Combat des chefs au carrefour des Djihads

Publié le par Ofek

Marc Brzustowski  - Resiliencetv.fr
 
 
Le retour mouvementé d'Ismaël Haniyeh dans les Territoires sous juridiction des quassams constitue un nouveau signe « éclatant » (c'est le moins qu'on dira !) de l'extinction point par point de tout processus diplomatique au Proche-Orient.
Mais est-il encore besoin d'enfoncer un clou dans le cercueil des illusions européo-américaines perdues au Proche-Orient que signait, en forme d'incitation à la capitulation, le « rapport d'études sur l'Iraq » d'Hamilton et Baker, l'autre semaine ?
 
Qu'était donc parti faire Haniyeh, pour son premier show international chez ses alliés de l'Axe du Mal, sous les rampes d'Al Jezeera, durant 3 semaines ?
Alors que rarement l'AP, à commencer par Gaza, n'avait été aussi inflammatoire, durant la même période ?
Alors qu'était censée se discuter la mise en oeuvre d'un Gouvernement d'Union Nationale pour cette même entité, ce qui requérrait une présence a minima d'un des premiers décideurs, à savoir, le Premier Ministre « démocidement élu » par l'inclination savamment entretenue d'une majorité palestinienne à la terreur ?
 
Ce n'est que suite à l'assassinat d'un Juge du Tribunal Islamique proche du Hamas, Bassam al-Farra, extrait de sa voiture et abattu à bout portant par des membres du Fatah, de jour, en plein Khan Younès, en représaille du massacre précédent du garde du corps et des trois enfants d'un chef du renseignement proche de Mahmoud Abbas, Baha Baloucha, qu'Haniyeh a finalement décidé d'écourter son escapade du Djihad triomphant au Qatar, en Syrie, Iran puis dans le Soudan génocidaire du Darfour.
Trois semaines au lieu d'un mois qui lui ont permis de revenir les valises pleines de dollars, en repreneur de la Cause (31 à 35 millions de dollars ne composant qu'une infime partie des 250 millions que l'Iran s'est engagé à verser en soutien à la cause islamiste de libération d'Al Quds).
 
A n'en pas douter, toutes les conditions de « négociation » avec l'Iran et la Syrie sont bel et bien réunies, si l'on croit le rapport Hamilton-Baker, dans ce voyage « d'études » diplomatiques et les modalités de son retour fracassant !
 
Durant ce périple, les déclarations de guerre terroriste ouverte et de refus de toute négociation unifiée menant à la reconnaissance d'Israël se sont bousculées par la bouche d'Haniyeh.
Il n'a pas eu un mot moins dur que l'autre qui ne s'appuyait sur ce rapport célébrant, selon ses hôtes et lui-même, la victoire proche du Djihad, le départ qui s'en suivrait immanquablement des Américains de cette Région et l'effacement de « l'entité sioniste » de la surface de la planète comme conséquence directe de la glorieuse « Résistance islamique » soutenue par l'Iran.
Il n'a eu de cesse de galvaniser « l'héroïsme » d'une femme d'âge avancé (67 ans ?) se « sacrifiant » pour la Shahada, mais aussi de la population palestinienne se conduisant en boucliers humains pour empêcher l'élimination ciblée de tel ou tel grand terroriste du Hamas.
A savoir que la « lutte populaire » n'est plus du côté du Fatah, qui aurait corrompu la Cause, mais bien favorable au Djihad exposant femmes, enfants, vieillards en guise d'armure vengeresse pour les tueurs de Juifs.
 
Faisant le tour des cantines, les yeux injectés de sang promis-juré, il a poursuivi son Téléthon du canon qui doit nourrir ses fonctionnaires durant l'année 2007, permettre la mise en route d'une banque islamique chargée de drainer les besoins financiers du Terrorisme à hauteur d'un premier investissement de 50 millions de $, couvrir les frais des familles de martyrs, mais aussi maintenir le niveau d'agitation et de coopération des résidents de Jérusalem-Est, véhicule indispensable à la pénétration de la Ligne Verte en Israël (bientôt dessinée dans les manuels scolaires israéliens ?) et têtes de pont de la revendication sur la Capitale disputée...
 
