L’Europe est en plein effondrement moral

Publié le par Ofek

 
 
À force de pratiquer le relativisme de ne plus faire la distinction entre le bourreau et la victime, la démocratie et la dictature, la liberté et la servitude, l’Europe d’aujourd’hui présente un spectacle pitoyable.

Nous allons vers un effondrement démographique sans précédent. Mais de quoi parle-t-on ? De l’effet de serre et des possibilités de ralentir ou d’arrêter une croissance économique déjà poussive.
Nous sommes dans une guerre mondiale. Mais qu’en dit-on ? Dès lors que cette guerre ne ressemble pas aux précédentes, qu’elle se mène en réseaux, repose sur le terrorisme et l’intimidation, on nie son existence, on fait du défaitisme préventif, on adopte le langage de l’ennemi, on relaie sa propagande et on lui fait la cour, en espérant un peu de mansuétude.

Les attentats de Madrid ont montré la façon dont on réagit en Europe face à la violence islamiste : on se couche et on implore aux fins d’être épargné en bredouillant « la paix, la paix ».
Quand des journalistes français ont été pris en otage en Irak, voici des mois, on est entré dans un processus de négociation accompagné, de gestes d’apaisement vis-à-vis des kidnappeurs, et du versement d’une forte rançon.
Discernant que c’est une activité rémunératrice, d’autres kidnappeurs au Proche-Orient, en Afghanistan ou au Sahara ont pris des Italiens, des Allemands et quelques autres et ont obtenu les sommes escomptées.

Le gouvernement Prodi a même fait pression sur Hamid Karzaï pour qu’il relâche des meurtriers talibans, car c’est, en supplément de l’argent, ce qu’exigeaient ceux qui s’étaient emparés d’un homme dont Prodi voulait obtenir la libération.
L’enlèvement de quinze soldats britanniques au sud de l’Irak par un groupe d’Iraniens khomeynistes s’est inscrit dans la suite logique de tout cela. On ne voit pas pourquoi le régime des mollahs se serait gêné.
 
Prendre des Européens, c’est facile, même quand il s’agit de soldats (les soldats venus d’un continent en voie d’euthanasie sont rarement dangereux), cela paie très bien, cela constitue un moyen d’échange si on veut obtenir quelque chose ou quelqu’un, et on peut même se payer le luxe d’humilier ceux dont on s’empare et de les utiliser comme des marionnettes à des fins de propagande. Que dis-je ? On peut, encore plus fort, aller jusqu’à obtenir que les chaînes de télévision d’Europe diffusent docilement les images de propagande.

Je ne sais quelles concessions et compromissions ont été nécessaires à la libération des quinze soldats.
Ce qui semble évident est qu’il y a eu un prix à payer, et que ce prix est allé de pair avec des concessions dont on mesurera la pleine ampleur dans les prochains jours.
Ce qui semble plus évident encore est que les médias de toute l’Europe se sont conduits en complices en diffusant les vidéos de propagande venues de la télévision iranienne, et ont placé sur le même plan les déclarations de Tony Blair, dirigeant politique d’un pays démocratique, et celles des crapules totalitaires de Téhéran.

Ce qui crève les yeux est que les soldats anglais capturés n’ont fait preuve d’aucune dignité, puisqu’ils ont accepté de dire les mensonges qu’on leur demandait de dire et de jouer la comédie qu’on leur demandait de jouer.
Ce qui crève les yeux davantage encore est que, chez des gens qui ne respectent que la force et qui méprisent la faiblesse, tout cela laissera des traces aux conséquences dévastatrices.

Les dirigeants européens clament que l’Europe est « civilisée » : après avoir été la matrice des totalitarismes du XXe siècle, elle a fait repentance en s’enlisant dans le masochisme et l’autodestruction. Elle se transforme peu à peu aujourd’hui en paillasson sur lequel les barbares du XXIe siècle s’essuient les pieds.
 
L’effondrement démographique dans lequel nous sommes est vraisemblablement irrémédiable parce qu’il va de pair avec un effondrement moral. C’est révoltant. C’est lamentable.
Je n’ai de peine que pour tous ceux qui discernent ce qui se passe avec lucidité, et qui assistent, impuissants, au naufrage de ce que l’Europe a pu porter de plus noble et qui, bientôt, n’existera vraisemblablement plus sur ce continent.
 
L’idée de liberté et de dignité de l’être humain est née en Europe. Elle y est morte une première fois, entre nazisme et léninisme. Elle est en train de mourir une seconde fois, et, cette fois, ce sera sans doute la dernière.
 
Guy Millière – A lire sur : Les 4 vérités

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