Règlement du conflit palestino-palestinien

Publié le par Ofek

Bertrand Ramas-Muhlbach  - desinfos.com
 
Salut des membres de la police palestinienne
 
Le mois de décembre 2006 a été marqué par les affrontements entre les palestiniens de la branche du Hamas (courant du Premier Ministre Palestinien Ismaël Hanyeh) et celle du Fatah (mouvement politique du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas).
Signe des temps qui changent, les agressions palestiniennes (assassinats, enlèvements, attaques à l’explosif), qui visent traditionnellement les israéliens, ont, ces dernières semaines, pris pour cible d’autres palestiniens ...
 
"Activistes" du Hamas
 
En réalité, les palestiniens se retrouvent aujourd’hui, face à leur mensonge idéologique et à leurs propres contradictions : pour les deux mouvements, Fatah et Hamas, l’idéologie repose sur la nécessité d’évincer les juifs de Palestine.
Toutefois, si pour le Fatah, le fondement idéologique historique et laïc est susceptible d’aménagement, pour le second, le fondement religieux est insusceptible de remise en cause.
 
Lors de sa création en 1987, le Hamas avait vocation à relayer le combat palestinien que Yasser Arafat était censé avoir abandonné pour des motifs financiers mais aujourd’hui, l’argent de la corruption ne suffit pas au Hamas pour discréditer le Fatah.
Aussi, la guerre inter palestinienne est un moyen d’éviter, (selon les leaders du Hamas et des membres d’al quaida), que le Président de l’Autorité Palestinienne ne brade la cause palestinienne en échange de la bienveillance américaine.
 
Bien que la nécessité pour les peuples de vivre en bonne intelligence ne soit jamais évoquée, le président de l’Autorité Palestinienne semble avoir renoncé à l’idéologie insensée de libérer la Palestine (A).
Aussi, en cas de victoire (militaire) du Président palestinien, la création d’un foyer national palestinien pourrait être porteuse d’un calme généralisé pour la région (B).
 
A LA RENONCIATION AU PRINCIPE DE LIBERATION DE LA PALESTINE
 
Le Président de l’Autorité Palestinienne multiple les signes de bonnes volontés et semble admettre que les Juifs ne pourront pas être évincés de la Palestine (1°).
Progressivement, il tend à reconnaître que ce qui importe, c’est la création de l’Etat Palestinien lui-même, et non à l’assiette géographique traditionnelle de son implantation (2).
 
1° l’impossible éviction des juifs de Palestine
 
Il n’est pas simple pour Mahmoud Abbas de faire admettre à son peuple que les précédents dirigeants palestiniens ont menti et que les juifs ne pourront, en dépit des promesses faites sur ce point, être évincés de Palestine.
 
Théoriquement et comme son nom l’indique, l’Organisation de libération de la Palestine vise à libérer la Palestine de toute présence juive.
Pour ce faire, l’article 9 de la Charte de l’Olp prévoit que la lutte armée est le seul moyen d’y parvenir grâce, notamment, à l’aide de la nation arabe dans la mesure où « la libération de la Palestine, d’un point de vue arabe, est un devoir national et vise à l’élimination du sionisme de Palestine ». (Article 15 de la Charte Olp)
 
Si l’Autorité Palestinienne reconnaît implicitement l’existence de l’Etat Hébreu, elle admet devoir renoncer à l’ensemble des articles de la Charte de l’Olp relatifs à l’éviction des juifs de Palestine tout comme au système éducatif spécifique palestinien.
L’article 7 de la charte de l’Olp énonce à cet égard :
« Il faut une éducation des individus dans un esprit révolutionnaire » et, s’agissant d’un devoir national (qawmi), « l’obligation de sacrifier leur richesse et leur vie afin de reconquérir le pays et d’amener à sa libération ».
 
Il est évident que les dispositions d’esprit du Président de l’Autorité Palestinienne qui semblent s’écarter des engagements contenus dans la Charte de l’Olp, contrarient les projets des dirigeants du Hamas, tenus par la Charte du Hamas.
 
La Charte du Hamas s’est fixé comme objectif de renverser l’Etat juif d’Israël par une République islamique théocratique sur l’ensemble de la Palestine en donnant « le bras à tous ceux qui mènent le Jihad pour la libération de la Palestine ».
Plus précisément, dans son article 6, la charte du Hamas rappelle que le Mouvement de résistance islamique « œuvre à planter l’étendard de Dieu sur toute parcelle de la Palestine ».
 
Ce document apporte la vérité du Coran (article 3 Charte Hamas) et enjoint les jeunes palestiniens à tuer les israéliens : « par celui qui possède l’âme de Muhammad dans ses mains, je m’engage à combattre sur le chemin de Dieu, je tuerai et combattrai, je tuerai et combattrai, je tuerai » (Article 15 Charte Hamas).
 
D’ailleurs, il n’est pas nécessaire de discuter paix car les initiatives de paix internationales « vont à l’encontre de la profession de foi du Mouvement de résistance Islamique » (article 13 charte Hamas).
 
