Liban - Vol en piqué sur les français

Publié le par Ofek

Pierre Lefebvre - Primo Europe, 9 Novembre 2006

 

 

L’ambassadeur d’Israël Daniel Shek était convoqué ce matin au quai d’Orsay.

 

Le ministre des Affaires étrangères, M. Philippe Douste-Blazy, lui a « fait part de notre grave préoccupation face à la poursuite des survols israéliens du territoire libanais ».

 

 

Le ministre « a rappelé que nous étions passés très près d’un grave incident le 31 octobre lorsque des avions israéliens ont effectué des piqués au dessus du bataillon français de la Finul ».

 

« M. Douste-Blazy a marqué qu’il est essentiel que les autorités israéliennes fassent cesser de tels actes », a poursuivi le porte-parole Mattéi.

 

 

La ministre française de la Défense Michèle Alliot-Marie a jugé mercredi qu'il n'était « pas tolérable que des F15 israéliens se soient présentés en piqué sur les troupes françaises postées au pays du Cèdre ».

 

(Une enquête de la Mena montre que le fait attribué aux avions israéliens n'est pas avéré, non plus que les servants des missiles aient enlevés les caches de leurs coûteux matériels lire)

 

 

Pendant que Douste Blazy recevait l’ambassadeur afin de lui faire part de son mécontentement, des avions de combat israéliens « violaient » à nouveau l'espace aérien libanais.

 

Ils ont survolé espièglement Naqoura et Tyr, dans le sud du Liban, et Baalbek, dans l'est. Baalbek, dans la vallée de la Bekaa, est l'un des fiefs du Hezbollah en même temps que le lieu de production du libanais rouge (ou blanc)* et l’un des principaux lieux de transit des armes venant de la Syrie et de l’Iran.

 

 

Personne ne s’étonne de plusieurs faits, pourtant criants.

 

 

Et d’une, Israël n’a jamais, au cours de son histoire, attaqué des troupes ou des intérêts français. Ce serait une première tout à fait improbable dans un pays qui, non seulement comporte une forte communauté francophone, mais de surcroît, n'a aucun intérêt stratégique à se confronter à la France.

 

 

En second lieu, il n’est pas inutile de rappeler ici que les derniers massacres de soldats français ont été commis par le Hezbollah, que la FINUL se charge de protéger – il n’y a pas d’autres mots - en ce moment.

 

 

Les militaires français ont de la mémoire et savent bien qu’ils n’ont rien à craindre de l’armée israélienne et tout à craindre des fous de Dieu encore actifs au Liban.

 

Nasrallah avait, en son temps, promis de nuire aux intérêts français.

 

 

L’attitude des pilotes israéliens serait incompréhensible sans une hypothèse que personne jusqu’à maintenant n’a envisagée.

 

Tsahal a tiré les leçons de son semi-échec au Liban.

 

L’armée israélienne sait qu’elle devra, dans un avenir plus ou moins lointain, affronter des troupes équipées d’armes modernes.

 

La contrebande venant de Russie, des pays de l’Est et de l’Iran procure à foison missiles anti-chars et sol-air aux islamistes acharnés.

 

 

Mieux qu'un simulateur

 

 

Dans ces conditions, les opérations aériennes israéliennes au Liban présentent deux avantages incomparables.

 

Elles permettent de surveiller les voies de circulation entre le Liban et la Syrie, faisant ainsi le travail que la FINUL refuse de faire.

 

Mais ces sorties aériennes sont un exercice grandeur nature et en temps réel pour des pilotes qui n’ont jamais eu, depuis 30 ans, l’occasion de tester leurs capacités et celles de leurs matériels embarqués en situation de combat.

 

Lors des deux dernières guerres, il est vrai, l’aviation des pays arabes a été clouée au sol dès les premières heures du conflit.

 

Il se murmure que depuis 15 ans, les pilotes israéliens boivent le thé en survolant la Syrie en radada.

 

Le jeu devenait lassant.

 

 

Actuellement, sur le terrain, les pilotes israéliens ont l’occasion de s’exercer et de se confronter, par radars interposés, à des équipements et des personnels qualifiés sur terre (armée française) et sur mer (marine allemande).

 

Il ne faut pas négliger le fait que les militaires français et allemands trouvent leur compte dans ces essais grandeur nature qui doivent les changer de leurs exercices routiniers.

 

C’est évidemment un jeu dangereux.

 

Les nerfs humains n’ont pas la froide réactivité des ordinateurs, bien que ceux-ci prennent souvent le pas sur le plan décisionnel dés lors qu’ils identifient une cible ou une attitude hostile.

 

 

Les ordinateurs ne connaissent pas l'Histoire

 

 

Si, comme l’assure Madame Alliot-Marie, nous avons été le 31 octobre 2006 à « deux secondes de la catastrophe », alors que les ordinateurs de tir ne connaissent pas l’Histoire du Moyen-Orient, c'est qu'ils n’ont pour ennemi potentiel que ceux qu’on veut bien leur désigner.

 

C'est bien là que pourrait se situer le problème.

 

 

Le jeu dangereux est celui de la France, qui veut interdire à Israël toute capacité d'analyse et donc de riposte.

 

Tant que la FINUL n’aura pas pris l’assurance, conformément à la résolution 1701 de l’ONU, que tout trafic d’armes a cessé entre la Syrie et le Liban et que le Hezbollah est effectivement en train de désarmer, les pilotes israéliens auront à leur disposition un magnifique terrain d’entraînement.

 

Il sera plus efficient que les simulateurs de combat dans les sous-sols des bases aériennes.

 

Les gesticulations diplomatiques et politiciennes des ministres en mal de légitimité présidentielle, les convocations d'ambassadeurs ne sont là que pour amuser la galerie.

 

Les pioupious sont donc priés de garder leur sang froid.

 

Les pilotes israéliens ne leur veulent aucun mal.

 

Juste s'entraîner un peu et, accessoirement, surveiller de près l'intense trafic d'armes qui a lieu sous les yeux d'une FINUL liée par les calculs idéologiques internationaux.

 

 

La France s’entraîne au tir elle aussi

 

 

L'armée a procédé jeudi au premier tir d'essai du nouveau missile stratégique M51 destiné à équiper les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, a annoncé le ministère de la Défense.

 

Ce "vol expérimental" couronné de succès a été "conduit conformément à l'ensemble des engagements internationaux de la France en matière de sécurité, de transparence et de non-prolifération" s'est rengorgé la Dame de vair**, MAM dans le texte.

 

 

Le porte parole du réseau « Sortir du nucléaire », Stéphane Lhomme, a affirmé jeudi à l'AFP avoir assisté depuis Biscarosse à 09H52 à un tir de missile.

 

Tout le monde le sait : un nouveau missile national n’a aucune vocation hostile.

 

Mais il est vrai qu'il décolle du territoire français, cette fois-ci.

 

 

* Hashish d'excellente qualité dont le juteux commerce permet d'acquérir armes et munitions.

 

** Vair : Fourrure précieuse à base de peau d'écureuil de Russie, dont Perreau fit, dans certain conte, une pantoufle, même s'il s'est planté dans l'orthographe.

 

Balzac avait corrigé mais Disney n'en eut cure, faisant descendre à la pauvre Cendrillon, chaussée de pantoufles de verre, un escalier princier.

 

 

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Publié dans Israël

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