Des gerbes à faire gerber

Publié le par Ofek

Le bloc-notes d’André Dufour – LibertyVox
 
Justice, non-alignés, politique arabe de la France, « Indigènes », « Bouna et Zied »…
 
Bien ficelés
 
Opposée au renvoi systématique devant les Assises des auteurs de violences contre les représentants de l’ordre, voulu par Nicolas Sarkozy, la magistrature estime, peut-être à juste titre, que point n’est besoin de nouvelles lois, celles existantes y suffisant amplement.
 
 
On peut dès lors se demander pourquoi elles ne sont pas appliquées dans toute leur rigueur, d’autant plus que, selon les portes parole de ladite magistrature, « avec un dossier bien ficelé, le mis en cause peut être jugé en correctionnelle en comparution immédiate dans un délai d’un mois ».
Sans nous arrêter sur cette « immédiateté » qui attendrait tout de même un mois, on peut se demander, puisque les lois existantes offrent aux magistrats suffisamment de moyens pour sévir, pourquoi tant d’émeutiers restent-ils impunis.
 
Trop respectueux d’un corps de magistrats susceptibles, nous ne pouvons les accuser de laxisme. Hasardons alors une explication : la France manque non seulement de pétrole, mais aussi de ficelle.
 
L’éloquence du non-dit.
 
Tombant par hasard ce matin du lundi 23 octobre sur un débat de France-Culture, j’entends un dithyrambe de Jacques Chirac prononcé par un autre Jacques nommé Toubon. C’est une bonne façon pour ce politicien en panne de se rappeler à notre bon souvenir et surtout de son héros.  Ça peut toujours servir.
 
Après avoir énuméré tout ce dont la France est redevable à Jacques Chirac, il ajoute que Chirac est avant tout un non-aligné, ce qui expliquerait les distances qu’il prend envers l’Amérique et Israël (on s’en serait douté).
Tout cela est fort bien, encore qu’à voir les régimes peu soucieux des droits de l’homme qui, à un moment ou à un autre, sont ou furent considérés comme non-alignés, le non-alignement n’est pas une preuve convaincante de vertu. Car si Toubon a raison d’évoquer l’Amérique et Israël, il n’a pas cru opportun de parler du non-alignement envers les pays de la Ligue Arabe dont, de toute évidence, Chirac reste le fidèle commis voyageur.
Mais il est vrai que cela n’est pas un alignement.
« Allégeance » ne conviendrait-il pas mieux ?
 
Politique arabe de la France ou politique française de l’O.C.I ?
 
La politique arabe et musulmane de la France est presque aussi vieille que la France.
Sans parler de Charlemagne, plus européen que français, qui envoyait une députation auprès d’Al Rachid à Bagdad, le très catholique roi François 1er, auquel nous sommes redevables de l’adoption du français comme langue unitaire du royaume, croyait bon de s’allier avec le Turc contre l’Autriche, ce qui valut à l’Europe l’islamisation des Balkans.
Le traité de Sèvres (1920) n’en a pas effacé les séquelles dans cette partie de l’Europe.
Plusieurs siècles de politique « d’abaissement de la Maison d’Autriche » ont fini par aboutir au démembrement de l’empire austro-hongrois (traité de St Germain en Laye en 1919 et du Trianon en 1920).
Il serait hors sujet d’établir un lien de cause à effet entre le « succès » d’une politique de la monarchie française menée à terme par notre Troisième République, et l’avènement du National Socialisme en Allemagne et en Autriche avec ses conséquences catastrophiques tant pour l’Europe que pour la France qui n’a jamais retrouvé son rang de puissance mondiale.
Le dépeçage d’un autre empire, l’Ottoman, qui a rapporté bien peu à la France, n’a fait que l’engluer davantage dans sa « politique arabe ».
 
Mais jamais à court d’imagination, ceux qui gouvernent la France, elle-même diminuée et privée d’une Maison d’Autriche à abaisser, en ont trouvé une autre : la Maison des Etats-Unis. Avec le même genre d’alliances de fait pour mener cette politique à « bien ».
Or, quel meilleur contrepoids, pour une « grenouille qui se rêve aussi grosse que le bœuf », que de s’allier, sous l’impulsion d’un Charles de Gaulle peu regardant sur le respect des valeurs humaines manifesté par ses « alliés », avec l’empire soviétique et surtout, déterminisme historique oblige, avec l’islam.
Il n’est même plus besoin de parier que cette politique « arabe » sera tout aussi désastreuse pour la France et pour l’Europe.
Et pourtant cette politique reste un dogme, au point que Sarkozy, pour avoir lors de son voyage aux USA, esquissé dans son programme un possible rapprochement avec cette puissance, s’est vu traiter de caniche de Bush.
Côté Chiraquien, on préfère envoyer le caniche Douste-Blazy montrer papatte et faire la lèche à Ahmadinedjad.
La grandeur et le prestige de la France, c’est désormais ça !
 
