Iran : La France prise au piège de sa propre diplomatie

Publié le par Ofek

 
 
Depuis plus de 4 ans, les mollahs ont une diplomatie bien sinueuse qui a pour objectif de forcer les Etats-Unis à négocier avec l’Iran et aboutir à des Garanties de Sécurité Régionale.
L’instabilité de la région permet aux mollahs de se poser en arbitre de la confusion. Cette confusion ne peut exister que si les mollahs ont des agitateurs sur place.
Tel est le fondement de leur stratégie, ils restent en retrait et laissent faire des intermédiaires : le Hamas, le Hezbollah et même la Syrie.
C’est pourquoi le Hezbollah est une nécessité vitale pour les mollahs.
 
Le Hezbollah garantit la politique de nuisance régionale des mollahs et au retour les mollahs doivent trouver un cadre international qui garantisse le Hezbollah. La communauté internationale s’y oppose (avec des nuances).
C’est pourquoi le régime des mollahs doit faire peur à une très grande échelle afin de pousser les Européens et surtout les Américains à consentir à accepter un compromis : un statut quo sur le Hezbollah.
 
La guerre libanaise de l’été 2006 et la main mise des mollahs sur l’Irak comme leur implication dans les évènements de la Somalie ou leur espionnage en Afghanistan ont confirmé l’hyperactivité du Hezbollah qui entend s’affirmer comme un composant incontournable en Orient comme en Afrique, en attendant son déploiement en Amérique du Sud.
L’ensemble des crises actuelles où sont impliqués les mollahs tourne autour de la reconnaissance des Garanties régionales de sécurité pour la république islamique d’Iran.
Les mollahs veulent rester au pouvoir et conserver le leadership de l’islamisme révolutionnaire. Ils doivent mettre Bush dans une situation impossible afin qu’il cède au sujet du Hezbollah.
 
Cette diplomatie sinueuse est basée sur une alternance de deux approches contradictoires : une utilisation permanente des techniques guérilléros pour harceler les troupes américaines en Irak mais aussi en Afghanistan (avec comme intermédiaire (le Hezbollah ou les Pasdaran) et des messages ponctuels adressés à ces mêmes américains stipulant que le régime des mollahs reste ouvert à une solution négociée (la lettre remise par Larijani au roi Saoudien en est un exemple, ainsi que la visite de Khatami à Washington).
 
Ainsi en 2006, ce sont les alliés irakiens du régime des mollahs (Talabani et Hakim) qui ont servi d’intermédiaire pour ce genre de demandes. Demandes qui sont restées infructueuses et ont débouché sur un retour plus appuyé sur un harcèlement terroriste de plus en plus sanglant et de plus en plus radical.
 
Sans doute les mollahs s’imaginaient que cela finirait par faire céder les Américains ou influencer l’issue des élections à mi-mandat.
Bush ne céda pas et les élections n’ont pas permis aux démocrates de prendre le contrôle de la diplomatie du président américain et même la proposition Baker fut abandonnée.
Et rebelote pour les mollahs : reprise plus intense de la guérilla dans l’espoir d’une capitulation prochaine de Bush.
 
Mais en cherchant à provoquer les Etats-Unis, au détriment de la stabilité du Liban et de l’Irak et en instrumentalisant l’Islam à des fins purement terroristes, le régime des mollahs a fini par provoquer les états arabes !
Et arriva ce que nous avions souhaité : que ces derniers prennent en main leur destin pour éliminer les acteurs de l’instabilité régionale (la république islamique d’Iran et ses milices).
 
De nombreux articles ont été consacrés -aujourd’hui (17.01.2007)- par le Monde et le Figaro à cette effervescence diplomatique visible au Moyen-Orient où se dessinent les contours d’une unité peu banale entre les Etats-Unis et les états arabes sunnites menés par l’Arabie Saoudite qui a œuvré avec finesse pour reprendre le leadership des états musulmans de la région.
 
