Innocent comme l’agnelet ?

Publié le par Ofek

Gilles William Goldnadel  - Upjf.org
 
 
Deux faits divers agitent en ce moment les médias : les jeunes électrocutés de Clichy et le noyé de Nantes.
 
S'agissant des premiers, l'ensemble de la presse a abondamment commenté le rapport de l'IGS concernant l'incrimination des policiers qui ont poursuivi les jeunes gens jusqu'au transformateur d'EDF, ce qui pourrait mettre en cause leur responsabilité dans le drame qui s'est ensuivi.
 
En revanche, les mêmes médias sont restés étrangement silencieux sur le passage du même rapport qui confirme que Zyed et Bouna étaient bien en train de cambrioler un chantier, ce qui justifierait, a posteriori, une course-poursuite que l'on mettait en cause, a priori, au commencement de la polémique.
 
Des policiers nantais sont poursuivis pour non-assistance à personne en danger pour ne pas avoir incarcéré Tewfik Elhamri, en état d'ébriété sur la voie publique. Ce dernier serait, par la suite, tombé mortellement à l'eau.
Depuis, les policiers français, pour se couvrir, mettent plus systématiquement en prison les personnes ivres qu'ils croisent sur leur chemin.
 
Ainsi, dans l'un des cas, les policiers sont mis en cause pour avoir exécuté leur mission avec trop d'empressement, dans l'autre pour l'avoir fait avec trop de souplesse.
 
Dans les deux cas, des manifestations publiques accompagnent les procédures judiciaires légitimement ouvertes.
Il est permis, il est nécessaire, cependant, de se demander si ces deux authentiques drames personnels et familiaux, dans lesquels il faut cependant avoir le courage de dire que leurs victimes ont participé à la commission de leur dommage, auraient déclenché un tel scandale s’il s’était agi de simples Français de souche.
 
Dans ce cas d’espèce, la spéculation intellectuelle habituelle, aussi oiseuse qu'obsessionnelle, aussi implicite qu'évidente, aussi gourmande qu’écœurante, sur une bavure policière à caractère raciste n'aurait pas trouvé son os savoureux à ronger.
 
Qui donc ethnicise le débat ?
 
On a les crimes d'État qu'on peut.
 
Ainsi, la justice française n'a pas réhabilité Guillaume Seznec.
 
Les jeux paraissaient pourtant faits. Le formidable lobbying médiatique avait semblé enfin porter ses fruits.
 
J'envie la certitude de ceux qui vocifèrent contre des juges qui ont rendu un verdict que l'on ne pourra pas, en toute hypothèse, taxer de complaisance.
 
Quatre-vingt-trois ans après l'arrêt de condamnation, je jalouse leur perspicacité.
 
Il est vrai que le corps de la victime, Quémeneur, n'a jamais été retrouvé.
J'observe, cependant, que celui d'Agnès Le Roux non plus. Sans que cela semble beaucoup déranger les chroniqueurs du temps présent, y compris ceux qui critiquent le refus de la révision.
 
Maurice Agnelet a tout pour ne pas me plaire. Menteur pathologique, cynique, franc-maçon par intérêt, président de la Ligue des Droits de l'Homme par imposture, enregistrant systématiquement les conversations téléphoniques, y compris celles de la malheureuse petite quand elle riait ou qu'elle pleurait.
 
Les doutes les plus extrêmes planent sur cet individu. Mais des preuves ? Aucune.
Trente ans après les faits et un arrêt d'acquittement. Agnelet ne mérite pas la mise à mal d'un système judiciaire, déjà tellement critiquable par son incertitude.
 
Haines fratricides dominicales à Gaza. Hamas contre Fatah. On tire sur la foule.
Une jeune fille meurt d'une balle perdue. Un journaliste français est touché. Un lundi matin dans la presse française.
France Inter interroge la représentante palestinienne à Paris. La faute à Israël. Pas de question qui fâche sur le refus du Hamas de reconnaître Israël, les accords de paix, ou de renoncer au terrorisme.
La faute à Israël et à l'Occident qui a osé arrêter de subventionner le terrorisme palestinien.
 
Un lundi après-midi dans la presse française. Éditorial du Monde. La faute à Israël. À « l'unilatéralisme » d'Olmert.
Ce salaud qui voulait rendre des territoires. Pas un mot contre le Hamas. Encore moins contre ceux qui l'ont élu.
 
Dessin compassionnel attendri de Plantu sur les deux frères ennemis portant leur malheureuse victime. Pas le moindre soupçon d'acide dans l'encre.
 
Impossible, ici encore, de suggérer – même timidement – même du bout de la plume – que celui qui pose en victime a contribué pleinement à se causer à lui-même un dommage, dont il ne cesse de se repaître avec une délectation morbide.
 
Pourquoi, d'ailleurs, s'arrêterait-il en si mauvais chemin, puisque ceux qui se disent ses amis continuent à ne pas vouloir comprendre que le prétendu faible peut avoir tort et qu'il arrive que le soi-disant riche ait parfois raison.
 
Gaza, Clichy, clichés-gâchis ?...

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