American Black Box : Dantec en croisade contre l'Occident maso

Publié le par Ofek

Propos recueillis par Elisabeth Lévy  - Le Point
 
 
Un an après Grande Jonction, trois ans après « l’affaire des identitaires », Maurice Dantec revient pour un dernier round : American Black Box.
Où l’ultime constat de l’ « oxydentalisation » (1)générale des sociétés démocratiques.
Celles qui à force de se renier, chaque jour que la force fait, ne font qu’engendrer en leur sain une haine grandissante.
Une haine de tous ceux qui en ont assez de voir un cadavre sans espoir, sans idéal, continuer de marcher lentement mais sûrement vers sa fin.
Alors la solution, les plus faibles, l’ont trouvée dans les deux dernières idéologies abrutissantes de masse.
L’islam militant, (à ne pas confondre avec les musulmans déislamisés, ceux qui ont la Foi sans en faire une loi) et les Bonapartistes-Bolchéviques (ceux qui croit encore que le monde doit être régi par une loi nationale et sociale venue du haut de la pyramide bureaucratique).
Bref, c’est face à ces deux avatars de la bêtise humaine, concurrents mais complémentaires, que Maurice G Dantec essaye de faire entendre sa voix de « catholique du futur ».
Un croyant errant qui aura su faire naître en moi, en une dizaine d’année de lecture, un idéal dans l’effort Occidental. Cet espoir ne pouvait renaître que des ruines fumantes du marxisme. Cet espoir occidental ne pouvait qu’accoucher dans une destruction créatrice d’un musulman déislamisé… (Les chroniques de l’Extrême centre)
 
(1) « Le salafisme a pourtant remporté ses plus grands succès dans les démocraties occidentales » Amir Taheri, le Temps, Genève, March, 3, 2006.
 
L’oxydentalisation. Néologisme ? Barbarisme ? Petit nègre, comme disaient mes instits quand je n’arrivais pas à aligner trois mots en français correct ?
Non point du tout. Juste un concept formé par deux mots : Occident et Oxyder.
 
Le premier recouvre une civilisation, aux racines judéo-chrétiennes, ayant apportée sa pierre à l’édifice de La Civilisation.
Le second un verbe transitif qui signifie recouvrir d’une couche d’oxyde. Dans un sens courant des fruits qui s’oxydent, qui perdent de leur vitalité.
 
L’union de ces deux termes accouche d’un phénomène englobant, non les Etats autoritaires des mondes musulmans soumis à la modernité de la connexion, mais bel et bien les esprits d’individus sans repères, sans valeurs, déboussolés par trente ans de nurseries où l’ « adulescent » règne en maître absolu.
Son royaume fantasmé ? La vieille Europe bientôt remplie de grabataires, les campus américains où tout le monde il est beau il est gentil, tout ce qui défini en fin de compte le festif comme horizon indépassable.
Un festif si bien analysé par le déjà regretté Philippe Muray dans cette formule, Homo Festivus.
 
Homo Festivus n’est rien d’autres que l’avant-garde d’une société oxydentalisée, une société prête à s’acoquiner avec les pires maux, les pires virus capables de détruire toute trace de civilisation.
Une civilisation que notre imbécile heureux abhorre car créatrice de liberté mais qui lui demande en échange, oh my god ! de la responsabilité.
Et cette responsabilité notre Homo Festivus n’en veut pas.
Son confort il le cherchera dans l’Etat maman, son réconfort dans l’islam militant.
 
Oui, l’oxydentalisation est source d’islamisation.
Renier ses valeurs, se conchier à longueur d’onde, s’auto convaincre que la haine est viscéralement située au nord de l’équateur, de la Méditerranée, du Rio Grande. Que celle-ci s’exhale à travers les pores des peaux claires et Uniquement des peaux claires. Oui de tout cela, les soldats de l’islam militant s’en servent avec brio.
Cela conforte ces illuminés de l’effort mortuaire dans leur entreprise, la conquête des esprits faibles occidentaux.
De ceux qui ont renoncé au binôme liberté-responsabilité.
De ceux qui préfèrent la servitude volontaire. L’islam militant a ainsi trouvé son terreau.
Merci aux « bourges » qui ont honte d’avoir réussi, d’être né blanc et de culture judéo-chrétienne. (dira-t-on un jour de culture Abrahamique ?)
 
Pour éradiquer ce problème, l’islam militant, et sourdre un islam modéré, la solution, il reste encore à métamorphoser nos sociétés oxydentalisées.
Des sociétés qui ont perdu une chose essentielle, leur vitalité. Cet élan vital seul à même d’être porteur d’idéal.
 