Les implications concrètes, à savoir paramilitaires de cette campagne n'ont, elles, guère filtré en surface ; puisque chez les djihadistes, les discussions se déroulent généralement à huis clos dans les bunkers éloignés du « politiquement correct » (entendre : les déclarations djihadistes ouvertes et sans mystère pour personne, sauf Becker et Hamilton).
On sait cependant (grâce aux sources deDebkafiles) que le Premier des djihadistes palestiniens était accompagné par l'un de ses chefs de guerre : Abu Obeida al Jurat.
Lequel a signé des accords de coopération accentuée avec l'élite des Pasdaran, gardiens de la Révolution Islamique et déjà entraîneurs du Club du Hezbollah au Liban et en Iraq (histoire de rappeler à Hamilton et Becker qui sont leurs interlocuteurs directs pour la prochaine manche de joutes « verbales » autour d'une Table Ronde), déjà omniprésents dans l'Autorité Palestinienne.
 
Aussi, on comprend que la mesure arrêtée par Amir Peretz, de bloquer momentanément Haniyeh au Terminal de Rafah jusqu'à ce qu'il se sépare de ses premiers avoirs (35 millions de $) par l'entremise bancaire des bons offices de Souleiman ne correspond qu'à une nouvelle demi-mesure.
Certes, l'argent est - momentanément ? - confisqué et devrait logiquement (c'est-à-dire si l'Egypte respecte ses engagements, ce qu'on sait qu'elle fait rarement) être reversé à l'autorité officielle de Mahmoud Abbas et non aux sbires du Hamas à fins terroristes.
Il faudrait d'abord qu'on s'assure de cette « différence » subtile, connaissant la fonction « hautement humanitaire » de la monnaie d'Arafat en son temps, alimentant les factions selon leurs « mérites » calculés au prorata du nombre de morts israéliens.
Certains députés de la droite israélienne et des chefs des services de renseignement d'Israël souhaitaient tout simplement que le convoi soit empêché de rentrer à Gaza, du fait de ses déclarations officielles autant que du contenu supposé de ses tractations directes avec quelques-uns des dirigeants terroristes les plus en vue de la planète, menant parallèlement une conférence sur la négation de toute autre Shoah que celle « vécue depuis 1947 » par les Palestiniens.
 
Mais le Gouvernement Olmert préfère continuer de maintenir la fiction qu'au bout des tunnels de Rafah, la négociation et la paix l'emporteront, qu'on peut compter sur les voisins égyptiens pour contrôler armes, munitions et argent à la frontière. Et surtout qu'il ne faut surtout pas empêcher les Palestiniens de se négocier entre eux la répartition des pouvoirs au sein de l'AP.
 
Après moult agitation (27 blessés), le convoi d'Haniyeh, avec sbires et plans d'entraînement djihadiste façon Hezbollah en poche, est reparti.
On note encore que les garde-frontières d'Abbas et les superviseurs de l'Union Européenne ont dû se cacher, de peur d'être ciblés et éliminés par une horde du Hamas venue soutenir son Lider Maximo.
Bref, dès que le convoi s'ébroue, des tirs retentissent contre la voiture du Premier Ministre. Un garde du corps d'Haniyeh est tué sur le coup, trois autres accompagnateurs blessés dont son fils aîné.
Très rapidement la nouvelle se répand comme traînée de poudre que la fameuse « force 17 » d'Abbas, garde rapprochée du dogme du Fatah, a fait feu. Celle-ci dément en arguant que suite à des tirs de provocation des Miliciens du Hamas en direction de l'Egypte, elle n'a fait que répliquer, comme pour faire respecter le Droit International.
Quelques balles perdues ont bien pu aller se loger dans le cortège gouvernemental, alors que la Force 17 défendait la frontière (version reproduite par le représentant des Etats-Unis, qui joue la carte Abbas contre le Hamas)...
 
Quelles que puissent être les manoeuvres dilatoires qui se succéderont pour espérer que les esprits s'apaisent, l'entourage d'Haniyeh s'en tient à ses constats : « on », c'est-à-dire Abbas, a voulu tuer Haniyeh et désormais il n'y a plus d'immunité d'aucune sorte qui vaille pour personne.
 
Parmi d'autres ruses rhétoriques devant conduire à un nouvel apaisement interne, on apprenait, quelques heures à peine après les tirs contre Haniyeh, que, subitement, l'enquête concernant la mort des 3 enfants et du garde du corps du chef des renseignements d'Abbas, l'autre jour, concluait à une simple « rixe entre clans rivaux ».
Et pas du tout du tout, mais alors pas du tout, du contexte politique enflammé.
Sans doute le papa d'un des enfants vaincus lors d'un tournoi de billes dans la cour de récréation aurait-il voulu venger l'honneur bafoué de la famille...
 
