Il faut adopter une autre stratégie

Publié le par Ofek

Israël Harel émet une analyse intéressante mais qui pour moi ne sera pas assez persuasive face aux énergumènes qui nous servent d’ennemis.
Permettez-moi de vous proposer une autre alternative avant de vous laisser lire le point de vue de Harel.
Les palestiniens nous réclament 1 400 prisonniers qui ne sont pas en prison par hasard et dont la place aurait été six pieds sous terre s’ils avaient eu à faire à un autre pays qu’Israël ; sans aller jusqu’à prendre l’exemple de la Russie ou de la Chine, ou pourrait aisément penser à la France ou à tout autre pays dit civilisé.
1 400 prisonniers donc.
Eh bien la logique voudrait que face à un tel chantage on leur réponde que s’ils estiment que la vie de Guilad vaut celles de 1 400 palestiniens, non seulement on ne va pas faire la folie de remettre en liberté 1 400 sauvages qui ne manqueront pas de provoquer de nouvelles victimes comme les expériences passées nous l’ont déjà prouvé, mais que nous allons procéder à une opération militaire consistant à ramener Guilad au pays et que si cela doit coûter la vie à 1 400 palestiniens ce n’est que le juste prix !
Et si, comme c’est malgré tout probable avec une telle bande de lâches, ils décident d’exécuter Guilad, d’une part il ne sera pas mort pour rien, ensuite dans l’avenir ils se diront peut-être qu’enlever un israélien équivaut à se tirer une balle dans la jambe et que le prix à payer dépasse largement le bénéfice d’une telle aventure.
Il y a fort à parier que ce genre de méthode ne risque pas de voir le jour, et on assiste même au processus inverse.
La prise d’otages a de beaux jours devant elle.
 
 
A la faiblesse dont fait preuve Israël, chaque otage devient un capital stratégique entre les mains de l’ennemi. Les prix exorbitants et exagérés qui ont été payés à plusieurs reprises, comme par exemple, pour Elhanan Tennenbaum, ont procuré au Hamas et au Hezbollah une force qu’ils n’auraient jamais pu atteindre autrement.
Cette leçon fort claire n’a inspiré que partiellement le forum dirigé par le Premier ministre et le ministre de la Défense, qui a discuté avant hier de la libération de centaines de terroristes dont des assassins, en échange de la libération de Guilad Shalit. Le Hamas a exagéré dans ses exigences, une annonce a été faite, mais les négociations continueront.
Tous les précédents prouvent qu’après que le Hamas aura retiré une de ses exigences de la liste, comme la libération des Arabes israéliens, la liste sera toujours pratiquement semblable à celle initialement présentée. Même Eitan Haber, le bras droit d’Itshak Rabin, l’architecte de l’affaire Djibril (dans le cadre de laquelle 1 115 terroristes furent libérés et un grand nombre d’entre eux récidivèrent et assassinèrent des Israéliens et provoquèrent l’Intifada), a déclaré que cette fois encore, nous risquons de nous exposer à des risques considérables et mortels.
La député Zeava Gallon est d’avis que la vie prime sur tout. En effet, mais dans ce cas, pour donner priorité à la vie, le gouvernement doit rejeter ses conseils et ne doit surtout pas céder au Hamas, car une partie des prisonniers récidiveront sans aucun doute et programmeront et commettront de nouveaux attentats. Si cette logique qui a fait ses preuves avait guidé Gallon et ses semblables, les anciens chefs de l’Etat n’auraient pas décidé de libérer des terroristes en quantité et nous aurions pu éviter d’attiser la motivation de ceux qui ont pris Shalit et d’autres soldats en otages.
Dans un discours prononcé pour préparer le public à des concessions de grande envergure, Amir Péretz, le ministre de la Défense, a dit que les décisions du gouvernement prouveront à chaque soldat que s’il était fait prisonnier, l’Etat «ferait tout pour le ramener chez lui» L’expérience du passé prouve que la libération de centaines de terroristes en échange du soldat retenu en otage à Gaza, intensifiera, et ne réduira certainement pas, les attaques contre d’autres soldats et encouragera de nouvelles prises d’otages. Israël a appris au Hamas et au Hezbollah que c’est le moyen le plus efficace de faire plier l’Etat Juif.
Au 13ème siècle, le Maharam de Rotenburg, le plus grand rav ashkénaze de l’époque, fut enlevé et une énorme rançon fut exigée en échange de sa libération. La rançon fut bien sûr rassemblée, mais le Maharam interdit de payer. «Mais que faites-vous du commandement de libérer les otages ?» demandèrent les chefs des communautés. «Il ne faut pas dépasser la valeur» dit le Maharam. «Et comment l’évaluer ?» «En considérant que le paiement d’une rançon exagérée entraînera d’autres enlèvements» Depuis, jusqu’à l’affaire Djibril, alors qu’Israël avait une importante et puissante armée, cet usage fut respecté.
Ni la compassion pour Shalit et sa famille, ni une considération pour l’opinion publique, qui a été manœuvrée pour adopter une position de faiblesse, ne doivent influencer les preneurs de décisions. Il leur faut adopter la stratégie de «galout», qui est le contraire de la stratégie gouvernementale en cours, selon laquelle un otage devient un capital stratégique entre les mains de l’ennemi.
Et si en adoptant cette position, le Hamas retenait Shalit une année encore ou même plus, avec toute la compassion pour la souffrance endurée par la famille et par le jeune soldat, c’est le prix qu’il faut payer pour empêcher de futures prises d’otages.
Le destin de ceux qui risquent d’être atteints dans l’avenir prime sur le destin d’un seul individu qui souffre, en effet, mais dont la vie sera assurée, à la condition que les Juifs se souviennent que contrairement au 13ème siècle, ils ont à présent un Etat et une armée.
Si ceux qui ont enlevé Shalit et ceux qui leur en ont donné l’ordre savaient que s’ils osaient toucher à Shalit, ils se feraient trancher les mains, ils n’oseraient pas lui faire de mal. Israël a le pouvoir de faire comprendre aux responsables, à leur organisation et au Hamas que c’est ce qu’il fera si cela arrivait. C’est un moyen de plus de mettre un terme au cycle infernal d’enlèvements et de prix illogiques payés en échange de la libération d’otages.
 
Israël Harel – Lire sur : Arouts 7

Publié dans Terrorisme

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