Lexpert de lONU pour les Droits de lHomme défend les terroristes-suicide
A. Bayefsky
Source - National Review Online - Texte anglais original : "U.N.’s Spokesperson for Suicide Bombers". - Traduction française : Menahem Macina
Le 19 octobre, l’expert John Dugard, en charge des droits humains auprès de l’ONU, a déclaré à l'Assemblée générale que "les terroristes-suicide palestiniens" étaient "une conséquence de l'occupation".
En cinq ans de voyages aux frais de l'ONU, dont 22% du budget sont financés par le contribuable américain, Dugard s'est distingué comme le porte-parole le plus fanatique du terrorisme, en dehors du monde arabe et musulman.
L’expert indépendant Dugard a été chargé par l'ONU de rendre régulièrement compte des manquements israéliens aux droits de l'homme, devant la Commission et le Conseil des droits de l'homme, ainsi qu’à l'Assemblée générale de l'ONU. Le cahier des charges de son poste, ou mandat onusien, exclut délibérément les manquements palestiniens aux droits de l'homme.
Voici en quels termes Dugard a fait la leçon, à ce sujet, au représentant israélien à l’ONU, le 19 octobre :
« J’ai un mandat limité, qui consiste à enquêter sur les violations des droits de l’homme commises par les Israéliens, et non celles commises par les Palestiniens ».
Pourtant, le fait que le résultat soit prévu d’avance n’a jamais constitué un problème pour ce juriste.
Loin d’en concevoir de l’embarras, il a entamé sa diatribe de cette année en ces termes :
« Aujourd’hui, je présente ma critique annuelle de la conduite d’Israël en matière de droits de l’homme ».
A l'ONU, aucun autre pays, aucune organisation terroriste, ne sont l’objet d’une critique suivie concernant les droits de l’homme, excepté Israël.
Le fanatisme de Dugard est dans la ligne de l’attitude qui prévaut à l'ONU, et qui veut que plus ses déclarations sont hystériques, plus il a de chances de conserver son poste.
Sa stratégie habituelle consiste à diaboliser Israël, présenté comme l’agresseur raciste et sanguinaire, au rebours du peuple malchanceux et épris de liberté que sont les Palestiniens.
Cette année, Dugard a décidé de se surpasser en prenant pour cible le caractère juif de l'Etat juif lui-même.
« La litanie des violations des droits de l’homme… est difficilement conciliable avec… la prétention d’Israël d’être une lumière pour les nations » [1], a-t-il dit.
Voici un échantillon de ses autres remarques :
« Je voudrais que nous puissions nous débarrasser du mot 'terreur' dans ce débat...
Je m’adresse au gouvernement israélien...
Si vous appelez votre adversaire : terroriste, il devient très difficile d’entamer des négociations avec lui...
J’appelle le gouvernement israélien à cesser d'utiliser ce terme... »
Se référant à la situation des fermiers palestiniens, Dugard déclare :
« dans d'autres pays ce processus pourrait être décrit comme un nettoyage ethnique, mais la correction politique interdit un tel langage quand il s’agit d’Israël ».
« Les soldats de l’Armée de Défense d’Israël… semblent considérer tous les Palestiniens comme des terroristes. »
« L’envie qu’a Israël de territoire palestinien est insatiable. »
La Cisjordanie a été transformée en « Bantoustans ».
Référence à l’Afrique du Sud, au temps de la ségrégation.
Jeudi, les propos de Dugard ont eu un succès immédiat auprès de la plupart des représentants à l'ONU, qui se sont succédés à la tribune pour entrer dans le "dialogue interactif" qui s’est déroulé entre lui et les membres de l’Assemblée générale.
L'un après l'autre, les délégués du Liban, de la Syrie, du Soudan, de Cuba, du Pakistan, d’Egypte, de Malaisie, d'Iran, d'Arabie Saoudite et d'Algérie, ont exprimé leur appréciation.
Mais le signe le plus manifeste de l’accueil exceptionnel réservé par l’ONU à ceux qui diabolisent Israël et apportent leur soutien au terrorisme, a été, sans aucun doute, la réponse du représentant libyen :
« Pour ce qui est de faire l’éloge du professeur Dugard, je suis à court de mots...
Quand j’ai entendu ce qu’il a dit, j’ai eu le sentiment de voir un parfait symbole de l'homme intègre du XXIe siècle... Je pense qu’ajouter davantage à ce qui a été dit plus tôt, serait comme ajouter du sel à un plat qui est déjà délicieusement assaisonné.
Aussi, tout que je puis dire est : merci à vous, M. Dugard, et que Dieu vous bénisse. »
Ce n’est qu’un jour comme les autres, pour cette troisième session du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, composée de tous les 192 membres de l’ONU [2].
Au cas où ce ne serait pas apparu clairement, ce Conseil est le principal organisme de l'Assemblée générale en matière de protection des droits de l'homme.
Anne Bayefsky *
© National Review Online
* Anne Bayefsky est membre distingué du Hudson Institute et de l’Institut Touro d’Etudes de Droit [3]. Elle est également rédactrice de www.EyeontheUN.org.
[Texte aimablement signalé par ISRANET DAILY BRIEFING, A Service of CIJR - Canadian Institute for Jewish Research Monday, Volume VI, Number 1,478 - November 6, 2006].
Note de la Rédaction d’upjf.org
[1] Allusion à Isaïe 49, 6.
[2] Rappelons qu’il s’agit du Nouveau Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, qui, en juin 2006, a succédé à l’ancien, réputé de parti pris, mais qui est pire encore, au moins en ce qui concerne Israël. Voir, sur notre site : "Reporters Sans Frontières critique le nouveau Conseil des Droits de l’Homme". A compléter par la lecture de l’article intitulé "L'Assemblée générale crée un nouveau Conseil des droits de l'homme", qui figure sur le site du Centre de Nouvelles de l’ONU.
[3] L’Institut Touro est un établissement privé d’enseignement supérieur, financé principalement par la communauté juive, et dont le siège est à New York. Fondé par le Dr. Bernard Lander, il a été créé dans le but d'enrichir la culture juive en s’adressant à tous les citoyens américains, y compris les non-Juifs. L'institut compte actuellement plus de vingt-et-un mille étudiants dans ses diverses facultés et écoles spécialisées.