Depuis une semaine environ, la montée des périls n'a cessé de s'approcher dangereusement des premiers cercles des pouvoirs pluricéphales (Fatah/Hamas, mais aussi Comités populaires de Résistance, alliés au Hamas en version Al Quaeda, responsables de l'enlèvement de Guilad Shalit et courant le Sinaï pour perpétrer d'autres attentats) se disputant les mèches du baril incendiaire dénommé AP.
Cette fois, on est monté au dernier cran et l'un des deux rivaux risque de rester au tapis dans des temps à venir difficiles à évaluer. Question d'épaisseur des boucliers humains qu'ils mettront entre eux, la première cible désignée étant Mahmoud Dahlan, patron de la Force 17.
 
En marge ou à l'origine de cet « incident », si l'on s'en tient au contenu du voyage d'Haniyeh, on notera qu'il avait, pour le moins un caractère exceptionnel, étant donné le risque délibérément encouru par Haniyeh de ne jamais remettre les pieds en territoire palestinien.
Autrement dit, il se pourrait bien que ce soit son premier et dernier voyage à l'étranger, pardon, dans la zone de profondeur stratégique de l'Islam radical qui a pour fonction de dénier à Israël sa capacité à isoler le Hamas, et par-là même l'Iran et la Syrie sur la scène internationale. A preuve les minauderies d'Hamilton et Baker comme garantie qu'il retournerait bien en vainqueur à Gaza.
 
Si l'on prend encore en compte l'absence d'hésitation des membres de la Force 17 à faire feu sur le Premier Palestinien élu par la rue incitée au Terrorisme ad infinitum, on peut avancer « qu'on » ait jugé opportun de le faire à ce moment-là. Soit avant qu'il ne soit trop tard.
Mais qu'un lampiste-tueur psychopathe pouvait encore être désigné pour sauver in extremis le « Gouvernement d'Union Nationale ».
On omettra de relever par ailleurs qu'Haniyeh ne veut en aucune manière en entendre parler, dixit ses prises de parole à Téhéran devant Ali Khamenei et Mahmoud Ahmadinejad, témoins des Noces sanglantes du « modéré » Haniyeh aux projets les plus radicaux. L'épreuve de force va se poursuivre au fil du temps, pour la prise en main par l'un ou l'autre de Gaza d'abord, de Ramallah et de la Judée Samarie ensuite.
 
L'enjeu, tout le monde le sait, sauf Hamilton et Baker, n'est ni plus ni moins que le leadership définitif de la Cause Palestinienne, rebaptisée Djihad International pour la Libération d'Al Quds d'abord.
Avec en arrière-fonds (financiers et militaires) de ce théâtre de Grand-Guignol sanguinolant, les fameux interlocuteurs de Mrs Baker et Hamilton, incluant le Qatar à hauteur de 11 millions pour « l'éducation djihadiste » et le Soudan génocidaire d'El Béchir, fournisseur en hommes (720) du Hezbollah durant la dernière manche au Liban et d'uranium contenu dans ses sous-sols au profit des opprimés changés en sel atomique de l'Iran...
 
Aussi bien Israéliens qu'Américains rechignent à engager frontalement les Islamistes, leur promettant des négociations sans fin, des passe-droit au regard des législations internationales et une lutte anti-terroriste à géométrie variable.
Misent-ils sur l'image largement artificielle d'une « opposition » à composante « sunnite », influencée en sous-main par l'Egypte, la Jordanie et l'Arabie Saoudite, comme capable d'endiguer ou de relativiser la menace de la marée verte ?
Ou, plus prosaïquement, ces temporisations traduisent-elles une absence de stratégie bien définie conduisant au coup par coup, comme ces balles égarées dans les boucliers humains d'Haniyeh ?
 
L'impopularité d'Abbas dans les Territoires est largement équivalente à la haine que la « rue arabe » en général voue à ses propres dirigeants.
Last but not least, le pari sur une « démocratisation » sous pression, à la fois du Hamas et du Hezbollah, après le 14 mars au Liban, a atteint sa date de péremption, par la (non-) déclaration de guerre du 12 juillet 2006 au Nord, dernièrement, puis par les manifestations de masse de l'après-guerre.
Et depuis fort longtemps, par le rachat iranien et hezbollahni du Hamas et d'une partie de l'AP d'Arafat dès 2001, les Martyrs des Brigades d'Al Aqsa, etc.
Même si les finances continuent d'affluer de la part de l'Arabie Saoudite ou les armes, grâce à l'absence de vigilance calculée des garde-frontières égyptiens, depuis un moment déjà, la « Cause Palestinienne » ne leur appartient plus de plein droit. Son leadership en exil tient ses quartiers à Damas et Téhéran.
On aurait encore bien voulu opposer fictivement Haniyeh le « pragmatique » et Khaled Meeshaal - Marzouk, renvoyés à l'image de manipulateurs extérieurs, comme le fut un temps l'Arafat de Tunis.
 
