Juifs de France, réjouissez-vous : le profanateur de tombes juives n’a pas agi par racisme !

Publié le par Ofek

 
De singe à présentateur de JT en France, il n'y qu'un pas.
 
Il est 13h, ce jeudi 19 avril. Comme chaque jour, en déjeunant, je regarde le JT de France 2.
 
Et soudain, dans le flot monotone de nouvelles, majoritairement peu réjouissantes, voire carrément effrayantes, que déverse l’actualité, mon oreille exercée détecte et enregistre le message suivant, prononcé d’un ton neutre par la sympathique présentatrice, Françoise Laborde :
 
« La police a placé en garde à vue l’homme qui aurait profané cinquante et une tombes du cimetière de Lille.
Il s’agit manifestement d’un marginal isolé qui n’aurait pas forcément agi pour des motifs racistes. »
 
Joie ! Pleurs de joie ! Et moi, mauvaise langue, qui croyais, dur comme fer, que saccager des tombes juives était une marque d’antisémitisme (je préfère cette dénomination à celle de racisme, trop amalgameuse à mon goût) !
 
En un instant me voici déniaisé et même – je l’avoue - honteux. C’est vrai, quoi, comment ai-je pu succomber à la « paranoïa typiquement juive », comme ils disent, qui pousse l’israélite à voir de l’antisémitisme partout ?
 
Soudain, à l’instar du célèbre inspecteur Bourrel - héros d’une ancienne, mais célèbre série d’enquêtes policières – qui, vers la fin de chaque épisode, s’écriait en se frappant le front : « Bon Dieu ! Mais c’est… bien sûr ! », pour indiquer qu’il venait de comprendre qui était l’assassin, moi, je venais de découvrir que le profanateur de tombes juives n’était qu’un pauvre citoyen sous l’empire de l’alcool.
 
Rappelons que
"cinquante-et-une tombes du carré juif du cimetière de Lille-Sud avaient été dégradées - certaines renversées, d'autres brisées - la veille de la Pâque juive".
Ceci selon une dépêche de presse, qui croit utile de préciser (sans malice, semble-t-il) :
"mais aucune inscription n'avait été découverte sur place".
Preuve indirecte, sans doute, du caractère 'neutre' de cette profanation, comme semble le confirmer le commentaire qui suit :
 
"Selon des sources proches de l'enquête… on s'orienterait vers « une affaire de droit commun », sans autre précision."
Du coup, cet article 'révélateur' m'emplit d'un sentiment de honte rétrospective. Si l’on m’avait expliqué les choses de cette manière, me dis-je, je n’aurais certainement pas conféré à cette " affaire de droit commun " un caractère hostile aux Juifs.
Pourtant – conséquence néfaste, sans doute, de ma propension à l’étude des débats talmudiques, qui apprennent au Juif à ne pas trop vite prendre pour argent comptant les affirmations les plus évidentes en apparence -, je me prends à douter.
 
Le "carré juif", c’est un peu le shtetl (ou, si l’on préfère, le 'ghetto') mortuaire des Juifs. Je veux dire par là qu’il constitue une sorte de "corpus separatum" dans les cimetières pour tous, avec l’effet de masse qui en découle inévitablement.
 
Tout ceci pour faire remarquer qu’il paraît difficile, même à un ivrogne, de ne pas s'apercevoir que les monuments funéraires juifs sont, comme les défunts qui y reposent, différents des autres.
 
Pour en savoir plus sur la possibilité que notre ivrogne n’ait pas vu cette différence, il faudrait, bien sûr, avoir accès au contenu de sa déposition.
 
Mais qu’importe, après tout.
 
Ce qui devrait étonner, ou mieux - pour filer la métaphore de l’ivresse – 'étourdir' tout un chacun, c’est de constater que l’absorption régulière de doses euphorisantes du déni des actes malveillants, dont les Juifs, et même leurs défunts, sont la cible, fait 'tituber' le jugement des autorités responsables de ces minimisations, et celui des journalistes qui, en les diffusant largement, sans la moindre prise de distance critique, contribuent à l’indifférence croissante de la population française et du monde au sort des Juifs, quoi qu’il leur arrive.
 
 
« qui n’aurait pas forcément agi pour des motifs racistes… »
 
Le plus grave, c’est que cette journaliste ne fait que reprendre les propos du procureur de la république qui au lieu de plaider à charge (comme c’est son rôle) est déjà en train de dédouaner l’auteur « présumé », autant dire que pour la défense c’est déjà dans la poche !
Ça rappelle la réaction Primaire du procureur dans l’affaire Halimi qui avait voulu nous faire gober le même genre de sornettes !
Sur tout un cimetière, détruire tout le carré juif et laisser toutes les autres tombes intactes ne peut être que le fruit du hasard pour des esprits qui arrivent à admettre que la création entière, la nature dans sa précision et sa complexité, sont le fruit du même hasard.
Ces mêmes esprits pensent également descendre du singe et que l’univers est né d’une explosion (ce qui implique qu’il y avait de la matière à exploser, donc qu’il y avait une création avant l’ « explosion »), ils ne sont donc pas à une énormité près !
 
Ofek
 
 
Deux poids deux mesures selon que vous serez mort juif ou musulman...
 
Etrange tout de même : un "ivrogne", d'origine "maghrébine" apprend-t-on sur RTL le vendredi 20 avril au matin, vandalise en début de semaine 50 tombes juives à Lille et toute la classe politico-médiatique adopte le langage convenu des polices arabo-musulmanes lorsque, à la suite d'une agression en Egypte, en Algérie ou ailleurs, elles font tout de suite état d'un diagnostic médical considérant constamment et mécaniquement ces actes comme étant l'oeuvre de "déséquilibrés". Par contre, lorsqu'il s'agit de la profanation de tombes musulmanes tout change...

SOS racisme et d'autres officines, s'offusquent immédiatement, en appellent mécaniquement au racisme à la mobilisation dénoncent un climat "électoral délétère", bref, montrent du doigt non seulement Le Pen mais aussi Sarkozy puisqu'en parlant de "climat électoral" les agitateurs patentés de ces officines savent ce qu'is veulent faire passer comme message...depuis que Sarkozy a eu le "malheur" de parler d'identité nationale et d'immigration.

Et là, pour cette dernière profanation, il n'est pas question d'ivrogne, de déséquilibré, on attaque bille en tête dénonçant un "ennemi de l'intérieur" pour paraphraser quelqu'un qui aime bien, lui, les moutons dans les baignoires ; le fait que parmi toutes les attaques anti-racistes de l'année 2006 les actes antisémites arrivent en tête n'effleurent évidemment pas nos savants qui ont de toute façon l'excuse en bouche bien trouvée, celle du conflit judéo-arabe ; on pourrait rétorquer que la mise à mort, par centaines, d'irakiens, d'afghans, de soudanais au Darfur, effectuée par des prétendants de l'islam radical, le fait que dans certains quartiers les "autochtones" baissent les yeux et rasent les murs lorsqu'ils croisent des bandes de jeunes trublions qui se déhanchent comme sans doute les S.A le faisaient dans les années 30, sont autant de facteurs qui peuvent également expliquer les actes de certains... Mais non, l'analyse se fait d'un côté : lorsqu'il s'agit d'un acte islamiste ou antisémite c'est nécessairement d'origine sociale ou éthylique, lorsqu'il s'agit d'un acte anti-musulman c'est nécessairement raciste et sarkoziste puisque Sarkozy s'est "lepenisé" selon Robert Badinter...

Voilà où nous en sommes au Frankistan.
 

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