Combattre l’idée que l’état Juif ne serait pas légitime et gagner la bataille de l’opinion publique

Publié le par Ofek

Sénateur John Mac Cain, Républicain de l’Arizona | 7ème Conférence d’Hertzlyah | Traduit par Albert Soued, www.chez.com/soued/conf.htm
 
 
Merci de m’avoir invité à parler devant vous à cette conférence. Ce « nouveau sommet » est d’une importance majeure et, de mémoire récente, il est difficile de trouver une époque où Israël a fait face à autant de défis pour sa sécurité.
Dans le passé l’état d’Israël a subi des temps difficiles, ce qui était pour lui la norme plutôt que l’exception.
 
Souvenons-nous, depuis son indépendance, Israël a subi l’invasion de 1948, la Guerre des 6 Jours, la guerre du Kippour, la 1ère guerre du Liban, 2 Intifadas et récemment la 2ème guerre du Liban.
Il n’y a aucun pays au monde qui ait subi en si peu de temps autant de défis à son existence. Survivre dans ces conditions est déjà impressionnant, prospérer serait hors de question pour un autre pays.
Et Israël est florissant. Je voudrais néanmoins préciser que l’Amérique y a contribué, puisque ce pays est son allié et son partenaire naturel.
 
Or les épreuves continuent avec le Hamas, le Hezbollah et l’antisémitisme envahissant des médias arabes, la dure violence en Irak et ailleurs et les viles menaces émises régulièrement par le président Iranien.
Mais Israël survivra, comme il a prospéré face aux armées et aux terroristes ; comme il a prospéré avec les voisins les plus dangereux au monde, il réussira à écarter les menaces d’aujourd’hui.
Et comme il y aura toujours un Israël fort et fier, il y aura toujours des relations étroites et durables entre Israël et les Etats-Unis.
Je voudrais consacrer quelques minutes pour préciser ce que seront ces liens futurs entre les deux pays, selon moi.
 
Je commencerai par l’évidence : il n’y aura jamais de compromission quant à la défense d’Israël. Je sais qu’à cette Conférence on a discuté de la possibilité d’une plus grande coopération avec l’Otan. Je soutiens ces aspirations.
Une démocratie amie sous siège devrait même appartenir à l’organisation de défense la plus efficace du monde.
 
En même temps, je voudrais qu’il n’y ait pas de doute quant à la position américaine, même en dehors de l’Otan.
Devant l’accroissement des menaces sur la sécurité d’Israël, le soutien américain devrait s’intensifier, par la fourniture de l’équipement militaire et de la technologie nécessaires, afin d’assurer à Israël la supériorité qualitative sur le plan des armes.
Les ennemis d’Israël sont trop nombreux, la marge d’erreur possible trop faible et les intérêts communs et les valeurs partagées trop importants pour qu’il en soit autrement.
 
La puissance israélienne sera mise à l’épreuve.
L’état parrain du terrorisme international, l’Iran se définit par son hostilité à l’égard des Etats-Unis et d’Israël.
 
Il est tragique que des millénaires d’une Perse digne et fière se terminent dans un pouvoir qui enlève toute qualité « de civilisé » à ce pays.
Quand le président Iranien appelle à l’effacement d’Israël de la carte du monde et demande un univers sans sionisme, ou suggère que la population juive retourne en Europe, ou assimile l’holocauste à un mythe, il est clair que nous sommes face au Mal personnifié et devant un régime dangereux.
 
La poursuite par l’Iran du projet nucléaire est un risque que nous ne pouvons accepter.
Protégé par un arsenal nucléaire, l’Iran intensifiera sans frein son parrainage de la terreur dans le monde, pour éliminer ses ennemis.
Son mépris envers le traité de non prolifération nucléaire qu’il a signé rend ce traité obsolète et induit des pays comme la Turquie, l’Egypte, l’Arabie et d’autres à revoir leur situation de défense.
Les pays modérés du Golfe devraient s’adapter à cette nouvelle réalité et le monde vivrait indéfiniment avec la menace que Téhéran pourrait transférer des armes nucléaires à des organisations terroristes.
Couplé avec son arsenal balistique, un Iran nucléaire serait une menace immédiate et mortelle pour l’état d’Israël.
 
Le Conseil de Sécurité de l’Onu doit imposer des sanctions politiques et économiques plus sévères.
 
S’il continue à traîner les pieds, les Etats-Unis devraient mener un groupe de pays ayant les mêmes intérêts à imposer des sanctions multilatérales, en dehors de l’Onu.
L’Iran doit importer du pétrole raffiné, ce qui le rend très vulnérable.
Des pays tels que la Chine ou la Malaisie qui ont signé des contrats pour développer le pétrole iranien et la Russie qui fournit des systèmes d’armements à Téhéran devraient comprendre que la menace iranienne sera un sujet critique dans leurs relations bilatérales avec l’Amérique.
Entre temps, les Etats-Unis devraient vérifier si ces contrats ne violent pas les clauses de l’"Iran Freedom Support Act" de l’an dernier (loi pour le soutien de la liberté en Iran votée par le Congrès).
 
