ANESTHÉSIE GÉNÉRALE

Publié le par Ofek

Par Johann Soulas - www.resiliencetv.fr

 

 

« Nul ne conteste aujourd’hui que la menace terroriste est l’un des principaux enjeux du XX1e siècle […]. Si elle n’est pas maîtrisée, cette situation peut devenir la guerre de Cent Ans des temps modernes », Jean-Louis Bruguière, juge antiterroriste français. L’Express, 12 déc. 2002.

 

 

L’intransigeante liberté de nos démocraties, celle de pouvoir débattre de l’essentiel, de notre avenir, d’argumenter raisonnablement, rationnellement, avec « hauteur » et dignité si c’est possible, doit aussi tolérer l’intolérable cécité.

 

Ainsi, dans la rubrique « courrier-lecteurs » de l’hebdomadaire « L’Express » N° 2888, voici l’expression d’un « face à face », transcrite ci-dessous de la part d’un lecteur (ou lectrice) et qu’il me plaît de soumettre aux lecteurs-lectrices de votre (notre) site « résilience » :

 

 

LES MUSULMANS ET LA FRANCE

 


Périodiquement, les Français adorent se faire peur avec de pseudo-envahisseurs qui mettraient en danger leurs valeurs.

 

Des « envahisseurs » dont les mosquées ne faisaient pas problème au temps où « l’Algérie, c’était la France », ou qui paraissaient si pittoresques quand nos touristes français visitent Marrakech ou Istanbul. […]

 

La France officielle (royaliste et monothéiste, puis républicaine et laïque) n’a jamais bien su admettre sa part de responsabilité dans ses confrontations avec ses minorités religieuses, monothéistes ou païennes (voir l’Express du 5 octobre).

 

Que ce soient les protestants après la révocation de l’édit de Nantes (que Voltaire fustigea largement plus que Mahomet), les sorcières peu auparavant, les cathares les druides… l’autre qui n’adhère pas à la foi ou à la pensée dites « raisonnables » est toujours diabolisé, craint, présenté comme étrange.

 

Étrange façon en effet, pour un pays dit moderne, de pratiquer la modernité, alors même qu’il rémunère sans problème curés, rabbins et pasteurs en Alsace-Moselle depuis des lustres ; alors même que la population de certains de ses TOM - telle Mayotte - est majoritairement musulmane sans que cela semble poser problème, mais surtout sans que la métropole (le « centre du monde ») en sache grand-chose.
T. Quénum, courriel.

Ainsi, nous qui constatons tous les jours, l’envahissement subversif, « à pas feutrés » de l’islam-islamisme sur notre sol (1), nous serions des « maso », des déséquilibrés mentaux (puisque nous adorons nous faire peur avec de « pseudo envahisseurs »).

Ainsi, un spécialiste aussi distingué que Roland Jacquart, président de l’Observatoire international du terrorisme, consulté par les gouvernements du monde entier, auteur avec Atmane Tazaghart, journaliste algérien, du best-seller : « Ben Laden, la destruction programmée de l’Occident » (Éd. Jean Picollec 2004) n’est qu’un agitateur pamphlétaire, tout juste bon à terroriser l’opinion publique.

Ainsi, les deux journalistes Christophe Deloire et Christophe Dubois, dans « Les islamistes sont déjà là », (Éd. A. Michel, 2004) sont atteints du syndrome de persécution lorsqu’ils constatent, banalement, tout au long des 344 pages entre mille autres symptômes, que le sapin de Noël est contesté par des élèves musulmans, au nom d’Allah, que des extrémistes rêvent d’instaurer la charia en banlieue, que des espions algériens écrivent le discours du recteur de la Mosquée de Paris, etc. etc... etc.

Ainsi (encore deux journalistes), Stéphane Berthomet et Guillaume Bigot, dans « Le jour où la France tremblera » (Ramsay, 2005), seraient deux farfelus paranoïaques et masochistes, adeptes du « faites-moi frissonner de frayeur » et voyant dangers partout, lorsque, à force d’enquêtes hautement professionnelles, ils « obligent » à écarquiller les yeux de ceux qui refusent la réalité par une endormissante idéologie pacifiste.

