Amère France

Publié le par Ofek

par David Dastych - [L'auteur est citoyen polonais vivant en Pologne] -

http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-12002-145-7-amere-france-david-dastych.html

Article écrit en collaboration avec Irena Elster qui l'a adapté du polonais.

 "Je n'ai pas le droit de mettre le nez dehors. Et ce depuis presque quatre semaines ? confie Redeker.

 L'homme qui a avoué être l'auteur de menaces contre moi a été remis en liberté, sous contrôle judiciaire.

 Et moi, qui suis la victime, je vis dans des conditions de quasi-détention. Je n'ai pas le droit de sortir, ne suis libre de rien, sauf d'envoyer des mails et de téléphoner. Je n'ai même pas le droit d'ouvrir les volets.

 Et l'un des coupables est remis en liberté ; lui, il a les droits dont moi j'ai été privé. C'est horrible à vivre."

 Tolérer le fanatisme, une fois de plus ?

Le Ministère de l’Education Nationale n’a accordé aucun soutien à Redeker. Combien de temps peut-on se cacher dans son propre pays, à cause d’une bande de terroristes fanatisés pourchassant un citoyen qui a simplement exprimé son inquiétude devant la vague des excès musulmans en réaction au discours du pape Benoît XVI ?

Le cas de Robert Redeker n’est pas le premier du genre.

En septembre 2003, déjà, Louis Chagnon, un chrétien, professeur d’histoire au lycée Georges Pompidou de Courbevoie, avait été l’objet de poursuites judiciaires, à la suite d’un cours, dans lequel il avait dicté à ses élèves :

"Mahomet s’est mué en voleur et en assassin [?] quand il fit massacrer tous les hommes de la troisième et dernière tribu juive de Médine, les Quraizah, soit 600 à 900 personnes, en mai 627".

Les parents de certains élèves ont demandé au Ministère de l’Education Nationale de licencier le professeur.

Ce fut alors le début d’une série de brimades et de vexations, au cours desquelles on n’hésita pas à faire appel à l’administration, à la justice, et à lancer une campagne de presse contre l’enseignant.

Le professeur Chagnon a été soutenu par différents sites, dont laic.info, Primo-Europe, UPJF.org, ainsi que par Ivan Rioufol, du Figaro.

Il n’y avait pas encore de menaces de mort à son encontre, contrairement au cas de Redeker.

A la fin de son article Robert Redeker remarque :

"Comme aux temps de la guerre froide, la violence et l’intimidation sont les moyens auxquels recourt une idéologie à vocation hégémonique, l'islam, pour imposer sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en fait la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut parler de l'Occident comme du « monde libre » par rapport au monde musulman, et, des fanatiques comme des adversaires de ce «monde libre»".

On ne saurait mieux dire.

L’écrivain indien, Salman Rushdie - contre qui, en 1989, l’ayatollah Khomeiny fulmina une condamnation à mort, à cause de son roman "Les Versets sataniques" ? fuit les assassins depuis dix-sept ans.

Il n’y a pas si longtemps, il est venu en visite en Pologne. Lors de la conférence de presse, il plaisantait :

« Je ne souhaite à personne d’être condamné à mort par Khomeiny.

Ceci dit, je vis encore, ce qui n’est plus le cas de Khomeiny.

 

 

 

 

 

Méfiez-vous des écrivains ! »

" Douce France " [1]

Dans un quartier populaire du 18e arrondissement de Paris, situé non loin de la Porte de la Chapelle, se dressait, en 1990, une tour solitaire ? un immeuble communal banal, appelé par ses habitants « La tour de Babel ».

Y cohabitaient, en effet, des Français d’origines diverses, de religion et de couleur de peau différentes. Il s’y trouvait un club qui accueillait tout le monde. Il n’y avait pas de misère : c’était un quartier multiculturel, peuplé de gens ordinaires, avec de nombreux restaurants arabes et chinois, des commerces vietnamiens, et un marché local, multilingue, d’où émanaient des parfums exotiques.  

La " douce France " et ses idéaux républicains, Liberté ? Egalité ? Fraternité, attirent toujours les immigrants du monde entier.

