Suite de l'article d'André Dufour : Lard ou cochon ?

Publié le par Ofek

Suite de l'article d'André Dufour : Lard ou cochon ?
Le fond de sauce
 
J’aime bien l’impertinent Charlie Hebdo et surtout Philippe Val, son éditorialiste qui en relève le niveau.
C’est vrai, il a l’art de remettre les choses à leur place et on se sent presque plus intelligent après l’avoir lu.
 
Pourquoi suis-je donc un tantinet contrarié par son excellent édito du 25 décembre écoulé : « Quelque chose en nous de Jean-Marie Le Pen » dans lequel il se livre à une sorte de psychanalyse, non pas du militant, mais de la clientèle électorale de Le Pen ?
 
Ce n’est pas parce qu’il dit que pour être en phase avec le discours de Le Pen, il suffit de laisser sans retenue parler nos bas instincts, de céder à la facilité et se laisser glisser sur la pente, alors que la pensée de gauche (et éventuellement de droite, pourvu qu’elle soit démocratique), plus élaborée et donc plus difficile et nécessitant plus d’efforts, résulte d’une lutte contre nos propres penchants et instincts primaires.
 
Constater que « ce n’est pas Le Pen qui a changé mais le regard porté sur lui par une partie de l’opinion » est assurément un symptôme inquiétant pour notre démocratie.
Découvrir qu’une majorité de ceux qui s’apprêtent à voter le Pen, sans être pour autant antisémites, n’en sont que plus « dangereux » dans la mesure où « ils ne se sentent pas concernés par l’antisémitisme du Front National ». Tout cela est fort bien dit.
 
Mais comment par exemple classer la pensée des gens de gauche, si virulents en faveur des Palestiniens, mais qui se montrent d’une bien indulgente discrétion devant les massacres du Darfour perpétrés par des Arabes soudanais ou devant la surenchère de crimes perpétrés quotidiennement par les Sunnites et Chiites en Irak ?
Dans quel cas leur pensée est-elle élaborée et dans quel autre cas ne l’est-elle pas ?
 
Mais, sans pour autant changer notre regard sur Le Pen, prêter au seul Front National l’exclusivité du « fond de sauce antisémite » et soutenir après cela « qu’être de gauche, ou d’une droite antifasciste… ce n’est pas forcément être meilleur, plus gentil, plus humain ; c’est surtout être moins con » me paraît discutable.
 
Dans quelle catégorie faudrait-il alors classer les anciens électeurs qui étaient « de pensée élaborée » quand ils votaient pour le Parti de Thorez-fils-du-Peuple ou pour ses affidés (jusqu’ à 25% du corps électoral français à l’époque) devenus subitement « cons » en reportant leurs suffrages sur Le Pen ?
 
Faut-il jeter le manteau de Noé sur le fond de sauce antisémite de la gauche socialiste qui mijote depuis Joseph Proudhon, père du socialisme français, et dans lequel maints leaders et intellectuels de gauche ont, au cours de l’Histoire et jusqu’à nos jours, trempé leurs propos ?
 
C’est passer sous silence la part active des fractions armées « Rouges » Japonaises et Allemandes dans le terrorisme qui, pour ne viser « qu’» Israël, ne faisaient pas moins des victimes juives, même si « collatéralement » des « innocents » (des pèlerins catholiques à l’aéroport Ben Gourion par exemple) y ont laissé leur vie.
 
C’est oublier que lors du détournement d’un avion de ligne d’Air France sur Entebbe (Ouganda), ce ne sont pas des membres ou des sympathisants du Front National mais des bons gauchistes allemands, donc « à la pensée élaborée » qui, à l’instar de leurs papas nazis contre lesquels ils étaient censés se révolter, ont sélectionné les passagers et les membres de l’équipage afin d’isoler et pouvoir exécuter en premier les Juifs dont quelques uns portaient encore tatoués sur l’avant bras un numéro attribué par les géniteurs de ces « penseurs élaborés ».
 
On préfère oublier que, le 4 juillet 1976, l’audacieuse intervention d’un commando israélien ayant mis fin à ce cauchemar par l’élimination du groupe terroriste « progressiste », seul un journal à la pensée élaborée puisque de gauche, il s’agit de Libé bien entendu, a qualifié Israël de champion toutes catégories du terrorisme.
Les « penseurs » de ce quotidien n’ont guère eu besoin « d’élaborer leur pensée », il leur a suffi de « se laisser aller ».
A croire qu’ils jugent leurs lecteurs aussi « cons que les lepénistes » dont le niveau cérébral le plus élaboré s’exprime dans le sehr gross humoristik « Durafour crématoire ».
 
Je ne crois pas que les Français soient tombés si bas. Ce serait les confondre injustement avec leurs dirigeants et « penseurs » politiques.
 