 
Haniyeh le « pragmatique »
 
Les déclarations et le sens même du « voyage d'Alice » Haniyeh au pays des abominations démocidaires devraient plus que mettre un terme à ces égarements malsains dans l'esprit troublé de nos planificateurs de paix.
 
La cession de l'Axe Philadelphie à l'Egypte sur pression de Rice a permis la mise en oeuvre d'un réseau sophistiqué de tunnels avec la complicité passive de ladite Egypte de Moubarak. Par ces canaux souterrains transitent sans cesse des centaines de tonnes d'explosifs, de missiles anti-tanks perfectionnés, de lance-roquettes améliorés, etc.
 
Autrement dit, l'actualité d'un « front » relativement uni - formé par une sorte de camp islamiste un tantinet plus « modéré » (mené par l'Arabie Saoudite) que ne l'est celui d'en face dirigé par l'Iran apparaît comme une nouvelle fiction occidentale l'autorisant à remettre à plus tard la nécessaire prise par les cornes de ce Minotaure du Labyrinthe musulman.
Cette « vue de l'esprit » permettrait momentanément aux Occidentaux de ressouder leurs « alliances » malmenées (franco-américaine, notamment) en vue du leadership d'une coalition élargie aux pays arabes.
Son intérêt serait de limiter l'hégémonie irano-syrienne au Proche-Orient et de bien faire comprendre ce message à ces mentors du Terrorisme International à composante prétendument Shiite, avant de passer à table et dîner avec les diables Assad et Ahmadinejad.
D'où la fonction annexe ou ultérieure de rapports comme ceux des « visionnaires » Hamilton et Baker.
 
Or, la réponse à ce rapport est aujourd'hui clairement renvoyée durant le retour d'Haniyeh dans les Territoires à la veille de leur ensanglement fratricide... ou de l'opportunité de re-fédérer le Djihad contre l'ennemi éternel, Israël, pour celui qui saurait détourner les rues barricadées les unes contre les autres vers l'objectif commun (le seul, vraisemblablement qui vaille encore) : la destruction d'Israël.
 
De la même façon, le lancement réunifié d'un tel Djihad contre Israël aurait vertu de sceller le « chaînon manquant » entre Sunnites et Shiites, qui s'exprime dramatiquement en Iraq.
La fonction déterminante des vassaux du Hamas, les Comités populaires de Résistance ou Armée Islamique en Palestine est précisément de mettre une dernière main au pacte sacré entre les deux courants de l'Islam, indépendamment des déclarations d'usurpation qu'Al Quaeda intente à Nasrallah.
 
Le schéma en forme de laboratoire d'essai de la « création » d'un Etat Palestinien édicte, jour après jour, les « règles du jeu » de ce « conflit » en apparence « israélo-palestinien », mais dont on comprend, au fur et à mesure qu'il progresse dangereusement pour l'Occident qu'il concerne d'abord le leadership du monde musulman, avec la percée des Perses en challengers des Wahabbites, pour la reconquête de Lieux Saints d'abord « protégés » par la Jordanie.
 
En ce cas, toutes les « tables rondes » pressurisées depuis Madrid, puis Oslo, assorties du rapport Hamilton-Baker, ne font jamais que de retarder le « feu Vert » et surfer sur cette guerre d'influence entre des Etats du Monde Arabe en décomposition avancée.
L'ultime volet de cette quête de leadership a pour enjeu la détention d'armes de destruction massive, avec pour fleuron la possession du nucléaire à vocation de faire sauter la digue israélienne avant de déverser l'apocalypse du Mahdi sur l'Europe, puis en dernier lieu, les Etats-Unis.
 
Le danger nucléaire iranien n'est qu'un retour de flammes ou le retour sur investissement lancé par Ben Laden sur New York, le 11 septembre 2001.
Feignant de l'ignorer, Becker et Hamilton joue de l'isolationnisme obsolète depuis cette date, au moment où les Etats-Unis prennent conscience du gouffre iraquien qui se creuse entre Sunnites et Shiites, manipulés, les uns et les autres, à la fois par les Pasdaran iraniens, le Hezbollah, mais aussi les pays du Golfe qui ne sont jamais en reste pour faire parvenir des fonds aux Djihadistes.
 
Aujourd'hui, aussi bien Abbas que Siniora au Liban font figure de derniers interlocuteurs recensés pour le camp « occidental ».
Autant dire que cela signifie la mise à bas prix de leurs têtes, leur éventuelle disparition devant signifier les débuts de la phase apocalyptique fantasmée par l'Iran pour la Région...
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