Dans « American Black Box », troisième volume du « Théâtre des opérations » (son Journal, paru chez Albin Michel), l'écrivain exilé au Canada tire au lance-flammes sur notre époque.
Catho et techno, réac et futuriste, Maurice G. Dantec n'aime pas grand-chose de ce qui est moderne.
Nous ne le savons pas, dit-il, mais nous sommes en guerre : contre l'islam, pas contre les musulmans.
Des pages au vitriol qui baladent le lecteur entre ravissement et effroi.
 
Le Point : La publication de ce troisième tome de votre journal paraît avoir été un parcours du combattant. La tempête dans un verre d'eau déclenchée par vos échanges avec les Identitaires a conduit Gallimard à se séparer de vous.
Mais vous avez dû, semble-t-il, faire quelques concessions à votre nouvel éditeur.
 
Maurice G. Dantec : La publication de ce «Théâtre des opérations (TdO) - III » a représenté en effet un joli petit parcours bien miné, cependant je me permets de vous corriger : ce n'est pas Gallimard qui s'est séparé de moi, c'est l'inverse, parce que sa volonté de non-publication - sans la moindre justification écrite - était pour moi une insulte.
Je n'ai fait aucune concession, sinon techniques et stylistiques, à mon nouvel éditeur. Tout au plus, peut-être, quelques expressions ont-elles été « adoucies », afin d'éviter la nouvelle Justice Spéciale du « Frankistan ».
 
N'êtes-vous pas tenté de déclencher des polémiques en exprimant vos idées de façon qu'elles soient inaudibles ? La position de proscrit prouverait-elle à vos yeux que vous touchez à la vérité ?
 
Mes idées sont inaudibles ? Elles sont inaudibles pour les sourds. Ils seront bientôt réveillés par un grand fracas.
Si vous cherchez la position de « proscrit », vous devenez un « rebelle » tel que décrit par Muray : un Thierry Meyssan, ou un José Bové.
C'est le monde littéraire germanopratin qui m'a banni, après la publication du premier volume du « TdO ».
Je lui en suis fort reconnaissant, d'ailleurs, cela m'évite de croiser les écrivaillons et écrivaillonnes nono-fachos ou bobo-trash dans les Salons du livre.
 
« Raclures de vomitoire gaucho-anar », « étrons sur patte », « salopes californiennes pacifistes », « racaille réviso-islamiste » sans oublier les « hyènes collabos » qui évoquent leurs ancêtres dactylographes : vous pratiquez l'injure - souvent dans le registre scatologique - avec délectation.
Votre façon de disqualifier ceux qui ne pensent pas comme vous évoque parfois ces staliniens que vous dénoncez sans cesse. Il ne suffit pas d'être violent pour être Léon Bloy, l'un de vos maîtres. Quelle est la fonction de cette violence ?
 
Fonction ? La violence que vous décrivez est verbale.
Je sais que le Français a perdu depuis longtemps le goût de se battre à fleuret non moucheté, mais en ce qui me concerne la « violence » des mots sert à refléter la violence des FAITS.
Qui est l'homme violent, celui qui viole à longueur d'année des filles prépubères dans la cave de sa « cité », ou celui qui va commettre l'erreur fatidique d'oser le traiter de « bête sauvage » ?
Il est vrai que, dans notre société du « vivrensembleuh », il faut « rester vigilant » et adopter le point de vue des victimes, je veux dire les vraies, les victimes-de-la-société, les violeurs en série, par exemple.
D'autre part, je me permets de souligner mon obsession maniaque de la cohérence entre fond et forme, entre style et contenu.
Il ne s'agit pas, que ce soit bien clair, de construire, de quelque façon que ce soit, cette « cohérence », mais de la laisser surgir, de faire en sorte qu'elle parvienne à l'état écrit, qu'elle s'insinue dans un flux de mots qui d'une certaine manière s'imposent par les multiples facettes de réfraction qu'ils offrent au sens obvie.
Je ne cherche pas à imiter Bloy, même si c'est un compliment. En revanche, nous décrivons ce que nous voyons, et le monde d'aujourd'hui (comme le sien, d'ailleurs, nous n'avons fait que suivre la pente) est, me semble-t-il, particulièrement vomitif.
A ce titre, l'usage de la scatologie, face à des « penseurs » qui préparent les génocides du futur, ou des « artistes » chargés de la lobotomisation nationale, me paraît quant à moi justifié - et je me retiens.
 
Quel est le rôle du « Journal » dans votre oeuvre ? Une arme de destruction massive ?
La production du minerai que vous enfournez ensuite dans votre chaudière romanesque ?
 
