Israël est le vrai problème !

Publié le par Ofek

« Les gens critiquent fréquemment certains aspects du conflit israélo-arabe parce qu'il ne débouche pas sur la paix. Mais exprimer une indignation morale de ce genre, comme l'ont fait Paul Heywood-Smith et Bassam Dally dans l'Informateur de la semaine dernière, c'est ne pas voir le nez au milieu de la figure. Ce nez, ce ne sont pas les implantations israéliennes. Ce n'est pas non plus seulement le terrorisme palestinien.

 

Ce qui fait que la paix israélo-palestinienne se dérobe en permanence réside uniquement dans le refus. La majorité des Palestiniens et des élites arabes rejettent toujours fondamentalement le droit d'exister d'Israël.

 

Étant donné qu'Israël existe depuis 60 ans, cela semble bizarre. Mais voila qui explique pourquoi les livres, les émissions télévisées palestiniennes et même les colonies de vacances pour des enfants veulent imposer l'idée d'une destruction censément inévitable d'Israël. C'est ce qui explique la décision palestinienne de boycotter le Congrès International des géographes du mois prochain parce que les Israéliens seront présents. Plus important encore, cela explique pourquoi la plupart des États arabes refusent de faire la paix avec Israël.

 

Oui, la Ligue arabe a élaboré un plan de paix entre les Arabes et Israël. Mais il transparaissait clairement de sa formulation que l'on exigeait en réalité d'Israël de se dissoudre lui-même en absorbant tous les réfugiés palestiniens, plus leurs descendants. C'est à cette condition seulement que les pays arabes accepteraient d'ouvrir des négociations avec Israël. Absorber quatre millions de non-Juifs ôterait sa substance juive à l'État juif, serait l'annulation d'Israël. Israël a suggéré d'utiliser cette proposition comme base de négociation. La Ligue arabe l'a rejetée catégoriquement, prouvant ainsi qu'elle ne tentait pas d'instaurer la paix, mais de salir l'image d'Israël avec ce rejet.

 

Le refus général d'Israël en tant que société distincte des autres sociétés du Moyen-Orient conduit beaucoup d'Arabes à lui faire grief des fléaux de la région.

 

Cette absurdité a été partiellement reprise à leur compte par des étrangers qui affirment que la paix ne sera effective au Moyen-Orient que si les gouvernements américain et australien devenaient "d'honnêtes médiateurs" et faisaient pression sur Israël pour démanteler les implantations, par exemple. Mais ces gouvernements sont honnêtes. Ils critiquent l'autorité palestinienne parce qu'elle ne met pas un terme à la corruption, au terrorisme et à l'incitation à la haine. Les sujets sur lesquels ils pensent qu'Israël se trompe, ils en parlent aussi. La plupart du temps, les gens qui appellent les gouvernements à être "d'honnêtes médiateurs" dans ce conflit, veulent plutôt dire, avec des procédés malhonnêtes, qu'ils veulent que ces gouvernements excusent les méfaits des Palestiniens.

 

En outre, ceux qui pensent qu'en démantelant les implantations israéliennes on améliorera le genre de vie et des droits de l'homme au Moyen-Orient arabe (ou que l'on empêchera les sunnites et les chiites de s'entretuer en Irak) sont en plein rêve.

 

En 2005, Israël a démantelé ses implantations à Gaza, dans une action volontaire conçue pour susciter en retour une attitude pacifique chez les Palestiniens.

 

Il n'en est pas résulté un comportement pacifique en retour. Le nombre de fusées tirées sur les villes israéliennes voisines à partir de Gaza a considérablement augmenté.

 

Les médias palestiniens ont présenté le retrait israélien comme une défaite militaire, invitant les combattants palestiniens à en faire deux fois plus pour vaincre les sionistes une fois pour toutes. Les Palestiniens n'ont construit ni des habitations, ni une industrie dans les anciennes implantations.

 

Ce que je veux dire ? Les implantations sont souvent critiquées comme étant des entraves au développement palestinien et la cause de la violence. Cependant, quand l'excuse des implantations à été supprimée, le développement ne s'est pas réalisé, et la violence n'a pas décru non plus.

 

D'ailleurs, tous les acteurs du conflit savent que lorsqu'un accord sur le statut final sera signé, toute présence juive dans ce qui deviendra la Palestine sera éliminée. Si Israël conserve quelques implantations, les Palestiniens auront une contrepartie israélienne dans le cadre d'un échange de terre négocié. La Palestine deviendra l'État Judenrein (nettoyé de toute présence juive) qu'elle a toujours rêvé être.

 

Bien que ces faits soient bien connus, il y a des gens qui affirment que les implantations empêchent la paix. L'annonce récente par les Israéliens de la construction d'appartements supplémentaires à Jérusalem-Est est mentionnée à titre d'exemple. Mais ces appartements ne sont pas de nouvelles implantations, ils ne retirent pas la moindre terre aux Palestiniens ; ils sont tous dans des banlieues juives qui existent déjà.

 

Les Palestiniens peuvent bien détester les implantations, elles ne sont pas la cause de l'absence de paix. La raison de cette absence est le rejet perpétuel du droit d'Israël d'exister.

 

Pourquoi la direction palestinienne a-t-elle décliné des offres de paix en 1937, en 1947, en 1967, en 2000 et en 2001 ? Ce n'est pas parce qu'elle ne voulait pas un État, mais parce qu'accepter un État impliquait d'accepter également qu'Israël existe à ses cotés.

 

Ainsi pourquoi Yasser Arafat a-t-il signé des accords intérimaires avec Israël au cours du processus d'Oslo de 1993 ? Parce qu'il était prêt à prendre tout ce qu'il pouvait - des armes, de l'autonomie, etc... - mais qu'il n'était pas prêt à signer un accord sur le statut final. Quand il a été poussé dans ses retranchements à Camp David en 2000, Arafat a décliné l'offre de deux États sans formuler de contre-proposition.

 

Il n'y pas de paix en raison du refus d'Arafat à l'époque et du Hamas maintenant. C'est ce qui engendre le terrorisme, qui produit lui-même des tentatives pour l'arrêter, ce qui provoque un durcissement des positions des deux côtés. Si l'élite palestinienne prenait la décision historique de s'accommoder d'un État à ses cotés, et pas à la place l'État juif, la paix pourrait être rapidement réalisée. »

 

Titre original : « La paix se dérobera tant que le monde arabe n'acceptera pas la réalité d'Israël » de Bren Carlill, pour The Autralian sur http://www.objectif-info.com/index.php?id=1069

 

Bren Carlill est chercheur au Conseil Autralie-Israël et des affaires juives.

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