« Islamophobie » du bon vieux temps
Jean-Paul de Belmont © Primo-Europe, 20 septembre 2006.
Qui a dit :
« Le Coran enseigne l'attaque à ses fidèles, nous enseignons aux nôtres la paix.
Bien sûr, la nature humaine est capable de déformer n'importe quelle parole religieuse.
Mais si certains de nos fidèles se laissent égarer par leurs vices et leurs mauvaises pratiques, le christianisme aspire à la paix et à l'amour.
I’Islam est une religion agressive.
A force d'enseigner l'agression à toute une communauté, on finit par flatter les penchants négatifs de chacun de ses membres.
Et l'on sait très bien à quoi cela mène : ces gens-là finiront par s'en prendre à nous. »
Non, ce n’est pas Benoît XVI qui décrivait ainsi « la religion de paix et de tolérance ».
Non, il s’agit de celui que certains islamophiles semblent regretter, … son prédécesseur Jean-Paul II, lors d'une visite à l'usine Olivetti d'Ivrea, en Italie, en1980 ! (1)
Un an plus tard, l’islamisme politique naissant sembla s’en souvenir et perpétra un attentat contre le Saint-père en armant le bras du Turc Ali Agça.
Mais qui se souvient d’un tollé médiatique autour de ces déclarations ?
Bien entendu personne et en 1980 aucune rotative ne s’était emballée pour les reporter.
En 1980, nous étions à l’acmé de la guerre froide et c’est la confrontation Est-ouest qui retenait l’attention des observateurs géopolitiques et qui préoccupait les habitants de la planète.
Le communisme semblait avoir de longues décennies devant lui et ne laissait place à aucune autre idéologie de substitution.
Les « idiots utiles » de l’époque descendaient dans la rue en vociférant « Plutôt rouge que mort ! ».
Leurs enfants qui défileraient, 25 ans plus tard, pour le droit au port du voile ou pour prôner le multiculturalisme, étaient encore dans leurs landaus ou pas encore conçus.
En 1980, Internet n’existait pas et les moyens d’information n’avaient pas atteint ce don extrême d’immédiateté qu’ils ont acquis aujourd’hui.
Le téléphone portable, non plus, avec sa capacité à faciliter rassemblements et émeutes.
En 1980, la révolution islamique iranienne n’avait qu’un an.
Embryonnaire, elle avait déjà ses ambitions d’exportation idéologique.
Mais elle attendait la conjonction d’événements internationaux et le remodelage du paysage géopolitique international pour s’engouffrer dans les brèches qui apparaissaient et dont la majeure fut la chute du mur de Berlin.
Depuis, tout est devenu possible pour les barbus racistes, misogynes, pervers, égorgeurs, falsificateurs, fourbes, tartuffes, et somme toute ennuyeux :
Les « idiots utiles » sont toujours là, aussi idiots que leurs augustes aînés, aussi utiles pour Al Qaïda que leurs géniteurs pour Leonid Brejnev.
Et leurs banderoles « Plutôt musulman que mort ! » sont prêtes.
Les moyens de communication modernes permettent de lever des foules hystériques et désoeuvrées en quelques heures.
Et l’une des grandes nations européennes a un Président persuadé des vertus de la négociation avec l’Iran nucléaire.
Pourquoi se gêner ?
(1) « Histoire secrète du Mossad » de Gordon Thomas. Editions " Nouveau monde", pages 276, 278 et 279.