Compte tenu des objectifs clairs de ce texte, il est compréhensible d’entendre Khaled Mechaal et Ismaël Hanyeh déclarer qu’ils ne reconnaîtront jamais Israël.
Cela reviendrait à modifier les fondements de leur propre existence et leur faire perdre toute raison d’être.
 
Ce n’est pas le cas du Président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas qui, depuis plusieurs mois, considère que le peuple palestinien est au dessus du Hamas et que des élections anticipées pourraient associer le peuple palestinien à des choix politiques nouveaux.
Ainsi, le Président de l‘Autorité Palestinienne commence à admettre que ce qui importe, c’est le principe de la création de l’Etat palestinien et non l’assiette géographique de son implantation.
 
2° la primauté du principe de création d’un Etat sur celui de l’assiette géographique
 
Les palestiniens sont reconnus par le droit international en tant que nation et représentés comme telle à l’Assemblée générale des Nations unies.
Toutefois, cette reconnaissance est tout à fait spécifique car théoriquement, l’existence d’une nation suppose celle d’un Peuple qui vit collectivement sur un territoire géographique en y exerçant sa souveraineté.
Dans le cas particulier des palestiniens, l’existence d’un territoire géographique spécifique fait défaut.
Aussi, faute de définition géographique de la Palestine, le peuple palestinien se réfère aux textes des Chartes de l’Olp ou du Hamas.
 
L’article 2 de la Charte Olp précise, pour l’assiette territoriale de la Palestine, qu’il s’agit « des frontières de la Palestine sous le mandat britannique, unité territoriale indivisible ».
Ainsi, les palestiniens qui naissent et grandissent à Gaza ou en Cisjordanie s’en tiennent légitimement à la définition de la charte de l’Olp et s’imaginent que la création de leur Etat, lorsqu’elle interviendra, s’effectuera sur l’ensemble du territoire du mandat britannique.
 
Pour sa part, l’article 11 de la Charte du Hamas énonce que « la Palestine est une terre islamique waqf pour toutes les générations de musulmans jusqu’au jour de la Résurrection » en dépassant le principe politique de l’Olp et en lui substituant un fondement religieux.
 
Mahmoud Abbas, pragmatique, semble, aujourd’hui, disposé à renoncer à la Palestine historique du mandat Britannique en acceptant de reconnaître implicitement l’Etat d’Israël sur les frontières dites de « 67 ».
Ces frontières sont inopposables à Israël puisqu’il s’agit des lignes de cessez le feu avec l’Egypte et la Jordanie mais un pas est franchi.
 
En revanche, les partisans du Hamas n’imaginent pas trahir les préceptes religieux et céder un pouce d’une terre qu’il considère comme musulmane.
Cette divergence de vue est à l’origine de la guerre fratricide que se mènent le Hamas et le Fatah qui, loin de servir la cause des palestiniens, les oriente vers les voies de l’obscurantisme, de la haine et de la frustration.
 
Si Mahmoud Abbas l’emporte, il sera temps pour les palestiniens de comprendre que la création de l’Etat palestinien doit se faire sur le territoire qu’ils occupent réellement et sur lequel ils peuvent exercer leur souveraineté, sans porter atteinte à des droits concurrents et notamment à ceux de l’Etat hébreu.
 
II LA FONDATION DU FOYER NATIONAL PALESTINIEN
 
Théoriquement, l’Etat palestinien devrait s’ériger sur les territoires sur lesquels Israël n’exerce pas sa souveraineté.
Plus précisément, il s’agit de ce que Tsipi Livni qualifiait le 29 décembre 2006, de « foyer national palestinien » (1°).
Si tel pouvait être le cas, le Président de l’Autorité palestinienne pourrait enfin libérer les palestiniens de leur enferment intellectuel (2°).
 
1° l’existence de territoires palestiniens sans souveraineté israélienne
 
La bande de Gaza a été évacuée de sa population juive et il est vraisemblable que les juifs expulsés renoncent « à leur droit au retour ».
Il est de même pour les territoires de Judée Samarie pour la partie se situant au-delà de la clôture de sécurité.
Il existe donc des territoires qui n’ont jamais été annexés par Israël, sur lesquels vit une population palestinienne, et qui pourraient tout à fait servir d’assiette pour l’implantation géographique de l’Etat palestinien.
 
Un telle hypothèse déplaira fatalement à ceux qui rêvent du Grand Israël mais il faut être raisonnable : soit Israël décide d’annexer la Cisjordanie et la bande de Gaza et auquel cas, il sera nécessaire d’offrir aux populations qui y résident la nationalité israélienne.
Les palestiniens devenus également israéliens pourront, par le nombre, voter pour l’établissement d’une république Islamique sur l’ensemble de l’Etat Hébreu et détruire Israël de manière tout fait démocratique.
 
