Palestiniens - Leurre de vérité

Publié le par Ofek

Pierre Lefebvre* - Primo Europe, 16 novembre 2006

 

 

 

 

Le président palestinien exhorte Israël à se rendre à la table des négociations. Il sort de son silence. « C'est l'heure de vérité », a déclaré le président de l'Autorité palestinienne. « Ne gâchez pas la chance de la paix ».

 

 

 

 

Il tolère dans son sillage et son entourage les pires crapules du monde arabe, ceux qui se sont enrichis sur le dos des palestiniens pendant des années.

 

 

Il déforme sans cesse la réalité, se raccrochant aux vieux rêves d’Arafat.

 

 

Il ne fait absolument rien pour lutter contre la violence inter-palestinienne, préférant se consacrer à sauvegarder le peu de pouvoir qui lui reste, comme le ferait n’importe quel politicien.

 

 

Il entretient et arme une force de 5 700 hommes pour contrer les milices du Hamas, en entretient une autre, encore plus forte, en Jordanie, mais il n’a pas un centime d’euro pour financer une adduction d’eau ou une école.

 

 

Et Monsieur vient se poser en homme de paix.

 

 

Il oublie qu’Israël n’a cessé de le lui demander depuis des mois sans jamais recevoir la moindre réponse.

 

 

Mahmoud Abbas, certes paralysé par son gouvernement Hamas qui ne cesse de lui opposer des fins de non-recevoir, aurait eu cent fois l’occasion de répondre à Olmert.

 

 

Mais le monsieur voulait attendre la « divine surprise ».

 

 

Il attendait la fin des combats au Liban afin de voir dans quel état en sortirait Israël.

 

 

Il croyait en son affaiblissement.

 

 

 

 

Les affaires de corruption, de viols supposés, d’incompétence des généraux en pays juif, tout cela lui donnait le tournis. Hélas, Israël plie mais ne rompt pas.

 

 

 

 

Lorsqu’un attentat survenait en Israël du fait de ses concitoyens, Abbas n’a jamais eu une parole d’excuse, ni de remords.

 

 

Il se contentait d’appeler la communauté internationale au secours. De même lorsqu'à son tour, son peuple était frappé.

 

 

Le drame de la plage de Gaza lui donna l’occasion de montrer son cynisme en adoptant la fillette survivante, alors qu’il savait dès le début l’origine du drame.

 

 

Il se veut homme de dialogue, prêt aux concessions mais prend bien soin d’attendre le résultat des élections américaines pour durcir un peu plus ses exigences.

 

 

 

 

Notre Jérusalem ?

 

 

« La paix dans cette région ne sera pas établie sans un retrait israélien complet des territoires arabes et palestiniens occupés depuis 1967 ».

 

 

Dans ce discours, le président palestinien estime que la solution passe par « la reconnaissance (par Israël) de nos droits nationaux, le retrait de nos terres et de notre Jérusalem, l'application des résolutions internationales et une solution juste et négociée à la question des réfugiés ».

 

 

Les agences de presse qui ont relayé son discours pré-enregistré précisent que Mahmoud Abbas fait référence à la Cisjordanie, à la bande de Gaza et à Jérusalem-Est.

 

 

Mais pourquoi ne pas dire simplement la vérité ?

 

 

Pourquoi vouloir à ce point dédouaner Abbas de ses véritables intentions ?

 

 

Mahmoud Abbas ne pense pas seulement à Jérusalem-Est mais à tout Jérusalem.

 

 

 

 

Négationniste, il l’a été en écrivant sa thèse d’Histoire en 1982, à Moscou, sous la direction d'Evgueni Primakov : « L'envers du décor : les relations secrètes entre le nazisme et le sionisme » dans laquelle il mettra notamment en doute le nombre des victimes de la Shoah.

 

 

Qu’attendre alors de cet « historien » qui joue si facilement avec cette matière qu’il se targue de si bien connaître ?