Ainsi, Bat Ye’or, égyptienne de naissance, décrit, dans « Face au danger intégriste - juifs et chrétiens sous l’islam » (Berg International Editeurs, 2005) ce que serait notre dhimmitude sous la férule de la chari’a, si notre pays était « conquis » par le Jihâd, oppression, statut d’infériorité pour les agnostiques, pour les non musulmans, pouvant être l’objet d’atteintes monstrueuses à la vie, attentats-suicides, etc.

Ainsi, Philippe de Villiers, homme politique honni sous le règne de la bien-pensance chiraquienne et du socialisme ne serait qu’un fasciste non démocrate, plombé par ses positions royalistes (attention ! il ne s’agit pas de Ségolène) parce que, dans « Les Mosquées de Roissy », (A. Michel, 2006) s’appuyant sur des notes des R.G., des preuves, des dossiers confidentiels auxquels il a pu avoir accès, il ne fait que décrire ce que le « politiquement correct » occulte sans vergogne aux crétins électeurs, tout juste bons à mettre leur bulletin dans l’urne, après avoir écouté et cru les fieffés menteurs parmi lesquels, les candidats qui nous solliciteront, prochainement pour nous diriger « au sommet » : l’islamisation (« en régime de croisière », désormais) de la France !

Alexandre del Valle, professeur de géopolitique dans « Le totalitarisme islamiste à l’assaut des démocraties » (Éd. Des Syrtes, 2002, préfacé par Rachid Kaci), ne serait qu’un stupide et dangereux falsificateur alors qu’il expose avec un talent visionnaire ce qu’est l’islam avec ses racines soufies, dresse un état des lieux inquiétant de la pénétration islamiste en Occident, sur fond de crise identitaire de la conscience européenne « appelant » la tentation totalitaire, parce que « la Nature a horreur du vide ».

« Crétins électeurs » ai-je dit.

 

Que l’électeur(-trice) anonyme ne prenne pas mes propos pour ce qu’ils ne veulent pas dire.

 

Mardi soir, à la télévision, Dominique Strauss-Kahn a dit : « Les racines de notre culture sont chrétiennes, juives et musulmanes ».

 

Histoire de n’oublier personne en ces périodes électorales, surtout pas les Français musulmans, il n’a pas été à une contre-vérité près en complice remarqué de ce que Chirac avait déjà dit.

Sans doute faut-il inviter DSK à lire « Les Religions meurtrières », (Flammarion) d’Elie Barnavi, l’ancien ambassadeur d’Israël en France qui a confié récemment que, pendant sa fonction, après la fatwa khomeinienne condamnant Salman Rushdie à mort pour ses « Versets sataniques », il a entendu Jacques Chirac traiter Rushdie de fumiste.

 

Et de conclure : « Je n’en croyais pas mes oreilles ».

 

Dans son ouvrage… il dit avoir peur pour la France.

Mais quoi ! le bon peuple, désorienté, comme au temps de la Rome antique, clame « du pain et des jeux ». Ça ne manque pas.

 

Pour s’enivrer d’accessoire et oublier l’essentiel douloureux, rien de tel que le divertissement.

 

Et de souhaiter (Éditorial de Claude Imbert du « Point », N° 1782) :

 

« Que le peuple, rétif à la réforme, cessera peut-être un jour de se défausser sur les élus de sa propre indolence. Qu’il ne se satisfera plus de « sortir les sortants » pour les remplacer par leurs clones ».

On peut toujours rêver ou se gaver de mou. Mais l’électrochoc aura lieu.

 

Devra avoir lieu. A part, cela (sur un air connu) : « Tout va très bien, madame la marquise ».

 

 

Note

 


( 1) Ajout de la rédaction de resiliencetv, Pascal Bruckner, dans son dernier livre (page 47, La tyrannie de la pénitence, Grasset) écrit à peu près ceci :

 

« La tentative de mainmise d'un certain islam revanchard, celui des wahhabites saoudiens ou des Frères musulmans, sur les sociétés européennes s'apparente à une entreprise coloniale qui doit être contrecarrée ».

 

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