Tapons sur le voisin

Publié le par Ofek

Le blog de Drzz
 
 
De toute évidence, l'élection présidentielle française de 2007 restera dans les mémoires, déjà. Arnaud Montebourg en a signé la page la plus pathétique.
Le porte-parole de Ségolène Royal a visiblement trouvé la parade pour expliquer l'énorme déficit des caisses publiques.
Ce n'est pas la politique socialiste qui appauvrit tout le monde, mais la présence gênante de pays limitrophes qui ne pratiquent pas les mêmes taux d'imposition suicidaires.
 
Pardi ! A le croire, ni les 35 heures, ni la collectivisation forcée, ni les grèves à répétition ne sont en cause.
Le coeur du problème réside dans la Suisse, un Etat de 6 millions d'habitants, l'un des plus riches du monde certes (4e en terme de PIB, les Etats-Unis sont 7e, la France 17e), mais nullement un paradis fiscal pour ceux qui y habitent (jusqu'à 50% d'imposition pour les classes moyennes).
 
Il est vrai que le fisc helvétique octroie des forfaits aux grandes fortunes, afin qu'elles s'installent au pays du fromage.
Le calcul est simple : Johnny Hallyday ne paiera que 1 million d'euros sur les 10 millions qu'il a touchés en 2006, mais cet argent finira dans les caisses suisses.
A contrario, l'énorme taux d'imposition français ne ramènera pas un centime aux contribuables tricolores. Dura lex, sed lex. La loi de la jungle est dure, mais c'est la loi.
 
Plutôt que d'admettre que la richesse va vivre là où elle peut croître, les socialistes français relancent des slogans aussi périmés qu'un Emmental dépassé de date.
Il faudrait que les grosses fortunes soient « patriotes », « citoyennes », qu'elles acceptent, au seul fait d'être françaises, de payer 72% de leurs revenus à un Etat pléthorique, d'autant que cet argent ne servirait pas à développer la France mais seulement à boucler les fins de mois.
Car les dépenses de l'Etat français sont à l'image des collectes d'impôts : sans fond.
 
Tout cela au nom de programmes « sociaux », d'une politique « sociale » au nom d'idéaux « sociaux-démocrates » dont l'emploi de plus en plus fréquent contraste singulièrement avec l'efficacité de moins en moins prouvée. 
 
Pour Montebourg, ce qui est révoltant, c'est que l'Helvétie ne se soumette pas à des règles de bon voisinage - vous savez, ces règles qui existaient au XIXe siècle quand la Suisse était un Etat tampon -  et leur préfère les règles plus complexes de la mondialisation du XXIe siècle. Indignation, quand tu nous tiens !
 
Pour sa défense, Montebourg n'est pas le premier à s'offrir ses voisins comme punching-ball.
Chirac n'avait-il pas déclaré qu'en Finlande - qui disposait de deux voix au CIO - la nourriture était « plus mauvaise encore que celle de l'Angleterre » ?
Grâce à ce brillant plaidoyer, les Français goûteront aux délices du pudding pendant les Jeux de Londres en 2012.
 
Surtout, les récriminations contre la fiscalité d'un Etat souverain témoignent, encore une fois, des pratiques monarchiques qui règnent au sein de la classe politique française.
Un récent livre nous apprend que la famille Chirac, lors d'un voyage, a claqué 4 000 euros par jour, payés par le contribuable.
Que Bernadette, à l'occasion d'un déplacement à Tokyo, a refusé de prendre une correspondance civile vers la Nouvelle-Calédonie et a exigé un appareil officiel. Celui-ci a décollé à vide de Paris pour faire des milliers de kilomètres. Ce caprice vous a coûté 130 000 euros.
Que Chirac a multiplié le budget de l'Elysée par neuf, s'offrant 900 collaborateurs de plus que sous de Gaulle, des fonctionnaires qui vivent à vos crochets.
Que le même Chirac pompe le budget de ses ministères pour assurer son train de vie impérial...
 
A trop labourer dans le champs des autres, Montebourg a oublié que l'élection présidentielle de 2007 sera une date décisive : la France face à elle-même.
Toute tentative de noyer le poisson fera reculer les perspectives d'un redressement, bien plus important aux yeux des Français que la fiscalité helvétique.

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