Les Etats-Unis devraient appeler le secteur privé à désinvestir en Iran, comme cela a déjà été suggéré dans cette Conférence.
On peut persuader les individus, les fonds de pension, les institutions financières à désinvestir des sociétés travaillant avec l’Iran. On peut isoler et rendre illégitime un gouvernement hostile.
Et comme nous l’avons fait pour l’Afrique du Sud, on peut mener une campagne au sein du pays, pour savoir si les investissements sont utiles au peuple iranien ou servent seulement à enrichir l’élite au pouvoir.
On devrait aussi rassurer les millions d’Iraniens qui aspirent à l’auto-détermination en soutenant leur désir de liberté et de démocratie.
On devrait de même transformer ce soutien en action concrète.
 
Et toutes les options doivent être examinées, l’action militaire n’étant qu’un dernier recours, après avoir épuisé la voie diplomatique.
 
Mais soyons réaliste, il y a une seule option pire que la solution militaire, c’est mes amis, un Iran nucléarisé.
Ce régime Iranien doit comprendre qu’il ne peut pas sortir gagnant d’une confrontation avec le monde.
 
De même les dirigeants du Hamas doivent être isolés.
Le peuple palestinien n’est pas bien servi par un gouvernement terroriste qui refuse de reconnaître à Israël le droit d’exister, refuse de dénoncer la violence et refuse de reconnaître les accords de paix déjà signés.
Les Etats-Unis ne peuvent avoir des relations normales avec un tel gouvernement, qui délibérément incite à tuer des civils innocents, afin de terroriser toute la population juive.
 
Les derniers pourparlers entre le 1er ministre Ehoud Olmert et le président Abbas sont encourageants et nous devons soutenir ces efforts.
Mais d’un autre côté, nous devons être sûr que le peuple Israélien puisse vivre en paix, en attendant que les chefs Palestiniens s’engagent réellement dans la voie de la paix.
 
Aucune nation civilisée - ni Israël, ni les Etats-Unis -- ne peut permettre à des terroristes de définir l’avenir politique de son peuple.
Et nous ne pouvons pas aider le peuple palestinien, si cela signifie que nous devons accepter une bande de terroristes qui a réussi à prendre le pouvoir à cause du désespoir d’un peuple.
 
Pour continuer dans la terreur, il faut parler du Hezbollah.
Les chances d’Israël d’avoir une paix durable avec le Liban, c’est qu’il y ait un seul pouvoir dans ce pays. Sans milices privées, sans combattants du Hezbollah, sans armes ni équipements parvenant de Syrie pour alimenter le Hezbollah.
 
Pourtant ni l’armée Libanaise, ni les forces de l’Onu ne sont prêtes, ni ne veulent désarmer le Hezbollah.
Tant que cette situation durera, la trêve actuelle ne peut servit qu’à réarmer le Hezbollah.
Mais il n’y a qu’une solution, à brève ou longue échéance, le Hezbollah doit être désarmé.
 
Maintenant un mot de l’Irak.
Nous avons fait beaucoup d’erreurs dans cette guerre, et Washington et Bagdad ne sont pas d’accord sur les mesures de correction à faire.
La situation est chaotique et la tentation est de nous en laver les mains.
 
Mais si nous le faisons, nous allons à la catastrophe, nous, l’Irak et Israël.
Un départ précipité mènera à une guerre civile et l’émergence d’un état raté au sein du Moyen Orient.
Il entraînerait l’intervention d’états voisins et une guerre régionale de grande envergure.
 
Nous devons empêcher cela à tout prix, c’est-à-dire renforcer nos troupes à Bagdad et dans la province d’Anbar, tenir responsable le gouvernement Al Maliki de tous les objectifs politiques et économiques convenus, et demander des comptes aux voisins de l’Irak qui y attisent le feu.
C’est notre dernière chance ou espoir de sauver la situation dans ce pays.
 
Je conclurai en notant qu’il y a eu récemment de longs débats non seulement autour de la promotion de la démocratie dans notre politique étrangère, mais aussi sur la sagesse de l’orientation pro-israélienne de l’Amérique. On n’a rien compris.
 
Le lien entre Israël et l’Amérique n’est pas seulement stratégique.
En fait nos liens profonds sont d’ordre moral, deux démocraties dont l’alliance est forgée de valeurs communes ; il n’y a pas un conflit de loyauté à être profondément pro-israélien ou pro-américain.
Il s’agit de défendre des principes qui sont chers aux 2 pays.
C’est pourquoi aujourd’hui, nous tous, nous sommes fièrement pro-Américains et fièrement pro-Israéliens.

Publié dans Israël

Commenter cet article