La production du « Journal » et des romans a quasiment été parallèle dès le départ (j'ai commencé à tenir des notes vers 1995-1996), chaque « monstre » se nourrit de l'autre.
Arme de destruction massive ? S'il parvient à détruire les certitudes qui verrouillent les cabinets de toilette de la pensée contemporaine, il aura accompli sa mission.
 
« La France, aimez-la ou quittez-la », comme disait l'autre. « Je viens en Amérique avec en moi toute la France qui s'est perdue en route », écrivez-vous.
En somme, vous la quittez parce que vous l'aimez ?
 
Je la quitte parce que je l'ai aimée et que je ne peux plus l'aimer, comme une femme qui vous a salement trahi, en se trahissant elle-même.
La France que j'aime a disparu, c'est un souvenir, c'est de l'HISTOIRE, c'est ce qui a disparu ou est sur le point d'être anéanti.
J'attends avec impatience l'Heure du Jugement pour ce « pays » qui est le fer de lance de l'islamisation de l'Europe, tout en défendant bec et ongles (ahahah) sa fameuse « identité culturelle ».
Le CSA et les mosquées salafistes, voilà le futur de ce que j'ai quitté.
 
« Décrire les désastres produits par le changement des moeurs, telle est la mission du roman », selon Balzac.
Le moins que l'on puisse dire est que vous êtes fidèle à cette mission.
« L'ère de l'Antéchrist a pour de bon commencé », écrivez-vous. Bref, à vous lire, notre riante époque est particulièrement haïssable.
Mais la plupart des grands écrivains se sont bagarrés avec leur époque. Pensez-vous que nous vivons une mutation radicale, et de quelle nature est-elle ?
 
Une petite liste de tout ce qui nous sépare du siècle de Balzac (qui avait bien sûr raison de se « bagarrer avec son époque », comme tous les autres écrivains, c'est NOTRE mission) :
- Auschwitz.
- Hiroshima/Nagasaki.
- Les technologies électroniques et aérospatiales (unification technique du monde).
- Les technologies chimio-bactériologiques (unification technique du micro-vivant).
- Les technologies eugénistes/génétiques (unification technique du biopolitique).
- Les (très) prochaines nanotechnologies du cerveau (unification technique neurone/silicium).
- Les mass media et le diktat du journalisme.
- Le marxisme comme horizon indépassable de la pensée.
- Le masochisme anti-occidental de l'Occident, les nihilismes qui pullulent comme dans un « bouillon de culture ».
- La déchristianisation.
- L'islamisation de l'Europe, tout particulièrement en France.
- Les religions en kit (ex : Raël).
- Le djihad planétaire.
- Une « Europe » pseudo - « fédérale » alors qu'elle est précisément l'inverse : le plus petit Etat américain a plus de pouvoirs légitimes face à Washington que nos « nations » face à Bruxelles, et je ne parle même pas du papelard informe et involontairement comique qu'on a voulu nous vendre comme « constitution ».
Bref, l'autodestruction institutionnelle du continent, l'abandon de son destin, le retour à l'Europe divisée du traité de Westphalie (1648) !
 
A part ça, comme je l'ai dit : TOUT-VA-BIEN !
 
Votre pessimisme vous vaut d'être traité de réactionnaire.
Dès lors que vous avez un problème avec la Révolution française, peut-être assumez-vous ce qualificatif.
Mais n'est-ce pas une impasse qui vous conduit à une nostalgie un peu vaine ? L'Histoire ne revient pas en arrière.
 
Je n'ai aucune nostalgie puisque je crois à l'Eternel Retour du Christ.
Je me considère sans complexe comme, éventuellement, un « réactionnaire » - Bernanos disait que réagir était au moins la preuve que l'on était encore vivant -, mais je préfère l'appellation maistrienne de contre-révolutionnaire, voire d'anti-Lumières.
Le « progrès » est une « doctrine pour Belges », disait Baudelaire, je crois, qu'on ne s'étonne pas de la localisation de la capitale de l'« Europe ».
 
L'Histoire ne revient pas en arrière ? Ah ? Il me semble pourtant que c'est ce qu'elle fait depuis la Révolution française, justement, un retour vers le chaos primitif des sociétés paganistes et sacrificielles.
Etre pour l'Evolution de l'Homme dans le Monde Créé par Dieu, cela ne signifie pas être pour le « progrès » des masses abruties dans des républiques bananières sans bananes.
 
Vous jetez le bébé démocratique avec l'eau du bain égalitariste, le bébé universaliste avec l'eau du bain sans-frontiériste, le bébé des droits de l'homme avec l'eau du bain droit-de-l'hommiste : ne faudrait-il pas au contraire sauver ce qui, dans la modernité, a constitué un progrès de la liberté ?
 
