Variations sur indignations bien tempérées

Publié le par Ofek

Gilles William Goldnadel  - desinfos.com
 
 
Il paraît que la conférence négationniste de Téhéran aurait soulevé une grande indignation de par le monde. Je n’en suis pas si sûr.
On y a nié le génocide hitlérien et le président iranien a souhaité le politicide de l’État juif. Rien de moins. Les réactions internationales ont-elles été à l’aune de l’événement ?
Une quelconque chancellerie a-t-elle rompu avec la République islamique ?
 
Prenez la France. A-t-elle seulement convoqué l’ambassadeur d’Iran à Paris ?
Elle l’ avait pourtant fait récemment, mais s’agissant du légat israélien.
Il est vrai qu’il s’agissait de la question autrement plus importante du survol du territoire libanais par des avions de reconnaissance israéliens.
 
Notre ministre des Affaires étrangères s’est contenté de dire son « inquiétude » et de menacer Robert Faurisson des foudres de la justice française. L’on tremble à Téhéran.
Qui a manqué l’image des immanquables Juifs orthodoxes et antisionistes étreignant affectueusement le Führer islamiste ?
Après cela, nous objectera-t-on encore longtemps les sempiternels Juifs de service pour incarner l’impartiale objectivité ? Vous verrez qu’on finira par regretter Sivan et Benbassa...
 
Dans le registre de l’indignation bien contrôlée, je recommanderai encore le refus de Robert Mugabe, dictateur du Zimbabwe, d’extrader vers l’Éthiopie Mengistu Haile Mariam, reconnu coupable de génocide du peuple abbyssin. Des dizaines de milliers de personnes - dont des milliers d’enfants et d’adolescents - ont perdu la vie durant la dictature marxiste sanguinaire du « Negus rouge ».
La Cour de Justice d’Addis-Abeba a rendu sa décision le 12 décembre dernier, mais Mugabe n’extradera pas « le camarade Mengistu » car personne ne l’exigera de lui.
 
Comme personne, au demeurant, n’exige de Téhéran l’extradition réclamée par la justice argentine des responsables du Hezbollah coupables de l’attentat contre le Centre communautaire juif de Buenos Aires (seulement 90 morts...).
 
La seule non-extradition qui soulève l’ire internationale étant celle du général serbe Mladic par les autorités de son propre pays. C’est bien, mais c’est peu.
 
Indignation bien maîtrisée encore par les médias : l’assassinat délibéré par le Hamas des trois enfants d’un cadre du Fatah.
On comparera avec l’exploitation galactique de la mort du « petit Mohamed » tué lors d’un échange de tirs entre Palestiniens et Israéliens.
Mais je gagerai que, pour un peu, c’est ma comparaison qui pourrait indigner les indignés professionnels.
 
Enfin, on terminera, comme toujours avec le Darfour, pour s’essayer à s’indigner de la non indignation.
Le Conseil des Droits de l’Homme réuni le 12 décembre à Genève, pour la première fois sans traiter de la question israélo-arabe, avait décidé de consacrer une session spéciale au conflit précité qui a fait plus de 200 000 morts depuis trois ans.
 
Les gazettes qui ne lui ont, quant à elles, consacré que quelques lignes, n’ont pu que faire état des profondes divergences entre les États membres.
L’ambassadeur algérien, sans rire, a dénoncé « une campagne de propagande à grande échelle dans laquelle l’information est manipulée » il a regretté qu’« un conflit ethnique entre bergers et agriculteurs soit présenté par les O.N.G dans des proportions apocalyptiques ».
 
L’O.N.G. Human Right Watch a qualifié l’attitude du gouvernement de Khartoum de « campagne de propagande sans précédent pour nier la réalité des choses. »
Il y a peu de risques qu’on réclame un jour l’extradition de M. El Bechir.
 
Personne ne sait qui il est.

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