Avant d’accuser Israël de tout et de n’importe quoi

Publié le par Ofek

Tom Teepen - Star Tribune Minneapolis - Titre original : Before blaming Israel for everything - Traduction : Objectif-info
 
Les Israéliens ont essayé d’engager un rapprochement avec les Palestiniens, mais ils se sont heurtés à une fin de non recevoir. Au moment où des charognards et des oiseaux de proie entourent l'Irak, on s’accorde dans certains milieux à désigner l’origine des difficultés : Israël !
 
Vous vous souvenez, n’est-ce pas, du jour où Israël a commencé cette guerre ?
Est-ce quand il a mélangé l’eau et le feu des sectes sunnites et chiites de l’Islam, avant que l'Israël moderne soit même une lueur dans les yeux des sionistes ?
Vous vous rappelez sans doute aussi du moment où Israël a provoqué l’attaque de l'Irak contre l'Iran dans une guerre qui allait durer huit ans, où il a poussé l’Irak à lâcher ses chiens contre le Koweït, où il encouragé la famille royale Saoudite à financer des écoles musulmanes extrémistes qui allaient alimenter le terrorisme d’Al-Qaïda.
Vous vous souvenez du jour où Israël a incité l'Iran à se doter d’armements nucléaires pour qu’il puisse « rayer Israël de la carte ».
 
Israël, voyez-vous, n’a pas le moindre sens de ses intérêts.
 
C’est ainsi que le premier ministre britannique Tony Blair, un chorus de clubs de réflexion, et l'ancien Président Jimmy Carter, qui vient de lancer l’accusation d’apartheid contre Israël à titre de galop d’essai, ont déclaré tous en même temps que la stabilisation du Moyen-Orient musulman exige au préalable la résolution du conflit israélo-palestinien.
Ils ont marqué la moitié d'un point.
Le Président Bush avait été à l’encontre d’une politique américaine constante depuis des générations en laissant cette question éruptive en l’état, sans exercer sa médiation.
L’exaspération qui s’en est suivie ébranle toute la région.
Mais placer le problème israélo-palestinien, aujourd’hui dans un cul-de-sac, au centre du processus de paix au Moyen-Orient conduirait encore une fois à esquiver les véritables questions.
 
Ce qui va de travers au Moyen-Orient irait pareillement de travers si les Nations Unies n'avaient pas créé Israël. Des causes bien plus pertinentes des problèmes actuels sont à rechercher dans des ressentiments très anciens, l'effondrement de l'empire Ottoman en 1908, le gâchis introduit par les puissances coloniales et la promotion de l'extrémisme arabe par les Nazi et les Soviétiques dans la période de la deuxième guerre mondiale et de la guerre froide.
 
D’abord, les Juifs, et Israël par la suite, ont servi un peu partout d’excuse à l’incapacité des satrapes, des hommes providentiels, et des baronnies pétrolières du Moyen Orient, d’édifier une région conforme aux intérêts des peuples qui y vivent.
Tout accord israélo-palestinien est resté dans les limbes depuis la partition par les Nations Unies du vieux mandat britannique, en 1947.
Les Arabes ont toujours préféré la romantique « lutte armée » à la création d’un État palestinien dont l’avènement ne signifierait pas l’élimination d’Israël.
 
Les implantations israéliennes à Gaza et en Cisjordanie ont été réalisées de façon aveugle.
Israël a quelquefois posé des conditions préalables excessivement sévères aux négociations ; à des moments clé, il n’est pas parvenu à consentir les petites concessions qui auraient pu aider les Palestiniens modérés.
 
Mais les trois derniers chefs de gouvernement israéliens ont soutenu la création d'un État palestinien. Israël s'est retiré du Liban et de Gaza ; il a récolté en retour un petit État Hezbollah terroriste au Liban et un gouvernement terroriste du Hamas à Gaza.
Le premier ministre Ehud Olmert vient de proposer de libérer des centaines de prisonniers palestiniens, de lever les séquestres sur des fonds correspondant à produits fiscaux gelés, de réduire le nombre de check points, et de reprendre le démantèlement des implantations israéliennes en Cisjordanie, si une Autorité palestinienne désireuse de paix s’engageait dans des négociations pour un État palestinien.
 
Dans l'hypothèse peu probable où une large négociation sur Moyen-Orient pourrait s’ouvrir, il sera alors indispensable de poser aux Palestiniens la question que l’on ne formule semble-t-il qu’aux Israéliens : Qu’est-ce que vous êtes prêts à faire, vous, pour la paix ?

Publié dans Israël

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