 

 

Nabuchodonosor, Pompée, Vespasien, Titus, Hadrien, tous grands empereurs jusqu’à Julius Sévère, de 586 avant J.C. jusqu’à 1917 après Jésus Christ, tous ne cherchèrent qu’à voler Jérusalem.

 

 

Ils l’ont volé à un peuple qui ne demandait qu’à vivre en paix avec son Dieu. Quelle suffisance !

 

 

Ses voisins en avaient mille. Lui n’en avait qu’un.

 

 

Toute la jalousie de l’Histoire est là, dans l’orgueil de ce lieu unique. Ils y sont restés.

 

 

Certains fuirent, qui devinrent des errants, soumis au pogroms, aux massacres, à l'exclusion jusqu'au crime ultime, industriel et planifié.

 

 

Les colonisateurs ne sont pas les Juifs mais bien ceux, Chrétiens, Musulmans, Ottomans, qui cherchent à dépouiller ce peuple, de sa terre, de sa ville depuis plus de 1500 ans.

 

 

Ce n’est pas au nom de la foi juive, ce n’est pas au nom de la religion et du dogme, souvent incompatibles avec la liberté de penser, qu’Israël doit posséder Jérusalem, mais au nom de l’Histoire.

 

 

Au nom de l’Histoire et de la liberté !

 

 

 

 

Si la justice historique a encore un sens pour les relativisés que nous sommes devenus, le seul peuple qui ait le droit intangible de vivre libre sur cette terre et d’habiter cette ville, c’est bien Israël.

 

 

Mais est-ce à dire qu’il en exclura les autres ? Lorsqu’il en conquiert les derniers quartiers dans une guerre qu’il n’a pas voulu, en 1967, ce fut pour la première fois la liberté totale pour tous les cultes, toutes les écoles de pensées en Israël.

 

 

Même cela, Abbas ne peut pas, ne veut pas le reconnaître. Il se contente de réclamer à nouveau un bien qui a été volé, certes, mais à quelqu’un d’autre.

 

 

Si l’opinion internationale réclame Jérusalem pour capitale des Palestiniens, il lui faut s’avouer à elle-même qu’elle ne fait ainsi que se soumettre à un dogme musulman, celui de la Waqf, la terre purifiée, si possible de toute présence juive.

 

 

L’Islam, non celui que pratiquent des peuples martyrisés et pacifiques, mais celui des riches, des puissants et des haineux, en un mot l’Islamisme, demande, plus souvent qu’à son tour à l’Occident de s'excuser pour ses colonies, mais oublie qu’il a été un instrument de colonisation aussi pervers et meurtrier au cours des siècles.

 

 

De l'Egypte au Maghreb jusqu'en Afrique subsaharienne, ce fut le couple infernal « apport-destruction » de civilisations, commerce d'esclaves, rapines, massacres. Le christianisme occidental n'a pas d'exclusivité en la matière.

 

 

L’une des premières colonies de l’Islam naissant fut Jérusalem.

 

 

Il doit maintenant en faire son deuil. Après tout, comme les autres, le monde arabo-musulman devra vivre avec cette culpabilité enfouie, celle d’avoir, des siècles durant, volé la terre, les villes et les villages au nom d’un dogme aussi mortel que le fut celui des Chrétiens.

 

 

Et, lorsqu’un espoir de paix aura été confirmé par quelques générations d’hommes et de femmes de bonne volonté, lorsque les Palestiniens, ceux qui habitent aussi cette terre depuis assez longtemps pour réclamer de pouvoir y vivre et y construire, auront définitivement accepté de la partager avec ceux qui n’ont jamais cessé d’en être les légitimes propriétaires, peut-être viendra le moment de la Paix.

 

 

L’heure de vérité de Monsieur Abbas sonnera quand il aura renoncé à son rêve de s’accaparer quelque chose qui ne lui appartient pas.

 

 

Alors seulement, et seulement après cela, tout redeviendra possible.

 

 

 

 

* un non-juif un peu agacé des nouvelles libertés prises avec l'Histoire

 

 

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