Les plus anciens d’entre eux, les Juifs, totalement intégrés, se considèrent comme des Français à part entière.

L’intégration des musulmans, bien qu?ils soient de nationalité française - principalement d’Afrique du Nord -, se déroule beaucoup plus lentement, en opposition avec la société et avec un sentiment d’aliénation.

Tout le monde n’a pas eu la chance de Zidane, et de nombreux jeunes musulmans cèdent à l’influence des courants radicaux.

S’ensuivent des comportements archaïques de violences et de vandalisme (« Je fais brûler Paris »), allant jusqu’au crime.

La France vit un moment difficile de conflits, de retour du racisme, d’antisémitisme, de xénophobie, mais aussi de francophobie.

Vus de l’étranger, ces conflits interethniques et l’absence d’intégration de certaines populations, étonnent.

Cette France, où l?Eglise a été séparée de l’Etat, où la loi de 1905, modifiée en 2001 et en 2004, interdisant toute discrimination sur base religieuse, s’applique jusqu’à aujourd'hui, cette France-là ne gère plus ses propres lois.

Sa population compte aujourd'hui 63 millions d’habitants, dont 12% seulement pratiquent régulièrement une religion.

64,3 % s?estiment catholiques (dont 8% seulement de pratiquants), 27 % ne se reconnaissent dans aucune croyance, et 8,7 % pratiquent d’autres religions.

Ce dernier groupe est constitué à 49,4 %, de musulmans, et à 7 % seulement, de pratiquants juifs (chiffres de 2004).

En chiffres absolus, les musulmans français sont 5 à 10 millions, et les Juifs français, 600 000 (dont 60 % de non-pratiquants) (1).

La démographie des religions ne nous fournit aucune base d’explication des conflits entre les musulmans et les Juifs.

Les pouvoirs publics tentent de rendre populaire le respect mutuel des citoyens de différentes origines.

 

 

 

 

 

 La loi réprime les agressions à caractère raciste, ainsi que la négation du crime contre l’Humanité, qu’a été la Shoah.

Quand, en mars 2004, le port ostentatoire de signes religieux (du foulard islamique pour les femmes, de la kippa, du port de grandes croix) a été interdit dans les écoles, un seul groupe a protesté violemment.

Il y eut des manifestations d’élèves musulmanes, mais l’affaire sembla s’arrêter là.

Les médias rapportèrent que, sur 13 millions d?enfants et d’adolescents, seules 1200 élèves portaient encore le foulard à l’école.

En juillet 2004, l?Assemblée Nationale vota la résolution (2) autorisant le refoulement des personnes « attisant la discrimination, la haine contre un individu ou un groupe déterminés ».

Sur la base de cette résolution, l’imam Abdelkader Bouziane a pu être expulsé, en octobre 2004, pour avoir prêché que les maris avaient le droit de frapper leur femme.

" J’ai tué un Juif ! J’irai au Paradis ! "

Jusqu’aux années 1995, l'antisémitisme musulman en France était un phénomène soit rare, soit dissimulé.

Le premier crime antisémite, perpétré le 19 octobre 2003, fut horrible.

Sébastien Sellam, 21 ans, disc-jokey apprécié du club parisien des Champs-Elysées, le "Queen", était sorti prendre sa voiture, le soir, pour se rendre à son travail.

C’est alors que son voisin musulman l’a agressé, égorgé, achevé à coups de couteau, puis l’a énucléé avec une fourchette.

L’agresseur est rentré chez lui, les mains en sang : « Maman », a-t-il dit, j’ai tué un Juif, j’irai au paradis ! »

La famille de l’assassin était déjà connue pour ses opinions antisémites.

Et les proches de la victime avaient déjà trouvé des coqs à la gorge tranchée sur le seuil de leur porte ! Avertissement traditionnel d’assassinat.

Le jour du crime, un autre musulman, Mohamed Grib, s’est jeté sur Chantal Piekolek (une Française de 53 ans, épouse d’un Juif), la lardant de 27 coups de couteau à la poitrine et au cou.

A l’exception du journal Le Parisien, ces deux crimes n’ont pas retenu l’attention des médias.

