Le balancement inquiétant de la pendule

Publié le par Ofek

Moshé Arens- Arouts 7
 
Qu’ont-ils donc les Israéliens ? Sont-ils simplement mous ou ont-ils un problème quand il s’agit de prendre des décisions ? Comme une pendule, leurs idées et leur moral se balancent continuellement. Il semble qu’il s’agit là d’une instabilité inhérente, qui empêche les politiciens israéliens, qui sont en permanence à l’écoute des sondages de l’opinion publique, de s’en tenir à une ligne régulière.
 
Prenez par exemple les qualifications requises pour devenir ministre de la Défense. Lorsque le Premier ministre Ehoud Olmert a essayé de former une coalition et a, à contrecœur, proposé le poste à Amir Péretz, certains s’étaient élevés contre cette décision en disant que seul quelqu’un qui a fait partie de l’élite de l’armée, est en mesure d’assumer les lourdes charges qui reposent sur les épaules du ministre de la Défense. C’est une fonction qui ne peut pas être confiée à un «civil» Cependant, en peu de temps, en se penchant sur l’histoire récente de l’Etat d’Israël, les journalistes ont découvert qu’un certain nombre de «civils» qui avaient été nommés à ce poste, avaient plutôt fait du bon travail. Certains journalistes sont allés jusqu’à dire que la réussite de ces «civils» à ce poste, avait même dépassé celle d’hommes militaires.
 
Un autre argument qui a été avancé, dit qu’en fait, être ministre de la Défense, ce n'est pas une si grande affaire. Après tout, il y a Tsahal, le chef de l’état major et  toute la hiérarchie militaire, il y a la bureaucratie du ministère de la Défense et les divers  conseillers qui assistent le ministre. Il s’agit en fait d’une organisation qui fonctionne de façon quasiment autonome et le ministre de la Défense n’est rien de plus que le directeur  d’un mécanisme qui fonctionne très bien. Conclusion : non seulement un «civil» peut faire un très bon ministre de la Défense, mais tout «civil» quel qu’il soit, peut faire ce travail. Et c’est ainsi qu’Amir Péretz a reçu ce job.
Tout cela était valable jusqu’au fiasco de la deuxième guerre du Liban. A présent, on se demande comment avons-nous pu permettre à un «civil» sans expérience de devenir ministre de la Défense. Si un militaire avait été à la tête du ministère de la Défense, nous aurions pu éviter la catastrophe. Ce qu’il faut faire à présent, c’est le remplacer par quelqu’un qui a fait partie de l’élite de Tsahal. Les recherches d’un général de réserve susceptible de remplacer Péretz, ont donc déjà commencé. Apparemment, dans peu de temps, la pendule se balancera dans l’autre sens.
A la suite de la guerre du Liban, certains sont arrivés à la conclusion que l’origine de tous nos ennuis, est notre mode d’administration. Un balancement de plus de la  pendule ! Ce n’est pas nouveau ! Il y a quelques années, on avait prétendu que la loi pour l’élection directe du Premier ministre équilibrerait notre gouvernement et que grâce à elle, le Premier ministre disposerait enfin de l’autorité nécessaire pour diriger le pays. Quelle déception ! La loi fut annulée après que la pendule ait pris le sens inverse, après quelques années durant lesquelles nous avons eu droit aux gouvernements les plus instables de toute l’histoire d’Israël.
Mais pour une raison inconcevable, le fiasco au Liban a donné un coup de pouce supplémentaire à la pendule et à présent, il en est qui prétendent qu’il faut renforcer le pouvoir de ce même Premier ministre qui est responsable de ce fiasco et qu’il faut lui garantir un mandat de quatre années complètes. Il n’est pas surprenant que le gouvernement actuel ait adopté ce programme stupide et qu’il ait l’intention de faire passer une telle réforme à la Knesset avant que la pendule n’aille de nouveau dans le sens inverse.
Des nouveaux partis promettant tout ce que l’on peut imaginer, font inévitablement surface à la veille d’élections. Chacun de ses partis éveille beaucoup d'enthousiasme qui ne dure jamais très longtemps et qui laisse la place à une profonde déception. La pendule est passée du Rafi de Ben-Gourion au Dach de Yigaël Yadin, au parti central de Itshak Mordehaï, d’Amnon Lipkin-Chahak et de Dan Méridor et dernièrement, à Kadima, dirigé par Ehoud Olmert. Il ne fait pratiquement aucun doute que la prochaine fois que la pendule changera de sens, Kadima disparaîtra lui aussi dans le vide ordures de l’histoire.
Israël a réussi à survivre à toutes les perturbations de la pendule. Mais il en est une qui représente un sérieux danger pour Israël et pour ses citoyens. Ce fut Ben Gourion qui  formula la doctrine selon laquelle Israël doit se battre sur le territoire de l’ennemi. Son premier souci était la sécurité de la population civile. Il refusa de donner le feu vert à la campagne du Sinaï tant qu’il ne fut pas assuré de sa sécurité. Ce fut également la doctrine de Tsahal au moment de la Guerre de Six jours, de celle de Yom Kippour, de la première Guerre du Liban et de ce qui s’ensuivit, y comprit durant la deuxième Intifada. Mais à présent, nous sommes témoins d’un important mouvement de la pendule, en opposition totale à la doctrine de Ben Gourion. A présent, il nous faut semble-t-il nous battre sur  notre propre territoire et la population civile doit payer le prix, parce que nous ne voulons pas être des «conquérants sur un sol étranger».
C'est ce qui s’est passé lors de la deuxième Guerre du Liban, et c’est ce qui se passe depuis les nombreux mois durant lesquels des Kassams tombent sur Sdérot et sur le Néguev occidental. Tant que cette doctrine stupide ne changera pas de sens, nous en serons réduits à aller vers de sérieux ennuis.
 
Traduit pour Arouts Shéva par Aline Sultan.

Publié dans Israël

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Gad 28/04/2007 14:59

Bonjour Ofek,
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