Politique étrangère US : Peu de changements avec les démocrates

Publié le par Ofek

Laurent Artur du Plessis - les4verites.com

 

 

International

 

 

 

 

Les campagnes électorales sont une chose, la gestion des affaires une autre. Les démocrates, désormais majoritaires au Parlement, grâce à leur critique de la guerre d’Irak, sont devenus solidairement responsables, avec le président Bush, de la politique étrangère américaine. Ils veulent instaurer un dialogue direct avec l’Iran et la Syrie, et composer. Leur angélisme va se heurter à la réalité.

Le vice-Premier ministre irakien, Barham Saleh, en visite en Europe, a supplié la coalition : « Ne vous sauvez pas », sinon le pays éclatera en trois parties – sunnite, chiite, kurde – dans un bain de sang. L’intégrisme islamiste triompherait.

 

 

Barham Saleh dit à la BBC : « L’Irak est un champ de bataille central dans la guerre contre le terrorisme international. » Certes, il ne fallait pas faire sauter le verrou anti-islamique qu’était Saddam Hussein. Mais il est impossible de faire marche arrière.

En Afghanistan, les talibans ont tué plus d’une centaine de soldats de l’OTAN, depuis le début de l’année. Se réclamant de « l’Émirat islamique d’Afghanistan », le mollah Omar, chef des talibans, a annoncé, sur Internet, « une intensification et une plus grande organisation de la résistance contre les croisés » dans les prochains mois, et prévenu : « Le larbin des envahisseurs, Karzaï, et ses associés, cherchent à s’enfuir. Nous n’allons jamais les laisser s’échapper. Ils seront traduits devant un tribunal islamique, dont la rigueur est bien connue. »

 

 

Un retrait américain d’Irak et, éventuellement, d’Afghanistan, minerait la confiance en l’Occident des dirigeants des pays musulmans qui sont ses alliés, déjà affaiblis par la progression de l’intégrisme islamiste.

Au Liban, le Hezbollah veut décrédibiliser entièrement le gouvernement. Pourtant, celui-ci, c’est le moins qu’on puisse dire, ne cherche pas l’affrontement avec lui : « Le rôle de l’armée libanaise consiste uniquement à protéger le sud du pays de l’ennemi israélien », a déclaré Elias Murr, ministre de la Défense.

 

 

La bande de Gaza, où s’infiltrent des armes venues d’Égypte, bouillonne.

 

 

L’Iran demeure jusqu’au-boutiste. Il répète ses slogans judéophobes et confirme sa course à la bombe atomique. Le Hezbollah et le Hamas sont ses relais.

 

 

La sécurité d’Israël – dont 50 chars furent détruits par les antichars russes du Hezbollah, cet été – est en jeu. Les démocrates y sont sensibles.

 

 

Comme dit Mohammad Al-Zolfa, membre du Conseil saoudien : « Les Arabes ne doivent pas trop jubiler. Historiquement, le parti démocrate aux États-Unis est réputé pour un soutien à Israël plus grand que celui du parti républicain ».

L’histoire enseigne aussi que beaucoup de présidents démocrates se sont fait élire sur des discours pacifistes, puis ont fait la guerre. Woodrow Wilson, réélu en novembre 1916 sur le slogan « nous ne sommes pas en guerre grâce à moi », lança les États-Unis dans la Première Guerre mondiale, en avril 1917. Franklin D. Roosevelt les mêla à la suivante, en 1941. Harry Truman, envoya deux bombes atomiques sur le Japon en 1945, releva le défi de la Guerre froide en 1947, avec la doctrine qui porte son nom, et engagea les États-Unis dans la guerre de Corée, en 1950. En 1961, John Kennedy lança l’un des programmes d’armement les plus lourds en temps de paix : doublement du nombre de missiles nucléaires balistiques intercontinentaux Polaris ; augmentation du nombre de bombardiers stratégiques, des autres missiles, et des divisions en état d’alerte ; quadruplement des unités anti-guérillas. En décembre 1961, il envoya 15 000 hommes au Vietnam. En 1962, il fit plier Kroutchev dans la crise de Cuba. En 1964, Lyndon B Johnson, engagea massivement l’Amérique au Vietnam. En mars 1999, Bill Clinton envoya l’aéronavale américaine bombarder la Serbie, dans le cadre de l’OTAN.

 

 

La patronne du MI5 britannique, Eliza Manningham-Buller, vient de lancer un cri d’alarme : 200 cellules, regroupant plus de 1 600 activistes liés à Al-Qaida, préparent une trentaine d’attentats. Sont visés aussi la France, l’Allemagne, le Canada.

 

 

« Aujourd’hui, nous assistons à l’utilisation de bombes artisanales. Demain, la menace pourrait être les agents chimiques ou bactériologiques, les matières radioactives et même la technologie nucléaire. »

Les États-Unis sont, eux aussi, exposés à ce type de menace. Il leur faudra stopper, sans tarder, la course iranienne à l’arme atomique. À la présidentielle de 2008, les démocrates auront à répondre de tout cela, devant le peuple américain. Bush le sait. Pour maintenir une politique étrangère énergique, il a reconduit dans ses fonctions le vice-président Dick Cheney, faucon d’entre les faucons.

 

 

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