La police a conseillé à la famille de Sébastien de ne pas dire que le crime était antisémite.

Ce n’est que le second crime, également commis contre un Juif, découvert le 13 février 2006, qui a « mérité » la une des médias et a secoué l’opinion publique, en France et en Europe.

Ce jour-là, en banlieue-sud de Paris, près d’une voie ferrée, à Bagneux, une femme découvre Ilan Halimi agonisant, atrocement mutilé.

Rappel des faits :

Vers le 20 janvier, une jeune femme invite Ilan à le suivre. C’était un guet-apens. 

Le jeune homme est alors séquestré et atrocement torturé durant trois semaines, par un groupe arabo-noir, qui s’intitule lui-même "le gang des barbares".

L’évocation d’un motif crapuleux - une rançon d?un million d’euros - a constitué la dernière tentative de la France pour essayer d’évacuer le mobile antisémite.

Le corps d’Ilan a été brûlé avec des cigarettes, avec de l’acide, lardé de coups de couteau.

Le meneur du groupe, Youssef Fofana, arrêté en Côte-d’Ivoire, après avoir fui la France, se justifie : Il s’en est pris à Ilan Halimi parce qu’il était Juif, et que les Juifs sont riches.

Pour se tirer d’affaire, il utilise lui-même un cliché antisémite connu.

La Cour de justice a finalement retenu le motif antisémite. 23 membres du gang ont été arrêtés.

Des personnalités du gouvernement français se sont rendus à la Synagogue de la Victoire, de même que les représentants français des Cultes musulman et chrétien.

Le 26 février, un cortège de cent mille personnes s’est formé, en hommage à Ilan, pour manifester contre le racisme et l’antisémitisme.

  

photos © IRENA  ELSTER

La famille de la victime estime que la police a agi avec trop de lenteur ; tandis que les motifs antisémites sont toujours évoqués du bout des lèvres (3).

Depuis, les parents ont connu de nouveaux tourments puisque une organisation tendancieuse, le MRAP, qui intente des procès intempestifs à beaucoup de Juifs, ou à des gens qui les défendent, s’est portée partie civile pour la défense de l’assassin, de manière abjecte et sans respect pour les parents qui s’y opposaient.

L’islam achète les médias

Ekmeleddin Ihsanoglu, président de l'OCI (Organisation de la Conférence Islamique) a trouvé le moyen de contrer la prétendue campagne anti-islam dans les médias occidentaux.

Lors d’une réunion de l?OCI, à Djedda (Arabie Saoudite), il a annoncé la couleur :

« Les investisseurs musulmans doivent investir dans les grands médias internationaux, qui génèrent souvent d’importants bénéfices, afin de pouvoir influer sur leur politique par le biais de leurs conseils d’administration. »

A l’époque de la globalisation et de la libre circulation des capitaux, il n’est pas interdit d’investir dans les médias.

Le capital arabe, particulièrement le saoudien, est, depuis longtemps, présent en Occident, et la France est l’un des pays où les Etats du Golfe investissent volontiers.

Le réseau des intérêts entre les pays musulmans et la France est très vaste, il englobe de nombreux domaines du commerce et de l’industrie.

La question est donc : dans quelle mesure les investissements arabes dans les médias influent-ils sur la traditionnelle modération française et son respect de la libre expression ?

A Paris, circule la rumeur, selon laquelle 45 % du capital de la plus grande agence de presse française, l’AFP, serait déjà dans les mains du capital saoudien. 

Malgré la réputation de sérieux dont bénéficie cette agence dans la presse, sa politique d’information ne laisse pas d’éveiller parfois quelques soupçons.

Par exemple, jusqu’à il y a peu, l’AFP évitait de nommer les terroristes des terroristes, inventant des euphémismes tels que « combattants », « partisans », ou « des résistants ».

L’un de ses journalistes nous a relaté la petite anecdote suivante :

il y a quelque temps, sur le tableau d’affichage des couloirs de l?AFP, est apparue une note autorisant dorénavant l’utilisation du mot « terroriste ». Pour combien de temps ?

La presse - surtout celle de gauche, fait montre de beaucoup de « compréhension » et de sympathie envers les islamistes, attaquant sévèrement les Etats-Unis, Israël, le libéralisme et le capitalisme.

