Azouz Begag las de passer pour « l’Arabe de service »

Publié le par Ofek

Le Figaro
 
 
Le ministre délégué chargé de la Promotion de l’Egalité des chances a dénoncé mercredi le traitement médiatique qui lui est encore réservé, ainsi que sa délicate intégration au sein du gouvernement.
 
« Je suis en colère » : Azouz Begag n’a pas caché son indignation, mercredi, envers certains médias qui le considèrent encore comme « l’Arabe de service », un an et demi après sa nomination au gouvernement.
Répondant à l’invitation du Club de la presse arabe, à Paris, il a regretté son manque d’acceptation, malgré sa carrière d’écrivain et de sociologue.
« Aujourd'hui, je suis encore en train de lire des récriminations du type "c'est l'Arabe de service" », a dénoncé le ministre délégué chargé de la Promotion de l'Egalité des chances, vilipendant l'attitude de ceux qu'il a appelés les « irresponsables politiques.
 
Malgré les « compétences, le talent et la motivation », il n’est pas aisé non plus de « passer pour un ministre comme les autres », déplore ce docteur en économie.
« Il est difficile pour un ministre d’origine algérienne, de culture arabe ou musulmane de s’intégrer dans un gouvernement français, de nos jours », a-t-il souligné, constatant que « la politique est un monde cruel, difficile et hermétique ».
Interrogé sur ses divergences avec le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, Azouz Begag a répondu qu’il répondait aux ordres du premier ministre, Dominique de Villepin.
 
« Peanuts »
 
Selon ses pronostics, les prochaines législatives ne devraient guère faire entrer plus de six députés d'origine arabe ou africaine à l'Assemblée pour une population issue de l'immigration de plus de 15 millions de personnes en France.
« C'est peanuts », a déploré Azouz Begag, le second ministre d'origine algérienne, avec Hamlaoui Mekachera, aux Anciens combattants.
« Il y a 20 ans, je disais, si les autorités ne font pas l'ouverture sociale vers les banlieues, ne font pas entrer dans l'ascenseur social politique des enfants de banlieue, un jour, tous ces enfants vont sortir et ils vont brûler toutes les voitures », a-t-il rappelé, après avoir été questionné sur l’immigration et la gestion de la crise de Cachan.
 
Pour le ministre délégué, il n’y a « rien à fêter » concernant les émeutes dans les banlieues de novembre 2005.
« Célébrer 13 000 voitures volées ? Des écoles incendiées ? La violence ? », a-t-il lancé.
« Les journalistes feraient mieux de parler de ce qui a été fait pour les banlieues comme le Tour de France de la diversité auquel 10 000 entreprises ont participé », a-t-il suggéré.

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