Musulmans de France : Inverser la vapeur… vite !

Publié le par Ofek

Jean-Paul de Belmont  - Primo-Europe
 
 
La France laïque et républicaine s’interdit d'utiliser des instruments de mesure démographique susceptibles d’appréhender les problèmes découlant de la diversité des communautés ethniques de la population française.
Fondus dans le moule de la nationalité, les individus ne peuvent être recensés sur aucune base faisant référence à leurs origines. C’est à la fois louable et regrettable.
Regrettable parce que cette pudeur républicaine prive notre pays d’une meilleure connaissance de lui-même.
 
Pourtant, un sondage CSA du 26 janvier 2004, passé quasiment inaperçu, transgressait ce tabou et taillait en pièces une idée préconçue selon laquelle une majorité silencieuse musulmane en France ne se reconnaissait pas dans cet islam agressif visant à grignoter les territoires de la République.
Ce sondage, une bien mauvaise nouvelle, nous apprenait que cette majorité n’en était pas une, grevant l’espoir, voire l’illusion qu’un jour, une grande mobilisation de musulmans laïques occuperait la rue pour dire définitivement non aux velléités intégristes de certains des leurs.
 
Des chiffres pas bien-pensants
 
Ce sondage, établi sur un échantillon représentatif de 402 musulmans âgés de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage), après stratification par région et taille d'agglomération, posait quelques questions simples :
 
Etes-vous favorable ou opposé à ce qu'une loi interdise dans les écoles, collèges et lycées publics les signes et tenues qui manifestent ostensiblement l'appartenance religieuse des élèves ?
 
Favorables : 42% ; Opposés : 53%
 
Vous personnellement, si votre femme ou votre fille souhaitait porter le voile, quelle serait votre attitude ? Y seriez-vous favorable ou opposé ? (Question posée aux seuls hommes)
 
Votre femme :
Favorables : 64%. ; Opposés : 25%
 
Votre fille :
Favorables : 59%. ; Opposés 33%
 
Bien sûr, nous connaissons tous des musulmans attachés aux valeurs républicaines et aux vertus de la neutralité laïque, mais nous avons sans doute tendance à surestimer leur importance en nombre et à laisser la subjectivité de notre jugement nourrir notre optimisme.
Nous en sommes d’autant plus désolés que des gens courageux, comme ceux qui ont récemment interpellé les candidats à la présidentielle, n’hésitent pas à aller à contre-courant de ce qu’ils entendent dans leur communauté, bravant de dangereux groupuscules politiques insinués dans les partis officiels, et mettant parfois en péril leur propre intégrité physique.
 
L'aveu
 
Or voici que notre ministère des Affaires Etrangères publie sur son site « France diplomatie » un communiqué en forme d’aveu (1).
 
On peut y lire le passage suivant :
 
« Certains [musulmans immigrés ou issus de l’immigration] en arrivent à refuser l’intégration et cherchent dans l’intégrisme islamique les promesses d’un monde meilleur (20 % d’entre eux) »
 
Il n’est pas précisé quelle méthode statistique permet au ministère d’avancer ce chiffre de 20% mais on peut lui faire confiance quant à sa fiabilité.
 
D'après un rapide calcul basé sur l’estimation de la population musulmane en France, on peut donc évaluer à 1 200 000 le nombre d'individus proches de la mouvance islamiste.
Avec une extrapolation disant que 1 % d'entre eux seraient tentés par le terrorisme, nous pourrions être confrontés à 12 000 bombes vivantes potentielles se promenant librement sur le territoire...
 
Nous voici donc avec un problème dont nous n’avions pas mesuré l’ampleur jusqu’à présent.
Nous nous laissons régulièrement endormir par les sempiternels propos lénifiants tenus par presque tous les politiques, les artistes bien-pensants et même les intellectuels dans leur majorité.
Ce discours, insistant comme un leitmotiv sur la distinction à faire entre islam et islamisme ne tient pas compte des dimensions quantitative et qualitative du problème.
 
La dimension quantitative est celle que les chiffres ci-dessus nous apprennent.
La dimension qualitative concerne la frontière floue qui sépare l’islam de l’islamisme, la façon dont les deux s’alimentent mutuellement et l’influence qu’exerce le noyau dur intégriste sur les franges dites « modérées ».
 
Tout cela aboutit à un tableau infiniment plus complexe que celui qui nous est régulièrement présenté, décrivant une séparation franche entre l’islam et l’islamisme.
Ce n’est qu’une fois ces vérités énoncées, qu’une fois nos yeux décillés et acceptant de regarder la vérité en face que nous pourrons affronter ce problème et proposer des solutions.
 
À l'action !
 
Il faut déjà ne plus chercher à ramener à ses convictions d’hypothétiques représentants musulmans en tant que musulmans. Il faut décider que sur la base de textes législatifs et de principes républicains, le clivage ne se fasse plus qu’entre laïcs éclairés d’une part et obscurantistes d’autre part, quelles que soient leurs origines culturelle ou cultuelle.
Imposer donc un débat franco-français auquel on refusera définitivement tout caractère interethnique.
 
Il faut respecter l’Autre sans la moindre condescendance, lui refuser le moindre statut victimaire.
Tous les Français doivent être (devenir ?) égaux en droits et en devoirs.
Nous devons tout faire pour que la meilleure éducation soit assurée quelle que soit la zone géographique.
Nous devons favoriser la création de petites entreprises en aidant, par des méthodes telles que le micro-crédit des jeunes plein de volonté et qui, s’ils proviennent de milieux défavorisés, s’ils sont issus de l’immigration, deviendront de bien meilleurs modèles que certains « grands frères » désoeuvrés ou trafiquants de drogue.
 
Ce n’est pas en injectant, jusqu’à plus soif, des crédits publics pour la réhabilitation d’immeubles que nous nous en sortirons.
La logique qui prévaut dans les pays pauvres et qui veut qu’on aide mieux un miséreux en lui apprenant à pêcher qu’en lui donnant du poisson est tout aussi valable sous nos latitudes. C’est en insufflant le goût de l’effort et de la créativité que nous aiderons certaines populations à retrouver leur dignité.
 
Malgré des chiffres inquiétants, il n’y a pas de fatalité au trou noir communautariste et intégriste.
Des solutions existent et tout candidat(e) à la prochaine présidentielle qui n’aura pas intégré ces fondamentaux portera une lourde responsabilité si, par malheur, les événements devaient donner raison aux « déclinologues ».
 
(1)lire

Commenter cet article