En tête de liste, le respecté journal Le Monde?

Ce fut ensuite le tour de Libération, dont les ventes chutaient, de chercher le salut.

Caroline Fourest, la journaliste du populaire et satirique Charlie-Hebdo (le journal qui a repris les caricatures danoises, ce qui lui vaut un procès intenté des organisations islamistes), craint l’influence des apports de l’argent arabe sur la direction de la presse politique ; c’est ainsi qu’elle imagine ironiquement (4) :

« On pense à un nouveau Libé, mélange d’Al-Manar et d’islamo-gauchisme. » 

Quant à la difficile situation financière de certains journaux, mieux vaudrait les laisser péricliter plutôt que de se plier aux diktats des pays du Golfe.

La situation de la presse française est-elle vraiment si mauvaise, qu’il lui faille vendre sa liberté d’expression en échange des deniers arabes ?

Il est difficile de répondre de manière unilatérale, car les relations de financement des médias avec les pays musulmans restent occultes (5)

Aucun problème par contre, avec les flux financiers sur les marchés de l’industrie, du matériel aéronautique et des armes.

Récemment, Mme Michèle Alliot-Marie, Ministre française de la Défense, a signé un contrat préliminaire avec l?Arabie Saoudite pour la modique somme de 2 milliards et demi d’euros.

La France livrera à l'Arabie Saoudite 30 hélicoptères de combat Fennec, 10 hélicoptères de transport NH-90 pour la marine, et au moins 2 avions-citernes Airbus A330-200.

En 2007, est prévu un gros contrat de vente d’armes pour une valeur de 4 milliards d’euros.

Quand parle Arès [2], les Muses se taisent. 

On peut lire, dans le magazine culturel américain, Telos, un article de Russell Berman, intitulé :

" La liberté d?expression s’évanouit : la France et ses nouvelles répressions " [3].

En conclusion, l’auteur écrit :

« Nul doute qu’il existe un réel ennemi de l’Occident, prêt à détourner les avions et à faire sauter les trains ;

mais il y a un autre ennemi : la logique de la peur et de la répression qui se sert de l’islam comme prétexte pour développer une nouvelle forme de culture : celle du contrôle [de la société].

Ce sera le revers de la médaille : si l’Occident ne fait pas preuve de détermination à se défendre, il ne luttera certainement pas davantage pour cette cause, face à un ennemi oriental car la liberté est indivisible ».

Pas si " douce " que ça, la France

C’est probablement en parlant de ses congénères, que le Général de Gaulle avait dit un jour :

« En général, les gens intelligents ne sont pas courageux, et les gens courageux ne sont pas intelligents ».

La  " Douce France ", ce pays idéal, qui attirait des opprimés du monde entier, n’existe plus.

Peut-être, d’ailleurs, n’a-t-elle jamais existé.

Un autre Français - de gauche, cette fois -, Jean-Paul Sartre, écrivait :

« Pas besoin de gril : l'enfer, c'est les Autres » (6).

Aujourd’hui, c’est une autre gauche, tout aussi vivace et naïve que la précédente, qui s’enthousiasme pour cette « infernale variante » de l’islam, tout comme, auparavant, elle s’enthousiasmait pour le « véritable » communisme de Staline.

Et l’extrême droite, celle de le Pen - ou celle qui est à droite de le Pen -, attise les nostalgies de Vichy et du maréchal Pétain.

Entre ces extrêmes, vivent des Français normaux, normalement intelligents, et moyennement courageux ; ceux qui emplissent les rues, qui protestent contre les plaies de la France et du monde contemporain : le racisme, l’antisémitisme, le terrorisme.

Ce sont eux qui ont encore le pouvoir de gagner la guerre face au « Califat » [4] qui leur est proposé, en France et en Europe, par Ben Laden et d’autres dhijadistes.

Oriana Fallaci ne craignait pas de dénoncer, haut et fort, la violence qu’imposent, de nos jours, à notre civilisation, des fanatiques nostalgiques d’un lointain Moyen-Âge.

C’est peut-être l’exemple à suivre. Qui reculera, perdra.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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