Les efforts sinueux menés par le président Français ont fini par irriter l’Arabie Saoudite, nouveau leader des pétromonarchies du Golfe Persique.
Un règlement du conflit israélo-palestinien qui impliquerait le régime des mollahs est désormais inimaginable pour les Saoudiens car ces derniers savent qu’un pareil règlement suppose un statu quo sur le Hezbollah.
 
Et désormais il ne fait aucun doute pour les Saoudiens et leurs voisins que la France cherchait à préserver ses intérêts en Iran, en les déguisant en efforts pro palestiniens.
Dépités par cette attitude sinueuse et peu solidaire de Jacques Chirac, les Saoudiens ont sans doute joué de leur influence régionale pour couler la Conférence de Paris et empêcher le Président Français de tirer profit des malheurs des palestiniens, des libanais ou des irakiens dans le seul but d’accéder à une popularité susceptible de lui être utile sur le plan intérieur.
 
La réaction de Paris a été d’auto-saborder le voyage d’un envoyé spécial à Téhéran.
Mais afin de ne pas perdre la face et dans la droite ligne de cette diplomatie sinueuse si semblable à celle des mollahs, Paris continue d’affirmer que le projet n’est pas abandonné.
La presse française essaie tant bien que mal d’expliquer cette politique en évitant de se fâcher avec le président sortant. Mais des détails sont publiés sur cet échec diplomatique que nous avions prédit.
 
Par ailleurs hier, Paris avait affirmé que l’Arabie Saoudite était comme elle partisane d’un dialogue avec Téhéran pour servir d’intermédiaire dans la querelle qui oppose Téhéran à Washington. La raison de cette déclaration avait été le ridicule voyage de Larijani à Riyad, interprété à tort, à Paris, comme un signe de bienveillance Saoudienne à l’égard de Téhéran !
 
Dans un premier temps, l’Arabie Saoudite a nié une quelconque intermédiation entre Téhéran et Washington, et aujourd’hui les chefs de la diplomatie du groupe dit des « 6+2 », c’est-à-dire les six monarchies pétrolières du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), ainsi que l’Egypte et la Jordanie, ont associé leurs voix à celle de Condoleezza Rice pour lancer un appel à la « non-ingérence dans les affaires intérieures irakiennes » : appel qui sans le nommer s’adresse aux mollahs.
 
On ne pouvait imaginer pire revers pour la diplomatie française.
La presse a beau chercher à expliquer le point du vue du chef de l’état français, force est de constater que la France est isolée sur la scène internationale en continuant sa politique sinueuse dont l’objectif était de préserver les mollahs et renforcer leur rôle régional afin uniquement de préserver ses propres intérêts pétroliers et commerciaux en Iran.
La France est en train de perdre ses amis arabes du golfe Persique.
Que peut encore la France pour stopper cette hémorragie ?
 
Il lui faut agir en vitesse car le Moyen-Orient tente de régler ses problèmes dus au régime des mollahs, problèmes qui sont apparu après l’avènement de ce régime.
Malheureusement, si Chirac un peu pris de vitesse par les Saoudiens et les Américains, essaye d’arrondir les angles en diluant l’envoi d’un émissaire à Téhéran, son opposition farouche à toute sanction économique contre Téhéran demeure intact et elle irritera de plus belle ses amis arabes du golfe Persique…
 
Mis à part cette opposition qui va sans doute coûter cher à la France, il y a le soutien apporté par la France à la création d’un grand Kurdistan, un projet hostile à l’intégrité territoriale de l’Irak qui achèvera l’amitié Franco Saoudienne !
 
Le Quai d’Orsay cherche à dissocier les dossiers nucléaires et terroristes des mollahs afin de trouver une solution intermédiaire avec un adversaire qui malgré des méthodes sinueuses a un objectif précis : sa survie et la survie de son armée extraterritoriale (le Hezbollah).
 
En cherchant à satisfaire cet interlocuteur exigeant sur ce plan, mais très complaisant pour l’octroi des contrats pétroliers, la France elle-même finit par adopter des méthodes sinueuses qui l’éloignent de ses vrais alliés.
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