Folie de la France, sagesse de la mondialisation

Publié le par Ofek

Nicolas Bonnal  - Les 4 vérités Hebdo
 
 
Folie de l’homme, sagesse de Dieu, dit saint Paul.
Folie de la France, sagesse du monde, ajouterait-on en cette veille de présidentielle qui voit notre pays s’enfoncer dans ses vieilles lunes.
Un tiers de socialisme, un tiers de new age écolo, un tiers de pétoche millénariste, voilà où nous en sommes.
 
La France est le pays le plus antilibéral du monde, avec Cuba ou la Corée du nord.
A l’heure où la mondialisation réussit au point que nous vivons une véritable époque dorée, avec des taux de croissance de 5 à 10 % partout, de la Chine à l’Argentine, du Maghreb à l’Inde, et que les études montrent que toute la pauvreté pourrait disparaître d’ici 50 ans dans le monde, la France s’enfonce dans son fanatisme et son particularisme. Plus que jamais le coq est hérétique.
 
Aucun candidat ne promeut d’idées libérales, et l’on ne parle que de protections, de lois, de contraintes, de chômage et de travailleurs pauvres.
C’est évidemment le socialisme mitterrandien qui a créé ces millions de zombies sociaux, et l’on ne s’étonnera pas de voir la veuve Mitterrand aller pleurnicher au chevet de Fidel Castro.
On espère que Nicolas Sarkozy, le seul à prendre des risques théoriques sur ce point, pourra développer ses idées, mais pourra-t-il affronter trois millions d’hébertistes enragés dans la rue, quand la bise sera venue ?
 
Or, et je le répète, la mondialisation est une admirable réussite.
Les années 2000 sont une décennie dorée, et nous le devons à Bush.
Nous connaissons des taux de 4 % de croissance par an en moyenne, en dépit des contre-performances d’une Europe sénile et sociale, mais qui au moins laisse ses entreprises faire leur travail.
 
Les pays émergents qui émergent ne sont plus seulement la Chine ou l’Inde mais aussi ceux de l’Amérique du sud et de l’Afrique.
Il y a dix ans encore, les antilibéraux, les anti-mondialisation ne voyaient en celle-ci que drame social, pillage, exploitation.
En réalité, les Chinois sortis du camp du maoïsme enrichissent tous les pays producteurs de matières premières et de richesses naturelles. Le progrès concerne des centaines de millions d’hommes, et non plus seulement une minorité.
Je me souviens d’une interview ubuesque dans Capital il y a quelques années, où l’impayable Jacques Attali expliquait froidement que les mêmes 15 % les plus riches du monde le resteraient d’ici un siècle.
Notre grand stratège, auteur de la relance keynésienne de 81-82 qui déboucha sur le désastre que l’on sait, continue de pérorer sur les plateaux télé.
C’est un autre keynésien, Jean-Paul Fitoussi, précepteur de Jacques Chirac et de la classe politique, qui modélise les imbéciles politiques économiques que nous suivons depuis des décennies et ont débouché sur chômage, dettes et déficits.
 
Il n’y a en France que deux familles politiques : les socialistes et les antilibéraux.
Les socialistes sont les partis de gouvernement, les antilibéraux les autres, qui osent accuser les partis au pouvoir d’ultralibéralisme.
L’échec du socialisme en France est passé au débit du libéralisme et de la mondialisation.
Dans ce pays où l’on arrête les policiers quand ils font leur travail, et où on les laisse en liberté quand ils abattent des supporters sans sommation, on voit et on fait tout de travers.
 
Il est vraisemblable que nous nous dirigions vers des catastrophes de plus en plus grandes que nous ne cesserons d’imputer aux autres, aux Européens, aux Américains, aux immigrés, aux entrepreneurs… bref à tout ce qui fait bouger le monde.
Quand nos jeunes ne trouvent pas de travail, on se plaint de leur chômage ; et quand ils en trouvent, on les plaint d’être des travailleurs pauvres.
Et Ségolène Royal rêve, elle, du SMIC à 2 000 euros ou de l’entreprise sans patron…
Pourquoi ne pas nationaliser les PME, au point où nous en sommes ? Un patron étant susceptible de se payer plus que ses employés ou de délocaliser…
 
La rage antilibérale se retrouve aussi dans le domaine des mœurs et des idées.
L’affaire du PSG, l’affaire Frêche, l’affaire Sevran… montrent que ce pays devenu fou n’a plus qu’une obsession : poursuivre, emprisonner, punir, humilier.
Les guerres politico-médiatiques lancées contre l’Amérique, l’Autriche, l’Italie au nom de la morale déshonorent un pays de flics de la pensée.
Un pays qui ne supporte pas la liberté d’entreprendre ne peut non plus supporter la liberté de penser.
La France devrait aujourd’hui édifier une statue contre la Liberté.

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