Les cellules du djihad déjà prêtes en Europe

Publié le par Ofek

Guy Millière- les4verites.com
 
L’inaptitude des Européens à penser en termes planétaires, et à comprendre que la mondialisation économique va de pair avec une mondialisation des enjeux stratégiques, me semble préoccupante.
La mondialisation économique, en soi, déjà, n’est pas comprise. Cela a des conséquences en termes de retards technologiques.
Mais la non-compréhension de la mondialisation des enjeux stratégiques est encore plus grave.
 
La Chine, c’est loin, vous dira-t-on, et elle menace surtout l’île de Taïwan, ce qui « ne nous concerne pas ». Du coup, en Europe, nous voyons la Chine essentiellement comme la prochaine « grande puissance » économique.
Nous prenons les conseils de prudence américains comme des signes d’alarmisme factice. Nous ne voyons pas pourquoi le rapprochement entre les États-Unis et l’Inde est crucial pour l’avenir et l’équilibre de la région entière.
Nous ne comprenons pas non plus que si la Chine s’emparait militairement de Taïwan (et, plus au sud, des îles Spratly qu’elle convoite aussi), elle deviendrait maîtresse des routes maritimes entre le Proche-Orient, l’Europe et l’Asie orientale…
 
L’Amérique latine, c’est loin aussi, ajoutera-t-on, et si un dictateur marxiste appelé Hugo Chavez insulte les États-Unis, nous Européens, ne nous sentons pas impliqués.
Si un disciple de Chavez, Evo Morales, arrive au pouvoir en Bolivie, nous ne nous sentons pas davantage impliqués.
Il nous faudrait voir pourtant que le projet de Chavez est non seulement de faire renouer toute la région avec ses pires démons, mais noue des liens troubles avec les derniers régimes totalitaires et avec l’islamisme radical qui, à bien y regarder, nous menace davantage qu’il ne menace les États-Unis.
 
Ceux qui disent que la Chine ou l’Amérique latine, c’est loin, semblent penser en termes identiques lorsqu’ils parlent de la situation en Irak.
Les vociférations et les manœuvres d’Ahmadinejad, nous concernent autant qu’Israël et bien davantage que les États-Unis : l’apocalypse islamiste dont rêve le néo-nazi shiite de Téhéran, nous touchera bien avant qu’elle ne traverse l’Atlantique.
 
La situation en Irak, cela doit être souligné, concerne très directement ce qui se passe dans nos banlieues.
Nous laissons aujourd’hui l’armée américaine presque seule lutter contre le terrorisme qui frappe la population irakienne, nous critiquons haineusement cette armée dès que nous en avons l’occasion, nous regardons dédaigneusement le gouvernement irakien issu d’élections libres, et nous nous lavons les mains du sort de la population irakienne.
Outre que tout cela est d’une profonde immoralité, nous serions bien avisés de voir qu’un Irak libre et stable est de l’intérêt de toute l’Europe, et de l’ensemble du monde civilisé, car un Irak libre et stable pourra être une étape cruciale vers l’avancée de la stabilité et de la liberté dans l’ensemble du monde arabe.
 
Nous serions bien avisés de voir, en outre, qu’un Irak livré au chaos et à la guerre civile, abandonné à la furie djihadiste, ne pourrait qu’être perçu comme une victoire décisive pour le djihadisme qui, dans la foulée, ne se contenterait pas de redoubler d’efforts pour semer le désordre dans l’ensemble du monde musulman, mais aussi parmi les populations musulmanes installées en des terres non musulmanes.
 
Mon ami Walid Phares, spécialiste américain du djihad, qui a passé sa jeunesse dans son Liban natal, me rappelait voici peu cette réalité : la guerre djihadiste a déjà ses cellules en France, en Grande-Bretagne, ailleurs en Europe.
 
Si les Européens pensent régler le problème avec quelques opérations de police en se disant que l’Irak ne les concerne pas, ils font une erreur d’une extrême gravité.
La bataille pour l’islam d’Europe se mène aujourd’hui près de Bagdad.
Par leur attitude, les Européens semblent vouloir montrer qu’ils ont déjà perdu. Ils se conduisent comme des gens qui vivraient au pied d’un volcan qui gronde et menace d’exploser et qui sembleraient penser qu’il leur suffit de se boucher les oreilles pour que le grondement cesse.
Est-il encore temps pour qu’une compréhension de la mondialisation des enjeux stratégique s’opère, ne serait-ce que concernant cet enjeu stratégique prioritaire qu’est le djihadisme ?
J’en doute.

Publié dans Europe

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