Le Premier ministre israélien offre la victoire au Hamas
Yuval Steinitz- upjf.org
Le discours du Premier ministre Olmert devant la tombe de David Ben Gourion, à Sdé Boker, représente l’enterrement définitif de la détermination israélienne, et le triomphe militaire et diplomatique du Hamas. Voici un Premier ministre d’Israël qui promet la terre, de plus d’une manière, au parlement et au gouvernement palestinien, dont la majorité des membres appartiennent à une organisation terroriste, consacrée, conformément à sa charte, à la destruction d’Israël. Et cela après plus d’une année au cours de laquelle les accords antérieurs et les cessez-le-feu ont été enfreints de manière sanglante.
Le Hamas a besoin d’un cessez-le-feu et d’une initiative diplomatique israélienne pour deux raisons. Avant tout, cela fera voler en éclats le boycott diplomatique occidental du Hamas et conférera une légitimité au nouveau gouvernement d’union, qui sera mis en place sous la direction et l’influence du Hamas.
Une initiative diplomatique avec l’Autorité palestinienne dirigée par le Hamas – même si, comme celles qui l’ont précédée, elle se brise sur les écueils du terrorisme et de la volonté de détruire Israël par le biais du droit au retour – laissera dans son sillage une différence fondamentale : une reconnaissance de facto par Israël - et donc une reconnaissance de iure par le monde – du Hamas comme partenaire dans le cercle international, sans que ce groupe ait opéré le moindre changement significatif et permanent dans sa plateforme et dans sa tactique.
La seconde raison pour laquelle la hudna (trêve) séduit le Hamas, est son projet d’exploiter l’ « opportunité » qu’Olmert a donnée aux Palestiniens, dans un but qui lui importe vraiment : le renforcement continuel, dans la bande de Gaza, d’une armée du style de celle du Hezbollah, constituant une menace incessante de tirs de roquettes contre le sud d’Israël.
Le Hamas a clairement et parfaitement entendu les voix politiques et militaires israéliennes appelant à une action militaire urgente, « Bouclier de Défense 2 », à Gaza – opération qui mènerait à l’éradication de l’infrastructure terroriste et anéantirait les fabriques de roquettes. Un cessez-le-feu sauve le Hamas de ce très réel danger et lui donne toute latitude de créer une armée en même temps qu’une politique.
Tôt ou tard, le cessez-le-feu se terminera en queue de poisson, mais le Hamas en retirera un gain sur les fronts diplomatique et militaire.
Il est intéressant de voir que l’échec face au Hamas, dans le sud du pays, est l’exacte réplique de l’échec face au Hezbollah, dans le nord.
Dans les deux cas, Tsahal a essayé de gagner une guerre par des frappes aériennes et des tirs d’artillerie, en négligeant de s’emparer du territoire des organisations terroristes.
Les opérations limitées – pénétration de quelques kilomètres à l’intérieur du territoire ennemi – pour lesquelles les forces terrestres ont été envoyées au Liban et à Gaza, souffraient d’un manque d'objectif stratégique et pouvaient même être définies comme une aventure hasardeuse et inutile.
Faire payer un prix au Hamas et au Hezbollah ne constitue pas un substitut à une guerre pour détruire les filières iraniennes qui se sont établies au nord et au sud d’Israël. Une telle approche adresse seulement un message de faiblesse et d’hésitation à la Syrie, à l’Iran et au reste de la région.
Le Hamas est en position difficile, mais il peut s’en sortir, et c’est pourquoi il a accepté le cessez-le-feu d’Olmert.
Il y a peu, le Hezbollah a tenté de restaurer sa position militaire et politique au Liban, et le Hamas aimerait emboîter le pas à son grand frère du nord.
Israël, par contre, a, une fois encore, manqué une occasion en or. Les attaques brutales contre Sdérot ont donné à Israël une chance de reprendre le contrôle du Corridor Philadelphie (frontière égyptienne) et de mettre fin à la militarisation intensive du Hamas et des autres groupes terroristes.
Mais la lassitude qui a envahi la culture militaire d’Israël permet à ses ennemis de commettre toutes les erreurs possibles et d’avoir, malgré tout, la vie sauve.
L’Israël d’Olmert a décidé, semble-t-il, (ne serait-ce que temporairement), d’abandonner toute attitude déterminée envers la terreur, même s’il fait face à des exigences sans précédent.
C’est ainsi que nos villes sont vouées et nos citoyens condamnés à continuer de vivre sous la menace croissante de tirs de roquettes tant du nord que du sud, jusqu’à ce que nous recouvrions nos facultés et revenions à la culture de détermination militaire que nous avons négligée.
L’auteur est député du Likoud à la Knesset, et ancien directeur de la Commisison des Affaires étrangères et de la Défense.
Jerusalem Post - The prime minister hands victory to Hamas
Traduction française : Menahem Macina
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