La « modernité » a constitué fort peu de progrès de la liberté : totalitarismes divers et variés, idéologies de tinette, génocides en vrac, nihilismes de toutes origines, eugénisme social - pour ne pas dire socialiste -, bêtise démocratique élevée au rang de « culture ».
Non, je vois très peu de chose à « sauver » des deux derniers siècles, sinon la littérature, la musique et le cinéma.
Les « bébés » post-historiques vont avoir peu de chances de survie avec moi.
 
Que l'illusion de la toute-puissance vous hérisse, on peut le comprendre.
Que vous récusiez en bloc la capacité de penser librement (appelée liberté d'expression et d'opinion) dont vous avez hérité est pour le moins discutable.
 
La « liberté d'expression » m'intéresse assez peu s'il s'agit de la liberté des vaches de regarder passer les trains en ruminant, juste avant l'abattage.
On alphabétise beaucoup dans les dictatures communistes, c'est à se demander pourquoi.
La liberté n'est pas un « droit ». Elle ne s'octroie pas.
La Liberté est un état qui se conquiert.
Aussi, la « recherche de l'autonomie humaine » n'est pas une invention de la pseudo - « Renaissance », elle date de bien avant, des Grecs, tout comme des scholastiques médiévaux.
Ce qui est nouveau, avec la modernité, justement, c'est que cette « autonomie humaine » est désormais détachée de toute puissance transcendante, elle n'est plus cette « liberté au service d'une liberté plus grande », elle est désormais autocentrée et devient dès lors une niche pour tous les nihilismes idéologiques qui travestiront Dieu, sous toutes les formes possibles.
 
Reste que vous vous en prenez à la démocratie en tant que telle, comme si la participation de tous aux affaires de la cité était « ontologiquement » la cause du désastre.
 
Je ne m'en prends pas à la démocratie en tant que telle, ou plutôt si, mais sous un angle bien particulier. Je ne défends les démocraties que contre elles-mêmes.
 
Qu'est-ce que cela signifie ? Un, que je peux reconnaître à la démocratie - telle que conçue par les Pères fondateurs de la République américaine ou par ceux de la cité d'Athènes - un rôle non négligeable dans la représentation politique et civique des individus et des communautés.
Deux, le problème est que cette formalisation politique de la liberté devient une idéologie qui consiste à faire de la « démocratie » un immense entrepôt de stockage de « droits », individuels ou collectifs, en tout genre, et qui souvent ne peuvent cohabiter, car ils ne sont plus tenus par l'authentique exigence de la liberté, c'est-à-dire celle de la foi.
Les antiques monarchies chrétiennes présentaient à bien des titres des structures plus « démocratiques » que les systèmes modernes, souvent laïques, qui s'attribuent ce titre, comme l'Europe par exemple.
Il est à noter, c'est assez drôle tout de même, que les Parlements fonctionnaient plutôt bien sous les régimes royaux et que la première action des « révolutionnaires », soi-disant « démocrates », aura été chaque fois d'entraver, de contrôler ou de supprimer le rôle des assemblées représentatives.
 
En fait, ce que vous déplorez - et à juste raison - est peut-être la disparition du monde des pères.
Reste qu'on n'a pas plus le choix entre le père émasculé et le père omnipotent que nous ne sommes condamnés à l'alternative entre Chirac que vous honnissez et Bush que vous admirez.
 
Pour qu'il y ait, comme vous dites, « alternative », il faudrait qu'il y ait au moins un point, même minuscule, de comparaison ! Chirac - Bush ! ! !
Pourquoi pas Déroulède - Roosevelt ? Ou une R-5 GL avec une Ford Mustang ?
Vous avez vraiment le sens de l'humour, au Point.
 
Vous êtes devenu chrétien ; or l'universel moderne est enfant du christianisme, non ? (« Il n'y a plus ni juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni maître, il n'y a plus ni homme ni femme ; car vous êtes tous un en Jésus-Christ »).
Comment vous débrouillez-vous avec cette contradiction ?
 
Quelle contradiction ? Relisez les Evangiles en leur entier. Nous ne sommes pas « tous à l'Onu ». Nous sommes tous en Dieu - Christ, quelqu'un saisit la nuance ?
 
Vous avez, dites-vous, avec l'islam un conflit théologique.
Mais vous prétendez aussi que l'islam a pour but l'« asservissement général de l'Humanité ».
Mais, en ce cas, nous ne sommes pas en guerre contre l'islamisme, mais contre l'islam lui-même.
Or, à la différence du communisme auquel vous ne cessez de le comparer, l'islam recueille l'adhésion sincère de ses adeptes.
Dans ces conditions, votre distinction entre islam et musulmans n'est-elle pas théorique ? Comment faire la guerre à l'un sans attaquer les autres ?
 