Alors parlons grandeur.
La France n’est pas la seule puissance à avoir mené une politique arabe.
La Grande Bretagne et les Etats-Unis ne sont pas de reste.
Mais à l’époque de sa grandeur, c’est la France, puissance coloniale qui, militairement, politiquement, culturellement, démographiquement et économiquement, dominait quelques pays arabes et y imposait son empreinte.
Ce sont un million de « colons » Français qui, au cours de plusieurs générations, avaient pris racine en Algérie pour y dépasser 10% de sa population totale.
Or, à l’instar du Général Gamelin qui, en 1939, ne retardait pourtant que d’une seule guerre, nos présidents de la Cinquième République retardent de deux guerres.
 
La France, non seulement ne domine plus et ne colonise plus les pays arabes, non seulement s’est comportée en vaincue en avalisant l’expulsion sans indemnité de ses ressortissants « Pieds Noirs », en faveur desquels le « droit du sol » ne jouait pas, mais elle est devenue elle-même une terre de colonisation pour dix à quinze millions de musulmans Maghrébins ou Noirs sub-sahariens (et peut être davantage, le nombre réel de musulmans en France étant « secret Défense »).
Elle est devenue économiquement dépendante des caprices et du chantage des caïds ou émirs du pétrole ; elle tremble.
Son Chirac, naguère si hautain, arrogant et brutal envers un bidasse israélien chargé de sa sécurité, s’excuse platement devant la moindre manifestation de mauvaise humeur d’un chef de gouvernement turc ou de l’Organisation de la Conférence Islamique.
Elle mendie la paix aux « jeunes des banlieues » en commémorant le 1er anniversaire de la « révolte des banlieues », au moment même où des pans entiers du sol français échappent à son autorité.
La France n’a plus que l’illusion de maîtriser sa politique arabe, elle n’est désormais que l’instrument servile de la politique des Arabes.
Mais est-ce trop payer pour abaisser l’Amérique ?
 
À propos de la « politique arabe »
 
Hormis l’incontournable Eurabia de Bat Ye’or, ceux qui veulent se documenter davantage sur la politique arabe de la France, plus particulièrement dans les conflits du Proche-Orient, liront avec profit dans le n°112 de la revue trimestrielle une analyse sans complaisance de David Pryce-Jones :
« La diplomatie française, les Juifs et les Arabes » et, dans le n° 114, la réponse de Maurice Vaïsse, avocat peu convainquant de la défense (Le fait de soutenir que l’Angleterre ou l’Amérique ne sont pas de reste, n’infirme aucunement les propos de David Pryce Jones).
Excellent article aussi de George Ayache « La France et le Sionisme », et d’autres encore sur les lobbies pro israéliens et aussi, on l’oublie trop, anti israéliens en Amérique.
 
Indigènes par ci, indigènes par là
 
Le film « Indigènes » est une utile contribution à la réécriture de l’Histoire de notre pays.
Nos aînés nous ont en effet laissé croire, et nos enfants l’ont retenu, que la France, sans oublier le rôle de la Résistance, était redevable de sa Libération du nazisme à la ténacité britannique, aux sacrifices de l’Armée Rouge et au débarquement anglo-américain sur les plages de Normandie.
Les autres intervenants, loin d’être négligeables, n’étaient pas moins des forces d’appoint.
Eh bien, détrompons nous. Tout cela est faux, archifaux, mensonges et désinformation.
Voici la Vérité progressiste, politiquement correcte, réglementaire et obligatoire.
Une loi permettra bientôt de punir toute contestation de cette vraie véritable vérité.
 
Mettons-nous ça dans la tête après l’avoir bien vidée et nettoyée : si nous pouvons vivre librement sur notre sol, nous en sommes redevables aux « indigènes » venus du Maghreb.
Le reste (Anglais, Russes, Yankees) c’est kif kif zéro.
 