Déjà sous Vichy, les Français « d’en bas » valaient bien mieux que la calamiteuse équipe au pouvoir, bien mieux que ses magistrats aux ordres et ses hauts fonctionnaires hélas récupérés par le premier gouvernement de la France libérée.
Aujourd’hui les Français se sentent bafoués par ceux que Le Pen a fort habilement désignés par « Classe politique ». C’est un coup dur pour la démocratie.
 
Voter Le Pen pour punir cette « classe politique » n’est pas la chose la plus intelligente qu’ils puissent faire, les seuls punis étant comme d’habitude les Français d’en bas.
Mais dans une France où il n’est de valeur qu’à gauche ou à l’extrême gauche, le « marché » politique ne leur offre pas grand-chose comme alternative.
Il ne suffit pas que Le Pen soit une « fripouille » pour que les politiciens « fréquentables » qui se répartissent le fromage du pouvoir deviennent ragoûtants.
 
Qu’un Douste-Blazy puisse présenter l’Iran d’Ahmadinejad comme un facteur de stabilité du Proche-Orient tandis que, côté gauche, la Marie-Péronnelle Royale se montrer compréhensive envers un Nasrallah ou déclarer que la justice chinoise (à elle seule, la « justice » chinoise prononce, sans recours, plus de condamnations à mort que tous les pays du monde réunis) est un excellent modèle en matière d’efficacité et de rapidité, à croire qu’elle va rétablir chez nous la peine de mort et faire payer à la famille du condamné les frais de l’exécution, place la Marie-Ségolène au même niveau que Le Pen, à la différence près que la pensée de la première est « élaborée » alors que celle de Le Pen est « réservée aux cons ».
 
Ce sont des symptômes qui ne gagnent pas l’estime et le respect des citoyens et c’est toujours ça de gagné pour Le Pen.
Il n’a qu’à se laisser glisser sur la pente de la sottise de ses adversaires à la « pensée élaborée » pour assurer son fonds électoral.
Quand la gauche fait corps avec la droite chiraquienne dans son antiaméricanisme sous couvert d’une opposition à l’intervention américaine en Irak, c’est tromper les pacifistes de gauche ou de droite alors que cette intervention allait simplement mettre un terme à quelques profits en « bons de pétrole » et autres juteux avantages non imposables (pas imposés, en tous cas) généreusement distribués par Saddam Hussein à nombre de dirigeants politiques français, allemands et russes, sans parler des grandes et moyennes entreprises et hommes d’affaires français et autres Européens qui faisaient leur beurre dans la vente de fournitures dont Saddam avait besoin, d’abord dans sa guerre contre l’Iran, puis pour massacrer son peuple indocile. Vous avez dit « pacifisme »?
 
Et pour revenir à cette gauche étiquetée que la « pensée élaborée » rend vertueuse, que dire de l’alliance entre un Chavez portant label de gauche et un islamisme nazifiant à la Ahmadinejad communiant dans un même antiaméricanisme, avec ce que cela comporte de soutien à l’antisémitisme (voir le concours de dessins antisémites de Téhéran), ce qui ne plait certes pas à toute la gauche « mais pas au point d’y provoquer une rupture » comme dirait Philippe Val, le sort réservé aux Juifs ne méritant pas que l’on rejette le « fond de sauce » antiaméricain et antilibéral qui, en France, soude la gauche à la droite autour de la même gamelle et constitue le front commun des plus vils affairistes et des plus vertueux prolétaires.
« C’est le problème » ajouterait encore Philippe Val.
 
Cela étant dit, moins de quatre semaines nous séparent du jugement suite au procès pour « blasphème » intenté à Philippe Val par les islamistes d’Arabie et par leurs antennes « françaises ».
Là, nous sommes sans réserve aux côtés de Philippe Val.
 
À chacun son fond de sauce commun. Ce procès qui dépasse sa personne nous concerne tous car il s’agit ni plus ni moins que d’accorder à l’Islam un privilège exorbitant, refusé aux autres religions : l’inscription du crime de blasphème au code pénal d’une république laïque, donnant ainsi une assise légale à la censure sur tout ce qui se dit, s’écrit, se dessine ou s’enseigne, non seulement au sujet de l’islam, mais aussi sur tout ce qui n’est pas conforme à la religion et la culture musulmane.
Ça nous vaudra un nombre incalculable d’interdits.
 
Nous attendons avec angoisse le verdict de nos magistrats.
Dans quelques semaines, nous saurons si la France est encore une démocratie dans laquelle s’exerce la liberté absolue de conscience, d’expression et de critique, ou si notre pays dont les rois avaient su et osé remettre les papes à leur place, celle du spirituel, capitulera devant les réseaux islamistes les plus obscurantistes, les plus attentatoires à la dignité des hommes et des femmes.
Bonne et heureuse année 2007, Philippe Val.

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