Le communisme ne recevait pas l'adhésion sincère de ses adeptes ? Nous n'avons pas vécu les mêmes années 70/80 !
L'islam, je le dis dans le livre, est une IDOLÂTRIE DU DIEU UNIQUE.
L'islamisme n'est qu'une application orthodoxe de la loi coranique, la mise en pratique systématique des préceptes religieux, éthiques, politiques, de l'islam.
On peut néanmoins tout à fait établir une différence très nette entre un musulman qui est prêt à dialoguer avec les « infidèles » et un autre pour qui ces « infidèles » doivent être exterminés ou soumis à l'esclavage.
On pouvait être un nationaliste allemand, même en 1940, sans être un nazi. Mais à partir du moment où vous teniez un fusil sur le sol de France, il ne fallait pas vous étonner si vous receviez une rafale tirée par ceux d'en face.
 
Vous appelez à plusieurs reprises au retour de l'Inquisition. Mais s'il est admis de torturer ou de tuer au nom de la Vérité dont on se pense détenteur, les attentats commis par les islamistes sont légitimes, non ?
 
D'abord, je souligne que je n'appelle au retour de l'Inquisition que d'une façon métaphorique, et quasiment ironique, mais aussi pour rétablir une vérité historique, ensevelie sous les tonnes de mensonges révisionnistes de la « modernité ».
D'autre part, vous confondez deux sphères : celle du Politique (où la « Vérité » est un instrument de souveraineté) et celle de la Vérité en tant que telle, unique et infinie (qui est ontologique et eschatologique).
Un « terroriste » est un microcéphale qui se croit investi d'une mission divine et qui, pour cela, devient témoin à charge, juré, juge, avocat, procureur, et au final bourreau.
L'Inquisition, Très Sainte, a brûlé bien moins de « sorcières » et d'hérétiques que les tribunaux des congrégations protestantes, et je ne parle pas de ceux qui obéissent à la charia.
J'ajoute qu'elle a inventé l'institution du JUGE D'INSTRUCTION, chargé de conduire l'investigation à l'abri des pressions de la procure comme des avocats.
Certains dissidents soviétiques auraient très certainement préféré être jugés à Tolède vers 1500 qu'à Moscou en 1938.
Toujours cette bonne vieille tentation masochiste anti-occidentale !
 
Vous avez du mal à admettre que l'opération américaine en Irak est un échec - non seulement en Irak même, mais dans la région, où le poids de l'Iran s'accroît.
Peut-être les Américains ont-ils, comme vous l'écrivez, « des couilles ». Pour faire la guerre, il n'est pas inutile d'avoir un cerveau.
 
L'opération américaine en Irak a surtout été un échec pour Saddam Hussein et son régime, il faudrait voir à ne pas l'oublier, peut-être.
Une offensive militaire réussie, la chute d'une dictature, un gouvernement provisoire, une Constitution, des élections libres, un gouvernement élu démocratiquement, 3 000 soldats américains tués en presque quatre ans, l'équivalent des pertes subies en trois heures à Omaha Beach, quel Vietnam !
Les seuls perdants de cette guerre sont les arabes musulmans eux-mêmes, qui apportent la preuve depuis deux ans maintenant, par leurs crimes interconfessionnels, que, sans la présence d'un despote, le monde islamique tend naturellement vers la guerre civile.
 
Ceux qui disent que cette guerre aura au final apporté plus de chaos que de stabilité dans la région n'ont pas tort, bien sûr.
Ce que je dis, quant à moi, c'est qu'il vaut mieux un bon chaos qu'un mauvais ordre.
Ceux qui continuent de croire que la Syrie et l'Iran sont en train de jouer un poker gagnant en Irak succombent à l'inévitable épuisement fataliste de l'homme occidental moderne.
Au risque de me répéter, je l'affirme de nouveau : les événements qui se produisent en Irak, en Palestine, au Liban, sous l'influence de Damas et de Téhéran, vont littéralement faire imploser l'aire islamique.
Je crois que dans le « TdO » je prévois une guerre civile générale sunnites/chiites dès le premier attentat de Nadjaf, début 2005.
Renseignez-vous par exemple sur le sort que font subir les talibans pro-Al-Qaeda aux populations chiites d'Afghanistan.
Il ne fallait pas faire mumuse avec les avions dans les tours.

Publié dans Coup de gueule !

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