Le plus sensé semble donc de permettre aux palestiniens de créer leur Etat sur les territoires sur lesquels Israël n’exerce pas de souveraineté.
Le point de friction portera nécessairement sur Jérusalem car la Charte de l’Olp comme celle du Hamas intègrent Jérusalem dans le futur Etat Palestinien tout comme l’article 4 du projet de Constitution de la Palestine du 7 mars 2003 modifié le 25 mars 2003 qui précise que « Jérusalem est la capitale de la Palestine ».
 
En principe, Jérusalem réunifiée par la loi fondamentale israélienne du 5 août 1980 n’a pas à faire l’objet de restitution partielle à qui que ce soit, en dépit de la présence de la Mosquée el aqsa sur le Mont du Temple.
De la même manière, il semblerait absurde que l’Etat Hébreu étende son territoire sur les villes du monde sur lesquelles il existe une synagogue ou qui ont renfermé une présence juive.
 
Les palestiniens devront s’en tenir au territoire sans souveraineté israélienne sans revendiquer une partie du territoire israélien au seul motif de la présence d’un lieu saint de l’islam.
Si d’ailleurs la seule souveraineté musulmane sur Jérusalem, entre le 7° et le 12° siècle, devait justifier l’abandon par Israël d’une partie de sa capitale, il conviendrait, de manière réciproque pour les palestiniens qu’il déménage la mosquée El Aqsa puisqu’elle a été construite à l’emplacement du temple de Salomon, lieu saint de judaïsme à deux reprises dans l’histoire de l’humanité à une époque où l’Islam n’existait pas.
 
En tout état de cause, lorsque le principe de l’implantation géographique de l’Etat palestinien aura été admis, les palestiniens pourront se libérer de l’enfermement intellectuel dans lequel les ont toujours confinés leurs dirigeants.
 
2°- la libération des palestiniens... de leur enferment intellectuel
 
Le peuple palestinien ne dispose pas d’institutions lui permettant de grandir et de s’épanouir.
Les seuls textes qui le structurent sont les chartes de l’Olp et du Hamas qui le cantonnent dans un rôle de combattant contre l’occupation sioniste.
 
La charte de l’Olp contient 33 articles qui ne traitent que de la libération de la Palestine : l’article 8 rappelle que la phase actuelle est celle d’une lutte pour la libération de la Palestine, l’article 9 affirme la détermination du palestinien pour suivre la lutte armée, l’article 10 mentionne l’action de commando comme cœur de la guerre de libération de la Palestine, l’article 15 fait obligation de à la nation arabe de mobiliser les capacités militaires humaines morales et spirituelles pour participer ola libération de la Palestine...
 
Plus largement, la libération de la Palestine est entendue sur un plan spirituel (article 16 charte Olp), humain (article 17 charte Olp) et international (article 18 charte Olp)...
 
Ainsi, lorsque les palestiniens naissent et grandissent, il ne leur est pas demandé ce qu’ils veulent faire dans la vie ou de leur vie, il leur est seulement assigné l’obligation de combattre toute présence juive sur le territoire qui était anciennement celui du mandat britannique.
Ce message a fatalement pour conséquence un enferment intellectuel et spirituel des palestiniens qui gagneraient à s’en libérer et c’est, semble-t-il, la voie choisie parle président de l’Autorité palestinienne.
 
Il faut pour cela surmonter l’obstacle du Hamas dont le message religieux est venu prolongé celui, politique, de la Charte de l’Olp.
L’article 2 de la Charte du Hamas positionne le mouvement comme étant le plus islamiste de son temps par sa compréhension des concepts « dans tous les aspects de la vie, de la culture, de la foi, de la politique, de l’économie, de l’éducation, de la société, de la justice et du jugement, de la diffusion de l’Islam, de l’éducation islamique, de l’art, de l’information, de la science de l’occulte et de la conversion à l’Islam ».
 
La guerre est naturellement très importante car selon l’article 7 de la Charte du Hamas, le mouvement est « un épisode du Jihad contre l’invasion sioniste ».
L’article 12 de cette charte encourage au patriotisme (el wataniyya) véritable profession de foi du palestinien et l’article 14 rappelle que la libération de la terre est une obligation religieuse tout comme le combat contre les ennemis qui usurpent la terre des musulmans (article 15 charte Hamas).
 
Enfin, la charte du Hamas n’hésite pas, dans son article 15, à préconiser le révisionnisme : « Il est important que des changements élémentaires soient faits dans le contenu des programmes scolaires afin de les épurer des traces de l’invasion idéologique des orientalistes et des missionnaires qui ont infiltré la région suite à la défaite des Croisés devant la tombe de Salah el-Din (Saladin) ».
 
"Jardin d'enfants", version Hamas
 
Dans ces conditions, il semble compréhensible que le premier Ministre Israélien Ehoud Olmert privilégie la position du Président Palestinien et accepte de lui livrer des armes afin qu’il reprenne le contrôle de la situation sur les territoires palestiniens, même si dans le passé, une telle livraison d’armes a pu se révéler préjudiciable pour Israël.
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