Et le monde se tait... (suite)

Publié le par Ofek

Chaque victime augmente la douleur sur laquelle il faut s'apitoyer.
Il convient cependant de conclure qu'il n'y a pas de plus grande escroquerie que celle qui revient à caractériser de « génocide » les actions israéliennes à l’encontre contre les Palestiniens.
Et pourtant, les mots associés à « génocide » et « Israël » dans les moteurs de recherche sur l'Internet nous renvoient 13 millions 600 000 réponses.
Essayez de taper « Soudan » et « génocide » et vous n’obtiendrez qu’environ 9 millions de réponses.
En d'autres termes, ces chiffres ne font que débusquer cette grande escroquerie.
 
L'occupation n'est pas éclairée, mais elle n'est pas brutale
 
Autre fait : depuis la Seconde Guerre mondiale, le conflit israélo-palestinien a causé un nombre de victimes relativement faible, mais il a pourtant donné lieu à de nombreuses publications hostiles à Israël dans la presse et dans les milieux universitaires du monde entier.
 
Au moins un demi million d'Algériens ont trouvé la mort durant l'occupation française.
Un million d'Afghans ont trouvé la mort lors de l'occupation soviétique.
Des millions de musulmans et Arabes ont été tués et massacrés par les musulmans eux-mêmes.
Et le monde entier connaît Mohammad Al-Dura (dont la mort est regrettée par tous, même si le doute plane sur la provenance des tirs).
 
Il est possible, autorisé et même légitime de critiquer Israël.
Tant que les critiques ne sont pas disproportionnées, exagérées, obsessionnelles, antisémites à mots couverts, de manière à fournir un prétexte légitimant le génocide de millions d'individus.
 
L'occupation n'est pas éclairée et ne peut être éclairée.
Mais si nous devions créer une échelle classant les « occupations brutales », Israël sera en dernière place sur cette échelle. C'est un fait et non une opinion.
 
De plus, peut-on imaginer quel aurait été le destin des Palestiniens si leurs voisins avaient été Iraqiens au lieu d’être Israéliens ?
Ou s’ils avaient été occupés par l’armée soudanaise, ou française, ou soviétique ?
Nous pouvons supposer, en toute connaissance de cause d’après ce que démontre cet article, que les Palestiniens auraient été victimes, au pire, d'un massacre, d'une épuration, et, dans le meilleur des cas, d’un exil.
 
Mais leur grande chance est de se trouver sous occupation israélienne.
Eh bien, même s’il convient de préciser qu’aucune occupation ne peut être éclairée, qu’il est toujours licite de pouvoir critiquer Israël –, cette occupation a provoqué peu de victimes (il y a d'autres préjudices comme celui des réfugiés mais ce sujet sera traité dans un chapitre à part).
 
La moralité de l'image télévisuelle
 
La question reste entière : pourquoi l'image d’Israël dans le monde va-t-elle à l'encontre de ces faits ?
Pourquoi n'y a t-il pas de relation réelle entre les faits, les chiffres et la représentation démoniaque d'Israël ?
 
Il y a de nombreuses réponses. L’une d'entre elles relève de la morale occidentale, devenue aujourd'hui la morale des écrans télévisés.
En effet, si un terroriste palestinien, ou un membre du Hezbollah lancent une roquette à l'intérieur d'un quartier habité par des civils, et qu’Israël réagit en tirant – et ainsi provoque la mort de deux enfants - les titres et les articles de journaux dans le monde s'élèvent tout de suite contre Israël et le traitent de « tueur d'enfants ».
Mais si des villages soudanais sont littéralement rasés, ou si une ville de Syrie est entièrement anéantie, il n'y aura aucune caméra de télévision pour couvrir l'événement.
 
Ainsi, conformément à la morale propagée par les télévisions, José Saramago et Harold Pinter signent la pétition qui stigmatise Israël comme un « criminel de guerre » qui « massacre un peuple ».
 
Il est clair que ces gens n'ont pas lu la convention de Genève.
Ils ignorent qu’Israël est tout à fait autorisé, selon cette convention (protocole 1, paragraphe 52.2), à lancer des actions isolées contre des cibles militaires qui provoquent la mort de civils.
 
Et comme ces personnalités sont absorbées par ce qu'elles voient et entendent à la télévision, elles ne pourront avoir aucune velléité de signer ni de pétitionner contre les massacres perpétrés par des musulmans contre d'autres musulmans. Massacre au nom du massacre. Tout leur est permis.
 
L'écran télévisé est une tragédie pour les Arabes et les musulmans eux-mêmes.
A cause de lui, Israël paie un prix élevé ; mais les Arabes et les musulmans sont les vraies victimes du petit écran. Car, tant que la télévision propagera cette morale, les Arabes et les musulmans continueront d’en être les victimes.
 
Conclusion
 
Certains disent que les pays arabes et musulmans sont exempts de critique car ils ne font pas partie des pays démocratiques ; par contre, Israël, pays démocratique, doit y être continuellement exposé.
Cette idée, orientaliste dans toute sa splendeur, revient à traiter les musulmans et les Arabes d’enfants débiles et irresponsables.
Ils ont le droit, donc. Il ne s'agit pas que d'orientalisme mais aussi de racisme.
 
Les Arabes et les musulmans ne sont pas des enfants débiles et irresponsables.
Nombreux parmi eux le savent et l'écrivent.
Ils savent aussi qu'une dénonciation de l’auto-escroquerie et qu’une autosensibilisation pourront les mener à un vrai changement.
Ils savent aussi que tant que l'Occident les considérera avec inégalité et irresponsabilité, cette approche raciste leur nuira et alimentera les massacres tournés contre eux-mêmes.
 
Le génocide qu’Israël ne pratique pas est une calomnie qui vient cacher le vrai génocide : celui qui est passé sous silence, celui que pratiquent les musulmans et les Arabes contre eux-mêmes.
Il faut mettre un terme à cette calomnie, afin que la réalité voie le jour.
C’est dans l'intérêt des musulmans et des Arabes.
Israël paie au prix fort, par le sang, cette escroquerie.
S'il existe encore un sens moral en ce bas monde, alors, il est dans l'intérêt de tous ceux qui conservent ce sens moral de réagir.
Si cela se réalise, alors, ce sera une petite bonne nouvelle pour Israël et une nouvelle encore meilleure pour les Arabes et les musulmans.
 
 
Ben-Dror Yemini est le rédacteur en chef du quotidien Maariv
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