Un porte-avion porteur de beaucoup d’indications

Publié le par Ofek

Jean Tsadik  - Metula News Agency
 
 
Le porte-avions USS John C. Stennis
 
 
Le porte-avions USS Eisenhower
Le porte-avions USS John C. Stennis, basé habituellement à Bremerton, dans l’Etat de Washington, ira se positionner dans le golfe persique dès le mois de janvier courant.
C’est ce qu’ont ébruité des responsables attachés au secrétariat américain de la Défense.
Le Stennis rejoindra ainsi un autre porte-avions, l’USS Eisenhower, qui s’était déployé dans ces eaux houleuses en décembre déjà.
 
Elle a été réclamée par le Central Command – le commandement central de l’armée américaine – afin de renforcer la force de dissuasion yankee face à l’Iran et la Syrie.
Initialement, le Stennis était programmé pour participer à des manœuvres dans le Pacifique.
 
Les responsables auteurs de la fuite ont clairement exprimé, quoique sous le couvert de l’anonymat, que ce déploiement représente un avertissement à l’encontre des deux pays suscités.
L’ajout du Stennis serait, à les en croire, destiné à garantir aux Etats-Unis une « plus grande souplesse dans la région du Golfe ».
 
Le porte-parole du Pentagone s’est refusé à confirmer l’information, arguant que le département de la Défense n’avait pas pour coutume de mentionner les déploiements et mouvements futurs de ses navires.
Le nouveau secrétaire américain à la Défense, M. Robert Gates, a toutefois tenu à préciser qu’un renforcement de la présence U.S dans le Golfe tiendrait lieu d’un message adressé à toute la région.
Soucieux de ne pas court-circuiter les décisions politiques du Conseil de Sécurité de l’ONU, Gates a aussitôt ajouté « qu’il ne s’agissait en aucune façon de la riposte à une mesure spécifique prise par l’Iran ».
 
Le message envoyé par Washington est que, toujours selon le secrétaire à la Défense, intervenant depuis Bagdad, « les Etats-Unis resteront durablement dans cette partie du monde. Nous resterons ici un bon bout de temps et chacun doit s’en souvenir, aussi bien nos amis que ceux qui se considéreraient comme nos adversaires ».
 
Le déploiement de ce second porte-avions dans le Golfe arabo-persique constitue, en effet, un message à plus d’un titre.
Il est assurément un avertissement à Téhéran, lui indiquant la détermination de l’administration Bush à empêcher la dotation de la République Islamique en armes de destruction massive.
Dans le cadre d’une hypothétique décision d’intervenir militairement, faisant par exemple suite à des prises de sanctions inefficaces par l’ONU, l’escadre du Golfe constituerait le fer de lance des frappes aériennes. Elle permettrait d’acheminer sans encombres d’autres bâtiment de la Navy à proximité des côtes iraniennes.
De plus, le positionnement des deux porte-avions sous le nez d’Ahmadinejad lui rappellent, ainsi qu’aux Ayatollahs qui l’instrumentalisent, qu’ils ne disposent pas des moyens militaires nécessaires afin d’éliminer ces deux menaces ni celles qu’elles annoncent à leur suite.
 
Mais la décision de dépêcher l’USS Stennis dans le Golfe fait également partie de la série des actes tangibles du président George W. Bush destinés à signifier à James Baker et à ses amis qu’il rejette en bloc les recommandations contenues dans leur rapport.
Celles-ci provisionnaient l’instauration d’un dialogue avec l’Iran et avec les terroristes irakiens ainsi qu’un désengagement progressif des forces américaines de la région.
 
Selon mes camarades Castellion et Murawiec, de même que de l’avis d’un certain nombre d’analystes étrangers à la Ména, le renforcement de la présence navale ne représente qu’une partie des résolutions stratégiques anti-Baker de George Bush.
A les en croire, ce dernier va incessamment annoncer l’envoi d’un renfort d’environ 20 000 hommes en Irak. Leur objectif consistera à nettoyer la grande région de Bagdad de la présence des terroristes sunnites, qui occasionnent quotidiennement des dizaines de morts parmi la population chiite et empêchent la consolidation du nouveau régime démocratique.
 
Au plan strictement militaire, la réussite d’une telle opération dépendra de son degré de préparation et de la qualité des informations recueillies par le renseignement.
Si ces deux conditions ne sont pas adéquatement remplies, l’addition de ces renforts ne ferait qu’augmenter le nombre des cibles potentielles à disposition des terroristes-miliciens. Mais là, nous touchons au domaine tactique à proprement parler, qui reste surtout l’affaire de l’armée U.S.
 
Car l’Amérique reste et demeure le pays des ressources illimitées.
D’où, contrairement à ce qui est la règle pour toutes les autres nations, la primauté de ses décisions stratégiques sur ses capacités tactiques immédiates.
Par le déploiement du John C. Stennis, Washington décerne un avertissement aux terroristes et aux fondamentalistes perses : comme l’a proclamé Robert Gates, il leur faudra compter avec la proximité des armes et des hommes de l’Oncle Sam dans l’accomplissement de leurs projets belliqueux. Les boys ne sont pas sur le départ et janvier n’est pas le temps des soldes dans l’US Army !
 
Aucun doute : les intéressés ne lèveront pas les mains en signe de reddition mais ils comprendront.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article