J’ai beaucoup de respect pour les soldats des troupes coloniales qui ont risqué leur vie ou leur intégrité physique dans leur contribution à la guerre contre les forces nazies.
Les survivants méritent considération et indemnisation au même titre que les combattants métropolitains (dont il devient interdit de parler).
Ils méritent une place dans notre mémoire sans que cela ne crée des droits particuliers et des privilèges à leurs compatriotes qui ont déferlé et déferlent encore sur notre pays, en tous cas pas plus de droits qu’aux compatriotes des combattants métropolitains qui constituaient 90% des forces combattantes françaises.
 
Car puisqu’on tient en haut lieu à graver dans notre mémoire nationale les faits d’armes des « indigènes », il faudrait peut-être rappeler également que nombre de ces « indigènes » et leurs compatriotes ont ensuite combattu contre les Français en Algérie, en ont égorgé quelques-uns et ont fichu à la porte, sans autre forme de procès, un million de nos compatriotes nés en Algérie.
La vérité ne se divise pas et ne se débite pas « à la découpe ».
 
Des gerbes à faire gerber
 
Autant le fait que leurs proches et voisins commémorent le premier anniversaire de la mort accidentelle de Bouna et de Zied est compréhensible, autant la dimension nationale et l’intense médiatisation accordées à cet événement, avec implication empressée de l’UMP, PS, UDF, PC et autres mouvances politiciennes, avec pléthore de dépôts de gerbes, relèvent du crétinisme politique et d’une vaste campagne de désinformation.
 
Il y avait déjà mensonge sur l’âge de ces victimes présentées l’an dernier comme des bambins jouant à la marelle dans la rue et voilà que nous apprenons que déjà « connus » des services de police, ils avaient respectivement 15 et 17 ans, un âge où dans ce milieu culturel, on brûle des voitures, caillasse les keufs ou les pompiers et lance des cocktails Molotov dans les bus de la RATP.
Alors chacun des citoyens français, vous et moi compris, est-il coupable ?
 
Je vois à la télé un habitant africain de Clichy-sous-Bois déclarant, en montrant les murs de la cage d’escalier souillés de tags où le mot « Nique » compte pour 50 % du vocabulaire utilisé : « Vous voyez, rien n’a été fait pour nous depuis un an ».
Mais bon sang, qui donc souille ainsi les murs et dégrade les cités ? Qui les rend inhabitables ?
Et qui doit payer pour nettoyer les murs qui, demain, seront encore souillés ?
 
Alors à quoi rime ce carnaval, ce défilé des repentants, ces discours officiels visant à transférer la responsabilité des brigandages, violences et vandalisme d’essence culturelle sur les fonctionnaires de police devenus la cible de toutes ces violences ?
Est-ce parce qu’ils « manquent de respect » envers les « jeunes » ou parce qu’ils dérangent les innombrables trafics de stupéfiants, de voitures et marchandises volées ?
Alors bon, mourir à 15 et 17 ans est certes une injustice du destin, mais ça s’arrête là.
Mais dire que cette mort a donné le signal d’une compréhensible révolte, relève de l’imposture.
C’est depuis des années que 15 à 30 000 voitures sont livrées aux flammes, que les enseignants et enseignantes doivent exercer leur art dans des cages aux fauves, que des quartiers entiers sont sous la coupe de caïds, que des actes de violence sont monnaie courante.
À cette aune, on imputerait l’assassinat de Jean-Claude Irvoas par des « jeunes » musulmans à cette « révolte des banlieues », sans tenir compte du fait que ce crime fut commis à Épinay-sur-Seine, la veille de la mort accidentelle de Bouna et Zied.
Alors je retournerais la question : et si cette prétendue « révolte » était l’œuvre de la pègre afro-maghrébine pour faire diversion et éviter de voir leurs cités d’Epinay-sur-Seine passées au peigne fin par la police à la recherche des assassins d’Irvoas, permettant du même coup de mettre la main sur la « marchandise » et le butin des nombreux larcins ?
 
En tout cas je trouve révoltante et indécente la disproportion entre le tamtam politique et médiatique autour de cette « commémoration » et la discrétion dont fut entourée la commémoration très locale de l’assassinat de Jean-Claude Irvoas.
Indécent aussi et poltron le discours du maire d’Epinay, affirmant lors d’un dépôt de gerbe qu’il ne faut surtout pas faire de rapprochement entre ce crime regrettable et les émeutes de banlieue. Sans blague !
 
Décidément, ces dépôts de gerbes, exhibitionnistes côté Clichy-sous-Bois, ou furtifs côté Epinay-sur-Seine, ont de quoi nous faire gerber.

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