colombienne qui a désorganisé les terroristes et permis la magistrale opération de libération.

 

Comme toujours Bernard Guetta n'a rien compris ou plutôt fait mine de ne pas comprendre qu'il s'est totalement trompé durant toutes ces années sur la meilleure méthode qu'il fallait suivre pour libérer les otages.

Qu'on se souvienne en effet des critiques médiatiques lors de l'élimination de Raoul Reyes.

 

Ah, encore un mot monsieur Guetta. On élimine un terroriste, on ne l'assassine pas.

On assassine des victimes, on élimine des bourreaux.

 

Toujours la même inversion des valeurs chez les prétendus intellectuels français !

 

A Rebelles-Info nous sommes fiers d'avoir soutenu la stratégie du président Alvaro Uribe (et ici , ou encore ici)

 

David Bescond sur www.re

 

Qui sont les acteurs-clés de la libération d'Ingrid Bétancourt et des autres otages ? A l'heure où le président colombien Alvaro Uribe goûte à sa plus belle victoire personnelle, la question mérite d'être posée.

Depuis début 2008, les FARC connaissent une lente descente aux enfers. La jungle qui leur sert de couverture n'est plus un obstacle pour les forces colombiennes. De même, alors qu'ils se croient maîtres de la lutte clandestine, leurs courriers et leurs déplacements sont constamment pris en filature. Tollé en mars dernier : leur numéro 2, Raul Reyes, est abattu par l'armée colombienne durant une opération héliportée en Equateur. Quelques semaines plus tard, le leader historique des FARC décède d'une crise cardiaque, provoquant un vent de panique dans les rangs d'une organisation n'ayant jamais échafaudé de plans pour se renouveler.

C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre la splendide opération menée par la DAS (services secrets) et le renseignement militaire colombiens, appuyés, nous le verrons, par des forces bien connues des lecteurs du blog drzz. 

Le renseignement colombien

Financée par les Etats-Unis depuis la "guerre contre la drogue" édictée par George Bush père au début des années 1990, l'armée de Colombie n'a jamais cessé de progresser  et de se spécialiser. Ses commandos qui évoluent dans la jungle et sur les plateaux difficiles d'accès, même en hélicoptères, ont été formés par les Etats-Unis, de même que leurs agences de renseignement.

La première d'entre elle, la DAS, a démontré son savoir-faire entre l'élimination de Ruyes et la libération de Bétancourt. Ces deux opérations, d'une grande complexité, étaient osées. La Colombie a gagné sa place dans la cour des grands.


Les Etats-Unis (CIA)

Comme les FARC détenaient Bétancourt ainsi que trois américains, employés de firmes sous-traitant l'armée américaine, les Etats-Unis ont participé activement aux recherches. Ils ont fourni les informations livrées par leurs satellites, ont activé leurs réseaux, fait parler leurs sources...

Le gouvernement colombien n'a pas manqué de noter que les Etats-Unis avaient activement participé à la libération d'Ingrid Bétancourt. La Maison-Blanche a confirmé, ajoutant que les espions américains n'avaient pas pris part à la phase finale de l'opération. 

Globalement, le combat américain en Colombie ne cible pas seulement les preneurs d'otages, mais aussi le régime Chavez qui menace la stabilité de l'Amérique du Sud. Il ne s'agit donc, en aucun cas, d'un coup de pouce passager. D'ailleurs, les Etats-Unis ont dépêché une flotte en Amérique du Sud pour contrôler les échanges entre le Vénézuéla et l'étranger.

Israël (Mossad)

En juin 2006, le renseignement équatorien annonce le démantèlement d'un réseau de trafic de drogue impliquant les FARC. Le destinataire des fonds de ce cartel n'est pas inconnu : il s'agit... du Hezbollah. La nébuleuse terroriste s'appuie sur les communautés arabes de Bogota pour blanchir de l'argent et garnir ses comptes en banques. Ce n'est pas vraiment une surprise. Depuis longtemps, l'Amérique du Sud, particulièrement le régime d'Hugo Chavez au Vénézuéla et ses alliés, servent de base arrière au jihad lancé au Moyen Orient. C'est ici qu'entre en scène un service dont les agents ont activement participé à la libération d'Ingrid Bétancourt : le Mossad israélien. 

En évoquant la libération de Bétancourt, les médias et le gouvernement colombien parlent pudiquement "d'anciens de Tsahal" ou même de "consultants israéliens" mais une simple analyse de l'axe FARC-Hezbollah nous permet de comprendre que le Mossad est impliqué dans cette opération jusqu'au cou. Simple question d'intérêt. La chute des FARC, c'est une belle victoire indirecte contre le Hezbollah.

PS : un article de Libération a confirmé cette analyse une heure plus tard.

 

Drzz sur http://leblogdrzz.over-blog.com/article-20954145.html

Lire également : Le cas d’école « Ingrid Betancourt » : Modèle d’une politique étrangère française vendue au plus offrant et de ses médias, vecteurs de propagande

Publié dans Terrorisme

Commenter cet article

Yéochoua 06/07/2008 19:53

Je me joins bien entendu au contentement suscité par cette opération qui a permis à cette dame de recouvrer la liberté. Je voudrais cependant que les valeurs auxquelles on se réfère ne soit pas purement circonstancielles mais qu'elles soient solides. Si l'opération avait échoué, beaucoup auraient certainement condamné l'action de libération.Or, bien qu'il soit prudent d'essayer la voix des négociations, (pas à n'importe quel prix, mais en proposant par exemple le prix nobel au chef des terroristes, puisque c'est à ça qu'il sert, n'oublions pas qu'avant l'opération Antébé, ce prix avait été proposé à Amin Dada), il faut se rendre à l'évidence que ces crapules entêtées ne comprenne que la manière forte. Donc, quand les négociations sont pure perte de temps, ou que le prix à payer est bien trop lourd, comme pour l'échange Djibril, il faut se mettre à l'évidence que favoriser irrationnellement la voie des négociations ridiculise les pays libres et les fait passer pour de faibles couards.